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Monter une machine de minage Raspberry Pi : matériel, système et commandes

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Monter une machine de minage Raspberry Pi : matériel, système et commandes

Monter minage raspberry se fait en une soirée, et le résultat tient en une ligne : une carte à 80 € produit environ 200 hashes par seconde sur Monero, consomme une dizaine de watts en continu et perd une quinzaine d’euros par an au tarif français. Ce n’est pas une raison pour ne pas le faire, c’est une raison pour le faire en sachant où l’on va. Le montage apprend en pratique tout ce qui compte dans une installation plus grande : le mode de mémoire d’un algorithme, le bridage thermique, la difficulté de part, la configuration d’un pool. Voici le matériel exact, le système, les commandes, et le calcul complet du ROI.

  • Le matériel : quel modèle, quelle alimentation, quel refroidissement

  • Miner ethereum raspberry pi : pourquoi la question ne se pose plus

  • Installer le système en 64 bits, et pourquoi c’est décisif

  • Compiler XMRig et le lancer en service

  • Choisir le pool, régler la difficulté de part

  • Le refroidissement et la consommation d’un raspberry pi mining rig

  • Cluster de plusieurs cartes : ce que ça change vraiment

Le matériel : quel modèle, quelle alimentation, quel refroidissement

Le choix du modèle décide de tout le reste, et il se joue sur la mémoire. L’algorithme RandomX, le seul sur lequel un processeur ARM tienne debout, construit un jeu de données de 2 080 Mio qu’il garde en mémoire vive : c’est son mode rapide. Sous 4 Go de mémoire libre, le mineur bascule sur un cache de 256 Mio qu’il recalcule en permanence, et le débit est divisé par cinq. Un Raspberry Pi 5 en 8 Go est donc le plancher, et la version 4 Go une fausse économie.

Élément

Choix

Pourquoi

Prix indicatif

Carte

Raspberry Pi 5, 8 ou 16 Go

Mode rapide de RandomX, 180 à 220 H/s

80 à 120 €

Alimentation

Bloc officiel 27 W USB-C PD, 5,1 V / 5 A

Le Pi 5 négocie 5 A ; sous 27 W il bride ses ports USB et redémarre sous charge

12 à 15 €

Refroidissement

Ventilateur actif officiel ou boîtier ventilé

À 100 % de charge permanente, un dissipateur passif ne tient pas

5 à 15 €

Stockage

Carte microSD A2 de 32 Go, ou SSD NVMe sur HAT PCIe

Le mineur écrit peu ; le SSD sert si la carte fait aussi tourner un nœud

10 à 45 €

Réseau

Câble Ethernet

Une coupure Wi-Fi de trente secondes coûte les parts en cours

5 €

Deux précisions qui circulent de travers. L’alimentation d’un Raspberry Pi n’a rien à voir avec la certification 80 PLUS, qui concerne les blocs ATX d’un PC : ce qui compte ici est la capacité à fournir 5 A en USB-C Power Delivery, et les chargeurs de téléphone n’y arrivent pas. Et le SSD n’améliore pas le hashrate d’un iota : RandomX travaille en mémoire, le disque ne fait que porter le système.

raspberry pi 5 équipé d’un ventilateur actif et relié en ethernet, posé à côté de son alimentation usb-c

Miner ethereum raspberry pi : pourquoi la question ne se pose plus

La requête miner ethereum raspberry pi reste très tapée, et elle appelle une réponse claire plutôt qu’un tutoriel. Ethereum a quitté la preuve de travail le 15 septembre 2022. Le réseau n’attribue plus rien à des mineurs : il rémunère des validateurs qui immobilisent 32 ETH. Aucun matériel, quel qu’il soit, ne mine d’ether aujourd’hui.

Avant même cette date, un Raspberry Pi n’était pas candidat : l’algorithme Ethash exigeait plusieurs gigaoctets de mémoire graphique rapide sur un GPU dédié, ce qu’une carte ARM n’a pas. Les tutoriels qui décrivaient l’opération faisaient tourner un nœud, pas un mineur, et le confondaient.

