Acheter un ASIC : où l’acheter et ce qu’il coûte livré en France
Deux boutiques françaises affichent un Antminer S21 le 14 août 2026. Chez l’une, le térahash revient à 9,47 €. Chez l’autre, à 24,45 €. Aucune des deux n’a glissé sur une virgule. Les fabricants ne publient aucun tarif public, chaque revendeur achète son lot au cours du jour, et il n’existe pas de prix de référence pour ces machines.
Reste donc la seule question qui décide quand on veut acheter un ASIC : chez qui, et pour combien une fois la machine posée et branchée. Entre le montant de la page produit et la somme qui sort du compte, il y a le fret, la douane et une TVA qui ne se récupère pas. Parfois un kit de refroidissement sans lequel la machine ne démarre pas. Souvent une ligne électrique qui n’existe pas encore chez vous.
Les quatre canaux, et ce que chacun vous fait porter
Une fois qu’on sait ce qu’est un ASIC et ce qu’il fait, acheter un mineur bitcoin se fait de quatre façons, et le choix se joue moins sur le prix affiché que sur ce que vous récupérez quand la machine tombe en panne au bout de trois mois.
Canal | Relevé du 14/08/2026 | Délai annoncé | Qui porte le risque |
|---|---|---|---|
Boutique du fabricant | Bitmain vend en direct depuis sa boutique en ligne | Six entrepôts au choix, dont un seul en Chine continentale | Vous : importateur, déclarant et payeur des droits |
Revendeur français ou européen | happymining.fr, asicminer.fr | 7 jours quand la machine est en stock | Le vendeur, sous droit français ou européen |
Achat avec hébergement | startmining.io : la machine part en Islande, elle ne passe jamais par chez vous | Selon la file d’attente du centre | Partagé, par contrat d’hébergement |
Occasion entre particuliers | 49 annonces « asic miner » dans la catégorie Ordinateurs de Leboncoin, de 1 € à 8 800 € | Immédiat | Vous, intégralement |
Le conseil qui circule depuis des années, « achetez toujours directement chez le fabricant », date d’une époque où les revendeurs européens n’existaient pas. Il coûte aujourd’hui plus cher qu’il ne rapporte, pour une raison que la section suivante chiffre ligne à ligne : un particulier français qui importe lui-même paie le fret aérien au tarif public, la douane, la TVA et les frais de dossier du transporteur. Il économise moins de 6 % sur un revendeur français, et il perd tout recours de proximité.
Le quatrième canal, l’achat avec hébergement, mérite d’être compris pour ce qu’il est : vous devenez propriétaire d’une machine que vous ne verrez jamais. Elle est rackée dans un centre étranger, l’électricité vous est refacturée au compteur, et les bitcoins tombent sur votre portefeuille. Un opérateur français annonce 0,053 € hors taxes le kilowattheure sur son site islandais et 0,065 € sur son site de l’État de Washington, soit 0,0636 et 0,078 € une fois la TVA française ajoutée. Ces deux nombres expliquent à eux seuls pourquoi ce canal existe.
Le décompte à l’arrivée, ligne par ligne
Prenons l’Antminer S23 Hydro, 580 TH/s pour 5 510 W. Sur le marché international, elle s’échange autour de 12 949 $ au 14 août 2026, soit 11 227 € au taux de change du jour. Un revendeur français l’affiche à 15 949,99 € toutes taxes comprises, en pré-commande. L’écart saute aux yeux. Importer soi-même paraît évident. L’opération se décompose ainsi.
Ligne | Montant | D’où il vient |
|---|---|---|
Machine, départ Chine | 11 227 € | 12 949 $ convertis |
Fret aérien express, 16 kg | 801,94 € | Grille publiée du transporteur, zone Chine |
Valeur en douane | 11 788 € | Marchandise plus 70 % du fret aérien, annexe 23-01 |
Droits de douane, 3,70 % | 436 € | Tarif douanier commun |
TVA, 20 % | 2 495 € | Sur la valeur en douane augmentée des droits |
Frais de dossier du transporteur | 52,72 € | 1,8 % des taxes avancées, minimum 16,67 € |
Total posé chez vous | 15 011 € |
Neuf cent dix-huit euros d’écart avec le revendeur français, sur une machine à seize mille. Contre ces 918 €, vous renoncez au test avant expédition, à l’interlocuteur qui répond en français et au recours si le colis arrive cabossé. La marge est réelle. Elle est mince, et le premier incident l’efface.
