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Hashrate de la RTX 4080 SUPER : 163 Mh/s pour 92 W, et 118 € perdus par an

Cartes graphiques

Hashrate de la RTX 4080 SUPER : 163 Mh/s pour 92 W, et 118 € perdus par an

Sur son meilleur point de fonctionnement publié, une GeForce RTX 4080 SUPER tourne à 163,18 Mh/s en Autolykos2 pour 92 W. Ces 92 W lui coûtent 0,4418 € d’électricité par jour au tarif réglementé français, et l’Ergo qu’elle produit dans le même temps vaut 0,1172 €. La journée se solde à moins 0,3247 €, l’année à moins 118,50 €, et cela avant d’avoir remboursé le premier euro de la carte.

Ce solde-là se retrouve à peu près à l’identique sur la 4080 non-SUPER, sur la 4070 Ti SUPER et sur tout ce qui se branche à une prise française. L’autre question, elle, n’a jamais été posée en français : qu’est-ce que la SUPER apporte de plus que la 4080 quand on la fait miner ? Les deux cartes portent 16 Go de GDDR6X sur un bus de 256 bits, le même TDP de 320 W, la même puce AD103. Les calculateurs consultés sur cette requête servent d’ailleurs souvent la fiche de la 4080 tout court, sans prévenir.

La réponse tient dans un écart de pourcentage, et il change du tout au tout selon l’algorithme. Sur plusieurs d’entre eux, il vaut exactement zéro.

Ce qui sépare la SUPER de la 4080 sur le papier

Les deux cartes partagent la puce AD103. La 4080 en utilise 76 multiprocesseurs, la SUPER les 80 que la puce contient : c’est le seul silicium en plus. Le reste de l’écart se joue sur des fréquences, et la mémoire ne bouge quasiment pas.

Caractéristique

RTX 4080

RTX 4080 SUPER

Écart

Cœurs CUDA

9 728

10 240

+ 5,26 %

Fréquence de base

2,21 GHz

2,29 GHz

+ 3,62 %

Fréquence boost

2,51 GHz

2,55 GHz

+ 1,80 %

Mémoire

16 Go GDDR6X

16 Go GDDR6X

identique

Interface mémoire

256 bits

256 bits

identique

Vitesse mémoire

22,4 Gbit/s

23 Gbit/s

+ 2,68 %

Bande passante mémoire

716,8 Go/s

736 Go/s

+ 2,68 %

Enveloppe de conception

320 W

320 W

identique

Alimentation conseillée

750 W

750 W

identique

Tarif de lancement

1 199 $

999 $

− 16,7 %

La bande passante ne se lit sur aucune fiche NVIDIA, mais elle se retrouve en deux opérations et sans rien croire sur parole : 256 bits d’interface multipliés par 23 Gbit/s, divisés par 8, donnent 736 Go/s. La même arithmétique sur les 22,4 Gbit/s de la 4080, valeur imprimée sur les fiches techniques des cartes partenaires, donne 716,8 Go/s. Deux virgule sept pour cent d’écart. Ce nombre commande la moitié de ce qui suit.

Le seul argument qui restait à la 4080 tombait le 31 janvier 2024, jour de mise en vente de la SUPER : 999 dollars contre 1 199 au lancement, pour une carte supérieure sur chaque ligne de la fiche.

Le hashrate de la RTX 4080 SUPER, algorithme par algorithme

Un tableau de minage ne vaut rien si le débit et les watts ne sortent pas du même essai, au même réglage. Le relevé ci-dessous vient d’une source unique, WhatToMine, qui publie pour chaque algorithme le hashrate, la puissance et le réglage employé, et qui tient une fiche séparée pour chacune des deux cartes. Les lignes marquées « oui » sont celles où les deux cartes sont mesurées à la même puissance : ce sont les seules dont l’écart signifie quelque chose.

