RX 7800 XT en minage : watts, seuil en €/kWh, la 7900 XTX en face
Une Radeon RX 7900 XTX qui mine en France perd entre 26 et 43 euros par mois, électricité déduite, selon l’algorithme qu’on lui donne. C’est la plus rapide des deux cartes réunies ici, et la mieux placée en hachages par watt. La RX 7800 XT arrive derrière, avec 35 % de bande passante mémoire en moins, et sa seule facture d’électricité atteint 38 euros par mois au tarif de base. Les chiffres sortent de relevés datés, pris chacun à un réglage unique, et du tarif réglementé français de l’été 2026.
Reste donc à chiffrer ce que coûte une 7800 XT laissée à tourner, et à savoir si passer à la XTX change le résultat. Réponse courte : la XTX creuse plus vite, et aucune des deux ne repasse au-dessus de la ligne.
La bande passante mémoire décide, les téraflops ne décident rien
AMD publie 37,3 TFLOPS en calcul FP32 pour la 7800 XT et 61,4 pour la 7900 XTX. Soit 65 % d’écart. Les unités de calcul passent de 60 à 96, ce qui en ajoute 60 %. La bande passante mémoire, elle, ne progresse que de 54 % : 624 Go/s d’un côté, 960 de l’autre. C’est cette dernière ligne qui commande le hashrate, et les deux premières ne servent à rien ici.

Autolykos2 et Ethash travaillent sur une table de plusieurs gigaoctets, tirée au hasard, relue à chaque hachage. Le processeur graphique y passe son temps à attendre la mémoire. Ajouter des unités de calcul revient à poster des ouvriers supplémentaires devant une porte qui ne s’élargit pas. KawPow fait bande à part : sa boucle intercale du calcul entier tiré au sort entre deux lectures, si bien que le nombre d’unités y reprend une partie de la main. L’exception ne change pas la règle d’achat. Sur une carte destinée au minage, on lit la ligne « bande passante », et on repose la fiche si elle est basse, quel que soit le reste.
Le rapport qui tranche entre deux modèles se calcule en deux secondes : bande passante divisée par puissance de carte. La 7800 XT porte 2,37 Go/s par watt, la XTX 2,70. Quatorze pour cent d’avance pour la grande, sur la seule grandeur qui fabrique des hachages. Aucun réglage ne renverse ça, parce qu’un réglage déplace le point de fonctionnement à l’intérieur de ce que la mémoire autorise, jamais au-delà.
L’Infinity Cache brouille parfois la lecture. AMD annonce une bande passante « effective » de 2 708 Go/s pour la 7800 XT et 3 500 Go/s pour la XTX, cache compris. Ce cache fait 64 Mo sur l’une et 96 Mo sur l’autre. Une table de travail de six gigaoctets n’y tient pas, ne s’en approche pas, et les accès repartent donc vers la GDDR6 au rythme des 624 ou 960 Go/s réels. Le mécanisme vaut pour toutes les générations, et il explique pourquoi le hashrate d’une carte graphique suit sa mémoire et non sa puissance de calcul.
Ce qu’AMD publie sur les deux cartes
Caractéristique | RX 7800 XT | RX 7900 XTX |
|---|---|---|
Unités de calcul | 60 | 96 |
Processeurs de flux | 3 840 | 6 144 |
Mémoire | 16 Go GDDR6 | 24 Go GDDR6 |
Vitesse mémoire | 19,5 Gbit/s | 20 Gbit/s |
Largeur du bus | 256 bits | 384 bits |
Bande passante mémoire | 624 Go/s | 960 Go/s |
Infinity Cache | 64 Mo | 96 Mo |
Fréquence de jeu | 2 124 MHz | 2 300 MHz |
Fréquence boost | 2 430 MHz | 2 500 MHz |
Puissance de carte typique | 263 W | 355 W |
Bande passante par watt | 2,37 Go/s | 2,70 Go/s |
Alimentation recommandée | 700 W, 12 V au-dessus de 54 A | 800 W, 12 V au-dessus de 65 A |
Connecteurs additionnels | 2 × 8 broches | 2 × 8 broches |
Transistors | 28,1 milliards | 58 milliards |
La puissance de carte typique mérite un mot, parce qu’elle se lit souvent comme un maximum. Ce n’en est pas un : AMD publie une puissance de fonctionnement représentative, et un relevé de minage peut passer au-dessus quand le réglage pousse les fréquences. Les 263 et 355 watts du tableau servent à dimensionner l’alimentation et l’aération, pas à borner la facture.
