Adaptateur PCI-E 1x vers 4 ports USB pour rig : ces prises n'en sont pas
Un circuit imprimé qui tient dans la paume. Une languette PCI-Express x1 sur un bord, quatre prises USB 3.0 femelles alignées sur l'autre, et 24,99 € chez un revendeur français. La carte existe pour un seul cas de figure : la carte mère n'a plus un slot libre et il reste une carte graphique sur l'établi. Les vendeurs impriment eux-mêmes, dans le corps de leur fiche, la phrase qui devrait tenir en gros caractères sur l'emballage. Ces quatre prises ne sont pas des ports USB.
Ce qui sort des quatre prises
L'avertissement revient mot pour mot d'une fiche à l'autre. « Les 4 ports USB de cette carte adaptateur sont des signaux PCI-E, pas des signaux USB et ne peuvent pas être connectés à des périphériques USB. » Les cartes voisines, celles qui ne sortent que deux ports, ajoutent ce qu'il en coûte : le périphérique et la carte y passent tous les deux.
Le choix de ce connecteur tient à une coïncidence de comptage. Une prise USB 3.0 aligne deux paires différentielles blindées, celles du SuperSpeed, plus la paire torsadée de l'USB 2.0 et deux lignes de service. Un lien PCI-Express x1 réclame précisément cet assortiment : une paire pour émettre, une pour recevoir, une horloge de référence à 100 MHz et deux signaux de commande. Le compte tombe juste, et il tombe juste parce qu'on a laissé le troisième signal de commande au bord de la route : ces cartes ne transportent pas CLKREQ. Le blindage qu'exigeait le SuperSpeed sert par-dessus le marché l'intégrité du PCIe, ce qui a fait passer les rigs des nappes plates de quelques centimètres aux câbles de soixante.
Le relevé au traçage sur un exemplaire du commerce donne la correspondance broche à broche.
Broche USB 3.0 | Rôle en USB | Ce qu'elle porte ici |
|---|---|---|
1 | VBUS, +5 V | WAKE#, ou PERST# selon le lot |
2 et 3 | paire de données USB 2.0 | horloge de référence 100 MHz |
4 | masse | masse |
5 et 6 | paire de réception SuperSpeed | paire d'émission PCIe |
7 | drain de masse | PERST#, remise à zéro, ou WAKE# |
8 et 9 | paire d'émission SuperSpeed | paire de réception PCIe |
Deux lignes suffisent à expliquer l'avertissement, et elles tiennent quel que soit l'exemplaire. Les deux fils de service, celui que la prise réserve au +5 V et le drain de masse, portent ici PERST# et WAKE#, deux entrées logiques en 3,3 V. Lequel va sur laquelle dépend du fabricant, et la conséquence ne change pas : une carte mère qui voit une prise USB met l'un sous 5 V et cloue l'autre à la masse, ce qui revient à maintenir le lien en reset avec une surtension en prime. Dans l'autre sens, la clé branchée sur l'un de ces quatre trous cherche son alimentation sur une broche qui n'en porte pas, et reçoit une horloge différentielle à 100 MHz sur ses fils de données.
Aucune norme ne fixe ce brochage, et le tableau ci-dessus vaut pour la carte qui a été tracée. Il varie d'un fabricant à l'autre, jusqu'au sens des paires rapides, et un relevé mené sur un forum russe de mineurs a trouvé du 12 V sur le premier contact d'une plaque d'extension à ASM1184. Delock, qui vend l'ensemble sous sa marque, en tire la conclusion dans sa notice : aucun signal USB ne circule dans ce câble, il n'est donc pas possible de l'échanger contre un autre ni contre un plus long. La règle vaut pour le montage entier. Les deux moitiés d'un riser et son cordon se gardent ensemble, un lot ne se mélange pas avec un autre, et le câble USB 3.0 du commerce reste dans son tiroir.
L'objet qui parle vraiment USB
Il existe, et il n'a rien à voir avec cette carte. Un mineur en clé est un ASIC complet dans un boîtier de la taille d'un briquet, branché sur un port USB ordinaire, qui communique bel et bien par lui. Le GekkoScience Compac F porte une puce BM1397, celle de l'Antminer S17. Le constructeur l'annonce à 250 GH/s d'origine, jusqu'à 400 GH/s poussé, l'affiche à 40 $ et le tient en rupture. Un revendeur allemand, qui l'a en rayon entre 49 et 69 € selon la variante, le mesure plus bas, à 200 ou 350 GH/s, et le donne pour 5 à 15 W selon la fréquence et la tension, sur une liaison USB 2.0.