Algorithme

RTX 4080

RTX 4080 SUPER

Écart

Même puissance

Ethash

87,00 Mh/s à 200 W

87,00 Mh/s à 200 W

0 %

oui

Karlsenhash

2,60 Gh/s à 210 W

2,60 Gh/s à 210 W

0 %

oui

IronFish

34,00 Gh/s à 240 W

34,00 Gh/s à 240 W

0 %

oui

DynexSolve

8,50 kh/s à 180 W

8,50 kh/s à 180 W

0 %

oui

XelisHash v2

28,30 kh/s à 120 W

28,50 kh/s à 120 W

+ 0,71 %

oui

Memhash

94,00 Mh/s à 230 W

97,00 Mh/s à 230 W

+ 3,19 %

oui

Hoohash

680,00 Mh/s à 160 W

710,00 Mh/s à 160 W

+ 4,41 %

oui

ProgPow

45,00 Mh/s à 260 W

47,00 Mh/s à 260 W

+ 4,44 %

oui

SHA3x

900,00 Mh/s à 190 W

970,00 Mh/s à 190 W

+ 7,78 %

oui

Autolykos2

160,00 Mh/s à 120 W

162,00 Mh/s à 110 W

+ 1,25 %

non

Octopus

92,00 Mh/s à 260 W

95,00 Mh/s à 250 W

+ 3,26 %

non

FishHash

57,00 Mh/s à 200 W

62,00 Mh/s à 210 W

+ 8,77 %

non

KawPow

48,00 Mh/s à 250 W

48,00 Mh/s à 280 W

0 %

non

Neuf lignes du tableau opposent les deux cartes à puissance égale. Quatre donnent rigoureusement le même nombre. Une cinquième, XelisHash v2, en est à sept dixièmes de pour cent. Puis l’écart se met à monter : trois pour cent sur Memhash, quatre sur Hoohash et ProgPow, presque huit sur SHA3x.

La coupure n’a rien d’aléatoire, et elle se lit dans le premier tableau. Les algorithmes qui rendent zéro sont ceux qui passent leur temps à attendre la mémoire : Ethash lit et relit un gros fichier en VRAM, IronFish et DynexSolve aussi. Deux cartes qui partagent le même bus de 256 bits et deux virgule sept pour cent de bande passante d’écart y arrivent au même résultat, et les 512 cœurs CUDA supplémentaires attendent avec le reste de la puce. SHA3x, lui, enchaîne des permutations Keccak sans presque toucher à la mémoire. Là, les 5,26 % de cœurs en plus se voient enfin, et même un peu au-delà, jusqu’à 7,78 %.

L’écart entre les deux cartes en minage s’étale donc de zéro à huit pour cent selon ce qu’on mine, et il vaut zéro sur les algorithmes les plus courus. Les comparatifs anglophones, eux, résument l’affaire d’une ligne : la SUPER rapporte un peu plus que la 4080. Sur Ethash, elle rapporte exactement pareil.

Une seconde source, qui ne dit pas tout à fait la même chose

Un relevé isolé se vérifie contre un autre. Hashrate.no publie ses propres chiffres pour les deux cartes, et ils ne recoupent pas ceux de WhatToMine ligne pour ligne.

Algorithme

RTX 4080

RTX 4080 SUPER

Autolykos2 (Ergo)

172,53 Mh/s à 119 W

163,18 Mh/s à 92 W

KawPow (Ravencoin)

46,53 Mh/s à 228 W

52,10 Mh/s à 249 W

Octopus (Conflux)

87,18 Mh/s à 220 W

90,27 Mh/s à 227 W

Etchash (Ethereum Classic)

87,04 Mh/s à 176 W

87,08 Mh/s à 166 W

Sur Autolykos2, cette source donne la 4080 devant la SUPER en débit brut, 172,53 contre 163,18, parce que les deux fiches ne sont pas réglées à la même puissance : 119 W d’un côté, 92 W de l’autre. Sur KawPow, elle donne la SUPER douze pour cent devant, quand WhatToMine les met à égalité. Sur Etchash, les deux se retrouvent à cinq centièmes de pour cent l’une de l’autre, ce qui rejoint exactement le constat précédent.

Ces relevés sont des soumissions de mineurs, pas des essais de laboratoire. Ce qu’ils établissent est un ordre de grandeur ferme et une précision molle : sur les algorithmes de mémoire, les deux cartes se valent, quelle que soit la source consultée ; sur les autres, la SUPER prend quelques pour cent, et le chiffre exact dépend du réglage de celui qui a téléversé sa mesure. Aucun de ces écarts ne survit au calcul en euros.

