RX 9070 en minage : hashrate relevé, watts et seuil en €/kWh
Trois nombres traînent sur cette carte et aucun ne résiste à trente secondes d’examen : 120 MH/s sur Ethereum, 90 sur Bitcoin, 150 sur Litecoin. Ethereum a quitté la preuve de travail le 15 septembre 2022. Personne n’en mine plus, nulle part. Bitcoin se compte en térahash sur des machines dédiées, pas en mégahash sur une carte de jeu. Litecoin tourne en Scrypt, passé aux ASIC il y a plus de dix ans. Ce qui suit tient sur des relevés où le débit et la consommation sortent de la même mesure, avec le logiciel employé, son réglage et sa date. La surprise, sur cette carte, ne vient pas d’un chiffre de performance : elle vient de sa grande sœur.
La Radeon RX 9070 partage avec la RX 9070 XT la seule caractéristique qui gouverne le minage sur carte graphique, la bande passante mémoire. Les deux tiennent 640 Go/s. Sur les algorithmes qui saturent la mémoire, la petite fait donc jeu égal avec la grande, en consommant moins et en coûtant 160 € de moins. Cela ne suffit pas à la rendre rentable en France. Il faudrait un kilowattheure à 0,070 € pour que la carte cesse de perdre de l’argent, quand le tarif réglementé le plus bas du pays s’arrête à 0,1356 €, les heures creuses d’un jour bleu en option Tempo.
La fiche technique, et la seule ligne qui décide en minage
La RX 9070 est sortie le 6 mars 2025 à 549 $, soit 629 € conseillés en France. Elle repose sur la puce Navi 48, la même que la XT, gravée par TSMC et forte de 53,9 milliards de transistors. AMD y active 56 unités de calcul contre 64 sur la version XT, et abaisse les fréquences.
Caractéristique | Radeon RX 9070 |
|---|---|
Architecture | RDNA 4, puce Navi 48 |
Unités de calcul | 56 |
Processeurs de flux | 3 584 |
Fréquence de jeu | 2 070 MHz |
Fréquence boost | 2 520 MHz |
Mémoire | 16 Go GDDR6 à 20 Gbit/s |
Interface mémoire | 256 bits |
Bande passante mémoire | 640 Go/s |
Infinity Cache | 64 Mo |
Puissance de carte typique | 220 W |
Alimentation conseillée | 650 W, deux connecteurs 8 broches |
Une seule de ces lignes gouverne le rendement d’une carte en minage : la bande passante. Autolykos2, Octopus et les algorithmes de la même famille sont gourmands en mémoire. Ils obligent le processeur graphique à parcourir sans arrêt un grand jeu de données logé dans la mémoire vidéo, et le calcul passe l’essentiel de son temps à attendre que la mémoire réponde. Les unités de calcul tournent à charge partielle.
Le nombre se retrouve à la main. 256 bits multipliés par 20 Gbit/s, divisés par huit, donnent 640 Go/s. Or la RX 9070 XT embarque exactement la même mémoire sur exactement le même bus. Les deux cartes sont donc à égalité sur le seul point qui compte, et les huit unités de calcul supplémentaires de la XT ne servent à rien ici. Le mécanisme du jeu de données et son influence sur le classement des cartes sont détaillés dans la page consacrée au DAG et au choix d’une carte graphique de minage.
Les 16 Go méritent une remarque, parce qu’ils décident de la durée de vie de la carte plus sûrement que sa fréquence. Les algorithmes à jeu de données croissant gonflent leur table au fil des blocs, et le jour où cette table dépasse la mémoire disponible, le débit s’effondre d’un coup. Les cartes de 8 Go ont déjà été écartées de plusieurs réseaux pour cette raison. Sur les réseaux actuels, seize gigaoctets tiennent encore. La marge se compte en années.
Trois éléments mis en avant dans la communication d’AMD n’ont aucun effet sur le minage. Les 56 accélérateurs de rayons calculent des rebonds de lumière, qu’un mineur n’appelle jamais. Les 112 accélérateurs d’intelligence artificielle servent l’inférence, pas le hachage. Le FSR 4 agit sur des images affichées à l’écran, et une machine de minage n’en affiche aucune. Les téraflops, enfin, ne prédisent rien du débit obtenu : ils mesurent une capacité de calcul flottant que ces algorithmes n’utilisent pas.

