Qu’est-ce que le minage de bitcoin : 453 BTC par jour, et ce qu’une machine en touche
Le bloc 962 372 est tombé ce 14 août 2026 à 6 h 24 du matin, heure de Paris. Il transportait 6 073 transactions, son empreinte commence par dix-neuf zéros, et la machine qui l’a trouvé a encaissé 3,125 bitcoins plus les frais payés par ces 6 073 transactions. Dix minutes plus tard, un autre bloc partait, mêmes règles, autre gagnant.
Vu du réseau, le minage de bitcoin ressemble à ça. Vu de celui qui branche une machine chez lui, ça ressemble à 49,6 satoshis par térahash et par jour, à un compteur électrique qui tourne deux fois et demie plus vite que le portefeuille, et à une réponse qui se compte en années plutôt qu’en minutes.
Qu’est-ce que le minage de bitcoin : un tirage au sort, pas un problème à résoudre
Un mineur ne résout rien du tout. Il fabrique, puis il tire au sort. Il prend les transactions qui patientent dans la mempool, la salle d’attente publique du réseau, les empile dans un bloc, et coiffe le tout d’un en-tête de quatre-vingts octets : numéro de version, empreinte du bloc précédent, racine de l’arbre qui résume les transactions, horodatage, cible en vigueur, et un compteur libre appelé nonce.
Cet en-tête passe deux fois dans SHA-256. La fonction rend 256 bits, qu’on écrit en soixante-quatre caractères hexadécimaux. Le mineur regarde le résultat. S’il tombe sous la cible, le bloc est valide et part sur le réseau. Sinon, le nonce augmente d’une unité et l’opération recommence. Le bloc 962 372 est sorti au nonce 1 871 975 241.
Rien là-dedans ne ressemble à un raisonnement. SHA-256 est construite pour qu’un seul bit modifié à l’entrée produise une sortie sans aucun rapport avec la précédente. Aucun essai ne renseigne sur le suivant, aucune approche ne rapproche du but. C’est un tirage, répété des milliards de fois par seconde.
Combien de tirages ? La réponse s’écrit d’une ligne : la difficulté multipliée par 232. Au 14 août 2026, la difficulté vaut 127 479 855 693 691. Il faut donc 5,48 × 1023 essais en moyenne pour qu’un bloc sorte, soit cinq cent quarante-huit mille milliards de milliards de hachages. Un essai isolé a une chance sur 5,48 × 1023 de gagner.

Ce que la difficulté fait, et ce qu’elle ne fait pas
La difficulté ne rend pas le calcul plus compliqué. Un hachage coûte exactement la même chose aujourd’hui qu’au premier bloc de 2009 : mêmes opérations, même énergie. Elle déplace seulement la barre. Elle fixe la cible sous laquelle l’empreinte doit tomber, et cette cible se rétrécit quand elle monte.
Le bloc 962 372 le montre à l’œil nu. Son empreinte commence par 000000000000000000017d82 : dix-neuf zéros hexadécimaux, puis un 1. Chaque zéro hexadécimal vaut quatre bits nuls, le 1 en apporte trois de plus. Soixante-dix-neuf des 256 bits devaient donc tomber à zéro. C’est tout ce que la difficulté commande.
Doublez-la, il faut deux fois plus d’essais. Divisez-la, il en faut deux fois moins. Le travail unitaire ne bouge pas d’un joule. La nuance a une conséquence brutale pour qui mine seul : une machine qui cherche depuis six mois sans rien trouver n’est pas plus près du but qu’à la première seconde. Elle n’a rien accumulé. Le nonce, la mempool et les quarante-cinq mots du vocabulaire du minage se lisent d’ailleurs mieux avant le premier achat.
Ce que le réseau distribue chaque jour : 453 bitcoins
Le programme est écrit dans le logiciel et personne ne le négocie. Chaque bloc crée 3,125 bitcoins neufs depuis avril 2024, date du dernier halving. Le réseau vise un bloc toutes les dix minutes, ce qui fait 144 blocs par jour et 450 bitcoins créés quotidiennement.
