RX 7700 XT en minage : 0,07 € gagnés pour 0,58 € d’électricité par jour
Une Radeon RX 7700 XT qui mine vingt-quatre heures d’affilée rapporte 0,0737 € et brûle 0,581 € d’électricité. Le solde de la journée tombe donc à moins 0,507 €. Sur une année pleine, la carte creuse un trou de 185 €, et ce trou se compte avant même d’avoir amorti le moindre euro du prix d’achat.
Les calculateurs qui répondent d’ordinaire à cette question affichent 0,19 à 0,28 $ par jour et s’arrêtent là. Ils comptent en dollars, appliquent 0,10 $ le kilowattheure par défaut, et laissent le lecteur français terminer le travail. Or ce défaut n’a rien d’anodin. Converti, il vaut 0,0867 € : le tarif réglementé français, lui, est à 0,2001 € le kilowattheure, soit 2,3 fois plus. Un chiffre de rentabilité recopié tel quel depuis un calculateur se trompe donc d’un facteur deux sur le seul poste qui décide de tout.
Reste à faire le calcul jusqu’au bout : du hashrate mesuré jusqu’au prix du kilowattheure au-dessus duquel la carte coûte plus qu’elle ne rapporte.
La seule ligne de la fiche qui décide en minage
Une carte graphique qui mine ne travaille pas comme une carte qui joue. Le jeu sollicite les unités de calcul ; le minage, lui, passe son temps à lire et à écrire un gros jeu de données en mémoire. C’est pour cette raison que la bande passante mémoire commande le hashrate bien davantage que le nombre d’unités de calcul ou la fréquence du processeur graphique.
Sur la RX 7700 XT, cette bande passante vaut 432 Go/s. Elle se retrouve à la main sans rien croire sur parole : 192 bits d’interface multipliés par 18 Gbps de mémoire, divisés par 8, donnent exactement 432. Ce bus de 192 bits est d’ailleurs le vrai marqueur de la carte. Il la place au-dessus de la 7600 XT et nettement en dessous de la 7800 XT, et cet écart se lira ligne pour ligne dans les hashrates plus bas.
Caractéristique | Radeon RX 7700 XT |
|---|---|
Unités de calcul | 54 |
Processeurs de flux | 3 456 |
Mémoire | 12 Go GDDR6 |
Interface mémoire | 192 bits |
Bande passante mémoire | 432 Go/s |
Puissance de carte typique | 245 W |
Connecteurs d’alimentation | 2 × 8 broches |
Bloc d’alimentation conseillé | 700 W |
Fréquence boost | 2 544 MHz |
Sortie | 06/09/2023 |
Deux de ces chiffres se glissent souvent là où ils n’ont rien à faire. Les 245 W décrivent une enveloppe de conception, pas une consommation de minage : la carte ne les atteint qu’en charge graphique lourde, et un rig la fait tourner très en dessous. Les 700 W de bloc conseillé, eux, dimensionnent une machine complète avec son processeur, pas la carte seule. Confondre l’un ou l’autre avec une mesure fausse tous les calculs qui suivent.

Ce qu’une RX 7700 XT peut encore miner
La question mérite d’être posée avant toute autre, parce que la liste a fondu. Ethereum, qui a fait vivre le minage sur carte graphique pendant sept ans, est passé en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022 : il ne se mine plus, et aucune carte au monde n’y peut plus rien. Ethereum Classic tient toujours en preuve de travail sur Etchash, mais les machines dédiées s’y sont installées et une carte graphique n’y a plus sa place. Le reste de ce qui circule sur les forums relève souvent du souvenir.
Restent deux terrains sérieux pour cette carte. Autolykos2, l’algorithme d’Ergo, taillé pour la mémoire, donc exactement ce que la 7700 XT sait faire. Et KawPow, celui de Ravencoin, plus gourmand en calcul et nettement plus gourmand en watts. Le détail de ce qui reste minable aujourd’hui et avec quel matériel déborde largement le cas de cette carte, mais pour elle, la liste s’arrête à peu près là.
L’écart entre les deux est instructif. Sur Autolykos2, la carte produit 91,58 Mh/s. Sur KawPow, 26,33 Mh/s, pour un revenu quotidien de 0,15 $, soit 0,130 €, contre 0,08 $ et 0,069 € du côté d’Ergo. KawPow rapporte davantage, et il consomme davantage. Rapporté aux watts, il garde l’avantage : 0,00100 dollar par watt contre 0,00074 sur Ergo, soit 35 % de mieux. Ce que change Ergo, c’est la perte, plus faible parce que la facture l’est aussi.