Les deux cases de la douane, et pourquoi elles changent la facture
Le classement douanier décide ici de quelques centaines d’euros. Le tarif européen propose deux cases pour ces machines. Celle du matériel informatique passe à zéro droit. Celle des machines électriques à fonction propre est frappée à 3,70 %. Le classement est arbitré par le déclarant, et il figure sur la facture de dédouanement que le transporteur vous envoie.
Dans la case à zéro, le décompte tombe à 14 488 €, soit 1 462 € sous le prix français au lieu de 918 €. Rien dans la manœuvre ne se pilote depuis chez soi : le code de nomenclature est porté sur la facture commerciale par le vendeur chinois, et c’est lui qu’il faut interroger avant de payer.
La TVA n’est pas une avance de trésorerie
C’est la ligne qui piège les acheteurs venus du commerce classique. Un professionnel qui importe une machine-outil paie la TVA à l’importation, puis la déduit. Un mineur, non. Le minage ne produit aucune opération taxée en aval, il est hors du champ de la taxe, et il n’ouvre donc aucun droit à déduction. Les 2 495 € du tableau sont dépensés, pas avancés, que vous achetiez en nom propre ou au nom d’une société.
Cela vaut aussi pour le prix français. Les 15 949,99 € affichés en boutique contiennent 2 658 € de taxe qui ne reviendront jamais. Raisonner en hors taxes pour comparer deux offres fabrique un écart qui n’existe pas, et fait basculer des machines du rouge au vert sur le papier.
Deux seuils accessoires, pour finir avec la douane : la franchise de droits sous 150 € a été supprimée le 1ᵉʳ juillet 2026 et remplacée par un forfait de 3 € par article, qu’aucun ASIC n’atteint par le bas, et la TVA est due dès le premier euro. Aucun montage ne fait passer un colis de seize kilos sous ces seuils.
Calculez ce que votre machine coûtera posée
Entrez le prix négocié et le poids du colis : le calcul reprend la grille publiée du transporteur pour la zone Chine, ajoute les droits selon la case retenue, la TVA et les frais de dossier.
| Fret aérien express | - |
| Valeur en douane | - |
| Droits de douane | - |
| TVA à 20 %, non récupérable | - |
| Frais de dossier du transporteur | - |
| Total posé chez vous | - |
| Prix du térahash à l’arrivée | - |
Le térahash, seule unité qui permet de comparer deux annonces
Un ASIC ne se compare pas au prix affiché, puisque deux machines de génération voisine peuvent différer d’un facteur quatre en puissance. Divisez le prix par le hashrate annoncé, et le classement se réorganise immédiatement. Les annonces relevées le 14 août 2026 chez des marchands français se rangent alors dans cet ordre, prix toutes taxes comprises.
Le S21 à 24,45 € le térahash et le S21+ à 9,47 € sortent de la même famille de machines, chez deux marchands français, le même jour. La deuxième boutique tient douze références dont sept en rupture, la première en tient plus de cent : le stock immobilisé, la date d’achat du lot et la trésorerie du revendeur expliquent la plus grosse part de l’écart. Aucun classement figé ne survit à cette volatilité, ce qui rend la lecture du coût réel d’un térahash plus utile qu’une liste de modèles.
Deux réserves sur cette unité, sans quoi elle trompe. Le hashrate est un chiffre de fiche, annoncé à plus ou moins cinq pour cent par le constructeur lui-même. Et le térahash bon marché est souvent le térahash gourmand : le S19K Pro à 7,50 € est le meilleur ratio du tableau, il consomme aussi 23 joules par térahash, deux fois et demie la meilleure machine annoncée. Le prix d’achat se rembourse une fois, l’électricité se paie tous les jours. Le classement des machines au tarif français croise les deux.

Ce qu’il faut acheter en plus, et qui n’est pas dans le prix
Sur certaines machines domestiques, la fiche produit porte une ligne qu’on lit trop vite : « l’alimentation n’est pas fournie ». Elle figure sur sept modèles Goldshell en vente le 14 août 2026, dont un boîtier à 2 658,07 € et un autre à 1 159,99 €. Le bloc se rachète séparément. Comptez-le dans le budget, d’autant que la garantie constructeur d’une alimentation acquise seule ne suit pas celle du mineur.
