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Quadro RTX 6000 : 24 Go, 267 mm, 260 W, et quatre cartes homonymes

Cartes graphiques

Quadro RTX 6000 : 24 Go, 267 mm, 260 W, et quatre cartes homonymes

La carte vendue sous l’étiquette « Quadro RTX 6000 24 Go DP USB-C » mesure 266,7 mm de long sur 111,8 mm de haut, occupe deux emplacements, réclame un connecteur huit broches et un six broches, et NVIDIA lui accorde 260 W de puissance graphique. Dessous, il y a la puce TU102 : 12 nm, 18,6 milliards de transistors, 754 mm² de silicium. De là sortent 4 608 cœurs CUDA, 576 cœurs Tensor, 72 cœurs RT, et 24 Go de GDDR6 sur un bus de 384 bits, soit 672 Go/s. NVIDIA l’a présentée au SIGGRAPH le 13 août 2018. Prix annoncé ce jour-là : 6 300 dollars.

Encore faut-il tomber sur la bonne. Au relevé du 14 août 2026, la première page de résultats de Google.fr sur son nom sert cinq cartes différentes sous le même intitulé : la Quadro 6000 de 2010 et ses 6 Go de GDDR5, la RTX A6000 de 2020, la RTX 6000 Ada de 2022, la RTX PRO 6000 Blackwell de 2025, et celle-ci. Un comparateur de prix range même « RTX 6000 Ada 48GB » à 7 814 € et « Quadro RTX 6000 » à 7 987 € dans une seule et même liste, comme s’il s’agissait de deux offres pour le même produit. Le discriminant tient en un port : le connecteur USB-C sur l’équerre. Aucune des quatre autres n’en a.

  • Cinq cartes, un seul nombre : laquelle avez-vous devant vous

  • La fiche, relevée sur la datasheet

  • 267 mm et deux emplacements : ce que la carte demande au boîtier

  • 295 W ou 260 W : les deux nombres de la même ligne

  • Ce que la puce TU102 produit en minage

  • 24 Go de mémoire : inutiles aujourd’hui, tout juste suffisants en 2029

  • Le logiciel qui reste pour la faire tourner

  • Miner du bitcoin avec elle : le calcul qui ferme la question

  • Ce qu’elle vaut d’occasion

  • Questions fréquentes

Cinq cartes, un seul nombre : laquelle avez-vous devant vous

NVIDIA a réutilisé le nombre 6000 sur cinq générations d’architecture en quinze ans, en changeant chaque fois le préfixe et jamais le chiffre. Le résultat se lit dans les annonces d’occasion. « RTX 6000 » y désigne à peu près n’importe quoi entre 6 et 96 Go de mémoire.

Nom exact

Architecture

Année

Cœurs CUDA

Mémoire

Puissance carte

Sortie USB-C

Quadro 6000

Fermi

2010

448

6 Go GDDR5

225 W

non

Quadro RTX 6000

Turing

2018

4 608

24 Go GDDR6

295 W

oui

RTX A6000

Ampere

2020

10 752

48 Go GDDR6

300 W

non

RTX 6000 Ada Generation

Ada Lovelace

2022

18 176

48 Go GDDR6

300 W

non

RTX PRO 6000 Blackwell

Blackwell

2025

24 064

96 Go GDDR7

600 W

non

Trois vérifications suffisent devant une annonce. Le port USB-C d’abord. Il n’a existé que sur Turing : NVIDIA l’a abandonné dès la génération suivante, et toutes les cartes professionnelles postérieures se contentent de DisplayPort. Les 24 Go ensuite, capacité unique dans la liste, la Quadro 6000 en ayant quatre fois moins et les trois suivantes deux à quatre fois plus. Le bus enfin. PCI Express 3.0 sur celle-ci, 4.0 sur la RTX 6000 Ada.

Le piège de la variante passive

Une sixième carte porte le nom sans figurer dans le tableau, et elle circule sur le marché de l’occasion sous le même intitulé. NVIDIA a décliné la Quadro RTX 6000 en version serveur, référencée VCQRTX6000P chez PNY. Même puce, mêmes 4 608 cœurs, mêmes 24 Go, mais sa datasheet de décembre 2019 inscrit trois lignes qui changent tout : « Thermal Solution : Passive », « Power Consumption : 250 W », et surtout « Display connectors : None ».