Le relevé de minage de la RX 7700 XT, point par point
Un tableau de minage ne vaut que si le hashrate et les watts sortent de la même mesure, au même réglage, le même jour. Mettre un débit obtenu en sous-volt à côté d’une consommation relevée à la sortie d’usine produit un rapport hachage par watt qui n’existe sur aucune machine. C’est l’erreur qui traîne dans presque tous les tableaux publiés sur cette carte.
Algorithme | Hashrate | Consommation | Réglage | Logiciel | Date |
|---|---|---|---|---|---|
Autolykos2 (Ergo) | 91,58 Mh/s | 121 W | cœur 2 020 MHz, mémoire 1 125 MHz, tension −350 | TeamRedMiner | 15/11/2023 |
Cette ligne tient debout pour trois raisons. Les deux valeurs viennent du même relevé. Le réglage est écrit, donc reproductible. La date, en revanche, mérite d’être regardée de près, et elle affaiblit la ligne plutôt qu’elle ne la valide : la version de TeamRedMiner qui ouvre Autolykos2 à RDNA 3, la 0.10.9 du 13 février 2023, ne nomme que la 7900 XT, et la 7700 XT n’était pas encore sortie. À la date du relevé, la dernière version publiée datait de juillet 2023, elle aussi antérieure à la carte. La mesure existe et son réglage est écrit, mais aucune note d’éditeur ne vient l’adosser. Un relevé attribué à un logiciel qui ne savait pas encore faire tourner la carte ne veut rien dire, même quand il porte une date bien nette.
Le chiffre qui doit retenir l’attention, c’est le 121 W. Sur la fiche, la puissance typique vaut 245 W : en minage sous-volté, la carte en tire moins de la moitié. Un tableau qui poserait 91,58 Mh/s en face de 245 W doublerait la facture d’électricité et enterrerait la carte pour de mauvaises raisons. Elle mérite d’être enterrée, mais sur les bons chiffres.
Ce rapport se vérifie en croisant les cartes. La 7800 XT, mesurée le même jour, avec le même logiciel et le même décalage de tension, donne 129,2 Mh/s pour 168 W. Le rapport des hashrates vaut 0,709, celui des consommations 0,720 : deux nombres presque identiques, sur deux cartes différentes. Des mesures fabriquées ne s’accordent pas comme ça.
Le calcul en euros, au tarif réellement payé en France
La rentabilité d’une carte graphique en minage tient tout entière dans un rapport entre deux nombres : ce qu’elle produit et ce qu’elle consomme pour le produire. Trois valeurs suffisent donc à trancher : un revenu, une consommation issue du même point de fonctionnement, et un prix du kilowattheure qui soit celui d’un foyer français plutôt que celui d’un formulaire américain.
Le revenu d’abord. Au 14 août 2026, ce point de fonctionnement produit 0,414 ERG par jour. Au cours du jour, 0,205196 dollar le jeton, cela fait 0,0850 $, soit 0,0737 € au taux de 1,1534 dollar pour un euro. C’est un revenu brut : rien n’en a encore été retiré.
La consommation ensuite. 121 W pendant vingt-quatre heures donnent 2,904 kWh. Au tarif réglementé bleu résidentiel en option base, à 0,2001 € le kilowattheure toutes taxes comprises, la journée coûte 0,581 €.
Étape du calcul | Valeur |
|---|---|
Revenu brut quotidien | 0,08 $ soit 0,069 € |
Énergie consommée en 24 h | 2,904 kWh |
Tarif réglementé, option base | 0,2001 €/kWh |
Coût de l’électricité | 0,581 € |
Solde de la journée | − 0,507 € |
Solde sur douze mois | − 185 € |
L’électricité coûte huit fois ce que la carte produit. Un écart pareil relève de l’ordre de grandeur, pas du réglage : aucune courbe de tension ne le comble, et personne n’a jamais rattrapé un facteur huit en changeant de pool. La question de ce que rapporte réellement une journée de minage se règle ici en une ligne.
Ce revenu de 0,069 € est même une borne haute. Le logiciel retenu prélève 2 % sur Autolykos2, et il annonce ses hashrates avant déduction : le débit réellement payé par le pool est donc inférieur de deux pour cent à celui du relevé. S’y ajoute la commission du pool lui-même. On parle de fractions de centime, ce qui rend la précision dérisoire, mais dans le bon sens : chacune de ces retenues creuse le solde au lieu de le combler.