Les machines refroidies par eau imposent un second achat, et celui-là ne se contourne pas. Toutes les déclinaisons Hydro d’Antminer arrivent sans circuit : le kit de refroidissement se vend 799,99 € chez le revendeur français, et sans lui la machine ne démarre pas. Sur le S23 Hydro à 15 949,99 €, c’est 5 % de plus qu’on n’avait pas comptés.
La ligne électrique décide plus souvent que le budget
C’est le point qui arrête le plus d’achats après la livraison. Toutes les Antminer Hydro, du S19 XP au S23, exigent du triphasé 380 V. Aucune prise domestique ne les fait démarrer. Le raccordement se commande au gestionnaire de réseau, pas au magasin de bricolage.
Sur les machines à air, le calcul est immédiat. L’intensité vaut la puissance divisée par 230. Un S21 Pro à 3 510 W tire donc 15,3 A, ce qui remplit un circuit 16 A jusqu’au bord. Un tel circuit tient 3 680 W en pointe et rien d’autre ne doit y être branché, ce qui suppose une ligne dédiée depuis le tableau. Au-delà, on entre dans les questions de puissance souscrite et de palier de compteur, que traite le détail du raccordement électrique d’une installation de minage.
Reste le bruit, qui fait revendre plus de machines que le calcul de rentabilité. Les seuls niveaux que Bitmain publie portent sur ses machines refroidies à air, et ils sont de 76 dB(A) à vingt-cinq degrés. Les modèles hydrauliques sont plus discrets, sans que le constructeur chiffre de combien. Un kit d’insonorisation avec extracteur d’air se trouve à 179,99 €. Il déplace le bruit vers la sortie d’air sans le supprimer.
Payer : ce que chaque canal accepte
Les deux revendeurs français cités ici fonctionnent à l’inverse l’un de l’autre. Chez le premier, la carte bancaire est le mode par défaut, le virement se débloque sur demande avant expédition, et le règlement en crypto-monnaie s’active au cas par cas selon le panier. Le second n’accepte que le bitcoin, l’ether et l’USDT, et explique en toutes lettres pourquoi il refuse la carte : il achète lui-même ses machines en crypto-monnaie. Les prix sont affichés toutes taxes comprises avec la TVA à 20 %. Une société européenne hors de France, dotée d’un numéro de TVA intracommunautaire valide et livrée hors du territoire, achète hors taxes ; une société française paie la TVA française comme tout le monde.
Chez le fabricant, tout se règle avant expédition, et sa politique tient en une phrase : toutes les ventes sont définitives, aucune demande de remboursement n’est traitée. La somme part avant que la machine n’existe pour vous.
Entre particuliers, le moyen de paiement est le sujet entier. Un virement instantané ne se rappelle pas sans l’accord du bénéficiaire. Une transaction en bitcoin ne se rappelle pas du tout : elle est irréversible par construction, il n’existe aucun tiers à qui demander l’annulation, et aucune procédure de rétrofacturation n’existe. Payer un inconnu en crypto-monnaie pour une machine qu’on n’a pas vue, c’est offrir l’argent en pariant sur l’honnêteté d’un pseudonyme. La remise en main propre contre espèces, avec démarrage de la machine devant vous, reste la seule formule qui laisse une prise.
La garantie court depuis l’expédition, pas depuis la livraison
Le détail vaut plusieurs semaines de couverture. Chez Bitmain, la garantie des mineurs bitcoin des séries S19 et suivantes vaut 365 jours, décomptés depuis la date d’expédition officielle. Une carte de contrôle achetée seule est couverte 180 jours. Les pièces détachées envoyées seules, ventilateurs compris, ne sont pas couvertes, pas plus que les modèles déclarés en fin de service.
Faire jouer cette garantie depuis la France, concrètement, c’est ouvrir un ticket de réparation, puis expédier la machine sous sept jours et la faire arriver sous quinze au centre européen agréé, installé à Aalsmeer aux Pays-Bas. Les frais de retour et les éventuels frais de dédouanement sont à votre charge, le transport en DDP est recommandé, et un colis renvoyé sans assurance voyage à vos risques : le fabricant écrit noir sur blanc qu’il ne répondra d’aucune perte ni d’aucun dommage. Hors garantie, la réparation reste possible contre paiement, avec quinze jours de couverture après l’intervention.