Ce que la RX 9070 mine réellement, algorithme par algorithme
Un hashrate seul ne veut rien dire. Un débit sans nom d’algorithme ne veut rien dire. Chaque monnaie en preuve de travail impose sa propre fonction de hachage, et une carte à l’aise sur l’une peut s’écrouler sur la suivante. Les trois lignes qui suivent proviennent de relevés remontés par des mineurs, où le débit et les watts ont été enregistrés ensemble, dans le même réglage, le même jour.
Algorithme | Monnaie | Hashrate | Consommation relevée | Logiciel | Date du relevé |
|---|---|---|---|---|---|
Autolykos2 | Ergo (ERG) | 80,53 MH/s | 143 W | SRBMiner-Multi | 20/06/2025 |
Octopus | Conflux (CFX) | 81,39 MH/s | 216 W | lolMiner | 20/06/2025 |
KawPow | Ravencoin (RVN) | 40,95 MH/s | 230 W | WildRig Multi | 10/03/2025 |
Le relevé Autolykos2 est le mieux documenté des trois : mémoire Hynix de 16 Go, décalage de fréquence du cœur à moins 500 MHz, décalage de tension à moins 200. Dans cet état, la carte tire 143 W, très loin des 220 W de puissance typique annoncés, parce que le cœur graphique n’est jamais sollicité à fond. C’est aussi le meilleur rapport de la carte : 0,563 MH/s par watt.
Octopus se relève à 216 W avec une mémoire poussée à 1 258 MHz et le même creux de tension, pour 81,39 MH/s. KawPow réclame 230 W parce qu’il fait travailler le cœur autant que la mémoire, et il ne rend que 40,95 MH/s : 0,178 MH/s par watt, trois fois moins bien qu’Autolykos2. Le réglage relevé pousse le cœur à 2 670 MHz et la mémoire à 1 315 MHz.
Deux absences valent d’être nommées, parce qu’elles reviennent dans presque tous les tableaux recopiés. Kaspa est tenu par les machines dédiées depuis avril 2023 et n’est plus un terrain de carte graphique. Flux est sorti du minage le 20 octobre 2025, la production revenant à ses nœuds. Les voir figurer dans un comparatif daté de 2026 suffit à le disqualifier. Le panorama de ce qui reste accessible est tenu à jour dans la page sur ce qui se mine encore aujourd’hui, et avec quel matériel.
Les relevés qu’il faut jeter
Un banc daté n’est pas un banc valable. Encore faut-il que le logiciel auquel on l’attribue ait connu la carte à cette date, et cette vérification élimine une bonne part de ce qui circule.
TeamRedMiner n’a plus rien publié depuis mai 2024, GMiner depuis mars 2024. La RX 9070 est sortie le 6 mars 2025. Ni l’un ni l’autre n’a jamais pu voir cette carte, et toute mesure qu’on leur prête dessus est fausse par construction, quelle que soit la date affichée à côté. lolMiner n’a ouvert la série RX 9000 qu’avec sa version 1.95, le 28 avril 2025 : un relevé lolMiner antérieur se jette également, et c’est le cas d’une mesure FishHash datée du 10 mars 2025.
Restent deux logiciels vivants. SRBMiner-Multi liste la RX 9070 dans ses appareils pris en charge et en était à sa version 3.5.4 le 12 août 2026. WildRig Multi mentionne la quatrième génération RDNA dans ses cartes reconnues, gère KawPow, et publiait sa version 0.50.1 le 11 août 2026. Ce sont les deux seuls recevables aujourd’hui. Le tri des plateformes et de leurs prélèvements figure dans le détail de ce que NiceHash retient et de ce qu’elle verse.
Le calcul en euros, au tarif français
Les calculateurs qui remplissent la première page de Google appliquent tous 0,10 $ le kilowattheure par défaut. Le tarif réglementé français, option base, vaut 0,2001 € TTC au 1ᵉʳ août 2026 pour un compteur de 3 à 6 kVA. Ce n’est pas le double : 0,10 $ converti au taux du jour représente 43 % du tarif français. Un solde recopié depuis un de ces sites est donc faux d’un facteur deux, dans le mauvais sens.