Les deux cartes appartiennent à la génération RDNA 3, sorties respectivement en septembre 2023 et le 13 décembre 2022. Aucune ne partage quoi que ce soit avec la série RX 9000, dont l’architecture et les points de fonctionnement sont différents : les relevés de la RX 9070 XT descendent à 144 W en Autolykos2, un chiffre qu’aucune RDNA 3 n’atteint.
Trois points de fonctionnement, un logiciel et une date chacun
Hashrate et consommation sortent du même banc, ou le rapport entre les deux ne veut rien dire. Un réglage, un logiciel, une date. Les trois relevés ci-dessous portent sur la 7900 XTX, la mieux dotée des deux cartes : ils donnent le plafond de la génération RDNA 3, ce qu’elle produit de mieux quand tout va bien. Les hachages par watt en sont la simple division.
Carte | Algorithme | Hashrate | Consommation | MH/s par watt | Logiciel | Relevé le |
|---|---|---|---|---|---|---|
RX 7900 XTX | Autolykos2 (Ergo) | 193,9 MH/s | 219 W | 0,885 | TeamRedMiner | 15 novembre 2023 |
RX 7900 XTX | Ethash (EthereumPoW) | 98,69 MH/s | 207 W | 0,477 | TeamRedMiner | 31 janvier 2024 |
RX 7900 XTX | KawPow (Ravencoin) | 64 MH/s | 361 W | 0,177 | SRBMiner | 1ᵉʳ janvier 2025 |
La colonne « logiciel » décide de ce qu’un acheteur peut installer chez lui. TeamRedMiner, qui signe les deux meilleurs rendements du tableau, ne reconnaît de cette génération que les 7900 XT et 7900 XTX : sa documentation les nomme et s’arrête là. Le propriétaire d’une 7800 XT se tourne donc vers SRBMiner-Multi, qui accepte toute la famille RDNA 3 et reste publié. Sur KawPow, la table de compatibilité de TeamRedMiner donne d’ailleurs la génération entière comme non prise en charge, ce qui laisse SRBMiner seul en piste sur les deux cartes.
La version compte autant que le nom. TeamRedMiner a publié le 30 janvier 2024 une version qui ajoute KawPow sur RDNA 3, puis une autre le 12 février qui répare ce même KawPow, cassé entre les deux. Un hashrate cité sans son logiciel ni sa date ne renseigne donc sur rien : d’une version à l’autre, la même puce passe de zéro à quelque chose, et l’écart de réglage vient encore s’ajouter par-dessus.
Ce que le logiciel prélève avant le mineur
TeamRedMiner chiffre ses prélèvements de développeur dans sa propre documentation : 1 % en Ethash, 2 % en KawPow, 2 % en Autolykos2. Et il précise que le hashrate affiché est celui d’avant prélèvement, la pool en voyant un peu moins. Ces 2 % appliqués à cinq euros de revenu mensuel font dix centimes. Ça ne renverse rien à ce niveau de revenu, mais c’est une ligne qu’aucune comparaison de cartes ne fait apparaître, et elle se cumule avec la commission de la pool.
Encore faut-il que le logiciel vive. TeamRedMiner s’est arrêté à sa version 0.10.21, publiée le 6 mai 2024, sans rien depuis. SRBMiner-Multi en était à sa version 3.5.4 le 12 août 2026, avec des publications espacées de quelques jours. Le partage est net : le binaire figé sort les meilleurs chiffres sur la XTX, le logiciel encore suivi couvre les deux cartes et suit les pilotes. Qui achète une 7800 XT pour miner n’a de toute façon qu’une porte d’entrée, et elle a l’avantage d’être encore ouverte.
Ce qui se mine encore avec ces deux cartes
La liste tient en trois lignes, et elle rétrécit d’année en année.
Ravencoin, sur KawPow. Le meilleur revenu horaire des trois relevés, et le plus gourmand en watts, au point de dépasser la puissance de carte typique.
Ergo, sur Autolykos2. Le rendement par watt le plus élevé du lot, avec une réserve sérieuse sur le temps qu’il lui reste.
