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Sapphire Radeon RX 7900 XT : 276 mm, 2 × 8 broches, 554 € d’occasion

Cartes graphiques

Sapphire Radeon RX 7900 XT : 276 mm, 2 × 8 broches, 554 € d’occasion

Sapphire vend trois cartes sous ce nom. Elles mesurent 276, 313 et 320 mm, occupent trois, trois et quatre emplacements, réclament deux ou trois connecteurs 8 broches, et leur puissance de carte va de 308 à 368 watts. Sous le radiateur, c’est la même puce et la même mémoire. Sur l’étagère, ce sont trois objets différents, et la référence imprimée sur le carton est le seul endroit où ça se lit.

Trois références, trois encombrements

La plus courte porte le numéro 21323-01-20G. C’est le dessin d’AMD, fabriqué par AMD, revendu sous étiquette Sapphire : trois ventilateurs axiaux, coque grise, et une sortie USB-C que les deux autres n’ont pas. Les deux autres sont des cartes maison, avec leur circuit imprimé et leur radiateur.

Référence

Longueur

Largeur

Épaisseur

Emplacements occupés

Connecteurs

Puissance de carte

Fréquence boost

21323-01-20G, dessin AMD

276,4 mm

112,7 mm

51,25 mm

3

2 × 8 broches

308 W

2 400 MHz

11323-02-20G, Pulse

313 mm

133,75 mm

52,67 mm

3

2 × 8 broches

331 W

2 450 MHz

11323-01-40G, Nitro+ Vapor-X

320 mm

135,75 mm

71,6 mm

4

3 × 8 broches

368 W

2 560 MHz

Quarante-quatre millimètres séparent la plus courte de la plus longue, vingt millimètres la plus fine de la plus épaisse. Et la Nitro+ réclame un troisième connecteur d’alimentation, donc une prise de plus à trouver sur le bloc.

Elle gagne 6,7 % de fréquence sur la carte d’AMD. Elle consomme 19,5 % de plus pour ça. Sur une machine qui joue trois heures par soir, l’arbitrage se défend ; sur une machine qui ne s’arrête jamais, il se paie tous les jours.

Ce que 51 millimètres d’épaisseur veulent dire

L’épaisseur est la cote que les fiches marchandes n’affichent pas, et c’est celle qui décide des montages. Une carte mère ATX espace ses connecteurs PCIe de 20,32 mm, et la spécification mécanique du PCI-SIG en tire deux gabarits de dégagement : 34,80 mm pour une carte à deux emplacements, 55,12 mm pour une carte à trois.

Les trois cartes se rangent donc autrement que leur étiquette ne le suggère. Les 51,25 mm du dessin d’AMD et les 52,67 de la Pulse dépassent les 34,80 du gabarit à deux emplacements sans atteindre les 55,12 du suivant : elles en occupent trois. Les 71,6 mm de la Nitro+ passent au-dessus de 55,12 et en occupent quatre. Le « 2,5 slot » imprimé sur la boîte n’est pas un compte d’emplacements, c’est l’épaisseur divisée par 20,32.

L’emplacement du dessous est donc perdu en entier, pas à moitié. Rien ne s’y enfiche, pas même une carte réseau à un seul étage. Deux cartes ne cohabitent qu’avec trois emplacements d’écart entre les deux ports x16, quatre pour la Nitro+. Le classique 1 et 4 des cartes mères ATX suffit tout juste, et encore : le second port long y est presque toujours câblé en x4 depuis le chipset. Au-delà d’un exemplaire, on quitte le boîtier pour un châssis ouvert et des risers. L’épaisseur cesse alors de compter, et c’est la longueur qui prend le relais : 320 mm ne passent pas sur tous les cadres.

La largeur décide du panneau latéral. 112,7 mm pour la carte d’AMD, 135,75 pour la Nitro+, soit 23 mm d’écart. C’est l’ordre de grandeur qui sépare un ventilateur de panneau qui tourne d’un ventilateur qui frotte contre le dos de la carte.