Les deux reports possibles se valent mal :

  • Ethereum Classic conserve la preuve de travail avec l’algorithme Etchash, mais réclame lui aussi un GPU avec plusieurs gigaoctets dédiés. Hors de portée d’un Pi.

  • Monero reste la seule piste sérieuse. RandomX est conçu pour tourner sur processeur généraliste et pour pénaliser le matériel spécialisé, ce qui place un Pi dans la même catégorie que les autres processeurs, très loin derrière mais dans la course.

Quant au bitcoin, il se mine en SHA-256, réservé aux ASIC depuis 2013. Un Pi peut en revanche piloter un mineur USB SHA-256 branché sur un hub alimenté : la carte gère la liaison, le stick calcule. Le détail des débits et des rendements figure dans la page sur le hashrate réel et le ROI d’un miner raspberry pi.

Installer le système en 64 bits, et pourquoi c’est décisif

Raspberry Pi OS existe en 32 et en 64 bits, et le choix vaut la moitié du hashrate. RandomX exploite les instructions 64 bits du cœur Cortex-A76 ; sur l’image 32 bits, le débit tombe à une centaine de hashes par seconde. L’image à graver est Raspberry Pi OS Lite (64-bit), sans bureau, ce qui libère de la mémoire pour le jeu de données.

La séquence complète depuis un poste de travail :

  1. Graver l’image avec Raspberry Pi Imager, en activant SSH et en renseignant l’utilisateur dans les options avancées.

  2. Démarrer la carte, s’y connecter en SSH, puis mettre à jour : sudo apt update && sudo apt full-upgrade.

  3. Activer les grandes pages mémoire, qui donnent 20 à 30 % de débit sur RandomX. La ligne vm.nr_hugepages=1280 se pose dans /etc/sysctl.conf, puis sudo sysctl -p.

  4. Vérifier la version du système : uname -m doit répondre aarch64. S’il répond armv7l, l’image est en 32 bits et tout le reste est inutile.

Cette dernière vérification élimine à elle seule la moitié des déceptions rapportées sur les forums de raspberry mining : la carte tourne, le mineur affiche un chiffre, et ce chiffre vaut la moitié de ce qu’il devrait.

Compiler XMRig et le lancer en service

XMRig ne fournit pas de binaire ARM officiel pour toutes les configurations, et la compilation prend cinq minutes sur un Pi 5. Elle a un avantage annexe : elle permet de retirer les frais de développeur de 1 % en modifiant une constante avant compilation, ce que le projet autorise explicitement.


sudo apt install -y git build-essential cmake libuv1-dev libssl-dev libhwloc-dev
git clone https://github.com/xmrig/xmrig.git
mkdir xmrig/build && cd xmrig/build
cmake .. -DCMAKE_BUILD_TYPE=Release
make -j4

La configuration tient dans un fichier JSON posé à côté du binaire :


{
  "autosave": true,
  "cpu": { "enabled": true, "huge-pages": true, "max-threads-hint": 100 },
  "randomx": { "1gb-pages": false, "mode": "fast" },
  "pools": [
    {
      "url": "pool.supportxmr.com:443",
      "user": "VOTRE_ADRESSE_MONERO",
      "pass": "pi5-atelier",
      "keepalive": true,
      "tls": true
    }
  ]
}

Pour que le minage survive à un redémarrage, un service systemd suffit : un fichier /etc/systemd/system/xmrig.service pointant sur le binaire et sa configuration, puis sudo systemctl enable --now xmrig. Le journal se lit avec journalctl -u xmrig -f, et c’est là qu’apparaît la ligne qui compte : HUGE PAGES 100 %. En dessous, le débit est amputé.

SRBMiner-Multi existe aussi en version ARM 64 bits et gère d’autres algorithmes processeur, avec un rendement légèrement inférieur sur RandomX. En revanche, deux logiciels souvent recommandés n’ont plus lieu d’être ici : cpuminer pour Litecoin ou Dogecoin fait tourner du Scrypt, passé aux ASIC il y a plus de dix ans, et MultiMiner, qui demandait Mono, n’est plus maintenu.