Les 16 Go, et le fichier qui décide qui reste en course

La mémoire d’une carte de minage sert surtout à rester dans la partie. Les algorithmes de la famille Ethash construisent un fichier, le DAG, que la carte doit loger entièrement dans sa VRAM ; le jour où ce fichier dépasse la mémoire disponible, la carte est éjectée de l’algorithme du jour au lendemain, sans dégradation progressive.

Ce fichier grossit de 8 Mio à chaque époque de 30 000 blocs, indéfiniment. Sur les trois chaînes qui comptent encore pour une carte graphique, il en est là.

Chaîne

Algorithme

Époque

Taille du DAG

Part des 16 Go

EthereumPoW

Ethash

828

7,47 Gio

47 %

Ravencoin

KawPow

599

5,68 Gio

36 %

Ethereum Classic

Etchash

419

4,27 Gio

27 %

Le plus gros de ces fichiers occupe moins de la moitié de la mémoire de la carte. Une 4080 SUPER a donc de la marge partout, et cette marge n’est pas près de se refermer : au rythme actuel, treize secondes par bloc chez EthereumPoW, il faut 1 092 époques supplémentaires pour que ce DAG atteigne 16 Gio, soit près de 33 millions de blocs et une bonne treizaine d’années. La contrainte mémoire, sur cette carte, est théorique.

Elle ne l’est pas du tout ailleurs. Une carte de 8 Go est déjà exclue d’Ethash : 7,47 Gio de DAG plus ce que le système réserve, il ne reste rien. Voilà ce que les 16 Go achètent : du temps devant soi, pendant que les RTX 3070 et les RX 6600 sortent d’une chaîne après l’autre. Sur ce point précis, la 4080 SUPER et la 4080 sont logées à la même enseigne.

Autolykos2 échappe à cette mécanique. L’algorithme d’Ergo fait engendrer par la carte elle-même une table d’environ deux gigaoctets, à partir de la hauteur du bloc, puis la relit des milliards de fois. La table ne grossit pas avec la chaîne, et une carte de 4 Go y travaille encore. C’est une des raisons pour lesquelles Ergo reste le refuge des cartes graphiques quand tout le reste passe à l’ASIC ou à la preuve d’enjeu.

Ce que la carte rapporte, en euros, au tarif réellement payé en France

Les calculateurs anglophones qui répondent sur cette requête affichent des dollars par jour et appliquent 0,10 dollar le kilowattheure par défaut. Converti, ce défaut vaut 0,0866 €. Le tarif réglementé français est à 0,2001 € le kilowattheure toutes taxes comprises, soit 2,3 fois plus. Un solde recopié depuis un calculateur se trompe donc d’un facteur deux sur le seul poste qui décide de tout.

Le calcul se refait depuis les données de la chaîne plutôt que depuis une estimation. Ergo verse 3 ERG par bloc, le bloc tombe toutes les 116,28 secondes en moyenne, soit 743 blocs par jour, et l’ensemble des mineurs de la chaîne totalise 550,6 Gh/s. À 163,18 Mh/s, la 4080 SUPER en capte 0,6607 ERG par jour. Au cours du 14 août 2026, 0,177327 € le jeton, cela fait 0,1172 € de revenu brut.

En face, 92 W pendant vingt-quatre heures consomment 2,208 kWh, facturés 0,4418 €. Le même exercice sur Ravencoin, qui verse 1 250 RVN toutes les 63,08 secondes pour un réseau de 858,2 Gh/s, donne 103,9 RVN par jour à 52,1 Mh/s, soit 0,2373 € contre 1,1958 € d’électricité.