La méthode est simple. On prend le revenu brut du relevé, avant électricité, on le convertit en euros au taux de change du jour, on multiplie la consommation du même point de fonctionnement par vingt-quatre heures, et on soustrait. Le tableau applique le tarif de base aux trois lignes établies plus haut.
Algorithme | Revenu brut | Énergie sur 24 h | Coût à 0,2001 €/kWh | Solde quotidien |
|---|---|---|---|---|
Autolykos2 | 0,061 € | 3,432 kWh | 0,687 € | − 0,63 € |
Octopus | 0,364 € | 5,184 kWh | 1,037 € | − 0,67 € |
KawPow | 0,208 € | 5,520 kWh | 1,105 € | − 0,90 € |
Le meilleur des trois perd 0,67 € par jour, soit 246 € sur une année de fonctionnement continu. Le pire en perd 327. Aucun réglage ne renverse ce résultat. L’écart ne se joue pas à quelques pour cent : le courant coûte entre trois et onze fois ce que la carte produit.
Le seuil, en euros par kilowattheure
Un solde négatif dépend du tarif qu’on lui applique, et la question utile est celle du prix du courant au-delà duquel la carte perd de l’argent. Il se calcule en divisant le revenu quotidien en euros par l’énergie consommée le même jour.
Algorithme | Hachage par watt | Seuil de rentabilité | Écart avec le tarif de base |
|---|---|---|---|
Octopus | 0,377 MH/s par W | 0,070 €/kWh | 2,8 fois trop cher |
KawPow | 0,178 MH/s par W | 0,038 €/kWh | 5,3 fois trop cher |
Autolykos2 | 0,563 MH/s par W | 0,018 €/kWh | 11 fois trop cher |
Le meilleur seuil de la carte s’établit à 0,070 € le kilowattheure. Aucun tarif accessible en France n’en approche. Les heures creuses sont à 0,1589 €, les heures pleines à 0,2142 €, et une machine qui tourne jour et nuit paie huit heures en creuses pour seize en pleines, ce qui revient à 0,1958 € en moyenne sur vingt-quatre heures. Appliquer le tarif creux à la journée entière est l’erreur la plus répandue sur ce sujet, et elle ne sauverait rien ici : même à 0,1589 €, le courant coûte plus du double du seuil.
Le tarif bleu professionnel ne change pas davantage l’issue. Il vaut 0,1949 € toutes taxes comprises au 1ᵉʳ août 2026, et le minage étant hors du champ de la TVA, aucune déduction ne vient l’abaisser. Raisonner en hors taxes ferait basculer la ligne du rouge au vert sur le papier, et cette ligne serait fausse.
Un détail de contrat mérite d’être connu avant d’aligner plusieurs cartes. L’option base n’est plus souscriptible au-delà de 6 kVA : les puissances de 9 à 36 kVA ont été mises en extinction et ne restent ouvertes qu’aux contrats en cours. Une installation qui dépasse ce palier paie donc le tarif heures pleines et heures creuses. Le raisonnement sur une machine entière est développé dans la page consacrée à la rentabilité réelle d’une configuration à plusieurs cartes.
Le câblage impose sa propre limite, plus tôt qu’on ne l’imagine. Un circuit domestique de 16 ampères sous 230 volts tient 3 680 W en pointe, et sensiblement moins en régime continu, où l’usage veut qu’on reste sous 80 % de cette valeur. Avec des cartes qui tirent 216 W chacune sur leur meilleur point, plus le processeur, la carte mère et le rendement de l’alimentation, une machine de six cartes dépasse déjà 1 500 W à la prise. Deux machines sur la même ligne disjonctent.

Le calcul à votre tarif
Le prix du kilowattheure varie d’un contrat à l’autre, et un abonnement négocié ou une production solaire changent l’arithmétique. L’outil ci-dessous reprend les trois relevés et recalcule le solde pour le tarif que vous saisissez.