S’y ajoutent les frais que les utilisateurs paient pour faire passer leurs transactions en priorité. Sur les sept jours qui précèdent le 14 août 2026, ils pèsent 3,27 bitcoins par jour en moyenne, soit 0,72 % du total. Le mineur qui trouve un bloc encaisse les deux d’un coup : la création monétaire et les frais de son bloc.
Ce que le réseau produit | Quantité au 14 août 2026 |
|---|---|
Bitcoins créés par bloc | 3,125 BTC |
Blocs visés par jour | 144 |
Création quotidienne | 450 BTC |
Frais des transactions, moyenne 7 jours | 3,27 BTC par jour |
Total distribué chaque jour | 453,27 BTC |
Valeur au cours du jour | 24,9 M€ |
Ce robinet se referme lentement. Additionnez les paliers successifs depuis 2009 et la chaîne a déjà émis 20 069 912 bitcoins au bloc 962 372, sur les 21 millions que le protocole autorise. Il reste 930 000 unités à produire, 4,4 % du total, étalées jusqu’aux années 2130 par les halvings successifs. Les mineurs de 2026 se partagent donc la fin d’un stock, pas le début.
Ces 453,27 bitcoins sont le gâteau entier. Tout ce qu’une machine peut espérer en sort, et rien d’autre n’existe. La répartition, elle, se joue au prorata de la puissance apportée.
D’où vient le « dix minutes » qui circule partout
Divisez 453,27 par 86 400 secondes : le réseau produit un bitcoin toutes les 3 minutes et 11 secondes. Le chiffre de dix minutes, celui qu’on lit dans à peu près toutes les réponses à « combien de temps pour miner 1 bitcoin », décrit l’intervalle entre deux blocs. Or un bloc porte 3,125 bitcoins, pas un seul.
Dix minutes est donc une réponse exacte à une question que personne ne pose. L’ensemble des mineurs met trois minutes à produire un bitcoin ; une machine seule en met des années, parce qu’elle ne perçoit qu’une fraction minuscule de ce que le réseau produit. Les deux chiffres sont vrais et ne parlent pas du même sujet, ce qui explique pourquoi les réponses trouvées en ligne vont de dix minutes à sept ans sans qu’aucune soit fausse.
Ce qu’une machine touche : sa part du hashrate
La règle tient en une division : la part d’une machine vaut son hashrate divisé par celui du réseau. Qui fournit un millième de la puissance totale touche un millième des 453,27 bitcoins, à la variance près. Ce mécanisme de partage, du hachage jusqu’au paiement, est le même sur toutes les monnaies en preuve de travail.
Reste à connaître le hashrate du réseau, qui ne se mesure pas. Personne ne compte les hachages : on les déduit du nombre de blocs trouvés. Trois compteurs circulent, et ils divergent. Le point quotidien affiche 926,9 EH/s le 14 août 2026. La moyenne glissante sur sept jours donne 902. La déduction par la difficulté, difficulté multipliée par 232 puis divisée par 600 secondes, rend 912,5 EH/s. Treize pour cent séparent les extrêmes.
Le troisième chiffre est celui qui sert ici, parce qu’il repose sur une donnée que le hasard ne bruite pas. Les deux autres dépendent de la chance des dernières heures : quand les blocs tombent vite, le compteur grimpe sans qu’une seule machine ait été branchée quelque part.
Le calcul devient alors simple. 453,27 bitcoins font 45 327 000 000 satoshis. Divisés par 912 500 000 térahash par seconde, ils donnent 49,67 satoshis par térahash et par jour au 14 août 2026. Ce nombre est un plafond physique. Aucune machine, aucun contrat, aucun service ne verse davantage par térahash sans puiser l’argent ailleurs que dans le minage.