EthereumPoW, sur Ethash. C’est la chaîne qui a poursuivi en preuve de travail après la bascule d’Ethereum.
Ethereum lui-même est passé en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022 : le bloc 15 537 393 est le dernier qu’une carte graphique ait miné, et la chaîne enchaîne depuis en preuve d’enjeu. Il ne se mine plus, ni en 2026 ni jamais. Les « 60 MH/s en Ethereum » qui traînent encore sur les fiches de ces cartes désignent en réalité Ethash sur ETHW, et rien d’autre. Deux autres portes se sont fermées depuis : Kaspa est tenu par les machines dédiées depuis avril 2023, Flux est sorti du minage le 25 octobre 2025 au bloc 2 020 000, la production revenant à ses nœuds. Ethereum Classic tourne toujours sur Etchash, mais les machines spécialisées y ont pris toute la place et une carte graphique n’y récupère plus grand-chose. L’inventaire complet de ce qui reste minable en 2026 se réduit d’une monnaie ou deux par an.
Le seuil en euros par kilowattheure, calculé pas à pas
Le seuil, c’est le prix de l’électricité au-dessus duquel la carte coûte plus qu’elle ne rapporte. Il se calcule en deux divisions. Prenons la meilleure ligne en rendement, Autolykos2 à 219 watts.
Énergie consommée en un jour : 219 W × 24 h = 5,256 kWh.
Revenu produit le même jour, au cours du 13 août 2026 : 0,18 dollar, soit 0,156 euro à 0,867 euro pour un dollar.
Seuil : 0,156 ÷ 5,256 = 0,0297 €/kWh.
Au-dessus de trois centimes le kilowattheure, cette carte perd de l’argent sur Ergo. Le même calcul, appliqué aux trois relevés, donne trois seuils.
Algorithme | Énergie par jour | Revenu par jour | Seuil |
|---|---|---|---|
Autolykos2 | 5,256 kWh | 0,156 € | 0,0297 €/kWh |
Ethash | 4,968 kWh | 0,139 € | 0,0280 €/kWh |
KawPow | 8,664 kWh | 0,332 € | 0,0383 €/kWh |
Le meilleur des trois vaut 0,0383 €/kWh. En face, le tarif réglementé bleu résidentiel en option base coûte 0,2001 €/kWh toutes taxes comprises à 3 et 6 kVA, et 0,1985 de 9 à 36 kVA. Les heures creuses tombent à 0,1589 €/kWh, les heures pleines montent à 0,2142. Le tarif bleu professionnel est à 0,1949 €/kWh, soit 0,1318 hors taxes et 0,1624 une fois l’accise ajoutée, avant TVA.
Aucun de ces tarifs n’approche 0,0383. Le moins cher, l’heure creuse, reste 4,1 fois trop haut ; l’option base est 5,2 fois trop haute, l’heure pleine 5,6 fois. Pour que la meilleure des trois lignes atteigne l’équilibre, il faudrait diviser la facture française par cinq. Aucun réglage de carte ne fait ça, et aucun contrat non plus.
Le même écart se dit d’une façon qui vaut pour n’importe quelle carte, y compris la 7800 XT. Au tarif de base, un watt tenu vingt-quatre heures coûte 0,48 centime. Ces trois points de fonctionnement rapportent, eux, entre 0,067 et 0,092 centime par watt et par jour. Le rapport est de cinq, et il ne dépend ni du modèle ni de l’algorithme : c’est le prix du kilowattheure français qui le fixe. Une 7800 XT laissée en continu à sa puissance typique de 263 watts consomme 6,3 kWh par jour, ce qui fait 38,40 euros d’électricité par mois ; pour les rendre, il lui faudrait produire cinq fois ce que la meilleure RDNA 3 datée produit par watt.
Un détail explique pourquoi tant de calculateurs affichent l’inverse : ils appliquent 0,10 dollar le kilowattheure par défaut, à peine plus de la moitié du tarif français. Un résultat lu tel quel sur ces outils est faux d’un facteur deux, et le devient d’un facteur cinq quand on tient compte du prix réellement payé. Le calcul complet, du hashrate à la facture mensuelle, se déroule de la même façon sur n’importe quelle carte.