Deux réserves accompagnent la fiche du fabricant : « requires powered hub », « requires active cooling ». Un port de carte mère ne fournit pas le courant, et la clé cuit sans ventilation. Reste l'arithmétique, qui tranche. Le réseau Bitcoin distribue chaque jour 144 blocs à 3,125 BTC, plus environ 3 BTC de frais, soit près de 45,3 milliards de satoshis. Rapportés aux 901,5 EH/s relevés sur mempool.space le 14 août 2026, ils font 50,2 satoshis par TH/s et par jour. Une clé à 250 GH/s en récolte treize par journée entière, vingt en la poussant à 400. On achète le plaisir de voir un mineur tourner chez soi, sur un objet qu'on peut tenir entre deux doigts.
La fiche de la carte
Le même circuit se vend sous deux formes qu'il vaut mieux distinguer avant de commander. D'un côté la carte compacte à quatre prises USB femelles, 24,99 €, où viennent se brancher quatre câbles de riser. De l'autre un kit à deux plaques, 19,90 €, dont la plaque fille porte quatre vrais slots PCIe x1 et se relie à la première par un cordon de 60 cm. Même puce, même partage, encombrement et câblage différents. Cette puce, d'ailleurs, s'annonce dans le système sans qu'on installe quoi que ce soit.
Interface amont | languette PCI-Express x1, entrant dans un slot x1, x4, x8 ou x16 |
|---|---|
Puce | ASMedia ASM1184e, commutateur de paquets PCI Express |
Topologie | 1 port amont x1 Gen2 vers 4 ports aval x1 Gen2 |
Norme | PCI Express Base 2.0, rétrocompatible 1.1 et 1.0a |
Horloge | tampon différentiel 100 MHz intégré, aucun tampon supplémentaire à prévoir |
Boîtier de la puce | QFN64, 9 × 9 mm |
Sorties | 4 prises USB 3.0 femelles portant des signaux PCI-Express, ou 4 slots x1 sur la version à deux plaques |
Consommation de la puce | 1 223 mW en fonctionnement, 1 209 mW au repos |
Alimentation de la carte | Molex et SATA sur le kit ; aucune sur la carte compacte |
Identification système | 1b21:1184, « ASM1184e 4-Port PCIe x1 Gen2 Packet Switch » |
Pilote | aucun |
Bifurcation exigée | non |
Prix constaté | 24,99 € la carte à quatre prises, 19,90 € le kit à deux plaques, 33,66 € en grande surface |
Le nom que la carte donne d'elle-même vaut mieux qu'une ligne d'annonce. Sous Linux, lspci la sort en 1b21:1184 avec sa désignation complète, celle qui commence par la référence. Si rien de tel n'apparaît, il n'y a pas d'ASM1184e sur le circuit imprimé, et le reste de cette fiche ne s'applique plus : d'autres ponts circulent sur ce marché sous des annonces identiques.
Une voie de deuxième génération pour quatre cartes
La puce est un commutateur, pas un multiplicateur. Une voie PCIe de deuxième génération entre à 500 Mo/s dans un sens, quatre voies de même génération sortent, et les quatre se partagent l'unique voie amont. Quand les quatre cartes travaillent ensemble, il reste 125 Mo/s pour chacune, moins qu'une voie de première génération.
Le hachage ne le sent pas. Un GPU reçoit un en-tête de bloc, une plage de valeurs à balayer, et rend quelques dizaines d'octets le jour où il trouve : le trafic se compte en kilo-octets par seconde. Le partage par quatre ne se voit nulle part sur une machine qui hache.
Les annonces entretiennent la confusion jusque dans leur tableau de spécifications, en portant au crédit de la carte les 5 Gbit/s de l'USB 3.0. Le chiffre est juste par accident, une voie PCIe de deuxième génération tournant elle aussi à 5 GT/s. Delock fait mieux et promet 800 Mo/s sur un lien amont qui plafonne à 500. Le débit qui compte n'a rien à voir avec la prise, et il se divise par quatre en sortie.
La carte se paie sur autre chose : un étage de plus dans la chaîne. Un composant supplémentaire à alimenter et à faire démarrer, quatre cartes graphiques suspendues au même point de panne, une énumération que certaines cartes mères ne réussissent pas. Le jour où quatre GPU disparaissent ensemble du compte de cartes, la question ne se pose pas : c'est le répartiteur. Cette pièce-là s'achète en double, comme le riser qu'elle prolonge et pour la même raison.
Une autre famille de cartes se vend au même rayon et n'a pas le même comportement : les répartiteurs passifs, qui découpent un slot x16 en quatre ports x4. Ceux-là n'embarquent aucune puce. Ils redistribuent les voies physiquement, ce qui reporte tout le travail sur la carte mère, et Delock l'écrit dans sa propre notice : sans prise en charge de la bifurcation PCIe, seul le premier connecteur de la carte fonctionne. Un répartiteur à commutateur ne réclame rien de tel au BIOS, et c'est ce qui le rend utilisable sur n'importe quelle machine.
