Disjoncteur pour rig de minage : ampères, section de câble, ligne dédiée
4,8 ampères. C’est ce qu’un rig de six cartes réglé à 1 100 W prélève sur une prise en 230 V, soit moins qu’un radiateur soufflant de salle de bains. Le calcul rassure et ne prédit rien. Les installations de minage qui lâchent ne lâchent presque jamais sur le disjoncteur du départ : elles lâchent sur le différentiel, sur le compteur, ou à la seconde où le courant revient après une coupure.
Combien d’ampères tire une machine de minage
On divise les watts par 230. Une alimentation certifiée 80 PLUS porte une correction active du facteur de puissance qui le tient autour de 0,98 : voltampères comptés et watts facturés se confondent à 2 % près. Le raccourci tient.
L’erreur se glisse au numérateur. C’est la puissance au mur qu’il faut, pas la somme des étiquettes de cartes : une alimentation 80 PLUS Gold rend 90 % de ce qu’elle absorbe, et 1 000 W de cartes en demandent 1 110 à la prise. Seul un relevé pris entre la prise et l’appareil donne ce nombre, et les quatre façons de mesurer la consommation d’une machine ne se valent pas sur ce point.
| Machine | Puissance au mur | Ampères en 230 V | Part d’un circuit 16 A |
|---|---|---|---|
| Rig 6 cartes bridées | 750 W | 3,3 A | 20 % |
| Rig 6 cartes en charge | 1 100 W | 4,8 A | 30 % |
| Rig 8 cartes récentes | 1 900 W | 8,3 A | 52 % |
| Antminer S19j Pro | 3 050 W | 13,3 A | 83 % |
| Antminer S21 Pro | 3 510 W | 15,3 A | 95 % |
La dernière colonne décide. Un ASIC de 3 500 W occupe un circuit 16 A à lui seul, sans rien laisser à la lampe du garage.
À partir de quelle puissance la prise ordinaire ne suffit plus
Une prise 16 A sous 230 V accepte 3 680 W. Ce nombre borne la tenue du matériel, établi pour un appareil qu’on branche, qu’on utilise une heure et qu’on débranche. Un rig tourne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et le moindre contact imparfait dans un socle chauffe autant de temps.
La norme NF C 15-100 donne le bon repère, mais elle le range dans le chapitre du chauffage, le seul poste domestique qui tire comme un rig la même puissance pendant des jours. Ses valeurs y sont calculées pour une charge continue, et c’est ce qui les rend utilisables ici : un rig de minage est électriquement un radiateur qui parle au réseau.
| Section | Disjoncteur | Charge continue admise | Ce qu’elle porte |
|---|---|---|---|
| 1,5 mm² | 16 A | 3 500 W | un rig, ligne courte |
| 2,5 mm² | 20 A | 4 500 W | un rig et le suivant |
| 4 mm² | 25 A | 5 750 W | deux ASIC bridés |
| 6 mm² | 32 A | 7 250 W | trois machines |
Reste le partage, qu’aucun calcul ne fait apparaître. Un circuit de prises n’appartient à personne : la norme y autorise 8 socles en 16 A, 12 en 20 A. Ils sont répartis dans le logement, parfois dans une pièce que personne ne surveille, et le fer à repasser de 2 000 W qu’on y branche s’ajoute au rig sans prévenir. Il reste donc 2 000 à 2 500 W à la machine sur un circuit partagé. Un rig, pas deux.
Au-delà, il faut une ligne qui part du tableau et n’alimente que la machine.
Le disjoncteur et la section d’une ligne dédiée
Compter la place au tableau avant d’acheter le câble. Un départ réclame un module de 18 mm sous un différentiel qui a encore de la réserve ; une rangée pleine impose un coffret de plus, une soixantaine d’euros et une journée. La pose relève d’un électricien dès qu’elle touche le tableau, le raccordement au peigne se faisant hors tension.
Choisir la section d’après la puissance visée, jamais le calibre d’après le câble qui reste au garage. Le 6 mm² en 32 A est le câble d’une plaque de cuisson, au millimètre près, et il se pose de la même façon.