Carte graphique à trois ventilateurs montée dans un boîtier, éclairage rouge et vert, câbles d’alimentation visibles

L’alimentation se lit en ampères

AMD écrit sa recommandation en deux morceaux : 750 watts minimum, et une sortie 12 V au-dessus de 62 ampères. Le second morceau est celui qu’on oublie. Un bloc de 750 watts qui répartit sa puissance sur plusieurs lignes 12 V bridées à 18 ampères chacune ne satisfait pas la condition, malgré le bon chiffre sur la boîte.

Le calcul d’en face rassure. Deux connecteurs 8 broches spécifiés à 150 watts, plus les 75 watts que le port PCIe apporte, donnent 375 watts de budget total. La carte d’AMD en demande 308, la Pulse 331 : la marge tient. Elle disparaît sur la Nitro+, qui prend un troisième connecteur pour ses 368 watts.

Aucune des trois n’utilise le connecteur 12VHPWR, celui qui a fait fondre des prises chez le concurrent à la même époque. Deux câbles 8 broches sortis directement du bloc, trois sur la Nitro+, sans adaptateur en Y ni dérivation. La même règle vaut plus bas dans le montage : un riser s’alimente en PCIe, jamais en SATA.

La fiche commune aux trois cartes

Caractéristique

Valeur

Architecture

RDNA 3, gravure 5 nm et 6 nm

Unités de calcul

84

Processeurs de flux

5 376

Accélérateurs de rayons

84

Accélérateurs d’intelligence artificielle

168

Mémoire

20 Go GDDR6

Largeur du bus

320 bits

Vitesse mémoire

20 Gbit/s

Bande passante mémoire

800 Go/s

Infinity Cache

80 Mo

Fréquence de jeu, référence AMD

2 000 MHz

Calcul FP32 crête

51,6 TFLOPS

Interface

PCI Express 4.0 x16

Transistors

58 milliards

Mise en vente

13 décembre 2022

Les 80 Mo d’Infinity Cache et les 320 bits de bus disent la même chose : la puce est une Navi 31 dont un des six modules de cache mémoire est hors service. La XTX les garde tous, d’où ses 96 Mo, ses 384 bits et ses 24 Go. Ici, cinq modules de 64 bits font les 320 bits, et dix puces de mémoire de 2 Go se répartissent dessus. Le nombre bizarre vient d’une découpe.

La bande passante en découle : 320 bits multipliés par 20 gigabits par seconde donnent 800 Go/s. C’est la seule ligne du tableau qui commande un hashrate, et le classement des cartes en minage suit cette grandeur, pas les téraflops.

Ce qu’elle produit en minage

Un point de fonctionnement, relevé le 17 novembre 2025 sous WildRig Multi, sur Qhash, l’algorithme de Qubitcoin : cœur à 1 800 MHz, mémoire à 1 300 MHz, tension abaissée de 200 millivolts. 2,07 GH/s pour 109 watts.

Cent neuf watts, sur une carte donnée pour 308. La sous-tension et le cœur bridé la font travailler à un tiers de sa puissance de carte, parce qu’un algorithme qui passe son temps à lire la mémoire n’a que faire des cycles du processeur graphique. Six cartes réglées ainsi tiennent sous 700 watts à elles toutes.

À ce réglage, elle passe devant sa voisine directe : 2,5 % de hachages de plus que la RX 7900 GRE, pour onze watts de moins. La comparaison à quatre cartes sur le même banc détaille les seuils. Celui de la 7900 XT vaut 0,142 euro le kilowattheure, quand le tarif réglementé de base en demande 0,2001. Le seuil est 29 % trop bas, et aucun réglage ne comble l’écart.

Ces 109 watts sont ceux que le logiciel de minage déclare, pas ceux qu’un wattmètre lit à la prise. L’écart se mesure : sur un autre relevé de la même carte, 270 watts déclarés en donnaient 264 au compteur, soit 2 %. La facture, elle, se calcule encore plus haut, puisque le rendement de l’alimentation ajoute sa perte par-dessus.