La puissance souscrite décide du tarif applicable, et elle bouge. L’option base n’est plus souscriptible au-dessus de 6 kVA : une délibération du 15 janvier 2025 la met en extinction de 9 à 15 kVA, puis de 18 à 36 kVA au premier mouvement tarifaire de 2026, avec bascule d’office en heures pleines et heures creuses le 1ᵉʳ février 2027. La mesure ne vise que les clients résidentiels au tarif réglementé ; les offres de marché gardent leur grille. Le monophasé tient jusqu’à 12 kVA inclus, le triphasé devient obligatoire à partir de 15. Trois cartes qui tournent en continu ne posent pas de problème de puissance souscrite ; elles posent un problème de facture.
Le tarif professionnel n’ouvre pas de porte de sortie non plus. Il s’adresse aux souscriptions inférieures ou égales à 36 kVA, portées par une structure de moins de dix salariés dont le chiffre d’affaires ou le bilan reste sous deux millions d’euros. Les trois conditions se cumulent, et le prix obtenu au bout, 0,1949 €/kWh, reste cinq fois au-dessus du meilleur seuil des trois relevés. Passer en société pour miner déplace des formulaires, pas le résultat.
Les watts qui ne partent pas en calcul partent en chaleur
Une carte graphique convertit en chaleur la totalité de ce qu’elle consomme : 263 watts en fonctionnement typique pour la 7800 XT, 355 pour la XTX, et davantage dès qu’un réglage pousse. Le débit d’air à évacuer se calcule par Q = P × 3 600 ÷ (ρ × cp × ΔT). À 355 watts et dix degrés d’écart entre l’air entrant et l’air sortant, il faut déplacer 106 mètres cubes par heure ; la 7800 XT à 263 watts en demande 79. Un boîtier correctement ventilé y arrive sans peine. Une petite pièce fermée, non.
Cette chaleur n’est pas toujours perdue, et c’est le seul point où le calcul français s’adoucit. Dans un logement chauffé à l’électricité, en janvier, le convecteur qui s’arrête pendant que la carte tourne restitue le kilowattheure au minage : la facture supplémentaire tombe à presque rien et les quelques euros du mois restent acquis. L’arrangement se termine en avril. Il ne tient pas non plus devant une pompe à chaleur, qui rend trois kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure acheté quand la carte n’en rend qu’un.
Le réglage déplace la consommation, pas le verdict
Les trois relevés ne se distinguent pas seulement par leur algorithme. Ils correspondent à trois façons de régler la même carte, et l’écart de consommation entre le premier et le dernier atteint 74 %.
Autolykos2, cœur à 2 020 MHz, tension abaissée de 300 mV : 219 W pour 193,9 MH/s, soit 0,885 MH/s par watt.
Ethash, cœur à 1 250 MHz, tension abaissée de 400 mV : 207 W pour 98,69 MH/s. C’est le point le plus sobre des trois, et celui où le cœur travaille le plus bas.
KawPow, cœur à 2 672 MHz, sans sous-tension : 361 W pour 64 MH/s, au-dessus de la puissance de carte typique.
Le levier est le même dans les trois cas : la fréquence du cœur. Sur un algorithme qui passe son temps à lire de la mémoire, les cycles du processeur graphique se gaspillent en chaleur : les retirer ne coûte presque rien en hachages et allège la note tout de suite. Les deux points sous-tendus, cœur bridé, tiennent en dessous de 220 watts ; celui qui laisse le cœur monter à 2 672 MHz en consomme 154 de plus. Soit la moitié d’une carte d’écart, sans toucher au matériel.
Le verdict, lui, ne bouge pas. D’un bout à l’autre de ces trois réglages, le seuil passe de 0,0280 à 0,0383 €/kWh, soit 37 % d’amplitude. Il en faudrait plus de quatre cents pour rejoindre le tarif français. Les gestes de réglage, sous-tension et fréquences mémoire valent pour la stabilité et pour le bruit ; sur la rentabilité, ils grattent.