Passer aux heures creuses ne sauve rien. Le tarif heures pleines et heures creuses affiche 0,2142 € et 0,1589 €, mais une machine qui tourne en continu paie huit heures en creuses et seize en pleines, soit 0,1958 € en moyenne sur la journée. Deux pour cent gagnés. Le solde passe de moins 0,512 € à moins 0,499 €, et la carte perd toujours de l’argent chaque jour de l’année.

À partir de quel prix du kilowattheure la carte perd de l’argent
C’est la seule question qui vaille, et aucun calculateur ne la pose dans ce sens. Le seuil se déduit du revenu et de l’énergie, sans autre ingrédient :
seuil en €/kWh = revenu quotidien en euros ÷ énergie quotidienne en kWh
Pour la RX 7700 XT en Autolykos2 : 0,0737 € divisés par 2,904 kWh donnent 0,0254 € le kilowattheure. Au-dessus de ce prix, chaque heure de minage coûte plus qu’elle ne rapporte. En dessous, la carte gagne quelque chose.
Reste à situer ce seuil sur la grille française, et le résultat n’appelle aucune nuance.
Tarif | Prix du kWh | Rapport au seuil |
|---|---|---|
Seuil d’équilibre de la carte | 0,0239 € | 1 |
Heures creuses seules | 0,1589 € | 6,6 × |
Tarif bleu professionnel | 0,1949 € | 8,2 × |
Heures pleines et creuses sur 24 h | 0,1958 € | 8,2 × |
Tarif réglementé, option base | 0,2001 € | 7,9 × |
Le meilleur tarif accessible à un particulier français reste 6,3 fois trop cher pour cette carte, et encore ne s’agit-il que des heures creuses, qu’on ne peut pas payer vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un contrat professionnel n’arrange rien : à 0,1949 € toutes taxes comprises, il se situe au niveau du tarif résidentiel moyen. Et la TVA sur le minage n’ouvre aucun droit à déduction, faute d’opération taxée en aval, si bien que raisonner hors taxes pour se donner de l’air revient à truquer le calcul.
On peut prendre le problème par l’autre bout et demander ce qui devrait changer pour que la carte s’équilibre. À consommation constante, il faudrait qu’Ergo vaille près de huit fois son cours actuel : les 0,414 ERG produits chaque jour devraient couvrir 0,581 €, ce qui suppose un jeton autour de 1,62 $ au lieu de 0,205. Ce n’est pas impossible en soi. C’est simplement autre chose qu’un pari sur du matériel : c’est un pari sur un cours, et acheter le jeton directement reviendrait moins cher que d’acheter la carte pour le fabriquer.
Un mot sur l’autre algorithme, parce que le classement s’inverse selon ce qu’on mesure. KawPow rapporte 0,130 € par jour contre 0,069 € pour Autolykos2, presque le double. Mais il fait tourner la carte bien plus haut en puissance, et c’est la consommation qui décide du solde. Ergo perd moins par jour ; Ravencoin encaisse plus par kilowattheure. Les deux perdent.
La RX 7700 XT face à la 7800 XT et à la 7600 XT
Les trois cartes appartiennent à la même génération RDNA 3 et se distinguent surtout par leur bus mémoire : 128 bits pour la 7600 XT, 192 pour la 7700 XT, 256 pour la 7800 XT. Cela donne 288, 432 et 624 Go/s de bande passante. Comme c’est cette grandeur qui gouverne le hashrate, le classement en minage se lit sur la fiche avant même d’allumer quoi que ce soit.
RX 7700 XT | RX 7800 XT | |
|---|---|---|
Bande passante mémoire | 432 Go/s | 624 Go/s |
Hashrate Autolykos2 | 91,58 Mh/s | 129,2 Mh/s |
Consommation du même relevé | 121 W | 168 W |
Hashrate par Go/s de bande passante | 0,212 | 0,207 |
Solde quotidien au tarif base | − 0,512 € | − 0,703 € |
Seuil d’équilibre | 0,0239 €/kWh | 0,0258 €/kWh |
Le rapport entre le hashrate et la bande passante est le chiffre à retenir. Rapportée à son bus, chaque carte rend 0,21 Mh/s par Go/s, à deux pour cent près. Autrement dit, le hashrate en Autolykos2 se lit directement sur le bus mémoire, et la puissance de calcul du processeur graphique n’y change presque rien. Qui connaît la bande passante d’une carte RDNA 3 en déduit son débit sans banc d’essai.