Choisir le pool, régler la difficulté de part

Le paysage a changé et beaucoup de tutoriels ne l’ont pas enregistré : MineXMR, longtemps le plus gros pool Monero, a fermé le 12 août 2022 après avoir concentré jusqu’à 48 % de la puissance du réseau. Ses adresses de serveur ne répondent plus.

Pool

Frais

Paiement minimum

Intérêt pour une petite machine

SupportXMR

0,6 %

0,004 XMR, ajustable

Vardiff bien réglé, tableau de bord lisible

P2Pool

0 %

Aucun, paiement direct par bloc

Décentralisé, mais impose un nœud Monero complet

unMineable

0,75 à 1 %

Variable selon la monnaie

Sans inscription, conversion vers une autre monnaie

Le réglage que les tutoriels passent sous silence s’appelle la difficulté de part. Le pool fixe le seuil à partir duquel une solution partielle compte, et il l’ajuste au débit de chaque machine par un mécanisme nommé vardiff. Réglée trop haut pour 200 H/s, une carte ne remonte presque aucune part valide et son hashrate affiché part en dents de scie sur plusieurs heures. La plupart des pools acceptent une valeur de départ dans le mot de passe du worker, par exemple pi5-atelier:diff=2000. C’est le premier réflexe quand le tableau de bord semble ignorer la machine.

Le fonctionnement des modes de paiement, PPS contre PPLNS, et le partage de la variance entre pool et mineur sont détaillés dans la page sur la création d’un pool de minage.

Le refroidissement et la consommation d’un raspberry pi mining rig

Un processeur à 100 % vingt-quatre heures sur vingt-quatre ne ressemble à aucun usage prévu par le constructeur. Sans ventilateur, un Pi 5 atteint son seuil de bridage thermique en quelques minutes et redescend de 15 à 20 % de hashrate, en silence : rien n’avertit, le chiffre baisse. La commande vcgencmd measure_temp et le drapeau vcgencmd get_throttled disent la vérité.

Trois réglages tiennent la température sans perdre de débit :

  • ventilateur actif officiel, qui pilote sa vitesse sur la température du cœur et reste inaudible sous 60 °C, ou un contrôleur de ventilateur réglable sur un montage en boîtier ;

  • plafond de fréquence posé dans /boot/firmware/config.txt avec arm_freq=2200, qui coûte 5 % de hashrate et 15 % de chaleur ;

  • carte posée à la verticale ou sur entretoises, jamais à plat sur un meuble, la face inférieure évacuant une partie de la chaleur.

Côté consommation, un Pi 5 en charge continue tire une dizaine de watts, soit 0,24 kWh par jour. Au tarif réglementé de 0,2001 € le kilowattheure au 1er août 2026, cela fait 17,50 € d’électricité par an. En face, 200 H/s sur un réseau Monero qui tourne autour de 5,7 GH/s rapportent moins de 2 € sur la même période. Rapporté au parc mondial, c’est une goutte dans l’énergie consommée par le minage de crypto-monnaies.

Poste

Montant sur douze mois

Électricité, 10 W en continu

− 17,50 €

Production Monero à 200 H/s

+ 1,80 €

Résultat d’exploitation

− 15,70 €

Matériel à amortir

≈ 124 €, jamais amorti

Le résultat est négatif avant même qu’on parle du matériel. C’est la donnée qu’aucun guide de montage n’affiche et qui décide de l’usage : ce montage sert à apprendre, pas à gagner.

Cluster de plusieurs cartes : ce que ça change vraiment

L’idée revient dans toutes les discussions sur le raspberry pi mining rig : empiler six ou dix cartes dans un châssis, les relier à un switch et additionner leur puissance. La partie technique fonctionne. Chaque carte mine indépendamment, le pool les voit comme autant de workers, et le hashrate s’additionne sans coordination particulière.

