RX 9070 XT en minage : hashrate mesuré, bande passante et seuil de rentabilité
Trois chiffres circulent partout sur cette carte, et aucun ne tient debout : 120 MH/s sur Bitcoin, 60 sur Ethereum, 80 sur Litecoin. Le bitcoin ne se mine qu’en ASIC, et son débit se compte en térahash, pas en mégahash. Ethereum a quitté la preuve de travail le 15 septembre 2022, et plus personne n’en mine, sur aucun matériel. Le litecoin tourne en Scrypt, passé aux machines dédiées il y a plus de dix ans. Ce qui suit est ce que la Radeon RX 9070 XT produit réellement, sur les algorithmes qui se minent encore au GPU, avec la consommation mesurée à chaque réglage et le prix du kilowattheure au-dessus duquel elle coûte plus cher qu’elle ne rapporte. Le résultat déçoit, et il vaut mieux le savoir avant de sortir 700 €.
Ce que la carte mine vraiment, algorithme par algorithme
Fiche technique : 640 Go/s, et pourquoi ce nombre décide de tout
Face à la RTX 5070 Ti et à la RX 7800 XT : le comparatif qui manque
Rentabilité au tarif français, le calcul ligne par ligne
Limite de puissance et undervolting : les réglages qui déplacent le seuil
Mesurer soi-même plutôt que recopier un tableau
L’état réel du marché du minage GPU en 2026
Prix, modèles, et ce qu’il faut regarder à l’achat
Ce que la RX 9070 XT mine vraiment, algorithme par algorithme
Un hashrate sans nom d’algorithme ne signifie rien. Chaque monnaie en preuve de travail impose sa propre fonction de hachage, et une carte qui se tient bien sur l’une peut s’effondrer sur la suivante. Ce qui suit vient de relevés publiés par les plateformes qui agrègent les remontées de mineurs, avec la consommation réelle constatée au réglage correspondant.
Algorithme | Monnaie principale | Hashrate | Consommation relevée | État du réseau |
|---|---|---|---|---|
Autolykos2 | Ergo (ERG) | 78,8 MH/s | 144 W | Actif, résistant aux ASIC |
NexaPoW | Nexa (NEXA) | 94,6 MH/s | 254 W | Actif, marché étroit |
Octopus | Conflux (CFX) | 81 MH/s | 219 W | Actif, consensus hybride depuis 2022 |
ETChash | Ethereum Classic (ETC) | 43 MH/s | 138 W | Actif, preuve de travail |
KawPow | Ravencoin (RVN) | 41 MH/s | 318 W | Actif |
FishHash | Iron Fish (IRON) | 27 MH/s | 182 W | Actif |
Ethash | Ethereum | Sans objet | Sans objet | Preuve d’enjeu depuis le 15 septembre 2022 |
Scrypt | Litecoin | Sans objet | Sans objet | Réservé aux ASIC depuis 2014 |
SHA-256 | Bitcoin | Sans objet | Sans objet | Réservé aux ASIC depuis 2013 |
Deux lignes méritent qu’on s’arrête. Autolykos2 sort le meilleur rapport de la carte, 78,8 MH/s pour 144 W, parce que l’algorithme sollicite la mémoire et laisse le cœur graphique tourner bas. C’est le seul relevé entièrement documenté de cette liste : SRBMiner, mémoire Hynix, décalage de fréquence du cœur à − 500 MHz et de tension à − 200. ETChash descend à 138 W pour 43 MH/s. À l’autre bout, KawPow réclame 318 W, plus que la puissance de carte annoncée, parce qu’il fait travailler le cœur autant que la mémoire.
Les trois dernières lignes existent uniquement parce que les tableaux recopiés les entretiennent. Un mineur ne choisit pas entre Bitcoin et Ergo avec une carte graphique. Il choisit entre les algorithmes que les machines dédiées n’ont pas encore avalés, et cette liste s’est réduite de génération en génération. Le panorama complet figure dans le catalogue des logiciels de minage classés par algorithme et par matériel.
Fiche technique : 640 Go/s, et pourquoi ce nombre décide de tout
La RX 9070 XT est sortie le 6 mars 2025 sur l’architecture RDNA 4. Elle repose sur la puce Navi 48, gravée par TSMC en N4P, qui rassemble 53,9 milliards de transistors sur 356,5 mm². Cette densité est réelle et remarquable : environ 150 millions de transistors par millimètre carré, contre 120 millions pour la puce GB203 de NVIDIA. Elle ne change rien au minage, et voici pourquoi.
