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Accessoires d'un rig de minage : tout ce qui ne calcule pas

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Accessoires d'un rig de minage : tout ce qui ne calcule pas

« Ne lésinez pas sur les risers », répètent les guides de montage. Trois paragraphes plus bas, les mêmes expliquent que le riser alimente la carte graphique à hauteur du slot, soit 75 W, et conseillent de le brancher sur une prise SATA de l’alimentation. Or un connecteur SATA porte trois broches sur sa ligne 12 V, données pour 1,5 A chacune : 54 W au total. Le slot PCIe x16, lui, tire 66 W sur cette même ligne 12 V, plus le 3,3 V que le riser fabrique à partir du 12 V. On demande donc à la pièce la moins chère du rig de faire passer un tiers de plus que ce pour quoi elle est câblée, sans interruption, et on s’étonne ensuite de retrouver un connecteur noirci.

Les cartes graphiques n’y sont pour rien. Tout se joue dans ce qui les entoure, et qui se choisit à la fin, vite, sur le reliquat du budget.

Ce qu’on appelle accessoire, et ce qui n’en est pas

Un accessoire de rig ne calcule rien. Il alimente, il porte, il refroidit, il relie, ou il surveille. La carte graphique, l’ASIC, le processeur, la barrette de mémoire et le disque sont des organes de calcul et de système : ils décident du hachage produit, ils sont traités ailleurs. La carte mère non plus n’est pas un accessoire, même si son seul intérêt en minage tient au nombre de ports PCIe qu’elle aligne.

Restent six postes : le châssis, l’alimentation, les risers, les câbles et adaptateurs, la ventilation, les appareils de mesure et de relance. Ils ne produisent pas un mégahash, et ils décident si la machine tourne encore le lendemain matin. Sur une installation censée fonctionner sans personne devant, ça finit par peser plus lourd que le choix d’un modèle de carte.

Chacun a sa façon de lâcher, et elle se reconnaît de loin.

PosteCe qui arrive quand il est mal choisi
Châssisla carte ne rentre pas entre les montants, ou sa voisine bouche son ventilateur
Alimentationredémarrages dès que les six cartes montent en charge, ventilateur bloqué au maximum
Risersune carte disparaît du logiciel une nuit sur deux, un connecteur noircit
Câbles et adaptateurscourt-circuit au branchement, ou carte sous-alimentée qui se bride
Ventilationbridage thermique en été, poussière dans les ailettes, voisinage mécontent
Mesure et relancel’arrêt de trois jours que personne n’a vu passer

La frontière se discute sur un point, l’alimentation. Elle ne calcule pas, donc elle appartient à cette liste, et pourtant c’est souvent la deuxième dépense du rig après les cartes. Elle y reste. Un rig se répare rarement par sa carte mère et très souvent par ce qui l’alimente.

Ce que ces postes coûtent : 40 à 90 € pour un châssis ouvert six cartes, environ 50 € le lot de six risers, 150 à 200 € pour une alimentation 1 200 W certifiée 80 PLUS Gold, une vingtaine d’euros pour un wattmètre. Comptez 300 à 500 € sur une configuration à six cartes. Le détail poste par poste est dans le choix de chaque pièce par sa contrainte et le budget global dans le budget de départ, palier par palier.

L’électricité, du connecteur au disjoncteur

Un rig de six cartes tire entre 700 et 1 200 W selon les modèles et les réglages. Cette puissance traverse quatre étranglements successifs, et chacun a une valeur écrite quelque part que presque personne ne va lire.

Le premier étranglement est le connecteur d’alimentation du riser. Les valeurs ci-dessous sont celles des spécifications de chaque connecteur.

Ce qu'un connecteur peut porter sur sa ligne 12 V

Le trait rouge marque les 66 W que le slot PCIe réclame au riser.

SATA 15 broches54 W
PCIe 6 broches75 W
Molex 4 broches132 W
PCIe 8 broches150 W

Un riser se branche donc en 6 broches PCIe, sur un câble venu directement de l’alimentation. Jamais deux risers en série sur la même sortie SATA, même si le câble porte quatre prises : la limite est celle du câble, pas celle du nombre de fiches. Et un adaptateur SATA vers 6 broches ne fabrique aucune marge, il change la forme de la prise. Le fonctionnement du riser, ses versions et le diagnostic de celui qui lâche sont détaillés dans ce que le câble transporte, et ce qui le tue.

Après lui, l’alimentation. Le chiffre imprimé sur la boîte est une puissance continue, pas un pic, mais elle ne se choisit pas au ras de la consommation : le rendement culmine vers la moitié de la charge et se dégrade au-delà de 90 %, en chaleur et en bruit de ventilateur. Une consommation relevée à 1 000 W appelle une alimentation de 1 300 W, pas de 1 050. Ce que ces boîtiers annoncent et ce qu’ils tirent réellement au mur est repris dans ce qu’une alimentation 2000 W tire au mur.