Un conseil de forum court sur les deux familles et ne sert à rien : forcer la troisième génération dans les réglages. L'ASM1184e est un composant de deuxième génération des deux côtés, et le lien se négociera là quoi qu'on lui demande.
Le réglage sans lequel rien n'apparaît
Au démarrage, chaque périphérique PCI-Express réclame par ses registres d'adresse une fenêtre où le processeur viendra lui parler. Le BIOS range ces fenêtres sous la barre des 4 Go, héritage de l'adressage 32 bits, dans un espace que se disputent déjà les contrôleurs SATA, le réseau et les disques NVMe. Une carte graphique y prend beaucoup de place. Cinq ou six n'y tiennent plus.
Le symptôme ne prévient pas : la machine se fige pendant le POST, ou elle démarre en ayant oublié la moitié des GPU, alors que chaque carte fonctionne seule sans reproche. L'option qui débloque tout s'appelle Above 4G Decoding, et les manuels d'ASUS la décrivent tous par la même ligne : elle autorise les périphériques 64 bits à être décodés au-dessus de la barre des 4 Go, à la seule condition que le système prenne en charge le décodage PCI 64 bits. Quatre cartes de plus au bout d'un répartiteur, c'est quatre jeux de fenêtres supplémentaires. Autant s'assurer que la carte mère offre cette case à cocher avant de commander quoi que ce soit.
Ce qui alourdit la note, c'est que la carte n'ajoute pas quatre emplacements mais cinq ponts. Sur une machine où elle fonctionne, lspci montre l'arborescence en clair : un port amont, puis quatre ports aval, chacun présenté comme un pont PCI à part entière. Chaque pont réclame son numéro de bus et sa part de fenêtres, avant même qu'une carte graphique se présente derrière.
Le slot où on l'enfiche compte aussi. Les slots câblés directement au processeur se comptent sur les doigts d'une main, souvent un seul en entrée de gamme, deux sur une carte de joueur ; tous les autres passent par le chipset, dont les voies sont déjà partagées entre elles. Empiler un commutateur derrière ce partage-là ne réussit pas partout, et le premier essai se fait au plus près du processeur. Les slots restants iront aux risers branchés en direct, qui ne demandent rien à personne.
Le courant ne passe pas par ici
Les fiches se contredisent, et les deux ont raison. Le kit à 19,90 € reçoit un Molex 4 points et une prise SATA ; la carte à 24,99 € annonce qu'aucun câble d'alimentation n'est nécessaire. Le constructeur de la puce donne la réponse dans sa documentation : 1 223 mW en fonctionnement, 1 209 au repos. Un slot x1 est prévu pour dix watts, soit huit fois ce que la carte demande. Une entrée auxiliaire ne coûte rien à brancher quand elle est là, et son absence ne condamne pas la carte.
Le courant des cartes graphiques, lui, ne traverse jamais ce circuit imprimé. Chez Delock, qui vend l'ensemble monté, il entre par les quatre prises Molex soudées sur les cartes filles, une par carte graphique. C'est de ce côté que les rigs prennent feu, et le dimensionnement se joue à la sortie de l'alimentation. Un répartiteur ne fond pas. Il énumère mal, ou il n'énumère pas.
Ce qu'on achète en face
L'adaptateur M.2 vers PCI-Express 1x rend le même service pour environ 4 €, et il le rend mieux. Il s'enfiche dans un port M.2, celui qui reçoit d'ordinaire un SSD, et en ressort une prise USB femelle où vient le câble du riser. Les voies qu'il livre sont de vraies voies, câblées au processeur ou au chipset, sans puce intermédiaire pour les partager.
Sa contrepartie est écrite dans le manuel de la carte mère, port par port : peupler un M.2 coupe couramment un ou deux ports SATA, parfois un slot PCIe. Sur un rig, où le compte de disques tient sur une main, la coupure ne se sent pas. Elle se lit quand même avant de commander.
La comparaison se règle vite. Un port M.2 libre, on prend l'adaptateur à 4 € et on ajoute une carte. Plus de M.2, plus de slot, et trois GPU encore à monter dans le châssis à six emplacements : c'est là que le répartiteur trouve sa place, avec sa pièce de rechange.
À vingt-cinq euros neuve, elle ne mérite pas d'être cherchée d'occasion. Une puce qui se nomme, une voie de deuxième génération partagée par quatre, cinq ponts de plus dans l'arborescence, et pas un watt qui la traverse : c'est tout ce qu'elle est. La décision tient à une question, posée avant de commander. Reste-t-il un port M.2 libre ? Le reste du budget part là où il pèse, dans les composants qui portent le hachage.