Caractéristique | Radeon RX 9070 XT |
|---|---|
Puce | Navi 48, architecture RDNA 4 |
Gravure | TSMC N4P, 356,5 mm² |
Transistors | 53,9 milliards |
Unités de calcul | 64 |
Processeurs de flux | 4 096 |
Fréquence de jeu | 2 400 MHz |
Fréquence boost | 2 970 MHz |
Mémoire | 16 Go GDDR6 à 20 Gbit/s |
Bus mémoire | 256 bits |
Bande passante mémoire | 640 Go/s |
Puissance de carte (TBP) | 304 W |
Interface | PCIe 5.0 ×16 |
Une seule ligne de ce tableau gouverne le minage : la bande passante mémoire. Autolykos2, Octopus, ETChash et FishHash sont des algorithmes dits memory-hard. Ils forcent la carte à parcourir en permanence un grand jeu de données stocké en mémoire vidéo, et le calcul attend la mémoire au lieu que la mémoire attende le calcul. Le débit final se joue donc sur les 640 Go/s, produits par une mémoire GDDR6 à 20 Gbit/s sur un bus de 256 bits.
Les 4 096 processeurs de flux, eux, ne travaillent qu’à charge partielle. C’est aussi pour cette raison que la consommation relevée en minage, 144 W en Autolykos2, tombe très en dessous des 304 W de puissance de carte annoncés par AMD : le cœur graphique n’est jamais sollicité à fond.
Trois éléments souvent mis en avant sur cette carte n’ont aucun effet ici. Les accélérateurs de ray tracing de troisième génération calculent des rebonds de lumière, ce qu’un mineur n’appelle jamais. Les accélérateurs d’intelligence artificielle de deuxième génération et leur support FP8 servent l’inférence, pas le hachage. Quant au FSR 4 et à son sur-échantillonnage neuronal, il agit sur des images affichées à l’écran, et une machine de minage n’en affiche aucune. Écrire que ces blocs augmentent le nombre de transactions traitées revient à confondre deux métiers du silicium.
Reste un point matériel qui compte vraiment : les 16 Go. Les algorithmes à DAG font grossir leur jeu de données au fil des blocs, et le jour où ce jeu dépasse la mémoire disponible, la carte décroche brutalement. Seize gigaoctets laissent plusieurs années devant les réseaux actuels, là où les cartes de 8 Go ont déjà été écartées de plusieurs d’entre eux. Le mécanisme est détaillé dans la page sur le DAG et le classement des cartes graphiques de minage.
Face à la RTX 5070 Ti et à la RX 7800 XT : le comparatif qui manque
Le lecteur qui hésite entre 700 € de Radeon et 800 € de GeForce a besoin d’un seul tableau, et il porte sur la bande passante puis sur le hashrate par watt.
Carte | Mémoire | Bande passante | Autolykos2 | Consommation réglée | MH/s par watt |
|---|---|---|---|---|---|
RTX 5080 | 16 Go GDDR7 | 960 Go/s | 270 à 315 MH/s | 140 W | 1,93 à 2,25 |
RTX 5070 Ti | 16 Go GDDR7 | 896 Go/s | 195 à 265 MH/s | 100 W | 1,95 à 2,65 |
RX 9070 XT | 16 Go GDDR6 | 640 Go/s | 78,8 MH/s | 144 W | 0,55 |
RX 7800 XT | 16 Go GDDR6 | 624 Go/s | 130 MH/s | 230 W | 0,57 |
L’écart est brutal et il tient en deux constats séparés.
Le premier est matériel. La GDDR7 des Blackwell tourne à 28 Gbit/s, la GDDR6 des Radeon à 20 Gbit/s, sur le même bus de 256 bits. Il en sort 896 Go/s d’un côté, 640 Go/s de l’autre : la RX 9070 XT a 29 % de bande passante en moins que la RTX 5070 Ti, et sur des algorithmes limités par la mémoire, cette différence se paie directement en hashrate. Toute page qui présente la Radeon comme plus efficace que la GeForce en minage se trompe de nombre.
Le second constat est logiciel, et il est plus intéressant. La RX 7800 XT, génération précédente, affiche 624 Go/s, soit un peu moins que la RX 9070 XT. Elle sort pourtant 130 MH/s en Autolykos2 contre 78,8. Une carte plus récente, mieux gravée, plus dense, et 40 % en dessous de celle qu’elle remplace : l’explication n’est pas dans le silicium. Les mineurs qui font tourner les cartes AMD ont été écrits pour RDNA 2 et RDNA 3, et leurs noyaux de calcul n’ont pas encore été réécrits pour RDNA 4. Le phénomène a suivi chaque changement d’architecture chez AMD, et il se résorbe lentement au fil des versions.
