Rig de six cartes : ce que contient le kit, ce qu’il coûte, ce qu’il rapporte
Un kit de minage six cartes, c’est un carton qui contient tout sauf ce qui calcule. Châssis, carte mère à six emplacements, processeur, mémoire, disque, risers, ventilateurs, parfois l’alimentation. Jamais les cartes graphiques. Chez Happy Mining, l’ensemble HM65-BTC part à 429,99 € sans bloc d’alimentation ; chez MiningCave, le Rig Kit 6x GPU est à 699 $, alimentation comprise et système déjà installé.
Les vendeurs détaillent le contenu du carton avec soin, et s’arrêtent là. La facture complète une fois les cartes dedans, la consommation relevée au compteur et le gain quotidien au cours du jour ne figurent sur aucune fiche produit. Ce sont pourtant les trois chiffres qui décident de l’achat.
Ce qu’il y a dans le carton
Le kit Happy Mining HM65-BTC détaille son contenu ligne par ligne, ce qui permet de savoir exactement ce qu’on achète :
un châssis aluminium de 66 × 36 × 36 cm, prévu pour six à huit cartes ;
une carte mère HM65-BTC en socket PGA988, avec son processeur Intel B950 à 2,1 GHz déjà posé ;
4 Go de DDR3 et un SSD de 120 Go, livré avec son adaptateur SATA vers USB ;
cinq ventilateurs de 120 mm donnés pour 52 CFM ;
huit risers V010S Plus et deux doubleurs PCIe 8 broches en 6+2 ;
trois emplacements pour blocs d’alimentation, un bouton de démarrage, un coupleur, et un an de garantie.
Le bloc d’alimentation se choisit à la commande : sans, un Sama Gold 1000 W, un Lianli 1800 W silencieux, un Lianli 2000 W actuellement épuisé, ou deux Sama Gold 1000 W couplés. Les 429,99 € affichés sont ceux de la version nue.
Le kit MiningCave joue une autre carte. Il monte une carte mère ATX en socket LGA 1151 avec 4 Go de DDR4, six risers USB 3.0 en x1 vers x16, six câbles PCIe doubles 6+2, un bloc de 1 600 ou 2 000 W au choix, et il arrive avec HiveOS ou SimpleMining déjà écrit sur le disque. À 699 $, il fait l’économie de la soirée où l’on cherche pourquoi la clé d’installation ne démarre pas.
Kit | Prix | Cartes | Alimentation | Système |
|---|---|---|---|---|
Happy Mining HM65-BTC | 429,99 € | 6 à 8 | en option | non fourni |
MiningCave Rig Kit 6x GPU | 699 $ | 6 | 1 600 ou 2 000 W | HiveOS ou SimpleMining |
Carte mère HM65-BTC seule, processeur inclus | 169,99 € | 8 | non | non |
La même en pack avec 4 Go de mémoire | 197,99 € | 8 | non | non |
Carte mère BTC-S37 seule, processeur inclus | 179,99 € | 8 | non | non |
Trois choses ne sont jamais dans le carton : les cartes graphiques, le plus souvent l’alimentation, et le système d’exploitation dès qu’on sort de chez MiningCave. La quatrième absente est le temps de montage, que l’ordre des opérations, du carton au premier hashrate détaille étape par étape.
Le châssis seul, quand on préfère composer
Rien n’oblige à prendre l’ensemble. Le cadre se vend séparément :
Cadre | Prix | Ce qui le distingue |
|---|---|---|
Cadre acier 6-8 cartes, bandes antistatiques | 59,68 € | le minimum qui tient debout, sans ventilateur |
Happy Mining, châssis artisanal 6-8 cartes | 79,99 € | sans ventilateurs |
Happy Mining, le même avec ventilateurs | 109,99 € | trente euros pour les ventilateurs et leur fixation |
Elecbee aluminium, 5 ventilateurs | 152,63 € | empilable, pour aligner plusieurs machines |
De 59,68 à 152,63 €. Sur une machine à plus de 4 000 €, le cadre ne pèse rien. Ce qu’on paie en montant en gamme, c’est l’espacement entre les cartes et le nombre de ventilateurs déjà vissés. Une carte qui aspire l’air chaud de sa voisine passe sa vie à cent pour cent de ventilation, et un régulateur de vitesse ne rattrape pas un cadre trop serré.