Machine | Hashrate annoncé | Satoshis par jour | Recette brute |
|---|---|---|---|
Antminer S21 Pro | 234 TH/s | 11 623 | 6,38 € |
Antminer S21 XP | 270 TH/s | 13 411 | 7,36 € |
Antminer S23 Hydro | 580 TH/s | 28 809 | 15,82 € |
Bitdeer SEALMINER A4 Ultra Hydro | 886 TH/s | 44 009 | 24,16 € |
Un Antminer S21 Pro encaisse 11 623 satoshis par jour, soit 0,00011623 bitcoin, soit 6,38 € au cours du 14 août 2026. Le SEALMINER A4 Ultra Hydro, annoncé en avril 2026 et jamais mis en vente par son constructeur, monterait à 24,16 €. Recettes brutes, avant la moindre facture.
Ce plafond bouge sans arrêt, puisqu’il n’est qu’un quotient. Fin octobre 2025, quand le réseau frôlait 1 305 EH/s, le térahash ne rapportait que 34,7 satoshis par jour. Le réseau est redescendu de 22 % depuis ce sommet, et chaque térahash encore branché en a mécaniquement récupéré la différence. Le classement des machines calculé au tarif français se refait pour cette raison à chaque ajustement.
Combien de temps pour miner 1 bitcoin
Un bitcoin vaut cent millions de satoshis. La question se transforme en division, et la division a une réponse différente par machine.
Machine | Satoshis par jour | Jours pour 1 BTC | En années |
|---|---|---|---|
Antminer S21 Pro | 11 623 | 8 604 | 23 ans et 7 mois |
Antminer S21 XP | 13 411 | 7 456 | 20 ans et 5 mois |
Antminer S23 Hydro | 28 809 | 3 471 | 9 ans et 6 mois |
Bitdeer SEALMINER A4 Ultra Hydro | 44 009 | 2 272 | 6 ans et 3 mois |
Vingt-trois ans et sept mois avec un S21 Pro. Six ans et trois mois avec la machine la plus efficace jamais annoncée, qui réclame du 380 à 480 volts triphasé et ne se branche dans aucun garage français. Ces durées supposent que rien ne bouge : ni le cours, ni la difficulté, ni la récompense de bloc. Les trois bougeront.
La récompense en particulier sera divisée par deux au printemps 2028. Un matériel parti pour vingt-trois ans traverserait cinq halvings avant d’arriver au bout, ce qui repousse l’échéance réelle bien au-delà du quotient. La vraie réponse à « combien de temps pour miner 1 bitcoin » se mesure en durée de vie de matériel : la machine lâchera bien avant le compte.
Et l’attente elle-même est une fiction. Un mineur en pool ne reçoit jamais de bitcoins entiers, il reçoit des fractions, versées dès que le seuil de retrait est franchi. Il regarde chaque soir ce qui est tombé dans la journée, et ce que rapporte vraiment une journée de minage se compte en centimes d’euro.
Pourquoi personne ne mine en solo
Un mineur solo garde tout ce qu’il trouve. Quand il trouve. Avec 234 térahash par seconde face à 912,5 EH/s, sa part du réseau vaut 2,56 × 10-7. Multipliée par 144 blocs, elle donne 0,0000369 bloc par jour, c’est-à-dire une attente moyenne de 27 087 jours. Soixante-quatorze ans.
Sur une année pleine, la probabilité de décrocher au moins un bloc s’établit à 1,3 %. Sur cent particuliers qui lanceraient un S21 Pro en solo le même 1ᵉʳ janvier, quatre-vingt-dix-neuf finiraient l’année à zéro et un toucherait 3,148 bitcoins d’un seul coup, frais du bloc compris, soit 172 800 € au cours du jour.
L’argument du pool tient dans cette comparaison, et il n’est pas celui qu’on lit d’habitude. Le pool n’augmente pas ce qu’on gagne. Multipliez les 27 087 jours d’attente par les 6,38 € que la même machine perçoit quotidiennement en pool : 172 842 €. La valeur d’un bloc, à quarante euros près sur cent soixante-douze mille. L’espérance est rigoureusement identique dans les deux cas.