Les calculateurs en ligne se lisent en connaissance de cause. Kryptex publie neuf algorithmes pour cette carte, d’Autolykos2 à Ethash en passant par KawPow, tous accompagnés de la même consommation : 255 watts, la puissance de la carte recopiée d’une ligne à l’autre. Minerstat laisse le champ vide. WhatToMine fait mieux et donne un chiffre par algorithme, de 140 à 320 watts, sans dire à quel réglage ni à quelle date. Un hashrate mesuré dans un réglage, divisé par une consommation prise dans un autre, ne donne rien d’exploitable. D’où la ligne unique ci-dessus.

Ce qui accepte encore cette carte

Deux logiciels la nomment, et un seul vit encore. TeamRedMiner l’a ajoutée le 13 février 2023, dans sa version 0.10.9 : « Added support for RDNA3 / 7900XT gpus ». Son développement s’est arrêté à la version 0.10.21 du 6 mai 2024, sans rien depuis. SRBMiner-Multi, lui, a ouvert la puce gfx1100 dès le 17 décembre 2022 et sortait encore sa version 3.5.4 le 12 août 2026, cinquième publication depuis le 6.

Le choix pèse au moment d’acheter. Le binaire figé signe les meilleurs relevés de la génération, mais il ne suivra aucun pilote AMD publié après mai 2024 ; le logiciel encore entretenu couvre la carte et rattrape les régressions de pilote. Sur une machine qui tourne sans surveillance, la seconde qualité vaut mieux que la première.

Combien de temps les 20 Go tiennent

Un algorithme à table croissante finit par exclure une carte, et la date se calcule. Autolykos2, celui d’Ergo, part d’une table de 2 080 374 784 octets, qui grandit de 5 % au bloc 614 400 puis tous les 51 200 blocs. Un bloc tombe toutes les deux minutes : une hausse survient donc tous les 71 jours.

Le détail qui décale tout le calcul d’un cran se lit dans le code de référence : itersNumber = (height - IncreaseStart) / IncreasePeriodForN + 1. Ce + 1 fait tomber la première hausse sur le bloc 614 400 lui-même, et non 51 200 blocs plus tard. La vérification est immanquable : avec lui, la table atteint 2 143 944 600 éléments au bloc 4 198 400, exactement la valeur où Ergo la fige. Sans lui, elle en donne 2 041 852 050.

Le 14 août 2026, la chaîne en est au bloc 1 851 042. Vingt-cinq hausses sont passées et la table pèse 7,04 milliards d’octets. Pour saturer 20 Go il faut atteindre 21,47 milliards d’octets, un gibioctet valant 1 073 741 824 octets et non un milliard rond. Compter en puissances de dix fait sortir la carte deux ans trop tôt.

Le cap tombe à la 48ᵉ hausse, au bloc 3 020 800. Il reste 1 169 758 blocs, soit environ 1 625 jours : cette carte quitte Autolykos2 fin janvier 2031. Une RX 7800 XT de 16 Go en sort au printemps 2030, une XTX de 24 Go tient jusqu’à l’automne 2031. Deux réserves rabotent ces dates : le pilote et l’affichage retiennent une part de la mémoire vidéo, et le hashrate s’effondre avant le débordement, dès que le logiciel se met à jongler avec ce qui ne tient plus.

Rig de minage sur châssis ouvert, six cartes graphiques alignées sur une table vitrée

Ce qu’elle vaut aujourd’hui

La branche japonaise de Sapphire a annoncé la sortie de catalogue le 25 février 2025, sur X, pour toute la gamme à partir de la RX 7800 XT, 7900 XT et XTX comprises. AMD, lui, n’a rien publié : la fin de vie de cette carte s’est décidée chez les partenaires, comme celle de la GRE trois mois plus tôt. Au 14 août 2026, LDLC, Materiel.net, Topachat et Cybertek en gardent chacun une fiche, et les quatre sont mortes : « ce produit n’est plus en vente », « épuisé ».