Six emplacements, et ce que ça veut dire électriquement
La carte mère du kit distribue une seule ligne PCI Express par emplacement, sauf un. C’est voulu : le minage ne fait circuler sur le bus que des entêtes de bloc et des résultats, quelques kilooctets par seconde, et un connecteur x1 ne sature jamais. Les six cartes se branchent donc sur des risers, qui les déportent vers un connecteur x16 alimenté à part.
Deux détails commandent le démarrage. Le premier est le réglage Above 4G Decoding du BIOS, sans lequel la cinquième carte fait planter la machine sans message d’erreur ; les cartes mères de minage l’activent d’usine, et le choix de chaque pièce d’un rig, contrainte par contrainte explique pourquoi. Le second tient à l’alimentation des risers. Un connecteur SATA tolère 4,5 A sur le rail 12 V, soit 54 W, quand un emplacement PCI Express autorise une carte à tirer 75 W par ce chemin. La différence part en chaleur dans le connecteur, et le riser fond avant la carte. Chaque riser prend donc un câble PCIe ; les deux doubleurs 6+2 fournis avec le kit servent aux cartes, pas aux câbles d’extension et à leur alimentation.
Ce que l’ensemble coûte vraiment
Le kit est la petite ligne de la facture. Les six cartes sont la grande.
Poste | Prix |
|---|---|
Kit six à huit cartes, sans bloc | 429,99 € |
Six RTX 5060 Ti 16 Go | 3 743 à 5 040 € |
Bloc d’alimentation | de 1 160 à 1 460 W selon le bridage des cartes |
Cette fourchette de cartes est celle d’août 2026, et elle a doublé en un an. La moins chère des RTX 5060 Ti 16 Go relevée sur les comparateurs est une Inno3D Twin X2 OC à 623,75 € ; l’ASUS Prime OC 16 Go se vend 839,95 € chez LDLC, en stock, limitée à un exemplaire par client. Le prix médian du modèle est passé de 569,99 à 804,99 $. La cause n’a rien à voir avec le minage : un module GDDR7 de 3 Go coûte une soixantaine de dollars au fabricant, la demande des centres de calcul absorbe la production, et Samsung, SK Hynix et Micron n’ont aucune raison de baisser leurs prix.
Ce que ça change pour un rig est brutal. Le poste qui pèse quatre-vingt-dix pour cent de la facture a doublé, pendant que la production quotidienne, elle, ne bougeait pas.
Le dimensionnement du bloc suit une règle qui ne se négocie pas, la puissance totale des composants divisée par 0,8, parce qu’une alimentation tenue à 95 % de charge en continu meurt par ses condensateurs. Six cartes réglées à 140 W et une plateforme à 90 W font 930 W, donc 1 162 W à fournir. Le chiffre monte à 1 460 W si les cartes tournent dans leur enveloppe d’usine de 180 W, et c’est cet écart qui décide du modèle à commander. Les blocs de forte puissance et ce qu’ils tirent réellement au mur commencent là où les alimentations de bureau s’arrêtent.
Ce qu’il consomme
Une RTX 5060 Ti 16 Go réglée pour KawPow consomme 140 W. Six font 840 W. La carte mère, le processeur, le disque et les ventilateurs en ajoutent une petite centaine, et le bloc perd environ un dixième de ce qu’il transmet. Au compteur, la machine tire 1 033 W, soit 24,8 kWh par jour.
Réglée pour Autolykos2, la même carte descend à 100 W pour 125 MH/s. Le rig tombe à 690 W aux composants, 767 W au mur, 18,4 kWh par jour.
Laissées dans leur enveloppe d’usine, qui est de 180 W sur ce modèle, les mêmes six cartes tirent 1 300 W au compteur et 31,2 kWh par jour. Entre 767 et 1 300 W, la facture varie de soixante-dix pour cent, quand le hashrate, lui, ne bouge presque pas. Un rig se règle par le bas, toujours.
Côté mur, un circuit de 16 A en 230 V porte 3 680 W. Un disjoncteur tient son courant assigné en permanence, et la règle de déclassement à 80 % qu’on lit partout vient du code électrique américain, pas de la NF C 15-100. Six cartes tiennent donc sur une ligne dédiée, dans les deux réglages. Ce qui se resserre, c’est le nombre de socles admis sur le même départ, huit au maximum en 1,5 mm², et la marge disponible quand un ensemble à huit emplacements vient s’ajouter.