Aucune sortie vidéo, aucun ventilateur. Elle attend le flux d’air d’un châssis rack, et l’affichage lui réclame une licence vGPU, ce que sa propre note de bas de page confirme : « An NVIDIA vGPU license is required for graphics display support, including Windows WDDM ». Ses fréquences descendent aussi : 624 Go/s au lieu de 672, et 14,9 TFLOPS en simple précision au lieu de 16,3. Dans une tour, elle ne sert à rien. L’absence de ventilateur la trahit sur photo.

La fiche, relevée sur la datasheet

Les valeurs ci-dessous viennent de la fiche technique NVIDIA de mars 2019, celle de la version active à quatre DisplayPort et un USB-C.

Caractéristique

Valeur

Architecture

Turing, puce TU102, 12 nm, 18,6 milliards de transistors sur 754 mm²

Cœurs CUDA

4 608

Cœurs Tensor

576

Cœurs RT

72

Mémoire

24 Go GDDR6 avec correction d’erreurs

Interface mémoire

384 bits

Bande passante

672 Go/s, puces à 14 Gbit/s

Fréquence de pointe

1 770 MHz

Simple précision

16,3 TFLOPS

Calcul Tensor

130,5 TFLOPS

Bus système

PCI Express 3.0 x16

Consommation

260 W de puissance graphique, 295 W au niveau de la carte

Refroidissement

actif, ventilateur radial

Encombrement

111,8 mm de haut, 266,7 mm de long, double emplacement

Sorties

4x DisplayPort 1.4, 1x USB-C

Écrans simultanés

4x 4096x2160 à 120 Hz, 4x 5120x2880 à 60 Hz, 2x 7680x4320 à 60 Hz

Encodage et décodage

1 moteur d’encodage, 1 moteur de décodage

NVLink

relie deux cartes, 100 Go/s en bidirectionnel

API graphiques

DirectX 12.0, Shader Model 5.1, OpenGL 4.6, Vulkan 1.1

La ligne des écrans se recopie régulièrement de travers. La carte pilote bien quatre écrans en 4K ou en 5K, mais deux seulement en 7680x4320. Le pont NVLink, lui, additionne les mémoires jusqu’à 48 Go, à une condition que la datasheet pose noir sur blanc : l’application doit gérer NVLink. Sans quoi les deux cartes restent deux cartes de 24 Go.

carte graphique professionnelle NVIDIA à ventilateur radial, quatre sorties DisplayPort et un port USB-C sur l’équerre

267 mm et deux emplacements : ce que la carte demande au boîtier

NVIDIA donne les cotes en pouces, 4,4 de haut sur 10,5 de long, ce qui fait 111,8 sur 266,7 mm. Rien d’excessif pour une carte de ce niveau : la GeForce RTX 4090 de référence occupe déjà trois emplacements sur 304 mm, et ses déclinaisons d’assembleurs grimpent jusqu’à 381 mm en condamnant le quatrième, comme le détaillent les cotes de la RTX 4090 modèle par modèle. La Quadro tient sur deux, hauteur standard. Son ventilateur radial rejette l’air chaud dehors au lieu de le recracher dans le boîtier.

Ce détail décide de tout dès qu’on empile les cartes. Trois radiateurs ouverts collés les uns aux autres se réchauffent mutuellement ; trois ventilateurs radiaux ne le font pas. C’est ce format qui a fait la fortune des cartes de station de travail dans les machines à plusieurs GPU, et la raison pour laquelle on les retrouve dans les configurations décrites sur la page du rig de minage.

L’alimentation se branche sur un connecteur huit broches et un six broches. PNY livre d’ailleurs un adaptateur qui transforme une sortie huit broches en deux six broches, pour les blocs qui manquent de câbles. Le dimensionnement, lui, se fait sur les 295 W de la carte entière et non sur les 260 W de la puce : c’est ce que le bloc doit pouvoir fournir en pointe. Le calcul complet pour une machine à plusieurs cartes est déroulé sur la page consacrée à l’alimentation.

295 W ou 260 W : les deux nombres de la même ligne

La page produit française de NVIDIA affiche une consommation maximale de 295 W. Sa propre fiche technique en affiche deux, l’une sous l’autre : « Total board power: 295 W » et « Total graphics power: 260 W ». Les deux sont exacts. Ils ne mesurent simplement pas la même chose, et le livre blanc Turing lève l’ambiguïté en une phrase : « use of the VirtualLink™/USB Type-C™ connector requires up to an additional 35 W of power that is not represented in this power figure ». Autrement dit, 260 W pour calculer, plus 35 W que la carte tient en réserve pour alimenter un casque de réalité virtuelle par son port USB-C.