Puis la prise murale. Une prise 16 A sous 230 V accepte 3 680 W en théorie. Le circuit derrière est protégé par un disjoncteur, souvent 20 A sur du 2,5 mm², soit 4 600 W à partager entre tous les socles de ce circuit, jusqu’à 12 selon la NF C 15-100. Un rig à 1 000 W ne pose aucun problème sur une ligne saine. Deux rigs et un radiateur sur le même départ, si. La question se traite en détail dans ce que tire une machine sur une ligne domestique.

Le quatrième est celui qu’on oublie toujours : la rallonge. Un enrouleur de 10 m en 3G1,5 mm² porte deux valeurs sur son étiquette, 3 200 W déroulé et 1 100 W enroulé. Le câble en spires se comporte comme une bobine et accumule sa propre chaleur. Un rig de 900 W posé sur un enrouleur laissé plein est déjà au-delà, en permanence, et la seule chose qui prévient est l’odeur.

Ce que votre rig demande à la prise

Le châssis n’est qu’une contrainte de dimensions

Un châssis de minage ne fait rien d’autre que tenir des cartes espacées dans l’air libre. Il coûte trois fois moins qu’un boîtier fermé, et se choisit au millimètre plutôt qu’au catalogue.

Mesurez la carte avant d’acheter le cadre. Une RTX 4090 de partenaire fait 340 mm de long et 75 mm d’épaisseur, une Quadro RTX 6000 en fait 267, une Sapphire RX 7900 XT 276. Les cadres alu vendus en kit acceptent en général jusqu’à 330 mm entre montants, et l’écart de quelques millimètres se règle à la scie ou par un retour de colis. L’épaisseur compte autant : une carte à trois emplacements de large sur une barre percée tous les 80 mm mange la place de sa voisine et étouffe son ventilateur.

Bois ou aluminium, la réponse tient à la durée. Un cadre en bois se fabrique en une heure pour 15 € et convient à un banc d’essai. Il travaille avec l’humidité, il se déforme sous 60 kg de cartes, et il brûle. Sur une machine qui tourne toute l’année à quelques mètres d’une chambre, l’aluminium n’est pas un luxe. Ce que contient un kit tout monté et ce qu’il coûte sont dans le rig de six cartes et le montage, du premier boulon au premier démarrage.

L’air : le débit avant le nombre de ventilateurs

Un rig ouvert n’a pas de circuit d’air. Il n’a que la pièce, et la pièce a un volume fini. Un rig qui consomme 900 W dissipe 900 W de chaleur, à la virgule près : une carte graphique ne transforme rien d’autre. Dans 10 m² sans renouvellement, la température monte de plusieurs degrés par heure jusqu’à ce que les fuites de la pièce compensent, et les cartes finissent par se brider elles-mêmes.

La réponse tient donc à une entrée et une sortie d’air dans la pièce. Un ventilateur de plus sur le cadre brasse de l’air déjà chaud ; un extracteur de gaine de 150 mm déplace quelques centaines de mètres cubes par heure et coûte moins qu’une carte d’occasion. Le calcul du débit nécessaire et le placement des bouches sont traités dans le refroidissement d’un rig, débit d’air et décibels.

Vient la poussière, qui coûte en entretien avant de coûter en degrés. Un rig aspire l’air de la pièce en continu ; les ailettes se colmatent en quelques mois, les ventilateurs forcent, les températures montent sans qu’aucun réglage n’ait bougé. Un filtre en mousse à l’entrée d’air de la pièce se lave sous le robinet et évite de démonter six cartes.

Le bruit, enfin. Des ventilateurs de 120 mm tournant à 2 000 tours par minute ne se supportent pas dans un logement. Racheter des modèles réputés silencieux coûte plus cher que de ralentir ceux qui sont déjà là : un contrôleur de ventilateur 12 V à quelques euros rend une quinzaine de décibels, pour une perte de débit qu’un extracteur correct compense. Passé une certaine intensité, la question devient juridique : le bruit d’un équipement chez un particulier relève des règles applicables au minage en France et, s’il gêne les voisins, du régime des troubles de voisinage. L’INRS rappelle qu’une exposition se juge sur sa durée autant que sur son niveau, ce qui est exactement le régime d’une machine qui ne s’arrête jamais.