Concrètement, cela veut dire qu’un chiffre relevé aujourd’hui sur cette carte est un plancher, pas un plafond. Il peut monter. Il n’est pas garanti de monter, parce que le marché qui financerait ce travail d’optimisation a beaucoup rétréci. Pour la génération d’avant, dont les logiciels sont mûrs, les mesures se lisent dans la fiche de la RX 7800 XT en minage.
Rentabilité au tarif français : le calcul ligne par ligne
C’est le seul calcul qui tranche. Il demande trois nombres : ce que la carte produit, ce qu’elle consomme, et ce que coûte le kilowattheure.
Les calculateurs de profitability, qui agrègent les remontées de mineurs, situent la production brute de cette carte autour de 0,80 $ par jour, en retenant à chaque instant l’algorithme le mieux payé. Au change d’août 2026, à 1,16 $ pour un euro, cela donne 0,69 € de revenu brut par jour. Le tarif réglementé de vente s’établit à 0,2001 € le kilowattheure en option base au 1ᵉʳ août 2026. Voici ce qui en sort pour une carte qui tourne vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Réglage | Consommation | Énergie par jour | Électricité par jour | Revenu brut | Résultat |
|---|---|---|---|---|---|
Sortie de boîte, 304 W | 304 W | 7,30 kWh | 1,46 € | 0,69 € | − 0,77 € par jour |
Autolykos2 réglé, 144 W | 144 W | 3,46 kWh | 0,69 € | 0,69 € | 0,00 € par jour |
ETChash réglé, 138 W | 138 W | 3,31 kWh | 0,66 € | 0,69 € | + 0,03 € par jour |
Le seuil se calcule en une division : revenu brut divisé par l’énergie consommée dans la journée. Sortie de boîte, 0,69 € pour 7,30 kWh donne un seuil de 0,094 € le kilowattheure. Réglée sur Autolykos2, 0,69 € pour 3,46 kWh porte le seuil à 0,200 €. Sur le réglage le plus économe, ETChash à 138 W, 0,69 € pour 3,31 kWh remonte à 0,208 €.
Le tarif réglementé français vaut 0,2001 €, et les deux derniers seuils l’encadrent de si près que la carte travaille à l’équilibre. Sur Autolykos2, 0,200 € contre 0,2001 € : elle paie son électricité, à un dixième de centime près, et rien de plus. Sur ETChash, 0,208 €, huit dixièmes de centime au-dessus, soit trois centimes par jour de surplus. Sortie de boîte, en revanche, le seuil tombe à 0,094 € et la carte perd 0,77 € par jour.
Trois centimes par jour font onze euros par an. Face aux 700 € de la carte, l’amortissement se compte en dizaines d’années. Ce n’est pas un défaut de cette Radeon en particulier, c’est l’état du minage GPU depuis 2022, et la même arithmétique frappe toute la gamme, du haut de gamme aux modèles d’entrée. Le calcul se retourne d’ailleurs : le point mort exact, au tarif de base et à ce revenu, se situe à 3,45 kWh par jour. Chaque watt gagné sur le réglage passe donc directement au résultat, et c’est le seul levier qui reste au mineur domestique. La méthode de calcul complète, avec le détail des postes, est reprise dans la page sur le calcul de rentabilité d’une installation de minage.
Deux réserves accompagnent ces nombres, et elles jouent dans les deux sens. Le revenu brut suit le cours de jetons à faible liquidité, qui peuvent doubler ou fondre en quelques semaines. La difficulté des réseaux monte quand des mineurs arrivent, et baisse quand ils partent. Les formules sont écrites ici précisément pour qu’elles se recalculent avec les nombres du jour plutôt que de vieillir en silence.
Limite de puissance et undervolting : les réglages qui déplacent le seuil
Entre 0,77 € perdus et 0,03 € gagnés par jour, tout se joue dans quelques réglages. Ils s’appliquent dans cet ordre.
La limite de puissance vient en premier, et de loin. Elle se règle dans AMD Software : Adrenalin Edition, onglet des réglages de performance, ou sous Linux avec rocm-smi. Baisser le plafond de la carte réduit la fréquence du cœur graphique, qui ne servait pas, et laisse la mémoire travailler au même rythme. Sur un algorithme memory-hard, le hashrate ne bouge presque pas pendant que la consommation chute d’un tiers. C’est exactement l’écart entre les 304 W du tableau et les 144 W relevés en Autolykos2.
