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MSI RTX 3060 Gaming Z Trio 12G : 324 mm, 170 W, et le dossier LHR refermé

Cartes graphiques

MSI RTX 3060 Gaming Z Trio 12G : 324 mm, 170 W, et le dossier LHR refermé

La MSI RTX 3060 Gaming Z Trio 12G mesure 324 mm de long, pèse 1 460 g et réclame deux connecteurs 8 broches pour une puce de 170 W. MSI a posé sur un milieu de gamme le refroidisseur des grandes Ampere. Avant les fréquences et avant les cœurs, c’est ce gabarit qu’on vérifie, parce qu’il décide si la carte rentre dans le boîtier.

La deuxième question qu’on pose à ce modèle tient en trois lettres. La RTX 3060 est la carte sur laquelle NVIDIA a inauguré le bridage du minage, le 18 février 2021, et une bonne part de ce qui se raconte encore à ce sujet date de cette année-là. Le dossier est refermé depuis mai 2022, sur l’algorithme d’Ethereum comme sur celui d’Ergo. Ce qui interdit à cette carte le moindre gain en 2026 se lit sur la facture d’électricité, et l’écart se compte en facteur cinq.

La fiche telle que MSI la publie

MSI annonce 1 867 MHz de fréquence boost quand la référence NVIDIA en donne 1 777 : cinq pour cent d’avance sortie d’usine, un écart honnête pour une série Gaming. Le reste ne bouge pas d’une carte à l’autre, puisque la puce le fixe.

Caractéristique

MSI RTX 3060 Gaming Z Trio 12G

Puce graphique

GA106 (GeForce RTX 3060)

Unités de calcul CUDA

3 584

Cœurs RT / cœurs Tensor

28 / 112

Fréquence boost

1 867 MHz (référence : 1 777 MHz)

Mémoire

12 Go GDDR6 à 15 Gbps

Interface mémoire

192 bits

Bande passante mémoire

360 Go/s

Consommation annoncée

170 W

Connecteurs d’alimentation

2 × 8 broches

Bloc d’alimentation conseillé

550 W

Dimensions

324 × 140 × 57 mm

Poids

1 460 g

Sorties

3 × DisplayPort 1.4a, 1 × HDMI 2.1

Interface

PCI Express 4.0

Écrans simultanés

4

Les 360 Go/s ne figurent sur aucune fiche et se retrouvent en deux opérations : 192 bits d’interface multipliés par 15 Gbps, divisés par 8. C’est la seule ligne du tableau qui gouverne le débit en minage, parce que la bande passante mémoire commande le hashrate bien plus sûrement que le nombre d’unités de calcul. Ces 3 584 unités CUDA disent d’ailleurs autre chose : divisées par 128, elles donnent 28 multiprocesseurs activés sur la puce, d’où les 28 cœurs RT et les 112 cœurs Tensor.

MSI vend la même carte sous deux noms, et l’écart tient à peu de chose. La Gaming X Trio annonce 1 852 MHz au lieu de 1 867, mesure 323 × 140 × 56 mm, pèse 1 477 g et porte une backplate en composite de graphène là où la Z Trio met de l’aluminium brossé. Mémoire, bus, sorties, consommation et connecteurs sont identiques. Quinze mégahertz séparent les deux modèles.

MSI RTX 3060 Gaming Z Trio 12G vue de trois quarts, ses trois ventilateurs et ses deux connecteurs 8 broches visibles

324 mm et 1,46 kg : le chiffre qui recale la carte

Le refroidisseur monté ici, le Tri Frozr 2, est celui des grandes Ampere : trois ventilateurs Torx Fan 4.0, arrêt complet à faible charge, backplate métallique à ventilation traversante. Sur une puce de 170 W, il tient les températures sans forcer. Il impose en revanche un encombrement que cette puce ne justifie pas. En jeu, la carte tire d’ailleurs environ 176 W en moyenne, à peine au-dessus de ce qu’elle annonce.

57 mm d’épaisseur, c’est 2,8 fois le pas d’un connecteur PCI, qui vaut 20,32 mm. Trois emplacements condamnés sur la carte mère, donc, pour un milieu de gamme. Ajoutez les 324 mm de longueur. Le boîtier tranche alors avant la fiche technique : c’est cette cote de 324 mm qu’il faut confronter à la longueur maximale annoncée par son fabricant, avant même de regarder les fréquences.

L’alimentation raconte la même démesure. Le port de la carte mère fournit 75 W, chaque connecteur 8 broches en apporte 150. MSI a vu large : deux prises mettent 375 W à disposition d’une puce qui en réclame 170, et occupent deux câbles au lieu d’un. Les pointes de très courte durée montent vers 230 à 250 W, ce qui explique un bloc conseillé à 550 W plutôt qu’à 350. Reste que les 550 W de bloc conseillé dimensionnent une machine complète, processeur compris, pas la carte seule. Un rig calculé sur ces 550 W par carte achète deux fois trop d’alimentation.