Étape

Autolykos2, 92 W

KawPow, 249 W

Hashrate retenu

163,18 Mh/s

52,10 Mh/s

Production quotidienne

0,6607 ERG

103,9 RVN

Revenu brut

0,1172 €

0,2373 €

Énergie sur 24 h

2,208 kWh

5,976 kWh

Coût à 0,2001 €/kWh

0,4418 €

1,1958 €

Solde de la journée

− 0,3247 €

− 0,9585 €

Solde sur douze mois

− 118,50 €

− 349,80 €

KawPow rapporte le double d’Ergo et coûte près de trois fois plus cher à faire tourner. Le classement des revenus s’inverse dès qu’on regarde le solde, et c’est toujours le solde qui paie la facture. Sur Autolykos2, l’électricité coûte 3,8 fois ce que la carte produit ; sur KawPow, cinq fois. Un écart de cet ordre ne se comble pas en changeant de pool, et les quelques pour cent que la SUPER prend à la 4080 sur les bons algorithmes n’y changent rigoureusement rien : ils déplacent le solde d’un centime par jour, du mauvais côté de zéro vers le mauvais côté de zéro.

Ces revenus sont d’ailleurs des bornes hautes. Le logiciel de minage prélève sa part, le pool la sienne, et les deux se retranchent d’un chiffre qui n’en avait pas besoin. Les gains relèvent des bénéfices non commerciaux et s’imposent à la réception des jetons, à leur valeur du jour. La déclaration des gains de minage se pose donc même quand le solde est négatif, puisque le fisc regarde le revenu, pas le résultat.

Le prix du kilowattheure où la 4080 SUPER bascule

C’est la seule question qui tranche, et aucun calculateur ne la pose dans ce sens. Le seuil se déduit du revenu et de l’énergie, sans autre ingrédient :

seuil en €/kWh = revenu quotidien en euros ÷ énergie quotidienne en kWh

Sur Autolykos2, 0,1172 € divisés par 2,208 kWh donnent 0,0531 € le kilowattheure. Le KawPow de Ravencoin tombe à 0,0397 €. Et si l’on retient la ligne la plus généreuse publiée pour cette carte au 14 août 2026, le KawPow de Quai à 0,56 dollar par jour pour 249 W, le seuil monte à 0,0811 € sans jamais approcher le moindre tarif français.

Tarif

Prix du kWh

Rapport au seuil Autolykos2

Seuil d’équilibre de la carte

0,0531 €

1

Heures creuses seules

0,1589 €

3,0 ×

Tempo, machine jour et nuit

0,1815 €

3,4 ×

Tarif bleu professionnel

0,1949 €

3,7 ×

Heures pleines et creuses sur 24 h

0,1958 €

3,7 ×

Tarif réglementé, option base

0,2001 €

3,8 ×

Le tarif le plus bas qu’un particulier français puisse toucher, les heures creuses d’un jour bleu en option Tempo, reste trois fois trop cher, et encore ne se paie-t-il pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre : une machine qui tourne en continu paie huit heures en creuses et seize en pleines, ce qui ramène la moyenne journalière à 0,1958 €, deux pour cent sous l’option base. Le contrat professionnel n’ouvre aucune porte non plus. Il suppose moins de dix salariés et un chiffre d’affaires ou un bilan sous deux millions d’euros, il se paie 0,1949 € toutes taxes comprises, et la TVA sur le minage n’ouvre aucun droit à déduction faute d’opération taxée en aval. Raisonner hors taxes pour se donner de l’air revient à truquer le calcul.

On peut retourner le problème et demander ce qui devrait bouger pour que la carte s’équilibre. À consommation constante, il faudrait que l’Ergo vaille 3,77 fois son cours actuel, soit 0,67 € au lieu de 0,177 €. Un tel cours n’a rien d’impossible. Mais c’est alors un pari sur le jeton, déguisé en achat de matériel, et acheter le jeton directement coûte moins cher que d’acheter la carte pour le fabriquer.

Le prix, neuf et d’occasion, et ce qu’il faudrait pour l’amortir

La 4080 SUPER a quitté la distribution française. Au 14 août 2026, LDLC n’en référence aucune, Rue du Commerce n’en vend plus que dans des configurations complètes, et Materiel.net range ses anciennes références sous la mention « ces produits ne sont plus disponibles à la vente ». Le stock restant se négocie à l’international et sur le marché de l’occasion.