Il déplace la dispersion autour de cette espérance. En solo, on touche zéro pendant des décennies puis une somme énorme, ou zéro pendant toute la vie de la machine et c’est l’issue de loin la plus probable. En pool, on touche 6,38 € chaque jour, moins la commission. Pour du matériel qui s’amortit sur quatre ans face à une facture mensuelle, l’écart sépare un projet finançable d’un billet de loterie. Les frais, la taille du groupe et le mode de paiement décident ensuite du reste, et choisir son pool de minage revient surtout à choisir la régularité qu’on veut.
Le SEALMINER A4 Ultra ne change pas la nature du problème : 19,6 ans d’attente moyenne en solo, 5 % de chances par an. Il faut des milliers de machines pour que le minage solo redevienne autre chose qu’un pari, et c’est exactement ce que possèdent les fermes cotées en bourse.
La difficulté s’ajuste tous les 2 016 blocs
Le réseau se règle seul, sans autorité et sans vote. Tous les 2 016 blocs, soit environ quatorze jours, chaque nœud compare le temps qu’ont réellement pris ces 2 016 blocs à l’objectif de 20 160 minutes. Trop rapide, la difficulté monte. Trop lent, elle descend. La correction est bornée à un facteur quatre dans chaque sens, et personne ne peut la contourner.
Le dernier ajustement date du 8 août 2026 à 21 h 35, au bloc 961 632 : + 0,99 %, une correction minuscule. Le suivant tombera au bloc 963 648, autour du 23 août. La période en cours tourne à 10 minutes et 29 secondes par bloc, au-dessus de la cible, ce qui pousse la difficulté vers le bas.
Cet ajustement n’a aucun effet sur la quantité de bitcoins produits. 453 par jour hier, 453 demain, quelle que soit la difficulté et quel que soit le nombre de machines branchées. Il agit sur le partage, et sur lui seul. Quand la difficulté grimpe de 5 %, chaque térahash rapporte 5 % de moins. Le revenu d’une machine baisse quand les voisins en branchent d’autres, jamais parce que le réseau ralentirait.
D’où la péremption rapide de tout chiffre de rentabilité. Le térahash rapportait 34,7 satoshis par jour fin octobre 2025 et 49,7 aujourd’hui, à récompense de bloc identique et pour un cours voisin. Un tableau de gains recopié sans sa date ne vaut rien du tout. Le détail de la récompense de bloc et de la part des frais tient dans le même raisonnement.
Ce que ça coûte, et ce qui reste
Le S21 Pro consomme 3 510 watts annoncés. Vingt-quatre heures de fonctionnement font 84,24 kilowattheures. Au tarif réglementé bleu, option base, compteur de 3 à 6 kVA, l’électricité vaut 0,2001 € le kilowattheure toutes taxes comprises depuis le 1ᵉʳ août 2026. La journée coûte 16,86 €.
Recette 6,38 €, dépense 16,86 €. Le solde s’établit à − 10,48 € par jour et − 3 828 € par an, avant l’abonnement de 190,32 € et avant l’amortissement de la machine. L’électricité représente deux fois et demie la recette.
Un Antminer S21 Pro, vingt-quatre heures, tarif base au 1ᵉʳ août 2026
Basculer aux heures creuses ne renverse rien. Une machine qui tourne vingt-quatre heures paie huit heures en creuses à 0,1589 € et seize heures en pleines à 0,2142 €, moyenne pondérée 0,1958 € : 16,49 € par jour au lieu de 16,86. Deux pour cent grattés sur une dépense qui dépasse la recette de 160 %.
Au-delà de 6 kVA, le choix n’existe plus. L’option base a été mise en extinction pour les puissances supérieures et ne se souscrit plus ; les contrats de 18 à 36 kVA encore en base basculeront d’office en heures pleines et heures creuses le 1ᵉʳ février 2027. Un projet de plusieurs machines paie donc le tarif à deux plages, pas le tarif de base.
Ces recettes brutes, même effacées par la facture, restent imposables dès leur réception, à leur valeur du jour. La déclaration des gains de minage relève des bénéfices non commerciaux, et la dépense d’électricité ne s’y impute pas librement.