Le bridage LHR, de février 2021 à mai 2022

Le 18 février 2021, NVIDIA publie un billet où elle explique que les pilotes de la RTX 3060 détectent les attributs de l’algorithme d’Ethereum. Le débit tombe de moitié. La carte sort une semaine plus tard, le 25 février, au tarif conseillé de 329 dollars. C’est le premier modèle grand public livré volontairement diminué pour une seule catégorie d’acheteurs.

La limite tombe en mars. Un pilote de développement, le 470.05, part avec du code interne qui la désactive ; NVIDIA reconnaît la bévue et retire le fichier, trop tard. Un détail de cet épisode a été peu relevé et il compte : dans une machine à plusieurs cartes, ce pilote ne débridait que la première. Pour un rig, la fuite ne valait donc rien.

NVIDIA relance ensuite la carte avec une puce révisée, la GA106-302, qui fait passer la limite du pilote au silicium et refuse les anciens pilotes. La référence MSI finira d’ailleurs par se vendre en rayon avec le suffixe LHR accolé à son nom. Les mineurs mettent quelques mois à répondre. Le 12 septembre 2021, lolMiner 1.32a livre un premier déverrouillage partiel ; sa version 1.33 dépasse 81 % du débit plein sur les RTX 3060 de première série. Le 6 mai 2022, NiceHash annonce un déverrouillage complet sous Windows. Dans les jours qui suivent, NBMiner puis T-Rex 0.26.1 le généralisent.

La moitié des discussions sur le sujet s’arrêtent à Ethereum, et c’est là qu’elles se trompent. Autolykos2, l’algorithme d’Ergo, est tombé lui aussi sous le limiteur sur une partie des cartes. C’est précisément l’algorithme qui reste praticable sur une RTX 3060 en 2026, ce qui aurait pu peser lourd. Le déverrouillage de mai 2022 a couvert les deux, et T-Rex les cite ensemble dans ses notes de version.

Le 15 septembre 2022, Ethereum passe en preuve d’enjeu et cesse d’être minable. Le bridage, conçu contre lui, se retrouve sans objet quatre mois après avoir été vaincu. Il n’a jamais été officiellement retiré. Il ne coûte simplement plus rien, et les relevés qui suivent sont des débits pleins.

Ce que la carte mine en 2026, et à quel réglage

La liste s’est raccourcie. Ethereum a quitté le minage, Ethereum Classic est passé aux machines dédiées, et ce qu’une carte graphique peut encore attaquer se réduit ici à deux terrains sérieux : Autolykos2, taillé pour la mémoire, et KawPow, plus gourmand en watts.

Algorithme

Hashrate

Consommation

Réglage

Logiciel

Date

Autolykos2 (Ergo)

117,67 Mh/s

91 W

cœur 1 410 MHz, mémoire +2 000, limite 180 W

Rigel

23/11/2024

KawPow (Ravencoin)

23,53 Mh/s

136 W

cœur +1 500, mémoire +2 000

NBMiner

18/04/2024

Ces deux lignes tiennent parce que le débit et les watts sortent du même relevé, au même réglage, le même jour. La limite de puissance y est posée à 180 W et la carte n’en tire que 91 : ce n’est pas elle qui retient le débit, c’est le cœur verrouillé à 1 410 MHz, qui suffit à Autolykos2. Un hashrate obtenu limite de puissance abaissée, posé en face d’une consommation d’usine, donne à l’inverse un rendement que la carte n’atteint dans aucune des deux configurations. L’erreur est banale. La plupart des tableaux publiés sur ce modèle la répètent.

117,67 Mh/s pour 91 W font 1,29 Mh/s par watt. La fiche annonce 170 W : réglée pour miner, la carte en consomme à peine plus de la moitié. Compter 170 W gonflerait la facture d’électricité de 87 % et condamnerait le modèle sur un chiffre faux. Les vrais suffisent.

Le calcul en euros, au tarif payé en France

Ce qui décide tient en trois nombres : ce que la carte produit, ce qu’elle consomme au même point de fonctionnement, et le prix réel du kilowattheure.

Au 14 août 2026, ce réglage rend 0,489 ERG par jour. Le jeton vaut 0,176348 €. La journée produit donc 0,0862 € brut, avant la moindre retenue. Côté consommation, 91 W pendant vingt-quatre heures font 2,184 kWh ; au tarif réglementé bleu en option base, 0,2001 € le kilowattheure toutes taxes comprises, la journée coûte 0,437 €.

Étape du calcul

Valeur

Revenu brut quotidien

0,0862 €

Énergie consommée en 24 h

2,184 kWh

Tarif réglementé, option base

0,2001 €/kWh

Coût de l’électricité

0,437 €

Solde de la journée

− 0,351 €

Solde sur douze mois

− 128 €

L’électricité coûte cinq fois ce que la carte produit. On ne rattrape pas cinq en changeant de pool, et ce que produit une journée de minage se règle ici en une ligne. Ces 0,0862 € sont même une borne haute : le logiciel prélève sa part sur Autolykos2, le pool la sienne. Des fractions de centime, et elles creusent le solde au lieu de le combler.