Les câbles, et les trois pièges qui coûtent une alimentation

Le premier piège est le câble modulaire d’une autre marque. Côté carte graphique, la fiche 6 ou 8 broches est normalisée ; côté alimentation, le brochage ne l’est pas, et deux fabricants utilisent la même prise avec des lignes inversées. Le câble entre, la vis se serre, et le 12 V se retrouve sur une masse. Les câbles restent avec leur alimentation, dans le sachet d’origine, y compris quand il en manque un.

Le deuxième piège s’achète en toute confiance : l’adaptateur PCI-E 1x vers quatre ports USB. La carte porte quatre prises USB femelles, ce ne sont pas des ports USB, et rien sur le produit ne le dit : elles transportent des voies PCIe vers des risers. Y brancher une clé détruit la clé et la carte. Le détail est dans ces prises qui n’en sont pas.

Reste le dédoubleur 6 vers 8 broches, et les adaptateurs du même genre. Il autorise un branchement mécanique et n’invente pas un watt : une sortie donnée pour 75 W reste à 75 W une fois dédoublée, quelle que soit la forme des fiches à son extrémité. Ce qu’il permet vraiment et ce qu’il ne permet pas est repris dans ce que l’adaptateur autorise.

Le réseau, enfin, ne coûte rien et se néglige quand même. Un rig échange très peu de données, quelques dizaines de mégaoctets par jour selon le volume mesuré, mais il les échange sans arrêt. Une coupure Wi-Fi de trente secondes toutes les heures se traduit en parts refusées par le pool. Trois mètres de câble RJ45 valent 2 €.

Ce qui surveille, et ce qui redémarre tout seul

Une machine sans surveillance ne se remarque pas quand elle s’arrête. C’est le poste le moins cher du rig et celui qui rapporte le plus, parce qu’il transforme un arrêt de trois jours en arrêt de trois minutes.

Un wattmètre à prise coûte 20 € et donne la seule valeur qui serve aux calculs de rentabilité : ce que l’installation tire réellement au mur, pertes de l’alimentation comprises, et non la somme des étiquettes. Les quatre méthodes de relevé et leur précision respective sont comparées dans les façons de mesurer ce qu’une machine consomme.

Le redémarrage automatique, lui, est gratuit. Il tient dans un réglage du BIOS, nommé selon les fabricants « Restore on AC Power Loss », « AC Back Function » ou « State After Power Failure », qu’il faut passer sur « Power On ». Par défaut, une carte mère de bureau reste éteinte après une coupure de courant. Avec ce réglage, elle repart seule.

Ce qui amène à l’onduleur, et à un avis qui déplaira. Un onduleur capable de tenir un rig de 900 W coûte 200 à 400 € et donne quelques minutes d’autonomie, le temps d’un arrêt propre. Sur un serveur de fichiers, cet argent est bien dépensé : il y a des écritures en cours à protéger. Sur un rig, il n’y a rien à sauvegarder. Le travail perdu vaut quelques secondes de hachage, la machine repart seule si le BIOS est réglé, et le risque qui reste, la coupure brutale, se traite par la qualité de l’alimentation. L’onduleur est l’accessoire cher dont une installation domestique se passe.

À sa place, deux objets à 15 € pièce. Un watchdog USB, qui surveille un signal envoyé par le système et actionne le connecteur de reset de la carte mère quand ce signal cesse : c’est la réponse au rig figé, qui consomme mais ne produit plus. Et une prise commandée, si le contrat électrique découpe la journée en tranches de prix, pour couper les heures pleines sans être devant la machine, comme le détaillent le pilotage sur un contrat à double index et le calendrier des six couleurs de jours.

L’accès à distance clôt la liste. Un rig se pilote par le réseau local ou par le système de minage lui-même, et cet accès s’ouvre vers l’extérieur bien plus souvent qu’il ne le devrait : sécuriser le rig, le pool et l’adresse de paiement en fait le tour.

Par où commencer

Dans l’ordre, et pas dans celui du plaisir d’achat.

D’abord le mètre ruban et le wattmètre. La longueur des cartes décide du châssis, la puissance mesurée décide de l’alimentation, et les deux se relèvent avant de commander quoi que ce soit.

Ensuite l’alimentation et les risers en 6 broches, le seul endroit du rig où une économie de 30 € se paie en matériel détruit. Le châssis vient après : il ne casse rien, il contraint seulement ce qui rentre dedans.

L’air en quatrième, une fois la machine posée à sa place définitive, parce qu’un débit se dimensionne sur une pièce réelle et pas sur un plan. La surveillance en dernier, et elle prend vingt minutes : un réglage de BIOS, un wattmètre, un watchdog.

Si le rig n’existe pas encore, la page sur les composants, l’assemblage et la rentabilité pose les organes de calcul ; celle-ci pose ce qui les fait tenir.