La conséquence est immédiate. Une machine dont le port USB-C reste vide ne voit jamais le nombre du haut. Pour dimensionner un bloc d’alimentation, on prend 295 W ; pour calculer une facture d’électricité, 260. Et encore, 260 W reste une enveloppe, pas une mesure : sur la même puce, les relevés de minage s’échelonnent de 113 à 236 W selon l’algorithme, parce qu’un algorithme qui martèle la mémoire et un algorithme qui sature les unités de calcul ne réveillent pas les mêmes transistors.

Confondre les deux nombres est l’erreur la plus commune de toutes les fiches de matériel. Diviser un débit obtenu à 138 W par une consommation lue à 295 W fabrique une carte deux fois moins efficace qu’elle ne l’est. L’inverse en fabrique une deux fois trop efficace, et c’est ainsi que naissent les tableaux de rentabilité qui promettent des gains. La règle tient en une ligne. On choisit un point de fonctionnement, et toutes les valeurs de la démonstration en sortent.

Ce que la puce TU102 produit en minage

Aucune base de relevés publique ne mesure la Quadro RTX 6000. Les cartes professionnelles sont trop rares dans les fermes pour qu’on en collecte des statistiques. Le TU102 y figure en revanche sous sa déclinaison grand public, la GeForce RTX 2080 Ti. Les deux cartes ne sont pas identiques, et il faut dire en quoi avant de lire le tableau : la 2080 Ti tourne avec 4 352 cœurs actifs au lieu de 4 608, 11 Go de GDDR6 sur 352 bits au lieu de 24 sur 384, donc 616 Go/s au lieu de 672, pour une puissance graphique de 250 W au lieu de 260.

Les débits ci-dessous sont donc ceux de la 2080 Ti, relevés le 14 août 2026, chaque ligne avec les watts mesurés à ce réglage précis. Les revenus bruts sont convertis en euros au taux du jour, 0,867 € pour un dollar, et l’électricité comptée à 0,2001 € le kilowattheure, tarif réglementé de vente en option base pour un compteur de 3 ou 6 kVA, grille du 1er août 2026.

Algorithme

Monnaie

Débit

Watts

Revenu par jour

Électricité par jour

Solde

MeowPoW

Meowcoin

39,71 MH/s

186 W

0,41 €

0,89 €

− 0,48 €

ProgPow

Epic Cash

32,79 MH/s

212 W

0,42 €

1,02 €

− 0,60 €

Qhash

Qubitcoin

1,72 GH/s

152 W

0,29 €

0,73 €

− 0,44 €

KarlsenHashV2

Karlsen

39,37 MH/s

138 W

0,22 €

0,66 €

− 0,44 €

KawPow

Quai

31,43 MH/s

171 W

0,29 €

0,82 €

− 0,53 €

pearl-pow

Pearl

51,27 TH/s

219 W

0,35 €

1,05 €

− 0,70 €

Octopus

Conflux

75,2 MH/s

236 W

0,34 €

1,13 €

− 0,79 €

Autolykos2

Ergo

92,9 MH/s

113 W

0,07 €

0,54 €

− 0,47 €

Etchash

Ethereum Classic

57,46 MH/s

160 W

0,03 €

0,77 €

− 0,74 €

Aucune ligne n’est positive, et la meilleure n’en est même pas près. MeowPoW transforme un kilowattheure d’électricité en 0,091 € de monnaie. Le kilowattheure français le moins cher, celui des heures creuses à 0,1589 €, coûte déjà 74 % de plus. Au tarif de base, la carte brûle 2,19 € de courant pour fabriquer 1 € de monnaie.

Accordons maintenant à la Quadro tout ce que son surcroît de matériel peut lui donner : 9 % de bande passante en plus, gagnés sans un watt supplémentaire. La meilleure ligne monte alors à 0,099 € le kilowattheure produit. Le tarif français le plus favorable reste 60 % au-dessus. Le classement ne bouge pas. La conclusion non plus : cette carte ne rembourse pas son courant, quel que soit le contrat. La méthode de calcul, applicable à n’importe quelle machine, est détaillée dans le calculateur de rentabilité au tarif français.