Base 0,2001 · heures creuses 0,1589 · heures pleines 0,2142 · professionnel 0,1949
| Algorithme | Solde par jour | Sur un an |
|---|
RX 9070 contre RX 9070 XT : trois lignes suffisent
C’est la question que se pose tout acheteur devant les deux boîtes, et elle se tranche vite. Ces chiffres viennent de la même source que ceux de la carte, le même jour, ce qui autorise la comparaison directe. Les prix datent du 14 août 2026, chez LDLC. Même marque, même gamme.
Critère | RX 9070 | RX 9070 XT |
|---|---|---|
Prix le plus bas relevé | 699,95 € | 859,95 € |
Bande passante mémoire | 640 Go/s | 640 Go/s |
Solde quotidien, meilleur cas | − 0,67 € | − 0,69 € |
Le verdict est net. La XT coûte 160 € de plus et perd davantage chaque jour. Sur la bande passante, elles sont rigoureusement identiques. C’est ce qui explique tout le reste.
Le détail par algorithme enfonce le clou. En Autolykos2, la 9070 sort 80,53 MH/s pour 143 W quand la XT rend 78,8 MH/s pour 144 W : la carte la moins chère va plus vite. En Octopus, 81,39 MH/s contre 80,95, pour trois watts de moins. En KawPow, les deux débits se tiennent en deux dixièmes de pour cent, 40,95 contre 41,03 MH/s, mais la XT avale 318 W là où la 9070 se contente de 230. Quatre-vingt-huit watts d’écart pour un débit identique, cela fait 0,42 € de solde quotidien supplémentaire en faveur de la petite carte.
Hachage par watt en KawPow
RX 9070 : 0,178 MH/s par watt
RX 9070 XT : 0,129 MH/s par watt
Débit quasi identique, 88 W d’écart.
La conclusion vaut pour le minage seulement. En jeu, la XT tient ses huit unités de calcul supplémentaires et ses fréquences plus hautes, et l’écart de performances y est réel. Un acheteur qui vise les deux usages arbitre entre les deux ; celui qui ne pense qu’au hachage n’a aucune raison de payer le supplément. Le détail complet des mesures de la grande sœur, avec ses six algorithmes et son propre seuil, sont dans la page dédiée à la RX 9070 XT et son calcul de rentabilité.
Le sous-voltage : ce qu’il déplace vraiment
Baisser la tension est la seule intervention qui améliore franchement une carte en minage, et la raison mérite d’être comprise plutôt que suivie. La puissance dissipée par un circuit varie avec le carré de la tension qui l’alimente. Retirer un dixième de la tension retire donc près d’un cinquième de la consommation, à fréquence égale. La fréquence, elle, joue linéairement.
Le gain ne se mesure pas en watts économisés, mais en hachages par watt. Un réglage qui fait tomber la consommation de 220 à 180 W en amputant le débit de moitié est une mauvaise affaire ; un réglage qui retire quarante watts sans toucher au débit est excellent. Seul le rapport tranche.
Le relevé Autolykos2 illustre le principe à l’extrême. Avec un décalage de tension de moins 200 et surtout un cœur ramené 500 MHz sous sa fréquence nominale, la carte descend à 143 W, soit 35 % sous sa puissance typique, et sort tout de même 80,53 MH/s. La manœuvre fonctionne parce que l’algorithme attend la mémoire. Brider le cœur ne lui retire presque rien. Sur KawPow, le même traitement coûterait du débit.
Deux réglages complètent l’opération et se jugent au wattmètre plutôt qu’au ressenti. La limite de puissance, exprimée en pourcentage dans le pilote, fixe un plafond que la carte ne dépasse pas et rend le résultat prévisible. La fréquence mémoire se monte par petits paliers jusqu’à ce que le débit cesse de progresser, signe que les corrections d’erreur ont commencé à manger le gain. La méthode, avec ses paliers et ses tests de stabilité, est décrite dans le guide de réglage d’une carte au hachage par watt.
Reste une limite qu’aucun réglage ne franchit. Le meilleur point de fonctionnement de la RX 9070 place son seuil à 0,070 € le kilowattheure. Gagner encore 20 % d’efficacité le porterait à 0,084 €, toujours moitié moins que le tarif français le plus bas. Le sous-voltage améliore une carte. Il ne change pas la nature du calcul.