Le revendeur français change la nature de l’affaire, sans la transformer en confort absolu. La garantie constructeur relayée court de 6 à 12 mois selon la marque ; les machines IceRiver sont données pour six mois. Elle passe à deux ans quand le matériel neuf provient d’un fournisseur français, et reste à un an quand il vient de Chine. L’occasion revendue par la boutique est testée avant expédition et garantie un mois par les conditions de vente, quand la foire aux questions du même site annonce l’inverse : entre les deux, ce sont les conditions de vente qui engagent. Et le délai pour signaler un dommage de transport est plus court qu’on ne le lit : les conditions de vente imposent le jour même de la réception, ou le premier jour ouvré suivant.
Les quatorze jours de rétractation s’appliquent, quoi qu’en dise une foire aux questions
Un marchand français annonce dans sa foire aux questions que le client renonce à son droit de rétractation sur les ASIC. La clause ne vaut rien. Le code de la consommation écarte bien de la rétractation les biens dont le prix suit un marché financier, mais cette exception vise le prix du bien lui-même, l’or ou une devise, pas un appareil vendu à prix ferme en euros au catalogue. Ce qui fluctue ici, c’est le cours du bitcoin, pas l’étiquette de la machine. Et le chapitre est d’ordre public : une renonciation écrite est réputée non écrite.
Le même marchand accorde d’ailleurs les quatorze jours à l’article 8 de ses conditions de vente, et le second revendeur français fait de même. Entre une foire aux questions et des conditions de vente, ce sont les conditions qui engagent. Vous pouvez donc renvoyer une machine parce qu’elle fait trop de bruit, parce que le triphasé n’est pas disponible, ou sans motif du tout.
Ce qui reste vrai, en revanche, tient aux conditions du retour : emballage d’origine, machine non utilisée, frais de port à votre charge, remboursement diminué des frais bancaires. Ce point se vérifie chez chaque vendeur avant de valider le panier, pas après.
L’occasion : les quatre contrôles qui évitent la mauvaise affaire
Le marché de seconde main français est actif : 53 annonces répondaient à la recherche « asic miner » sur la principale place de marché généraliste le 14 août 2026, entre 524,65 € et plus de 2 650 €. Une partie des vendeurs les mieux notés y sont des boutiques : la société qui exploite happymining.fr y vend sous son nom commercial, ce qui explique les tarifs alignés sur le site et les évaluations en nombre. Distinguer un professionnel d’un particulier est le premier réflexe, parce que le régime de garantie n’a rien à voir.
Le numéro de série. Il se demande en premier. Il se vérifie ensuite en ligne, sur le service de contrôle de garantie du fabricant. Un vendeur qui refuse de le donner refuse en réalité que vous appreniez la date d’expédition de la machine, donc son âge réel et ce qu’il reste de couverture.
Les cartes de hachage. C’est la panne qui coûte le plus cher, et elle se lit sur la page d’état du mineur. Chaque puce y apparaît par un symbole selon qu’elle répond ou non ; un S19 en porte 228 en version PCB et 264 en version aluminium, un S19K Pro 231, réparties sur trois cartes. Une ligne entière de puces muettes signifie une carte morte, soit un tiers du hashrate envolé, et une machine annoncée à 120 TH/s qui en produit 80. Une photo de la machine allumée ne prouve rien. Demandez une capture de cette page d’état, plus le hashrate moyen sur vingt-quatre heures.
Le micrologiciel. Les micrologiciels alternatifs prélèvent un pourcentage annoncé : 2,8 % chez VNish et LuxOS, 2,5 % chez Braiins. Ce prélèvement est public, personne ne le cache. Le problème est ailleurs : une machine d’occasion peut arriver avec un pool codé en dur qui envoie une part du travail vers l’adresse de l’ancien propriétaire. Le test est arithmétique. Branchez la machine sur votre pool, laissez tourner vingt-quatre heures, et comparez le hashrate que le pool vous compte à celui qu’affiche la machine. Si l’écart dépasse le prélèvement annoncé du micrologiciel, une part de votre puissance travaille pour quelqu’un d’autre.
Le lot « en état de marche ». Trois machines vendues d’un coup à prix cassé sont souvent trois machines sans alimentation, parfois sans câbles. Une alimentation d’Antminer se rachète, mais elle est couverte séparément et ne bénéficie d’aucune garantie quand elle est vendue seule. Comptez-la dans le prix avant de vous réjouir, et lisez ce que vaut réellement une machine d’occasion à petit prix une fois ces lignes ajoutées.