Prendre une courbe C. Son déclenchement magnétique se situe entre cinq et dix fois le calibre, sept fois en pratique : un 16 A laisse passer plus de 100 A pendant quelques millisecondes. Il en faut autant, parce que la charge des condensateurs d’entrée d’une alimentation à découpage produit cette pointe à chaque mise sous tension. Une courbe B, calée entre trois et cinq fois le calibre, saute au démarrage sans qu’aucun défaut existe.
Poser un interrupteur différentiel 30 mA de type A pour ce seul départ, au lieu de glisser la machine sous celui qui protège déjà la moitié du logement. Quarante euros, et les coupures nocturnes décrites plus bas n’arrivent pas.
La ligne se contrôle au multimètre, machine à pleine charge. La norme tolère 5 % de chute de tension sur un circuit de prises, soit 11,5 V : au-delà, la section est trop faible ou la ligne trop longue, et il faudra remonter d’un cran.
Ce qui saute alors que le calcul passait
Deux défauts coupent une installation dont l’ampérage est juste, et aucun ne se voit dans un calcul de puissance. Le premier vise le différentiel.
Toute alimentation à découpage laisse filer vers la terre un courant permanent par ses condensateurs de filtrage antiparasite. Entre 0,25 et 3,5 mA par appareil, en fonctionnement normal, sans le moindre défaut d’isolement. Un rig en porte une ou deux, un ASIC une, le routeur et la machine de pilotage ajoutent les leurs. La NF C 15-100 recommande de tenir la somme des fuites d’un circuit sous le tiers du calibre différentiel, soit 10 mA sous un 30 mA. Trois machines et leurs périphériques y arrivent sans forcer.
Le différentiel se met alors à couper la nuit, apparemment au hasard, souvent après une averse dont l’humidité s’ajoute au total. Aucun appareil n’est en cause, et c’est ce qui rend le diagnostic long : chacun pris à part se comporte normalement.
La réponse n’est jamais de retirer la protection. On répartit : un interrupteur différentiel pour les machines, un autre pour le reste du logement, rien de mutualisé entre les deux.
Le second défaut ne se manifeste qu’à un moment précis. Après une coupure du réseau, toutes les alimentations se remettent sous tension à la même milliseconde et leurs pointes d’appel s’additionnent, là où en régime établi elles s’ignoraient. Le départ tient sur une machine, saute sur trois. Une prise programmable sur deux des trois machines, trente secondes d’écart entre les enclenchements, referme le dossier pour quinze euros.
La puissance souscrite, ce plafond qui n’est pas au tableau
Elle se lit sur la facture, en kilovoltampères, et elle borne tout ce qui précède : 6 kVA valent 30 A, 9 kVA valent 45 A, 12 kVA valent 60 A. Une ligne dédiée en 32 A sous un abonnement de 6 kVA ne sert strictement à rien. Le compteur coupe avant le disjoncteur.
L’ancien disjoncteur de branchement électromécanique tolérait le dépassement : un abonnement 6 kVA ne coupait souvent qu’aux alentours de 7 ou 8 kVA. Le compteur communicant applique le contrat, mesure la puissance apparente et met hors tension au franchissement. Des installations qui passaient depuis des années coupent depuis le jour de la pose, sans qu’un seul appareil ait changé.
Le contrôle tient en une manipulation devant le compteur : la touche de défilement mène à la ligne PAPP, la puissance apparente instantanée en voltampères. Machines en marche, four allumé, chauffe-eau en chauffe, ce nombre doit rester sous la puissance souscrite avec un bon kilovoltampère de réserve. Sinon, la question n’est plus le disjoncteur mais l’abonnement : le passage de 6 à 9 kVA se demande au fournisseur, se fait à distance et coûte une trentaine d’euros de plus par an.
Deux heures après la mise en route, la plaque de la prise et la façade du disjoncteur doivent être froides sous le doigt. Un socle tiède sur une ligne bien calculée désigne un contact desserré, pas un défaut de calibre. Un disjoncteur tiède travaille au bord de sa limite thermique, et c’est le calibre à revoir avant d’ajouter une machine.