Flasher une 9070 en XT, et pourquoi c’est absurde ici
La manipulation circule depuis septembre 2025 : les deux cartes partageant la même puce Navi 48, il devient possible d’écrire sur une 9070 le microcode d’une XT. Les mesures publiées à l’époque montrent une consommation qui passe d’environ 220 à 317 W, une fréquence boost portée aux alentours de 3,1 GHz, et des gains de 15 à 25 % dans les tests synthétiques, de 8 à 12 % en jeu.
Pour le joueur, l’intérêt est réel. Pour le mineur, elle détruit exactement ce qui faisait la valeur de la carte. Le débit dépend de la bande passante mémoire, que le microcode ne change pas. Les 640 Go/s restent 640 Go/s. La consommation, elle, grimpe de cent watts. On paierait donc plus de courant pour le même nombre de hachages, ce qui revient à transformer volontairement une 9070 en 9070 XT, la carte dont on vient de voir qu’elle est moins bonne sur ce terrain.
S’y ajoutent la garantie perdue, le risque de rendre la carte inutilisable en cas d’erreur d’écriture, et des instabilités qui varient selon l’étage d’alimentation et les temporisations mémoire du modèle. Sur une machine censée tourner sans interruption, l’instabilité coûte plus cher que tout gain espéré.

Le prix en France et le temps d’amortissement
Au 14 août 2026, la RX 9070 la moins chère chez LDLC est l’ASRock Challenger 16 Go à 699,95 €. La Sapphire PULSE demande 779,95 €, les PURE et NITRO+ 799,95 €. Au lancement, elle valait 629 €. Dix-sept mois plus tard, elle se vend au-dessus.
Le calcul d’amortissement se fait avec le solde établi plus haut, et il donne un résultat qu’il vaut mieux regarder en face. Sur son meilleur algorithme, au tarif de base, la carte rend 0,364 € de monnaie par jour et consomme 1,037 € de courant. Le solde est négatif. Il n’existe aucune durée d’amortissement : la carte ne rembourse jamais ses 699,95 €, et l’écart se creuse de 246 € par an.
Poussons l’hypothèse la plus favorable qui se puisse imaginer, celle d’une électricité entièrement gratuite. Le revenu brut de 0,364 € par jour mettrait alors 1 922 jours à rembourser le prix d’achat, soit cinq ans et trois mois. Pendant ce temps, la carte aurait avalé près de 10 000 kWh et le matériel aurait vieilli de deux générations. C’est le meilleur scénario concevable. Rien n’y fait.
Une remarque sur les revenus affichés par les calculateurs, tant qu’on y est. Ils sont bruts, avant électricité et avant les frais que prélève l’intermédiaire par lequel on mine. Une plateforme qui retient 2 % sur les gains puis 1 % par jour de conversion entame encore un chiffre déjà négatif. L’ordre de grandeur de ce que produit une journée sur du matériel grand public est détaillé dans la page sur ce que rapporte vraiment une journée de minage.
Face aux autres cartes du moment
La RX 9070 n’est pas mauvaise dans l’absolu, elle est prise dans une équation qui ne fonctionne plus pour personne. Sa concurrente directe chez NVIDIA, la RTX 5070 Ti, embarque 16 Go de GDDR7 et 896 Go/s de bande passante pour 300 W de puissance annoncée. Elle dispose donc de 40 % de débit mémoire en plus, ce qui se traduit par un hachage supérieur sur les algorithmes gourmands en mémoire, mais elle se vend nettement plus cher et consomme davantage. Le calcul lui est consacré dans la page sur la rentabilité de la RTX 5070 Ti.
Du côté des générations précédentes, la question se pose autrement, parce qu’elles se trouvent d’occasion à des prix sans rapport. Une carte payée 300 € dont le seuil est deux fois moins bon qu’une carte à 700 € reste une meilleure affaire tant que les deux perdent de l’argent : la perte se compte alors surtout en capital immobilisé. Les chiffres de la RX 7800 XT, ses watts et son seuil et ceux de la RX 7900 GRE en minage donnent les points de comparaison de la génération RDNA 3.