Le seuil sort des deux mêmes nombres. 0,0862 € de revenu divisés par 2,184 kWh donnent 0,0395 € le kilowattheure. Au-dessus de ce prix, chaque heure de minage coûte plus qu’elle ne produit.

Tarif

Prix du kWh

Rapport au seuil

Seuil d’équilibre de la carte

0,0395 €

1

Heures creuses seules

0,1589 €

4,0 ×

Tarif bleu professionnel

0,1949 €

4,9 ×

Heures pleines et creuses sur 24 h

0,1958 €

5,0 ×

Tarif réglementé, option base

0,2001 €

5,1 ×

Les heures creuses, le tarif le plus bas qu’un particulier français puisse toucher, restent quatre fois au-dessus du seuil, et on ne les paie que huit heures par jour. Le contrat professionnel n’ouvre pas de porte non plus : 0,1949 € toutes taxes comprises, c’est le niveau du résidentiel, et la TVA sur du minage ne se déduit de rien.

Le réglage le plus économe déplace le seuil sans sauver la carte. Le lendemain du premier relevé, la même machine rend 103,1 Mh/s pour 71 W : le revenu tombe à 0,0755 €, l’énergie à 1,704 kWh, le seuil remonte à 0,0443 € et le solde s’allège à moins 0,265 € par jour. Quatre fois et demie sous le tarif au lieu de cinq. Un réglage mené au hachage par watt gagne des pourcents ; il ne renverse pas un ordre de grandeur.

Sur KawPow, le classement dépend de ce qu’on regarde. 23,53 Mh/s pour 136 W donnent 50,72 RVN par jour, soit 0,118 €. Un tiers de plus qu’Ergo. Mais 3,264 kWh coûtent 0,653 €, le solde descend à moins 0,535 € par jour et le seuil tombe à 0,0361 €. Le plus gros revenu est aussi la plus grosse perte.

Ce qu’elle vaut en août 2026, et pourquoi

Le prix de cette carte est remonté. On n’attend pas ça d’un modèle de 2021. NVIDIA a remis la RTX 3060 12 Go en fabrication sur les lignes 8 nm de Samsung, faute de capacité disponible ailleurs, et le modèle est réapparu chez Newegg en juillet 2026 à 329,99 dollars. Son tarif de sortie, cinq ans et demi plus tard.

D’occasion, les annonces françaises s’échelonnent de 170 à 280 € suivant l’état et le fabricant. Comptez 200 € livrée en très bon état. La référence MSI exacte ne se croise plus qu’en offres résiduelles à 500 € et davantage, ce qui mesure sa rareté plutôt que sa valeur. On achète une RTX 3060 12 Go ; le refroidisseur qui va autour se négocie à la marge.

La cote tient à un usage qui n’a rien à voir avec le hachage. Les 12 Go font tourner en local des modèles de langage de sept à neuf milliards de paramètres quantifiés, là où les cartes récentes à 8 Go calent. Le bus aide aussi. Les 360 Go/s leur rendent plus de jetons par seconde qu’une RTX 4060 pourtant plus jeune. La pénurie de GDDR6 fait le reste.

Reste le cas d’une carte sortie d’un rig, et quatre choses à regarder.

  • Les deux prises 8 broches, broche par broche. Un plastique bruni ou une languette écartée trahissent un câble qui a chauffé. Le connecteur 12 broches des générations suivantes, avec ses défaillances par surchauffe, ne concerne pas ce modèle.

  • Le bruit des trois ventilateurs entre 40 et 60 % de vitesse. C’est là qu’un roulement fatigué s’entend, pas à pleine charge où le souffle couvre tout. Une pale qu’on fait tourner à la main et qui accroche dit la même chose.

  • L’écart entre la température de la mémoire et celle du processeur graphique, en charge. Sur une carte qui a tourné des mois sans s’arrêter, les tampons thermiques se tassent et la mémoire décroche de plusieurs dizaines de degrés. Le remplacement coûte une quinzaine d’euros et une heure de démontage.

  • La version du BIOS, qu’une ferme a pu remplacer par une version modifiée. L’utilitaire du fabricant la lit en une minute.

Sur l’usure, le procès fait au minage est mal instruit. Une 3060 réglée à 91 W a tourné loin de ses limites, à température constante, sans les montées et les redescentes qu’un joueur lui impose vingt fois par soirée. Les roulements s’usent, la poussière s’accumule. Les heures de calcul, elles, ne laissent aucune trace dans le silicium.

Achetée pour miner, cette carte coûte 128 € par an à celui qui la branche, et le seul réglage qui changerait ce résultat serait un tarif d’électricité cinq fois plus bas. Achetée pour ses 12 Go, elle reste en 2026 la façon la moins chère d’en avoir douze, à condition de mesurer d’abord 324 mm dans le boîtier.