Ce que cette régularité implique pour la 7600 XT n’a rien d’encourageant : avec 288 Go/s, elle part avec un tiers de bande passante en moins que la 7700 XT. Sa consommation plus basse ne compense pas, puisque le seuil dépend du rapport entre les deux et non de l’un ou de l’autre. Le détail du cas de la 7600 XT en minage lui appartient, comme celui de la 7800 XT et de son seuil en euros.
Monter d’un cran ne renverse rien non plus. La 7900 GRE et la 9070 XT de la génération suivante gagnent en bande passante et en efficacité, mais restent du même côté de la ligne. Le seuil grimpe un peu ; il reste à un ordre de grandeur du prix français du kilowattheure.
Le sous-voltage : ce qu’il change vraiment
Le relevé d’Autolykos2 porte un décalage de tension de −350. La carte n’y tourne pas à sa fréquence d’origine : elle rend 91,58 Mh/s pour 121 W, soit 0,757 Mh/s par watt. C’est cette grandeur, et elle seule, qui mesure la qualité d’un réglage.
Un réglage qui fait tomber les watts en emportant le hashrate n’a rien gagné. Descendre de 160 à 120 W paraît excellent tant qu’on regarde le compteur, et devient une perte sèche si le débit chute d’un tiers dans l’opération. Seul le rapport des deux compte, et il se surveille à chaque palier. C’est le principe de tout réglage mené au hachage par watt.
La 7800 XT donne le point de comparaison : 129,2 Mh/s pour 168 W, soit 0,769 Mh/s par watt, au même décalage de tension et le même jour. Un pour cent et demi d’écart entre les deux cartes. La RX 7700 XT n’a donc rien à rattraper sur sa grande sœur en efficacité ; elle est simplement plus petite.
Le sous-voltage a pourtant ses limites, et elles se chiffrent. Il amène la carte à 121 W mesurés sur ce relevé, contre une enveloppe constructeur de 245 W qui, elle, ne décrit aucune session de minage. En pourcentage, le gain est spectaculaire ; le solde reste négatif. Pour atteindre l’équilibre au tarif de base, il faudrait tenir le même hashrate sous 15 W, ce qu’aucun réglage n’approche, sur aucune carte, dans aucune génération.

Le prix en France et le temps d’amortissement
La carte est en fin de carrière sur le marché français, et cela se voit à la rareté des références. Au 14 août 2026, Rue du Commerce n’en propose plus que deux, à partir de 784 €, les deux fiches en place s’échelonnant de 784,98 à 826,29 €. Du côté des comparateurs de prix, le plancher tombe à 460,61 € sur une Sapphire RX 7700 XT Pure de 12 Go, avec plusieurs offres autour de 479 €.
Le tarif conseillé au lancement, en septembre 2023, était de 449 dollars, soit 499 € en France, ramenés à 469 € en février 2024. Le plancher des comparateurs passe donc sous le prix de sortie, quand les deux dernières fiches d’un marchand généraliste le dépassent de moitié : c’est l’écart entre les deux qui dit ce qu’il reste d’offre.
Le temps d’amortissement se calcule alors sans difficulté, et le résultat n’est pas un nombre de jours. Le solde quotidien étant négatif, la carte ne s’amortit jamais : chaque journée supplémentaire de minage ajoute 0,512 € à la perte au lieu d’en retirer. Au meilleur prix relevé, 460,61 €, la première année coûte 460,61 € d’achat plus 187 € d’électricité nette, soit 647 € partis. La deuxième année en ajoute 187, la troisième aussi.
Ce constat vaut pour une carte. Il se multiplie tel quel dès qu’on empile les cartes, puisque la perte est proportionnelle : six 7700 XT perdent six fois plus, et s’y ajoutent une carte mère, une alimentation surdimensionnée et des risers. Les conditions qui font tenir la rentabilité d’une configuration à plusieurs cartes sont d’un autre ordre que le choix du modèle.
Restent les plateformes qui promettent de simplifier tout cela. Elles servent une estimation en dollars, prélèvent leur commission et n’ont jamais eu à connaître le prix français du kilowattheure ; ce que NiceHash retient sur les gains se retranche encore de ce revenu de 0,069 €, qui n’avait pas besoin de ça.