Une précaution sur la matière première, tant qu’à faire. Ces bases agrègent des relevés d’utilisateurs, pas des mesures de laboratoire, et elles se contredisent : sur Autolykos2, l’une donne 92,9 MH/s pour 113 W quand l’autre annonce 108 MH/s pour 160 W. Seize pour cent d’écart sur le débit, quarante sur la consommation. Le rapport entre les deux compte donc davantage que chacun pris isolément. Et une marge de 5 ou 10 % ne change rien ici : il en faudrait 120 pour atteindre le tarif de base.

Deux monnaies manquent volontairement au tableau. Ethereum a quitté la preuve de travail le 15 septembre 2022 et ne rémunère plus une seule carte graphique depuis. Flux a suivi en octobre 2025, à son bloc 2 020 000 : le réseau produit désormais ses blocs par ses nœuds, et sa propre note de version le dit sans détour, aucun mineur externe n’y a plus sa place. Une fiche qui propose encore l’un ou l’autre à une carte Turing décrit un monde disparu.

24 Go de mémoire : inutiles aujourd’hui, tout juste suffisants en 2029

C’est l’argument de vente de la carte, et en minage il ne sert à rien pour l’instant. C’est la suite qui mérite le détour. Chaque algorithme encore vivant construit un jeu de données qu’il faut loger entièrement en mémoire vidéo, sous peine de ne pas tourner du tout : il n’existe pas de mode dégradé. C’est ce mécanisme qui a chassé les cartes de 4 Go bien avant la fin de la preuve de travail sur Ethereum. Voici où en sont les trois monnaies concernées au 14 août 2026.

Monnaie

Algorithme

Occupation aujourd’hui

Reste sur 24 Go

Franchit 8 Go

Ergo

Autolykos2

7,0 Go

17,0 Go

fin 2026

Ravencoin

KawPow

5,7 Go

18,3 Go

novembre 2030

Ethereum Classic

Etchash

4,3 Go

19,7 Go

juillet 2039

Ergo est le cas à connaître, et la plupart des calculateurs en ligne s’y trompent : ils extrapolent une droite là où la courbe est géométrique. Le code de référence est pourtant explicite. Le nombre d’éléments part de 226, augmente de 5 % tous les 51 200 blocs depuis le bloc 614 400, et se figera au bloc 4 198 400 sur la valeur de 2 143 944 600. À trente et un octets l’élément, cela donne 7,0 Go à la hauteur du jour, 1 851 048, et un plafond définitif de 66,5 Go.

La courbe se lit comme un calendrier, et ce calendrier change le jugement qu’on porte sur cette carte. Huit gigaoctets avant la fin de l’année. Douze dans un an. Seize en 2028, et vingt-quatre au début de 2029. Les 24 Go de la Quadro ne servent donc à rien aujourd’hui, puisque le plus gourmand des trois occupe moins du tiers de sa mémoire, et ils deviendront le ticket d’entrée dans deux ans et demi. Après quoi la carte décrochera à son tour.

Ravencoin obéit à l’autre logique, celle d’Ethash : une époque de 7 500 blocs à la minute, huit mébioctets de plus à chaque fois, un gigaoctet tous les vingt-deux mois. Une carte de 8 Go y tient jusqu’en novembre 2030, et treize ans sur Ethereum Classic. Sur ces deux monnaies, la capacité n’a jamais été le sujet.

Ce qui limite une carte en minage reste la vitesse à laquelle elle lit sa mémoire, pas la quantité qu’elle peut y ranger. Jusqu’au jour où le jeu de données ne rentre plus, et où la question ne se pose plus du tout. La mécanique complète est détaillée sur la page de la carte graphique de minage.

Le logiciel qui reste pour la faire tourner

Une carte de 2018 pose une question que sa fiche technique ignore : reste-t-il un programme pour l’exploiter. Les mineurs GPU se sont raréfiés, et la réponse tient dans une colonne de dates.

Mineur

Dernière version

Date

SRBMiner-Multi

3.5.4

12 août 2026

lolMiner

1.98a

21 septembre 2025

GMiner

3.44

6 mars 2024

T-Rex

0.26.8

14 octobre 2022

NBMiner

42.3

2 septembre 2022

Un seul de ces cinq projets a publié quelque chose ce mois-ci. C’est aussi celui qui cite Turing nommément dans sa liste d’architectures, aux côtés de Blackwell, Hopper, Ada Lovelace, Ampere et Pascal. lolMiner suit à onze mois de distance. Les trois autres ont cessé de bouger, T-Rex et NBMiner depuis bientôt quatre ans.

