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Rig 8 GPU : ce que contient le pack, et ce que la huitième carte change

Kits de minage

Rig 8 GPU : ce que contient le pack, et ce que la huitième carte change

Le premier résultat français sur cette recherche est un kit vendu 429,99 €, titré « Kit Mining Rig HM65-BTC - 8 GPU ». Son adresse, elle, se termine par « kit-mining-6-gpu-complet ». Le marchand ne s’est pas trompé de page. C’est le même carton, et sa fiche l’écrit : « Le Kit Mining Rig HM65-BTC est idéal pour brancher 6 à 8 GPU. » La boîte ne tranche pas entre six et huit. Ce qui tranche, c’est le nombre d’emplacements de la carte mère, la puissance de votre bloc et le nombre de connecteurs qu’il porte. Aucun des trois ne figure sur l’étiquette.

  • Ce que contient un pack à huit cartes, ligne par ligne

  • Huit, le seuil que les constructeurs documentent eux-mêmes

  • Ce que « 6 à 8 GPU » veut dire sur la boîte

  • Huit emplacements sur la carte mère, et pas un de plus

  • Un bloc d’alimentation ou deux, et ce que le 230 V français y gagne

  • La consommation au mur, en ampères et en euros

  • Neuf, occasion, et le même objet sous un autre nom

Ce que contient un pack à huit cartes

Deux boutiques vendent l’objet en France, sous deux noms très différents. Relevé du 14 août 2026, sur les fiches des vendeurs.

Happy Mining, kit HM65-BTC

DIY Micro, station 8 GPU

Prix sans cartes graphiques

429,99 € sans alimentation

545 €, bloc de 1 800 W compris

Mémoire vive

4 Go DDR3

8 Go

Stockage

SSD 120 Go

SSD 500 Go

Alimentation

en option, 3 emplacements prévus

1 800 à 4 000 W selon la version

Ventilation

5 × 120 mm, 52 CFM

6 × 120 mm, 6 000 tr/min

Châssis

aluminium ouvert, 66 × 36 × 36 cm

caisson fermé, 725 × 308 × 240 mm, 15,2 kg

Les cartes graphiques ne sont dans aucun des deux. C’est la règle du genre : un pack, c’est un rig entier moins les cartes. Cadre, carte mère, processeur, mémoire, disque, ventilation, risers, bouton de démarrage, coupleur d’alimentation. À 429,99 € pour huit emplacements, l’ensemble revient à 54 € par carte accueillie, quand la carte elle-même en coûte plusieurs centaines. Le prix du pack n’a jamais été le sujet.

Huit, le seuil que les constructeurs documentent

Le passage de six à huit cartes n’est pas une intuition d’acheteur. ASUS l’écrit dans le manuel de sa carte mère de minage, et sépare le montage en deux chapitres.

Le chapitre du haut s’intitule « Seven (7) or less mining cards » et tient en deux lignes : on enfiche les cartes dans l’ordre, on branche le bloc sur le connecteur 24 broches nommé EATXPWR_A. Le second s’intitule « 8 ~ 13 mining cards » et change trois choses d’un coup. Un second bloc arrive sur le connecteur EATXPWR_B. La mémoire vive passe à 4 Go. Le fichier d’échange du système monte à 30 Go.

Le constructeur ajoute la règle de répartition : les cartes de la zone A prennent leur courant sur le bloc branché en EATXPWR_A, celles de la zone B sur le bloc branché en EATXPWR_B. Ce manuel précise aussi qu’au-delà de huit cartes, un pilote graphique particulier devient nécessaire, en l’occurrence la version 17.10.2 du pilote AMD.

Le seuil existe donc, mais pas là où on le raconte. Le système d’exploitation n’y est pour rien : le pilote NVIDIA fixe sa propre limite à 32 appareils par machine, et aucun des deux constructeurs ne rattache un nombre de cartes à une version de Windows. À huit cartes, ce qui bascule, c’est l’alimentation et la mémoire.

Ce que « 6 à 8 GPU » veut dire sur la boîte

Un châssis annoncé « 6 à 8 GPU » ne ment pas. Il décrit deux configurations du même objet, et l’acheteur suppose généralement que la place manquera. C’est l’inquiétude la plus répandue, et c’est la mauvaise.

Les cotes sont publiées des deux côtés. Le caisson de DIY Micro s’arrête à 65 mm d’espacement entre cartes et à 60 mm d’épaisseur par carte, hauteur et longueur libres. En face, la spécification PCI Express plafonne la hauteur des composants d’une carte double largeur à 34,80 mm, et d’une carte triple largeur à 55,12 mm. Même la plus large des cartes prévues par la norme reste sous la limite du caisson, avec cinq millimètres de marge.

Le pas entre deux emplacements de carte mère, lui, vaut 0,8 pouce, soit 20,32 mm. Ce nombre sert à compter des emplacements, pas des millimètres de radiateur : une carte « deux slots et demi » occupe deux emplacements et demi sur une carte mère, et son épaisseur réelle se lit sur sa propre fiche. ASUS annonce 49 mm pour sa Dual RX 6600, classée 2,5 slots. Alignées par huit, elles font 392 mm de matériel, à poser sur le cadre de 660 mm du kit français.