L’arithmétique, elle, ne change pas. Dix Pi 5 produisent 2 000 H/s pour 175 € d’électricité annuelle et 18 € de Monero. Le rapport reste identique parce que rien dans le groupement ne rend chaque carte plus efficace : ni économie d’échelle sur l’alimentation, ni gain de rendement. On multiplie la perte par dix.

Le cluster garde deux justifications honnêtes. Il sert de plateforme d’apprentissage pour l’orchestration, la supervision et le déploiement automatisé, ce qui vaut bien un budget de formation. Et il produit une chaleur diffuse et silencieuse dans une pièce qu’on chauffait déjà, ce qui déplace le coût énergétique du poste minage au poste chauffage. Pour de la production réelle, une seule carte graphique d’occasion écrase un rack entier de Pi, comme le montre le comparatif des appareils de minage par rapport rendement sur prix.

Trois usages font mieux dans une installation de minage : porter un nœud complet, superviser un rig existant et couper son alimentation à distance, ou piloter des mineurs USB. Ils sont détaillés dans la page sur les vrais usages d’un Raspberry Pi en minage.

Superviser la machine et la faire redémarrer toute seule

Une carte posée sur une étagère et oubliée s’arrête au premier incident, et personne ne s’en aperçoit avant des semaines. Trois dispositifs, tous gratuits, rendent le montage autonome.

Le redémarrage du service. La directive Restart=always avec RestartSec=30 dans le fichier systemd relance le mineur après un plantage. Elle ne couvre pas le cas où le processus tourne encore mais ne remonte plus rien : pour celui-là, un script lancé toutes les dix minutes interroge l’interface d’API de XMRig sur le port 8080 et redémarre le service si le hashrate lu vaut zéro.

Le chien de garde matériel. Le Raspberry Pi embarque un watchdog dans son processeur. Activé dans /boot/firmware/config.txt avec dtparam=watchdog=on, puis piloté par systemd, il redémarre la carte quand le système entier se fige, ce qu’aucun script ne peut faire.

La surveillance de température. Un relevé horaire de vcgencmd measure_temp écrit dans un fichier révèle en quelques jours si le refroidissement suffit. Au-delà de 80 °C répétés, la carte se bride et le hashrate perd 15 à 20 % sans aucun message d’erreur.

Côté accès, mieux vaut éviter d’ouvrir le port SSH sur internet. Un réseau privé virtuel léger ou un service de tunnel suffit à joindre la carte depuis l’extérieur sans l’exposer. Une machine de minage connectée en permanence et laissée en accès direct est repérée par les balayages automatiques en quelques heures, et un mot de passe faible fait le reste.

Ces habitudes servent bien au-delà du Pi. Ce sont exactement celles qu’un rig de six cartes réclame, et les apprendre sur une machine à quatre-vingts euros coûte moins cher que de les découvrir sur une installation à trois mille.

Questions fréquentes sur le montage d’une machine de minage Raspberry Pi

Question

Réponse

Quel Raspberry Pi choisir pour miner ?

Un Pi 5 en 8 Go au minimum, pour que RandomX tienne son jeu de données de 2 080 Mio en mémoire. En 4 Go, le débit est divisé par cinq.

Quelle alimentation faut-il ?

Le bloc officiel 27 W en USB-C Power Delivery, capable de 5 A. Un chargeur de téléphone provoque des redémarrages sous charge.

Peut-on miner du bitcoin sur un Raspberry Pi ?

Pas en logiciel : le SHA-256 appartient aux ASIC. La carte peut piloter un mineur USB de quelques centaines de gigahashes sur un hub alimenté.

Combien de temps pour rentabiliser le montage ?

Il ne se rentabilise pas. L’exploitation perd environ 15,70 € par an avant amortissement du matériel, à 0,2001 € le kilowattheure.

Faut-il l’image 32 ou 64 bits ?

64 bits, sans hésiter. La version 32 bits coûte la moitié du hashrate. La commande uname -m doit répondre aarch64.

Le minage abîme-t-il la carte ?

La puce supporte la charge continue, à condition de rester sous son seuil thermique. Ce qui souffre est la carte microSD si le système y écrit beaucoup de journaux.