Une seule mesure fait foi, celle du wattmètre à la prise. La valeur affichée par le pilote ignore les pertes du bloc et l’appétit des ventilateurs, et elle se trompe toujours dans le même sens.
Ce qu’il produit
La production d’un rig ne se devine pas, elle se divise. Un réseau émet une quantité fixe de monnaie par jour ; votre part vaut votre hashrate rapporté à celui du réseau entier. Deux divisions, relevées le 14 août 2026.
Ravencoin verse 1 250 RVN par bloc et pose un bloc par minute, donc 1 800 000 RVN émis chaque jour. Le réseau tourne à 920,34 GH/s pour une difficulté de 12 857, et le RVN cote 0,00272389 $. À ce rythme, 100 MH/s rapportent 195,6 RVN par jour, soit 0,53 $.
Ergo verse 3 ERG toutes les deux minutes, 2 160 ERG par jour, sur un réseau à 488,07 GH/s et une difficulté de 59,54 T. L’ERG cote 0,2040 $, ce qui met le gigahash à 0,90 $ la journée.
Les hashrates et les consommations qui suivent sont repris de WhatToMine, où chaque algorithme porte son propre couple de valeurs, mesuré ensemble. C’est la précaution qui manque à la plupart des tableaux de rentabilité, et elle n’est pas cosmétique. La RTX 5060 Ti rend 125 MH/s sur Autolykos2 en consommant 100 W, et 27 MH/s sur KawPow en consommant 140 W. Sa fiche constructeur, elle, annonce 180 W. Emprunter le hashrate à un réglage et la consommation à un autre invente une efficacité que la carte n’a jamais eue, et c’est ainsi que naissent les tableaux de rendement qui ne se reproduisent chez personne.
Six cartes | Algorithme | Par carte | Hashrate | Au mur | Produit | Électricité | Solde |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
RTX 5060 Ti 16 Go | KawPow | 27 MH/s à 140 W | 162 MH/s | 1 033 W | 0,75 € | 4,96 € | −4,21 € |
RTX 5060 Ti 16 Go | Autolykos2 | 125 MH/s à 100 W | 750 MH/s | 767 W | 0,59 € | 3,68 € | −3,09 € |
RTX 3060 12 Go | KawPow | 22 MH/s à 140 W | 132 MH/s | 1 033 W | 0,61 € | 4,96 € | −4,35 € |
RTX 3060 12 Go | Autolykos2 | 115 MH/s à 130 W | 690 MH/s | 967 W | 0,54 € | 4,64 € | −4,10 € |
Les revenus sont convertis à 1,1534 $ pour un euro, cours de référence de la Banque centrale européenne du 13 août 2026, et l’électricité comptée au tarif réglementé bleu, option base, 0,2001 € le kilowattheure à 6 kVA depuis la grille du 1ᵉʳ août 2026. Aucune ligne n’est positive. La moins mauvaise perd 3,09 € par jour, soit 1 130 € sur une année de fonctionnement continu.
La RTX 3060 mérite un mot, parce qu’elle explique pourquoi le marché de l’occasion n’a pas disparu. Sur Ergo, elle rend 115 MH/s là où la 5060 Ti en rend 125 : neuf pour cent d’écart entre une carte de 2021 et une carte de 2025. Elles se séparent sur la consommation, 130 W contre 100. Ces trente watts coûtent 4,32 € par mois et par carte au tarif réglementé, donc 26 € par mois sur un rig de six. Sur un poste dont le neuf a doublé de prix, ces 26 € se discutent.
Ravencoin et Ergo rapportent presque la même chose par carte, une dizaine de centimes, alors que leurs algorithmes et leurs cours n’ont rien à voir. Cette coïncidence sert de garde-fou : les mineurs se déplacent vers ce qui paie, et les rendements s’égalisent en quelques jours. Un tableau qui montre un algorithme deux fois plus rentable qu’un autre, semaine après semaine, décrit un marché qui n’existe pas.