Origine, au 14 août 2026

Prix relevé

Amazon, neuf

1 100 $, soit 952 €

Meilleur prix des comparateurs français

951,07 €

eBay, offre la plus basse

893 $, soit 773 €

Tarif de lancement, 31 janvier 2024

999 $

Comparez la première et la dernière ligne : deux ans et demi après sa sortie, la carte se vend au-dessus de son prix de lancement. Elle s’est raréfiée plus vite qu’elle n’a décoté. Neuf offres réparties sur quatre vendeurs subsistaient côté français, avec un plancher à 951,07 €.

L’amortissement se calcule alors sans difficulté, et le résultat n’est pas un nombre de jours. Le solde quotidien étant négatif sur chaque algorithme testé, la carte ne s’amortit jamais : chaque journée de minage ajoute entre 32 centimes et 96 centimes à la perte au lieu d’en retirer quoi que ce soit. Achetée 773 € au meilleur prix d’occasion et lancée sur Autolykos2, elle aura coûté 891 € au bout d’un an, 1 010 € au bout de deux.

Offrons-lui l’électricité, pour voir. Avec un courant gratuit et le meilleur revenu brut publié ce jour-là, 0,4847 € par jour, il faut 1 595 jours, soit quatre ans et quatre mois, pour que la carte rembourse son prix d’occasion. Sur du matériel dont le successeur est déjà en rayon, et sur un revenu qui dépend d’un cours et d’une difficulté qui bougent chaque semaine, cette durée n’est pas un plan.

Le sous-voltage change davantage la ligne que le choix du modèle

Le levier utile est là, et il se chiffre en euros. Les deux sources consultées donnent presque le même hashrate sur Autolykos2, 163,18 et 162,00 Mh/s, mais pas la même puissance : 92 W contre 110 W. Dix-huit watts d’écart pour un débit identique, c’est 157,68 kWh sur une année de fonctionnement continu, soit 31,55 € au tarif réglementé.

Rapporté à l’efficacité, le réglage à 92 W rend 1,774 Mh/s par watt contre 1,473 au réglage à 110 W. Vingt pour cent de mieux, deux fois et demie l’écart maximal entre la SUPER et la 4080 sur le meilleur des algorithmes. Le réglage bat le modèle, largement, et c’est le principe de tout réglage mené au hachage par watt : seule cette grandeur mesure la qualité d’une courbe de tension. Un abaissement qui fait tomber les watts en emportant le débit n’a rien gagné du tout.

La démonstration inverse existe aussi, et elle est cruelle pour la SUPER. En KawPow, WhatToMine fait tourner la 4080 avec une limite de puissance à 250 W et la SUPER à 280 W, pour 48,00 Mh/s dans les deux cas. Trente watts brûlés pour rien, soit 262,8 kWh et 52,59 € par an jetés par la carte réputée supérieure. Un point de fonctionnement mal choisi coûte plus cher que tout ce que le silicium supplémentaire peut rapporter.

Un mot sur les 320 W imprimés sur la fiche : ils décrivent une enveloppe de conception, pas une consommation de minage. Le point Autolykos2 à 92 W en représente 28,75 %. Une session de minage n’approche ce plafond que si la limite de puissance est restée à sa valeur d’usine, et c’est la première chose qu’on descend. Un tableau qui poserait 163 Mh/s en face de 320 W triplerait la facture et condamnerait la carte pour de mauvaises raisons. Elle mérite d’être condamnée, mais sur les bons chiffres.

La 4080 SUPER dans un rig de six cartes

Six 4080 SUPER réglées à 92 W sur Autolykos2 demandent 552 W, auxquels s’ajoutent la carte mère, le processeur et le rendement de l’alimentation. Les mêmes six cartes sur KawPow à 249 W réclament 1 494 W, presque trois fois plus, pour un solde nettement plus mauvais. L’arbitrage entre les deux algorithmes se fait donc bien avant l’achat du châssis, et il détermine tout le dimensionnement électrique.