Les cartes passent donc. Ce sont des modèles modérés, du reste : la Radeon RX 6600 annonce 132 W de puissance de carte typique, la GeForce RTX 4060 en annonce 115. Le nombre de cartes que le pack accueille ne se décide pas sur le cadre. Il se décide sur ce qui les alimente.

Rig de minage sur cadre métallique ouvert dans une cave, cartes graphiques alignées et câbles de risers pendant sous la structure

Huit emplacements sur la carte mère, et pas un de plus

La carte du kit français se vend aussi seule, 169,99 € avec son processeur reconditionné. Sa fiche donne le détail : « 1 PCI Express x16, 7 PCI Express x1 ». Huit emplacements. Le compte est exact, et il est fermé.

C’est la différence de fond avec les cartes mères de minage de la grande époque. L’ASUS citée plus haut aligne un x16 et 18 x1, soit 19 emplacements, pour laisser de la marge. Ici, la marge n’existe pas. Vous achetez la capacité maximale de la carte, et la neuvième carte graphique n’a nulle part où aller.

Le reste de la fiche : chipset Intel HM65 ou NM70, processeur Intel B950 à 2,1 GHz, socket PGA988, mémoire DDR3 1066 ou 1333. Ce sont des composants d’ordinateur portable de 2011, remontés sur une carte à huit emplacements. Pour du minage sur carte graphique, ça passe : le processeur distribue le travail et tient la liaison avec le pool, la charge de calcul reposant sur les cartes. Pour tout autre usage, cette machine a quinze ans.

En échange, le vendeur promet ce qu’aucune carte de bureau détournée ne promet : « aucun réglage particulier n’est requis dans le Bios ». Quiconque a bataillé avec l’espace d’adressage au premier démarrage sait ce que ça vaut. Le choix de chaque pièce et le montage lui-même se traitent ailleurs sur ce site.

Un bloc d’alimentation, ou deux

Le châssis Happy Mining porte 3 emplacements d’alimentation. Une variante du kit, à 749,99 €, part avec deux blocs de 1 000 W. Le vendeur répond ainsi à la question avant qu’on la pose, et rejoint le manuel d’ASUS sans le citer.

Un seul bloc reste possible. La FSP Cannon PRO, référence de la catégorie, annonce 18 connecteurs PCI-E 6+2 broches et le résume ainsi dans sa propre documentation : « able to operate for a maximum of 9 graphics cards simultaneously ». Deux connecteurs par carte, 9 cartes, 18 prises. Huit cartes passent donc sur une unité, à condition qu’elles ne réclament pas plus de 2 000 W à elles toutes.

Et ici, la prise française joue en votre faveur. La fiche technique décline la puissance selon la tension d’entrée : 2 000 W entre 200 et 240 V, 1 500 W entre 115 et 200 V, 1 200 W en dessous. Le registre du programme 80 PLUS enregistre d’ailleurs la même référence deux fois, à 2 000 W en catégorie européenne 230 V et à 1 500 W en catégorie 115 V. Un mineur nord-américain perd un quart de la puissance imprimée sur le carton. Chez nous, elle est disponible en entier.

Le marché reste étroit. Le registre compte 14 648 blocs certifiés, dont 1 382 en catégorie européenne 230 V : dans cette catégorie, 43 atteignent 2 000 W ou plus, et 24 seulement dépassent ce palier. La rareté se voit jusque chez le marchand : sur les cinq variantes du kit, celle qui embarque un bloc de 2 000 W est la seule en rupture. Ce qu’une telle unité tient vraiment occupe une page entière.

Quand deux blocs deviennent nécessaires, le second ne démarre pas tout seul. La carte mère ne pilote qu’une broche, la broche 16 du connecteur 24 points, verte, active au niveau bas selon la spécification ATX d’Intel. Le petit adaptateur qui règle le problème a été breveté en 2011 : un circuit imprimé portant un connecteur 4 broches, un connecteur 24 broches et un relais 12 V continu. Le bloc principal s’allume, le relais se ferme, le second suit. Un câble double 24 broches fait la même chose sans relais, et présente l’avantage d’éteindre les deux ensemble.

Une dernière chose sur le câblage. Chaque carte et son riser prennent leur courant sur le même bloc. Jamais l’un sur l’un et l’autre sur l’autre.

La consommation réelle, et la facture

Un seul point de fonctionnement sert de base, relevé le 14 août 2026 : une GeForce RTX 3060 réglée pour le minage rend 21,5 Mh/s en ProgPow et consomme 140 W. Ce relevé lui attribue 0,35 dollar de revenu brut sur 24 heures.

À ce régime, le paquet de huit demande 1 120 W. Un vendeur d’occasion de la région parisienne, qui a mesuré son rig avant de le mettre en ligne, écrit : « L’ensemble a été testé avec 8 cartes graphiques pour une consommation d’environ 1 160 W, hors carte mère et ventilateurs. » Les deux chiffres se rejoignent. Ajoutez la plateforme et les cinq ventilateurs, une centaine de watts, et le bloc doit fournir environ 1 220 W en continu.