Le seuil qui tranche
Reprenez la meilleure ligne : 0,59 € produits pour 18,4 kWh avalés. Le point d’équilibre tombe à 3,2 centimes le kilowattheure. En dessous, la machine gagne de l’argent. Au-dessus, elle en perd, et la pente est raide.
Le tarif réglementé bleu est à 0,2001 € en 6 kVA, soit six fois trop cher, et aucun contrat français ne comble un écart pareil. L’option heures creuses ne sert à rien ici : ses 0,1589 € ne couvrent que huit heures par jour, le reste passe à 0,2142 €, et une machine qui tourne en continu paie donc plus cher qu’en option base. Quant au tarif professionnel, il réclame moins de dix personnes, un chiffre d’affaires, des recettes ou un bilan qui n’excèdent pas deux millions d’euros et une puissance souscrite d’au plus 36 kVA ; à 0,1624 € hors taxe récupérable, il ne change rien à l’arithmétique.
Le cas extrême ne sauve rien non plus. Supposez l’électricité gratuite, un surplus photovoltaïque qu’on ne revend pas. La machine produit alors 0,59 € par jour, 214 € par an, face à 4 170 à 5 470 € de cartes et de kit. Vingt à vingt-cinq ans, sans compter un seul ventilateur remplacé, et en supposant que le cours de l’ERG ne bouge pas pendant tout ce temps. Ce qu’un rig rapporte face à ce qu’il consomme se recalcule le jour de l’achat, jamais sur un tableau daté d’un autre trimestre.
Ce que le kit vaut quand même
Le kit n’a rien à se reprocher. À 429,99 € sur une machine à plus de 4 000 €, il pèse moins d’un dixième, et c’est la seule partie dont le prix ne dépend ni d’un cours ni d’une pénurie de mémoire. Un châssis, une carte mère et six risers font tourner n’importe quel jeu de cartes, sur n’importe quel algorithme, pendant des années.
Le marché de l’occasion, lui, s’est retourné. Chez Happy Mining, la rubrique des occasions est vide, zéro produit, alors que le neuf part à un exemplaire par client chez LDLC. Ce n’est pas le signe d’une demande de mineurs : c’est la pénurie de mémoire qui vide les rayons des deux côtés, et une carte de 2021 se revend d’autant mieux que la remplaçante coûte huit cents euros.
Restent deux usages qui tiennent debout. Recycler des cartes déjà payées, qui dorment, sur une installation où le courant coûte peu. Ou monter la machine pour autre chose : six emplacements alimentés, un châssis ouvert et un système Linux qui s’administre à distance décrivent aussi bien une ferme de rendu ou une machine d’inférence, et la version LTS d’Ubuntu qui convient à un rig se choisit de la même façon dans les deux cas.
Questions fréquentes
Les cartes graphiques sont-elles comprises dans le kit ?
Non, jamais, quel que soit le vendeur. Le carton contient le châssis, la carte mère avec son processeur, la mémoire, le disque, les risers et les ventilateurs. C’est d’ailleurs pour ça qu’un kit coûte 430 € et une machine complète dix fois plus.Six cartes tiennent-elles sur une prise ordinaire ?
Oui, à condition d’être seules sur leur circuit. Un circuit de 16 A en 230 V porte 3 680 W ; un rig de six cartes en tire 770 à 1 300 W selon le réglage. La marge est réelle, elle se referme dès qu’une deuxième machine partage la ligne.Faut-il prendre le kit avec ou sans alimentation ?
Avec, si le vendeur propose un bloc dimensionné pour votre jeu de cartes. Sans, si vous en avez déjà un ou si vous visez deux blocs couplés. Le calcul reste le même : puissance des composants divisée par 0,8.Un kit d’occasion vaut-il le coup ?
Le cadre et les risers, oui, ils ne vieillissent pas. La carte mère et son processeur aussi, puisqu’ils ne calculent rien. Ce qui s’use sur ces machines, ce sont les roulements de ventilateurs et les condensateurs du bloc d’alimentation, c’est-à-dire ce qu’aucune photo d’annonce ne montre.Quelle carte choisir pour un premier montage ?
Celle qui offre le plus de mémoire vidéo par euro, parce qu’un algorithme à DAG sort les petites capacités du jeu à date fixe. La RTX 3060 et ses 12 Go tient encore des années sur ce critère, là où une carte de 6 Go n’a plus que quelques semaines devant elle sur Ravencoin.