L’undervolting suit. On abaisse la tension du cœur à fréquence constante, ce qui réduit la chaleur et le courant sans toucher au débit. Le réglage se descend par paliers de 25 mV, et une instabilité se manifeste par un plantage du mineur dans les minutes qui suivent, jamais par une dégradation silencieuse. On remonte alors d’un palier et on laisse tourner vingt-quatre heures avant de valider.
Le réglage de la mémoire ferme la marche, et c’est le seul qui puisse augmenter le hashrate. La GDDR6 accepte en général quelques centaines de mégahertz de plus, mais sa correction d’erreurs intégrée masque la dégradation : au-delà d’un certain point, le débit affiché par le logiciel continue de monter alors que le nombre de parts acceptées par le pool baisse. Le seul juge valable est le compteur du pool, jamais celui du mineur. Le choix de ce pool et de son mode de paiement est traité dans la page sur les frais, la taille et les paiements d’un pool de minage.
À l’inverse, augmenter la fréquence du cœur graphique consomme sans rien produire sur ces algorithmes. C’est le réglage que proposent d’office la plupart des modèles overclockés en usine, et c’est celui qu’il faut défaire.
Mesurer soi-même plutôt que recopier un tableau
Les valeurs publiées viennent de configurations qu’on ne voit pas : version du pilote, version du mineur, température ambiante, exemplaire de puce. Sur une architecture aussi récente, elles bougent d’un mois sur l’autre. La mesure chez soi prend une soirée et vaut tous les tableaux.
Il faut un wattmètre de prise, à dix ou quinze euros, branché entre la machine et le mur. On note d’abord la consommation au repos, écran allumé, mineur arrêté. On lance ensuite le mineur sur un algorithme, on attend un quart d’heure que les fréquences se stabilisent, et on relève la nouvelle valeur. La différence donne la consommation réelle de la carte en charge, y compris les pertes de l’alimentation, ce qu’aucun logiciel de supervision ne rapporte correctement.
Le hashrate se lit du côté du pool, pas du logiciel. On laisse tourner vingt-quatre heures et on regarde le taux moyen accepté sur cette période, ainsi que le nombre de parts refusées. Un logiciel qui affiche un débit élevé avec 2 % de parts refusées produit moins qu’un logiciel plus lent qui n’en refuse aucune. La comparaison entre les réglages se fait ensuite sur un seul nombre : le hashrate divisé par les watts mesurés à la prise.
Ce protocole vaut pour n’importe quelle carte, il tient sur un coin de table, et il évite de dépendre de valeurs recopiées d’un site à l’autre sans que personne ne les ait jamais reproduites.
L’état réel du marché du minage GPU en 2026
C’est l’information qui manque à la plupart des pages sur le sujet. Le passage d’Ethereum à la preuve d’enjeu, le 15 septembre 2022, a supprimé d’un seul coup le débouché qui faisait vivre le minage GPU grand public. Ce réseau absorbait à lui seul la quasi-totalité des cartes graphiques mises au travail dans le monde. Le débouché a disparu en une nuit. Ces cartes n’avaient plus où aller.
Le peu qui reste tient dans le tableau du début : quelques réseaux dont les jetons ont des carnets d’ordres minces, où vendre un lot un peu gros fait glisser le prix de plusieurs pourcents. La rentabilité qu’ils offrent s’est alignée, très logiquement, sur le coût de l’électricité des régions les moins chères du monde. En France, avec un tarif réglementé à 0,2001 €, on est structurellement du mauvais côté de cette ligne.
Les fermes professionnelles l’ont compris avant tout le monde. Elles ont basculé sur des machines dédiées pour le SHA-256, ou revendu leurs mégawatts au calcul d’intelligence artificielle, qui paie mieux. C’est d’ailleurs ce qui explique que la puissance du réseau Bitcoin ait reculé depuis son sommet : le mégawatt part ailleurs.
Rien de tout cela n’interdit d’acheter une RX 9070 XT. Ça interdit de l’acheter dans le but de miner. La carte se justifie très bien pour jouer, pour du montage vidéo ou du calcul, et le minage peut occuper ses heures creuses en absorbant une partie de sa facture. C’est un usage secondaire, avec une rentabilité secondaire, et c’est la seule façon honnête de présenter la chose. Pour une installation dimensionnée dès le départ pour produire, le raisonnement complet se trouve dans la page sur le rig de minage, ses composants et son coût réel.
Dernier point que personne n’aime aborder : ce que la carte produit se déclare. En France, le minage relève des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts, et l’imposition intervient à la réception des jetons, à leur valeur du jour, indépendamment de toute revente. Il n’existe aucun régime de faveur, aucun avantage fiscal, et la TVA étant hors champ, il n’y a pas non plus de droit à déduction. Les formulaires, les cases et les seuils sont détaillés dans la page sur la déclaration des gains de minage.