Du côté des pilotes, rien n’est fermé. NVIDIA a annoncé que la branche 580 serait la dernière à servir Maxwell, Pascal et Volta ; Turing n’y figure pas, et la Quadro RTX 6000 apparaît encore nommément dans les notes de version de mars 2026. Aucun bridage de hashrate non plus : le fameux LHR est né en février 2021 sur les GeForce Ampere, deux ans et demi après elle, et n’a jamais touché ni Turing ni les cartes professionnelles.

Miner du bitcoin avec elle : le calcul qui ferme la question

La question revient sur chaque carte de 24 Go, et la réponse ne dépend ni du modèle ni du réglage. Elle tient dans une division, à condition de prendre les deux termes sur la même fenêtre. La difficulté du réseau, 127 479 855 693 691, correspond à un hashrate de 912,5 exahashs par seconde pour tenir la cadence d’un bloc toutes les dix minutes. Sur cette même cadence, la journée vaut 144 blocs, soit 450 bitcoins de récompense auxquels s’ajoutent 3,19 bitcoins de frais relevés sur les 144 derniers blocs. L’émission divisée par le hashrate donne le prix du travail : chaque térahash par seconde rapporte 49,7 satoshis par jour, à tout le monde, sans exception. Deux virgule sept centimes d’euro au cours du jour.

Le détail de la fenêtre n’est pas cosmétique. Un hashrate moyenné sur sept jours divisé par une émission de vingt-quatre heures donne 50,3 satoshis, une mesure sur vingt-quatre heures en donne 52,1. C’est la même erreur que celle du débit relevé à un réglage et de la consommation lue à un autre, transposée au réseau entier.

Une carte graphique n’atteint pas le térahash en SHA-256. Elle en atteint le centième, au mieux. Sa journée entière vaudrait donc trois centièmes de centime, pour 260 W qui lui coûtent 1,25 € au tarif de base. Un rapport de plus de quatre mille contre un, qu’aucun réglage ni aucune baisse du prix du courant ne rattrape.

Il n’existe de toute façon plus de logiciel pour l’essayer. CGMiner a retiré son moteur GPU à la version 3.8.0, publiée le 10 novembre 2013. BFGMiner sait encore attaquer une carte en OpenCL, mais sa dernière version date de janvier 2018 et son dépôt n’a pas reçu un commit depuis le 26 octobre 2021.

Une dernière remarque sur ces 49,7 satoshis. Le quotient se recalcule à chaque ajustement de difficulté : il monte quand des machines quittent le réseau, il descend quand elles reviennent. Il ne se retient pas par cœur. Il se vérifie.

Ce qu’elle vaut d’occasion

NVIDIA l’a lancée à 6 300 dollars, puis a ramené le tarif à 4 000 le 19 mars 2019. LDLC affiche encore 5 649,95 € comme dernier prix pratiqué, sur une fiche fermée depuis. Ce qui reste aujourd’hui n’est plus un marché, c’est une dispersion.

Prix relevé le 14 août 2026

Amazon.fr, place de marché

2 535 €

grafikkarten.com, neuf scellé

3 825 €

Grosbill

4 322,29 €

Hello Edge

4 675,49 €

Historique trois mois d’un comparateur

4 599,99 à 4 999,99 €, mention « stable »

Un facteur deux entre la première ligne et la dernière, sur une carte sortie il y a huit ans et que plus personne ne fabrique. Les fiches à plus de quatre mille euros ne sont pas des offres vivantes : ce sont des pages de catalogue que personne n’a refermées, et dont le prix n’a pas bougé depuis le retrait du produit.

Le marché de l’occasion, lui, tend un piège précis, et c’est celui de la variante passive. Les annonces allemandes qui remontent autour de 1 100 € portent la référence 699-2G150-0230-505, c’est-à-dire la carte serveur sans ventilateur et sans sortie vidéo. Prix attirant, matériel inutilisable dans une tour. Avant d’acheter, c’est la référence exacte qu’on lit, pas le titre de l’annonce.

Reste la comparaison qui décide, pour un usage minier. Une GeForce RTX 2080 Ti embarque exactement la même puce TU102, avec 4 352 cœurs actifs au lieu de 4 608, et se trouve d’occasion autour de 260 €. Même moteur, une fraction du prix, la différence tenant en gigaoctets de mémoire dont aucun algorithme ne veut avant 2029.