Ce qui reste de neuf est passé sur les places de marché, à des tarifs qui ont décroché de la valeur de la carte. Une XFX part de 749 euros, une Pulse reconditionnée s’affiche à 899. Le prix conseillé de lancement était de 899 dollars ; en France, la carte s’est vendue autour de 1 099 euros fin 2022, puis 869 en avril 2023, 793 en janvier 2024 et 699 en septembre 2024.

L’occasion, elle, remonte. Au 14 août 2026, la médiane des annonces Leboncoin s’établit à 554 euros pour ce modèle, sur 28 annonces suivies, la moitié d’entre elles se plaçant entre 524 et 662 euros. Sous 499 euros, l’annonce sort du lot. Un reconditionneur français propose la même carte de 629 euros en bon état à 829 en neuf, tous ses états en rupture.

Carte

Médiane

Moitié des annonces

Annonces suivies

Tendance sur 60 jours

RX 7900 XT

554 €

524 à 662 €

28

+ 27,3 %

RX 7900 XTX

800 €

690 à 899 €

115

+ 6,5 %

RX 9070 XT

620 €

600 à 670 €

112

+ 12,0 %

La hausse de 27,3 % en deux mois est la plus forte des trois, et c’est aussi la moins fiable : vingt-huit annonces suffisent à ce qu’une poignée de vendeurs optimistes déplacent la médiane. À côté, les cent quinze annonces de la XTX bougent de 6,5 %. Le premier chiffre indique une direction, le second un prix.

L’autre ligne du tableau pose une vraie question. La RX 9070 XT, sortie le 6 mars 2025 à 599 dollars, se négocie 620 euros d’occasion, soit 66 de plus. Elle porte 64 unités de calcul contre 84, 16 Go contre 20, et 304 watts de puissance de carte contre 308. Sur le papier, l’ancienne est la plus grosse des deux, et l’écart de prix va dans l’autre sens.

Quant à payer 749 euros une carte neuve que le marché cote 554, ça revient à mettre deux cents euros dans une garantie et un carton, sur un modèle mis en vente en décembre 2022.

Questions fréquentes

  • Quelle alimentation prévoir ?

    750 watts au minimum, une ligne 12 V capable de délivrer plus de 62 ampères, et deux connecteurs 8 broches libres sur le bloc. Trois pour la Nitro+ Vapor-X. Cette recommandation vaut pour une machine complète autour d’un processeur haut de gamme ; un bloc pour un rig se dimensionne autrement, à partir de la somme des cartes.

  • Entre-t-elle dans un boîtier moyenne tour ?

    Le dessin d’AMD, à 276,4 mm, passe partout où une carte de trente centimètres est annoncée compatible. Les deux modèles maison, 313 et 320 mm, demandent de vérifier la cote du boîtier, ventilateur avant compris, et de compter trois emplacements pour la Pulse, quatre pour la Nitro+.

  • Pourquoi 20 Go et pas 24 ?

    La puce est une Navi 31 dont un des six modules de cache mémoire est désactivé. Le bus tombe de 384 à 320 bits, l’Infinity Cache de 96 à 80 Mo, la mémoire de 24 à 20 Go. Les trois chiffres bougent ensemble.

  • La sortie USB-C existe-t-elle sur toutes les versions ?

    Non. Seul le dessin d’AMD porte un port USB-C, aux côtés d’un HDMI et de deux DisplayPort. La Pulse et la Nitro+ alignent deux HDMI et deux DisplayPort.

  • Que regarder sur une carte d’occasion ?

    Les deux prises 8 broches, côté carte : un plastique bruni ou déformé signe un courant qui a chauffé dans un mauvais contact. Puis la température de la mémoire plutôt que celle du cœur, qui reste basse et rassurante à tort sur ces algorithmes. Un exemplaire sorti d’un rig n’est pas disqualifié pour autant : il a tourné à charge constante, souvent sous-tendu, ce qui sollicite les ventilateurs plutôt que la puce.