Ce que la carte devient une fois montée dans un rig
Puisque la bande passante mémoire gouverne tout, une crainte revient sans cesse : brancher la carte sur une voie PCIe étroite, comme on le fait forcément dès qu’on en aligne six, va-t-il étrangler le hashrate ? Non, et la raison mérite d’être comprise une fois pour toutes.
Le jeu de données ne transite pas par le lien PCIe. Sur Autolykos2, la carte engendre elle-même sa table d’environ deux gigaoctets à partir de la hauteur du bloc et d’un segment constant de huit kilooctets, puis la relit des milliards de fois sans plus jamais la ressortir. Les 432 Go/s qui décident du débit sont internes à la carte. Une voie PCIe x1, qui plafonne à 985 Mo/s, transporte des tâches et des résultats, c’est-à-dire presque rien.
Le riser qui prolonge cette voie obéit en revanche à une règle stricte. Il s’alimente par un connecteur PCIe, jamais par un connecteur SATA : un SATA autorise 54 W, quand une carte peut tirer 75 W par le port de la carte mère. Vingt et un watts d’écart sur une prise prévue pour un disque dur, c’est un connecteur qui chauffe, puis qui fond.
L’électricité domestique impose la dernière limite. Six 7700 XT sous-voltées demandent 726 W en Autolykos2, auxquels s’ajoutent la carte mère, le processeur et le rendement de l’alimentation. Un circuit de 16 A en 230 V tient 3 680 W en pointe et moins en continu, ce qui laisse de la marge pour six cartes mais pas pour douze. Et le seuil administratif arrive avant le seuil physique : au-delà de 6 kVA, l’option base n’est plus souscriptible, l’installation bascule en heures pleines et heures creuses, et le tarif moyen sur vingt-quatre heures s’établit alors à 0,1958 €, à peine deux pour cent sous l’option base.
Acheter une RX 7700 XT sortie d’un rig
Ce niveau de perte a une conséquence heureuse pour l’acheteur de matériel d’occasion : les cartes ne restent pas longtemps dans les fermes françaises. Celles qui reviennent sur le marché ont souvent mis moins de temps à en sortir que la réputation du minage ne le laisse craindre.
Cinq points à examiner, dans cet ordre.
Les connecteurs. La carte utilise deux prises 8 broches classiques, pas le connecteur 12 broches des générations récentes, si bien que le mode de défaillance par surchauffe qui a tant occupé les forums ne la concerne pas. On regarde quand même les broches : noircies ou fondues, on repose la carte.
Les ventilateurs, seule pièce mécanique et seule pièce qui s’use vraiment. Un roulement fatigué s’entend au démarrage et se sent au doigt quand on fait tourner la pale à l’arrêt. Ça se remplace, mais mieux vaut le savoir avant de négocier qu’après.
La température de la mémoire en charge, plus parlante que celle du processeur graphique : les tampons thermiques posés sur les puces durcissent au fil des mois de fonctionnement continu, et un écart marqué entre les deux relevés annonce des tampons à changer.
Le BIOS, qu’une carte passée par un rig a pu recevoir modifié. La vérification prend une minute avec l’utilitaire du fabricant et épargne des instabilités qu’on mettrait ensuite sur le compte du reste de la machine.
La garantie, qui court depuis l’achat d’origine et se rattache au fabricant de la carte plutôt qu’à AMD. Une facture datée vaut mieux qu’une promesse orale.
Ce qui ne se voit pas, en revanche, mérite d’être dit clairement : le minage n’use pas une carte graphique comme on le répète. Une carte qui a miné en sous-volt a tourné à 121 W, moitié moins que son enveloppe, à température stable et sans les cycles de chauffe et de refroidissement que le jeu impose. La poussière et les ventilateurs sont les vrais points d’usure. Le silicium, lui, ne garde pas la trace des hachages qu’il a calculés.
Reste la vraie raison d’acheter cette carte aujourd’hui, et elle n’a rien à voir avec le minage : 12 Go de mémoire et 432 Go/s de bande passante font une bonne carte de jeu en 1440p. Achetée pour ça, elle tient ses promesses. Achetée pour miner, elle coûte 187 € par an à son propriétaire, et le seul réglage qui change ce résultat serait un tarif d’électricité huit fois plus bas que celui qu’on paie en France.