Prix, modèles, et ce qu’il faut regarder à l’achat
En août 2026, la RX 9070 XT se trouve entre 680 et 730 € selon le fabricant partenaire et le système de refroidissement. AMD n’a pas produit de modèle de référence sur cette génération : toutes les cartes du marché viennent de ses partenaires, ASUS, Sapphire, PowerColor, XFX, Gigabyte et ASRock, avec les écarts habituels de ventilation, de nuisance sonore et d’overclocking d’usine.
Pour une machine dédiée au minage, l’arbitrage est simple, et il va à contre-courant de la façon dont ces cartes sont vendues. Une carte bridée à 144 W ne chauffe pas assez pour qu’un triple ventilateur serve à quelque chose. L’overclocking d’usine porte sur la fréquence du cœur graphique, celle qui ne rapporte rien ici et qu’on va de toute façon faire redescendre. Le double BIOS silence-performance ne change rien non plus une fois la limite de puissance abaissée. Le modèle le moins cher fait le même travail.
Deux points valent en revanche un coup d’œil. Le premier est le connecteur d’alimentation : la plupart des modèles réclament deux prises PCIe à huit broches, et il faut deux câbles distincts venant de l’alimentation, pas un câble unique en Y, sur une carte qui tire en pointe. Le second est l’encombrement, souvent deux emplacements et demi à trois, ce qui rend impossible d’aligner plusieurs cartes sur une carte mère sans passer par des rallonges PCIe.
Enfin, la valeur de revente pèse plus lourd dans le résultat final que les onze euros de marge annuelle. Bridée à 144 W, elle tourne fraîche, ne subit aucune usure mesurable en dehors des roulements de ventilateurs, et se revend au prix d’une carte de jeu du même âge. Ce chiffre-là, personne ne le met dans les tableaux de rentabilité, et il est pourtant le plus important.
Questions fréquentes sur le minage avec la RX 9070 XT
Quel est le hashrate réel de la RX 9070 XT ?
78,8 MH/s en Autolykos2 pour 144 W, 81 MH/s en Octopus, 43 MH/s en ETChash pour 138 W et 41 MH/s en KawPow. Ceux qui circulent à trois chiffres viennent de tableaux libellés en Ethash, un algorithme qui n’a plus de réseau à miner depuis septembre 2022.
La RX 9070 XT peut-elle miner du Bitcoin ?
Non. Le SHA-256 se mine exclusivement en machines dédiées depuis 2013, avec un écart de plusieurs ordres de grandeur qu’aucune carte graphique ne rattrape. Un mineur GPU produit un autre jeton, qu’il peut ensuite convertir en bitcoin s’il le souhaite. C’est une opération de change, pas du minage de bitcoin.
Pourquoi fait-elle moins bien que la RX 7800 XT qu’elle remplace ?
Parce que les logiciels de minage pour cartes AMD ont été écrits et affinés pour les architectures RDNA 2 et RDNA 3. Leurs noyaux de calcul n’ont pas encore été retravaillés pour RDNA 4, et le même décalage a accompagné chaque changement d’architecture chez AMD. Les valeurs relevées aujourd’hui sont un plancher, et elles peuvent remonter.
Vaut-il mieux une RX 9070 XT ou une RTX 5070 Ti pour miner ?
La GeForce, sans hésitation, et l’écart est large : 896 Go/s de bande passante contre 640, et un hashrate par watt supérieur d’un facteur quatre sur Autolykos2. Le détail chiffré se lit dans la page sur la rentabilité de la RTX 5070 Ti, et la génération au-dessus est traitée dans celle sur le hashrate de la RTX 5080 par algorithme.
Quelle différence avec la RX 9070 non-XT ?
La version XT compte 64 unités de calcul contre 56, monte plus haut en fréquence et affiche 304 W de puissance de carte contre 220 W. Sur des algorithmes limités par la mémoire, les deux partagent la même bande passante de 640 Go/s, ce qui resserre considérablement l’écart en minage par rapport à ce qu’il est en jeu. Les mesures figurent dans la page sur la RX 9070 en minage.
Le minage abîme-t-il la carte ?
La puce supporte très bien une charge continue, souvent mieux qu’une alternance de pics et de repos. Ce qui s’use, ce sont les roulements des ventilateurs et la pâte thermique. Bridée à 144 W, la carte tourne à basse température et vieillit moins vite qu’en usage jeu intensif.