Les signaux qui arrêtent un achat
Le prix au térahash sert de détecteur. Sur les machines de production, les annonces françaises tiennent entre 7,50 € et 27,50 € le térahash selon la génération. Une S21 proposée à 400 € par un particulier place le térahash à 2 €, un peu plus du quart de la boutique la moins chère. Personne ne brade au quart un matériel qui se revend en une heure sur trois plateformes. Le reste se lit dans l’annonce.
un vendeur créé la semaine dernière, sans historique et sans évaluation, sur une machine à quatre chiffres ;
l’impossibilité de fournir un numéro de série, ou une photo de série visiblement recadrée ;
l’exigence d’un acompte ou d’un paiement intégral avant toute rencontre, en virement ou en crypto-monnaie ;
un « lot de dix machines » proposé sur une place de marché généraliste, sans société identifiable derrière ;
un refus de démarrer la machine devant vous, sous prétexte qu’il n’y a pas de courant triphasé sur place.
Et le calcul qui tranche toutes les promesses de rendement : au 14 août 2026, un térahash de puissance rapporte 49,6 satoshis par jour, plafond physique du réseau tout entier. Toute offre qui promet davantage, à hashrate égal et sans matériel rattaché à votre compte, distribue l’argent d’un autre. C’est la division qui démasque une fausse offre, et elle vaut aussi bien pour une annonce d’occasion que pour un contrat en ligne.
Ce que la machine produit une fois branchée
Un ASIC s’achète pour ce qu’il rapporte, et la réponse au tarif français est brutale. Le calcul tient en trois lignes. Aux valeurs du 14 août 2026, un térahash rapporte 49,6 satoshis par jour, soit 0,0272 € au cours de 54 899 € le bitcoin. Une machine qui tourne vingt-quatre heures paie huit heures en heures creuses et seize en heures pleines, soit 0,1958 € le kilowattheure en moyenne réelle.
Machine | Revenu par jour | Électricité par jour | Résultat |
|---|---|---|---|
Antminer S21 Pro, 234 TH/s, 3 510 W | 6,37 € | 84,24 kWh, soit 16,49 € | − 10,12 € |
Antminer S23 Hydro, 580 TH/s, 5 510 W | 15,79 € | 132,24 kWh, soit 25,89 € | − 10,10 € |
Le S21 Pro acheté 2 459,99 € brûle son propre prix d’achat en pertes d’électricité nettes en 243 jours. Le S23 Hydro, machine la plus efficace du tableau à 9,5 joules par térahash, perd exactement autant. Pour être à l’équilibre, il faudrait payer le kilowattheure 0,076 € avec la première, 0,119 € avec la seconde et 0,049 € avec un S19K Pro. Le classement suit l’efficacité, et il ne peut pas faire autrement : une machine plus sobre tolère un courant plus cher. Le tarif réglementé résidentiel est à 0,2001 € en option base et le tarif professionnel à 0,1949 € toutes taxes comprises. Aucun de ces seuils n’est atteignable en France, et le détail de ce que rapporte une journée de minage ne change pas cette conclusion.
Les deux nombres du début reprennent ici leur sens. Le même S23 Hydro hébergé en Islande consomme 8,41 € d’électricité par jour au lieu de 25,89 €, et dégage 7,38 € de marge brute quotidienne. Le tarif affiché, 0,053 €, est hors taxes : un client français y ajoute une TVA qu’il ne récupère pas, ce qui le porte à 0,0636 €. Comparer ce 0,053 au tarif français toutes taxes comprises fabriquerait précisément l’écart que la page dénonce plus haut. Le canal d’achat ne change pas la machine. Il change le prix de l’énergie, et c’est le seul paramètre qui tranche. Sur cette marge, la machine à 15 949,99 € met tout de même près de cinq ans à se rembourser, et le contrat d’hébergement, les frais de mise en rack et la variation du cours restent à lire de près.
Un acheteur français lucide part donc de son tarif électrique, pas d’un catalogue. Si vous payez le kilowattheure au tarif réglementé, l’ASIC est un appareil de chauffage cher qui produit un peu de bitcoin, et l’arbitrage entre une machine dédiée et une carte graphique ne se pose même pas dans ces termes. Si vous avez accès à une énergie perdue ou à un contrat industriel, le calcul redevient ouvert. Deux conditions alors : connaître le cadre qui s’applique en France, puis compter l’impôt dû sur les jetons dès le jour où ils tombent, ce que détaille la marche à suivre pour déclarer ses gains de minage.