Le compte est vite fait pour qui achèterait cette carte dans le seul but de miner. Le prix d’achat, quel qu’il soit, puis 44 centimes perdus chaque jour sur l’algorithme le moins défavorable, soit 160 € par an de facture nette. La machine ne s’amortit pas. Elle creuse. Le même raisonnement appliqué au matériel spécialisé est déroulé sur la page des machines de minage pas chères.

Cet argent se défend très bien ailleurs. Vingt-quatre gigaoctets à correction d’erreurs sur la mémoire, quatre DisplayPort 1.4, un ventilateur radial qui sort l’air du boîtier, des pilotes certifiés pour les logiciels de conception : sur une station de travail, la carte vaut son prix. Sur un rig, elle vaut celui d’une 2080 Ti.

Questions fréquentes sur la Quadro RTX 6000

Question

Réponse

Quelle est la différence entre la Quadro RTX 6000 et la RTX 6000 Ada ?

Quatre ans et deux architectures. La Quadro RTX 6000 est une Turing de 2018 : 4 608 cœurs CUDA, 24 Go de GDDR6, PCI Express 3.0, un port USB-C. La RTX 6000 Ada date de 2022 : 18 176 cœurs, 48 Go, PCI Express 4.0, aucune sortie USB-C.

Quelles sont les dimensions de la Quadro RTX 6000 ?

266,7 mm de long sur 111,8 mm de haut, double emplacement, hauteur standard. NVIDIA les publie en pouces, 10,5 sur 4,4.

Combien consomme la Quadro RTX 6000 ?

260 W de puissance graphique, 295 W au niveau de la carte entière. Le second nombre sert à dimensionner le bloc d’alimentation, le premier à calculer une facture.

Combien d’écrans peut-elle piloter ?

Quatre en 4096x2160 à 120 Hz ou en 5120x2880 à 60 Hz, mais deux seulement en 7680x4320.

La Quadro RTX 6000 est-elle rentable en minage ?

Non. Son meilleur algorithme produit 0,091 € par kilowattheure consommé, contre 0,1589 € payé en heures creuses et 0,2001 € au tarif de base. Le solde est négatif sur toutes les monnaies vivantes.

Peut-on miner du bitcoin avec ?

Non. Aucun mineur SHA-256 entretenu ne reconnaît une carte graphique, et l’arithmétique du réseau, 49,7 satoshis par térahash et par jour, laisse une carte de ce type à trois centièmes de centime quotidiens.

Les 24 Go servent-ils à quelque chose en minage ?

Pas aujourd’hui : le plus gourmand, celui d’Ergo, occupe 7,0 Go. Mais il grossit de 5 % tous les 51 200 blocs et réclamera 24 Go au début de 2029. La capacité de cette carte sert donc dans deux ans et demi, pas maintenant.

Combien coûte une Quadro RTX 6000 aujourd’hui ?

Les relevés vont de 2 535 € sur la place de marché d’Amazon à 4 675 € chez un revendeur, avec 3 825 € pour un exemplaire neuf scellé. Les fiches au-delà de quatre mille euros sont des pages de catalogue jamais refermées, pas des offres vivantes.

Est-elle bridée comme les cartes LHR ?

Non. Le limiteur de hashrate est apparu en février 2021 sur les GeForce Ampere, deux ans et demi après cette carte, et n’a jamais concerné ni Turing ni la gamme professionnelle.

Quel logiciel de minage la gère encore ?

SRBMiner-Multi, dont la version 3.5.4 date du 12 août 2026 et qui cite Turing dans ses architectures prises en charge, et lolMiner, arrêté à septembre 2025. T-Rex et NBMiner n’ont rien publié depuis 2022.

Qu’est-ce que la version passive ?

Une déclinaison serveur sans ventilateur et sans aucune sortie vidéo, cadencée plus bas : 624 Go/s et 14,9 TFLOPS contre 672 Go/s et 16,3. Elle réclame le flux d’air d’un châssis rack et une licence vGPU pour afficher la moindre image.

Peut-on en coupler deux ?

Oui, par un pont NVLink vendu à part, qui porte la mémoire cumulée à 48 Go et offre 100 Go/s bidirectionnels. L’application doit gérer NVLink, sinon les deux cartes restent indépendantes.