Ergo ou Ravencoin : c’est le tarif qui tranche
KawPow rapporte le plus, plus du double d’Autolykos2 sur la même carte, et consomme 65 % d’énergie en plus pour ça. Lequel des deux choisir dépend entièrement du prix du kilowattheure, et le point de bascule se calcule : 0,176 euro de revenu supplémentaire pour 3,408 kWh de plus, soit 0,0516 €/kWh. En dessous de ce prix, l’algorithme gourmand gagne davantage. Au-dessus, il perd davantage. Le tarif de base français en est à près de quatre fois cette valeur, ce qui range Ravencoin du mauvais côté : plus il produit, plus il coûte.
Puis on regarde la fin du mois, tarif base à 0,2001 €/kWh, 30,4 jours de fonctionnement continu.
Algorithme | Revenu mensuel | Électricité | Résultat net |
|---|---|---|---|
Autolykos2 | 4,74 € | 31,97 € | − 27,2 € |
Ethash | 4,23 € | 30,22 € | − 26,0 € |
KawPow | 10,09 € | 52,71 € | − 42,6 € |
Le réglage le plus productif du lot est aussi celui qui perd le plus. L’arithmétique y suffit : dès que le tarif dépasse le seuil, chaque kilowattheure avalé creuse le trou, et la perte suit la consommation, pas le hashrate. La règle vaut d’un algorithme à l’autre sur la même carte, elle vaut d’une carte à l’autre, et elle explique pourquoi une 7800 XT à 263 watts typiques perd moins qu’une XTX à 355 sans jamais rapporter davantage. Perdre moins n’est pas gagner.
Le même verdict tombe sur les cartes voisines de la gamme, la 7900 GRE relevée point par point comme la 7900 XT et ses 20 Go, et il ne s’inverse pas davantage chez le concurrent, où la RTX 5080 se heurte au même mur avec 300 watts de plus à financer.
Ce que les deux cartes valent ailleurs qu’en minage
Douze mois de fonctionnement continu donnent, pour la XTX en Autolykos2 : 57 euros de revenu brut contre 384 euros d’électricité, soit 327 euros de moins qu’au départ. Une 7800 XT laissée branchée toute l’année à sa puissance typique brûle 461 euros d’électricité, sans que rien dans ses caractéristiques ne laisse espérer de quoi les couvrir. Une année entière de bruit et d’usure, pour ça.
Deux autres emplois de la même carte rapportent davantage. La revente d’abord : quel que soit le prix du marché de l’occasion, elle arrête l’hémorragie le jour même et transforme la carte en argent disponible. Ni la 7800 XT ni la 7900 XTX ne se trouvent encore neuves en rayon, la série RX 9000 ayant pris leur place, ce qui soutient la cote des deux modèles auprès des joueurs.
La location de puissance de calcul ensuite. Une instance graphique de type g5.xlarge, un seul processeur graphique à bord, se loue 1,006 dollar de l’heure, soit 24,14 dollars par jour. La meilleure des trois lignes ci-dessus rapporte 0,18 dollar dans la même journée. Celui qui loue la carte pourrait miner dessus ; s’il préfère la louer, c’est que la location paie plus de cent trente fois mieux. Le raisonnement descend jusqu’au particulier avec sa carte unique, à ceci près qu’il faut une machine allumée en permanence et un peu d’administration. La comparaison entre bridage, location et valeur de sortie se pose exactement dans ces termes.
Combien de temps la mémoire tient, 16 Go et 24 Go
Un algorithme à table croissante finit toujours par mettre une carte dehors. Le jour où la table dépasse la mémoire disponible, la carte ne mine plus l’algorithme, quel que soit son hashrate la veille. Autolykos2, qui donne le meilleur rendement des trois relevés, est aussi celui dont la table grossit le plus vite.
La règle est publique et se calcule à la main. La table contient 226 éléments de 31 octets jusqu’au bloc 614 400, soit 2 080 374 784 octets. Ensuite, elle grandit de 5 % tous les 51 200 blocs. Un bloc Ergo tombe toutes les deux minutes, donc une hausse survient tous les 71 jours. La croissance s’arrête au bloc 4 198 400, où la table se fige à 2 143 944 600 éléments.
Au 13 août 2026, la chaîne en est au bloc 1 850 585. La table a donc encaissé 24 hausses et pèse 6,7 milliards d’octets. Pour dater la sortie d’une carte, on cherche le nombre de hausses qui portera la table au-dessus de sa mémoire, puis on convertit les blocs restants en jours. Un piège attend ici, et il coûte deux ans à celui qui y tombe : les 16 Go d’une fiche technique sont des gibioctets, soit 17,18 milliards d’octets, pas 16 milliards. Compter en puissances de dix fait sortir la carte bien avant l’heure.