Reste à passer côté secteur. Le barème 80 PLUS fixe le rendement d’un bloc Gold européen à 92 % à mi-charge et 89 % à pleine charge. À 92 %, la machine appelle près de 1 330 W au mur, soit 5,8 A sous 230 V.

La marge est confortable. Un circuit de prises domestique est protégé à 16 A, et la norme NF C 15-100, depuis son amendement de 2015, autorise 8 socles par circuit en 1,5 mm² protégé à 16 A, 12 en 2,5 mm² protégé à 20 A. Le disjoncteur, lui, est fait pour tenir son calibre : la norme des disjoncteurs modulaires fixe un courant conventionnel de non-déclenchement à 1,13 fois le calibre au-delà d’une heure, et un courant de déclenchement à 1,45 fois en moins d’une heure. La limite baisse pour d’autres raisons : les conditions de pose, la température ambiante, le groupement des circuits.

Vient la facture. 1,33 kW pendant 24 heures font 31,9 kWh par jour. Au tarif réglementé bleu, option base, à 0,2001 € TTC le kilowattheure depuis le 1er août 2026, la journée coûte 6,38 € et le mois 191 €.

En face, huit cartes rapportent 2,80 dollars bruts, soit 2,43 € au taux de change de la Banque centrale européenne du 13 août 2026. L’écart part de votre poche, et il vaut près de 4 € par jour. Sur le même algorithme, une RTX 5060 Ti déplace la ligne sans la franchir : 0,52 dollar pour 150 W. La rentabilité d’un rig se traite en détail sur sa propre page.

Six ou huit : l’écart tient dans le cadre

La réponse est courte. Happy Mining vend son châssis ouvert à huit emplacements 69,99 € nu, 99,99 € avec ses cinq ventilateurs, et le décrit ainsi : « prend en charge deux alimentations », « supporte 5 ventilateurs 120mm ». Le cadre pèse donc entre un sixième et un quart du kit, et l’écart entre un cadre à six et un cadre à huit se compte en dizaines d’euros chez tous les vendeurs.

Prenez huit. Le surcoût est négligeable à l’échelle d’un rig, et deux emplacements libres coûtent moins cher qu’un châssis à racheter dans six mois. L’arbitrage commence après, et il porte sur le courant. Si votre bloc plafonne à 1 200 W, la huitième carte ne démarrera pas. S’il ne porte que douze connecteurs PCI-E, elle n’aura rien où se brancher.

Combien ça vaut d’occasion

Le marché français de la seconde main sanctionne durement le neuf. En août 2026, un rig complet à huit emplacements sans cartes graphiques part à 150 € dans le Val-d’Oise, avec sa carte mère, son processeur, sa mémoire, son disque, son alimentation et cinq risers montés. Une annonce voisine, sans risers, demande 220 €. Un châssis de type Octominer, qui se passe de risers par construction, se négocie 180 € dans le Gard.

Un objet vendu 429,99 € neuf s’achète donc autour de 150 € quelques mois plus tard. Garni de cartes, l’ensemble monte à 450 € pour sept Radeon RX 580, 700 € pour huit cartes de la génération suivante, 1 000 € pour huit CMP 50HX.

Une précaution sur ce dernier cas. Les CMP de NVIDIA n’ont pas de sortie vidéo et sont bridées pour tout ce qui n’est pas du minage. Un rig équipé de ces cartes ne se reconvertit pas, et sa valeur de revente dépend entièrement de ce que le minage rapportera. Les autres se recyclent.

Le même matériel se vend d’ailleurs deux fois, sous deux étiquettes. Les « stations de travail 8 GPU » de la boutique parisienne annoncent 8 Go de mémoire vive, un SSD de 500 Go, six ventilateurs à 6 000 tours et un niveau sonore de 45 à 88 dBA. Ces caractéristiques sont celles d’un rig. Aucun entraînement de modèle ne tient dans 8 Go de mémoire système, et aucun bureau ne supporte 88 décibels. Le caisson nu du vendeur qui parle d’intelligence artificielle coûte 545 €, quand le kit complet du vendeur qui parle de minage en coûte 430. Le mot vaut environ 115 €.

Avant de commander

Trois vérifications, dans cet ordre. Comptez les connecteurs PCI-E 6+2 de votre bloc et divisez par ce qu’une carte réclame : c’est votre nombre de cartes, avant tout autre calcul. Additionnez ensuite les puissances annoncées, ajoutez une centaine de watts pour la plateforme, divisez par 0,92 : vous obtenez ce que la prise devra fournir. Relevez enfin l’épaisseur de vos cartes sur leur propre fiche, en millimètres, et comparez-la au maximum du châssis.

Si les trois réponses passent, le pack à huit emplacements fait son travail pour un peu plus de 50 € par carte accueillie, et le marchand le livre monté pour 80 € de plus. S’il en manque une, c’est un pack à six cartes qui vous attend, avec deux emplacements vides. Le prix d’un rig complet, cartes comprises, se lit ligne par ligne ailleurs.