Ce constat ne vise pas AMD seul. Le minage sur carte graphique a perdu son débouché principal le jour où Ethereum a basculé, et les monnaies qui restent accessibles à un processeur graphique portent des marchés étroits, où quelques centaines de milliers de dollars changent de mains chaque jour. Le revenu par carte suit mécaniquement.
Des marchés trop étroits pour payer
Le revenu quotidien ne s’effondre pas parce que la carte serait lente, mais parce que les jetons qu’elle produit valent peu et s’échangent peu. Le 14 août 2026, l’ergo se traite autour de 0,205 $, avec un volume quotidien d’environ 55 000 $ sur la place où il cote le mieux. Le ravencoin vaut 0,00265 $ pour à peu près 384 000 $ échangés. Le conflux, le plus liquide des trois, tourne autour de 0,0424 $ pour près de 900 000 $ de volume.
Ces ordres de grandeur demandent un point de comparaison. une seule société cotée en France échange davantage en quelques minutes. Un mineur qui accumule des jetons sur un marché à 55 000 $ par jour se heurte à un second problème après celui de l’électricité, celui de vendre sans faire bouger le cours contre lui. La profondeur du carnet fait partie du calcul de rentabilité au même titre que les watts, et aucun calculateur ne l’affiche.
C’est aussi ce qui rend les projections à douze mois hasardeuses sur ce terrain. Un revenu quotidien dépend du cours, de la difficulté du réseau et du nombre de cartes qui minent la même monnaie, trois grandeurs qui bougent ensemble. Quand le cours monte, des mineurs arrivent, la difficulté suit, et le revenu par carte redescend. Un seul chiffre reste stable : la consommation.
Ce que le fisc français fait des jetons minés
Le sujet est absent des calculateurs anglophones. Il change pourtant le résultat pour un résident français. En France, le minage relève des bénéfices non commerciaux, au titre de l’article 92 du code général des impôts, et non des bénéfices industriels et commerciaux comme on le lit souvent.
La conséquence pratique est rude. Les jetons sont imposables au moment où ils sont reçus, à leur valeur du jour, et leur valeur d’acquisition est réputée nulle. Autrement dit, l’impôt porte sur la totalité de ce qui tombe, sans que le coût de l’électricité ni celui de la carte viennent l’effacer d’office. Le régime micro-BNC s’applique jusqu’à 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026 à 2028. L’abattement forfaitaire est de 34 %. Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges réelles.
Le point qui compte pour un particulier avec une carte : quelques dizaines d’euros de jetons par an restent des recettes à déclarer, et une activité déficitaire ne crée pas pour autant un avantage fiscal automatique. Aucun agrément n’est requis pour miner en France. Le règlement européen sur les crypto-actifs ne couvre pas cette activité.
Ce que la carte vaut quand même
Une RX 9070 achetée pour miner est un mauvais placement ; une RX 9070 déjà présente dans une machine est autre chose. La distinction est décisive. Elle se perd souvent dans les comparatifs.
Si la carte est là, éteinte la nuit, la faire tourner sur son meilleur point de fonctionnement coûte 0,63 € par jour au tarif de base. Ce n’est pas un revenu, c’est une dépense, pas un revenu. Mieux vaut le savoir avant de lancer le logiciel. Une électricité déjà payée par ailleurs, un surplus solaire autoconsommé en journée, ou un besoin de chauffage effectif pendant l’hiver déplacent la ligne de coût sans la faire disparaître.
La carte garde les qualités qui l’ont fait acheter : 16 Go de mémoire, une consommation modeste pour sa catégorie, et une valeur de revente qui tient. Un usage de calcul autre que le hachage, du rendu, de l’encodage vidéo ou de l’inférence, la rentabilise bien plus sûrement que n’importe quel algorithme de preuve de travail accessible aujourd’hui.
Quant à celui qui tient à miner malgré tout, la mesure prime sur la lecture. Un wattmètre de prise coûte une quinzaine d’euros et donne la consommation réelle de la machine entière, carte, processeur, alimentation et pertes comprises, laquelle dépasse toujours le chiffre relevé sur la seule carte. C’est ce nombre-là, et pas celui d’un tableau, qui décide de ce que coûte la journée.