Un circuit domestique de 16 A en 230 V tient 3 680 W en pointe et moins en continu, ce qui laisse de la place pour six cartes en Autolykos2 et devient tendu en KawPow. Le seuil administratif arrive d’ailleurs avant le seuil physique : au-delà de 6 kVA souscrits, l’option base n’est plus disponible, l’installation bascule en heures pleines et heures creuses, et la moyenne journalière s’établit à 0,1958 €. Le détail des arbitrages d’une configuration à plusieurs cartes dépasse le cas d’un modèle, mais l’ordre de grandeur ne bouge pas : six cartes perdent six fois plus, soit 711 € par an en Autolykos2.

Sur la question du lien PCIe, la crainte habituelle ne tient pas. Le DAG comme la table d’Autolykos2 vivent dans la VRAM et n’empruntent jamais le bus PCIe ; les 736 Go/s qui décident du débit sont internes à la carte. Une voie x1, qui plafonne à 985 Mo/s, ne transporte que des tâches et des résultats. En revanche, le riser qui prolonge cette voie obéit à une règle stricte : il s’alimente par un connecteur PCIe, jamais par un connecteur SATA. Un SATA autorise 54 W quand le port de carte mère en fournit 75 : vingt et un watts d’écart sur une prise dessinée pour un disque dur, c’est un connecteur qui chauffe, puis qui fond.

Reste l’encombrement, qui n’est pas anodin. NVIDIA annonce 304 mm de long et trois emplacements pour la Founders Edition, avec une température maximale de fonctionnement de 90 °C. Côté alimentation, la carte accepte trois câbles PCIe 8 broches par l’adaptateur fourni, ou un unique câble PCIe Gen 5 de 450 W et plus, et réclame un bloc de 750 W pour une machine complète. Multiplié par six, cela fait un châssis ouvert et deux alimentations, pas une tour de bureau.

Acheter une 4080 SUPER sortie d’un rig

Le niveau de perte décrit plus haut a une conséquence heureuse pour l’acheteur d’occasion : ces cartes ne restent pas longtemps dans les fermes françaises, et celles qui reviennent sur le marché ont souvent moins tourné que la réputation du minage ne le laisse craindre. Quatre points à regarder, dans cet ordre.

  • Le connecteur d’alimentation, avant tout le reste. On regarde les douze broches une par une, à la lumière : un plastique bruni ou une broche déformée fait reposer la carte, sans négociation.

  • Les ventilateurs, seule pièce mécanique et seule pièce qui s’use vraiment. Un roulement fatigué s’entend au démarrage et se sent au doigt quand on fait tourner la pale à l’arrêt. Ça se remplace, mais mieux vaut le savoir avant de discuter le prix qu’après.

  • La température de la mémoire en charge, plus parlante que celle du processeur graphique. Les tampons thermiques posés sur les puces GDDR6X durcissent au fil des mois de fonctionnement continu, et un écart marqué entre les deux relevés annonce des tampons à changer.

  • Le BIOS, qu’une carte passée par un rig a pu recevoir modifié. La vérification prend une minute avec l’utilitaire du fabricant et épargne des instabilités qu’on mettrait ensuite sur le compte du reste de la machine.

Ce qui ne se voit pas mérite d’être dit franchement : le minage n’use pas une carte graphique comme on le répète. Une carte réglée à 92 W a tourné à moins du tiers de son enveloppe, à température stable, sans les cycles de chauffe et de refroidissement que le jeu impose. La poussière et les roulements sont les vrais points d’usure. Le silicium, lui, ne garde pas la trace des hachages qu’il a calculés.

La raison d’acheter cette carte aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le minage. Seize gigaoctets de GDDR6X et 736 Go/s de bande passante servent le jeu en haute définition et les modèles de langage qu’on fait tourner chez soi, deux usages où les 5,26 % de cœurs en plus sur la 4080 non-SUPER se voient enfin, et où les 200 dollars d’écart au lancement penchaient nettement du bon côté. Qui compare encore les générations trouvera plus de matière du côté de la 4090 ou de la 5070, qui gagnent en efficacité sans passer de l’autre côté de la ligne. Achetée pour miner, la 4080 SUPER coûte entre 118 et 350 € par an à son propriétaire selon l’algorithme, et le seul réglage qui renverserait ce résultat serait un tarif d’électricité trois fois plus bas que celui qu’on paie en France.