L’électricité qu’un bitcoin coûte
Il faut 8 604 jours au S21 Pro pour réunir un bitcoin, à 84,24 kilowattheures par jour : 724 762 kilowattheures. Facturés 0,2001 €, cela fait 145 000 € d’électricité pour un actif qui en vaut 54 899.
La machine la plus efficace jamais annoncée ramènerait la note à 456 600 kilowattheures et 91 400 €. Toujours 66 % au-dessus de la valeur du bitcoin produit, avec une machine sortie en avril 2026 et introuvable sous les neuf mille dollars.
Le seuil se calcule d’une ligne. Un térahash rapporte 49,67 satoshis, soit 0,02723 € par jour, et consomme son efficacité en joules par térahash multipliée par 0,024 kilowattheure. Le prix d’équilibre de l’électricité vaut 1,136 divisé par l’efficacité de la machine. Quinze joules par térahash pour le S21 Pro : 0,0757 € le kilowattheure. Neuf virgule quarante-cinq pour le SEALMINER : 0,1202 €. Il faudrait descendre à 5,68 joules par térahash pour tenir à 0,2001 €, et rien ne s’en approche.
Ce 1,136 n’est pas une constante gravée : il baisse quand le cours recule ou quand la difficulté grimpe, et il valait 1,146 une semaine plus tôt. Refaire le calcul sur sa propre facture prend cinq minutes, et la procédure complète du minage de bitcoin en euros part du même chiffre.
Ce que le réseau entier consomme
Additionnées, ces machines pèsent lourd. Le centre de finance alternative de Cambridge estimait la puissance appelée par le réseau à 16,09 gigawatts au 1ᵉʳ août 2026, soit 141 TWh sur un an, dans une fourchette allant de 8,6 à 28,2 gigawatts. Digiconomist, qui modélise autrement le parc de machines, publie 204 TWh. Les 45 % d’écart tiennent aux hypothèses des deux modèles sur l’âge moyen du matériel en service.
Il sort environ 165 500 bitcoins du réseau chaque année ; 141 TWh divisés par ce nombre donnent 851 000 kilowattheures par bitcoin. C’est nettement au-dessus des 724 762 kilowattheures du S21 Pro, parce que le parc mondial roule encore sur beaucoup de matériel plus ancien que ce qui se vend en 2026. La consommation électrique du minage de bitcoin se discute à partir de ces deux modèles, pas d’une comparaison avec un pays.
Le halving de 2028 coupe la recette en deux
Tous les 210 000 blocs, la création monétaire par bloc est divisée par deux. Le prochain seuil est le bloc 1 050 000. Au 14 août 2026 la chaîne en est au bloc 962 372 : il reste 87 628 blocs à produire. À dix minutes par bloc, le rendez-vous tombe le 13 avril 2028 ; au rythme réellement constaté de 10 minutes 29 secondes, plutôt à la mi-mai. Une date de halving reste une projection.
Ce jour-là, la récompense passe de 3,125 à 1,5625 bitcoin. Le réseau distribuera 225 bitcoins par jour plus les frais, et le térahash rapportera environ 25 satoshis quotidiens à difficulté et cours inchangés, contre 49,7 aujourd’hui.
Reprenez le S21 Pro avec ce chiffre : 3,21 € de recette contre 16,86 € d’électricité. Le solde glisse de − 10,48 € à − 13,65 € par jour. Le seuil se déplace avec lui, et il faudrait alors une machine à 2,86 joules par térahash pour être à l’équilibre au tarif français, contre 5,68 aujourd’hui. La meilleure machine réellement achetable est à 9,5, et la plus sobre jamais annoncée à 9,45.
Deux leviers seulement peuvent compenser cette division : un cours qui double, ou une électricité à sept centimes que la France ne vend à personne. D’ici là, quarante-trois ajustements de difficulté se succéderont, et chacun redistribuera les 453 puis 228 bitcoins quotidiens entre les machines encore branchées. Ce calendrier pèse plus lourd que le cours dans l’arbitrage entre miner du bitcoin ou simplement en acheter : la seconde option n’a ni facture d’électricité ni date de péremption inscrite dans le protocole.