16 Go : la table franchit ce cap à la 44ᵉ hausse, au bloc 2 867 200. Il reste 1 016 615 blocs, soit environ 1 410 jours. La 7800 XT sort d’Autolykos2 vers le milieu de 2030.
24 Go : le cap tombe à la 52ᵉ hausse, au bloc 3 276 800. Il reste 1 426 215 blocs, soit environ 1 980 jours, et la 7900 XTX tient donc jusqu’au début de 2032.
Deux réserves. Une carte ne prête jamais toute sa mémoire au logiciel de minage : le pilote et l’affichage en retiennent une part, et l’échéance arrive donc un peu avant la date calculée. Et une table qui approche la limite fait chuter le hashrate bien avant de la dépasser, quand le logiciel commence à jongler avec ce qui déborde. Ces deux échéances valent pour l’algorithme, pas pour la carte : une 7800 XT écartée d’Ergo en 2030 minera encore ce que sa mémoire accepte.
Ethash, lui, ne menace personne. Son DAG part de 1 Gio et grossit de 8 Mio par époque de 30 000 blocs. Sur EthereumPoW, un bloc tombe toutes les treize secondes, ce qui met l’époque à 4,5 jours. La chaîne en est à sa 828ᵉ époque, pour un DAG d’environ 8,0 Go : il faudrait onze cents époques de plus, soit treize ans, pour saturer 16 Go. C’est bien Ergo qui fixe la date de sortie de ces deux cartes, pas Ethereum PoW. Le rôle du jeu de données dans le choix des composants se joue là, et nulle part dans la génération du bus PCIe.

Questions fréquentes
Quel logiciel de minage pour une RX 7800 XT ?
SRBMiner-Multi, qui couvre la famille RDNA 3 et sort une version toutes les quelques semaines, la dernière en date étant la 3.5.4 du 12 août 2026. TeamRedMiner ne liste dans cette génération que les 7900 XT et 7900 XTX, et son développement s’est arrêté au 6 mai 2024. Le pilote AMD compte autant que le logiciel : une version trop ancienne fait chuter le hashrate sans prévenir.
Quelle alimentation pour une RX 7800 XT ?
AMD recommande 700 watts au minimum, avec une ligne 12 V capable de fournir plus de 54 ampères, et deux connecteurs 8 broches sur la carte. La 7900 XTX demande 800 watts et plus de 65 ampères sur la même ligne, également en deux connecteurs 8 broches. Ces recommandations valent pour une machine complète avec un processeur haut de gamme, pas pour la carte seule.
Combien de cartes sur une prise domestique ?
Un circuit de 16 ampères en 230 volts tient 3 680 watts en pointe et nettement moins en continu. Quatre 7900 XTX à 355 watts font déjà 1 420 watts de cartes, auxquels s’ajoutent le reste de la machine et le rendement de l’alimentation. La contrainte pratique vient avant du côté du câblage interne : un riser s’alimente en PCIe et jamais en SATA, un connecteur SATA n’autorisant que 54 watts contre les 75 qu’une carte peut tirer par son port.
Que déclare-t-on au fisc français ?
Le minage relève des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts, avec imposition à la réception des jetons et à leur valeur du jour. Ce revenu entre dans le barème progressif de l’impôt sur le revenu ; le prélèvement forfaitaire de 31,4 % en vigueur depuis janvier 2026 vise les plus-values de cession, pas la production. Le régime micro-BNC s’applique jusqu’à 83 600 euros de recettes pour les revenus de 2026 à 2028, avec un abattement de 34 %. La TVA reste hors champ, ce qui ferme le droit à déduction sur le matériel.
La 7800 XT s’use-t-elle plus vite en minage qu’en jeu ?
Elle tourne en continu, à charge constante, ce qui sollicite surtout les ventilateurs et les condensateurs plutôt que le processeur graphique. Une sous-tension bien réglée fait travailler la carte plus froid qu’en jeu, à condition de vérifier la température de la mémoire et non celle du cœur, qui reste basse et rassurante à tort sur ces algorithmes.