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Arnaque au minage crypto : la division qui démasque une fausse offre

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Arnaque au minage crypto : la division qui démasque une fausse offre

Une offre de minage arrive presque toujours accompagnée d’un chiffre : tant de dollars par jour, tant de pourcent par mois, un capital doublé en un trimestre. Ce chiffre se vérifie, et il se vérifie en deux minutes, sans ouvrir de compte et sans rien télécharger. Le réseau Bitcoin distribue une quantité connue de bitcoins chaque jour, répartie sur une puissance de calcul connue elle aussi. Le rapport des deux donne le maximum absolu qu’un térahash peut rapporter sur terre. Aucune ferme, aucun contrat, aucune application ne passe au-dessus, pour la raison qu’il n’y a rien au-dessus.

Le protocole émet 450 bitcoins par jour, cent quarante-quatre blocs à 3,125. Les frais que paient les utilisateurs portent le total encaissé par les mineurs à 453,3 BTC, soit 45,33 milliards de satoshis. Le réseau tourne dans le même temps à 899 exahash par seconde, soit 899 millions de térahash. La division donne 50 satoshis par térahash et par jour au 14 août 2026, à peu près 2,7 centimes d’euro au cours du moment. Et c’est du brut : avant l’électricité, avant le prélèvement du pool, avant l’usure de la machine.

Toute offre qui promet davantage paie donc avec l’argent d’un autre client. Arithmétiquement, sans échappatoire : personne ne fabrique des bitcoins que le protocole n’émet pas, et il en émet 450 par jour pour la planète entière.

Le plafond du réseau, et comment le retrouver soi-même

Trois nombres suffisent. Les trois sont publics, affichés en permanence par n’importe quel explorateur de blocs, et aucun ne demande de compétence particulière.

  • Ce que verse le réseau. Un bloc rapporte 3,125 BTC depuis le halving d’avril 2024, et 144 blocs sortent par jour en moyenne, soit 450 BTC. S’y ajoutent les frais payés par les utilisateurs, aux alentours de 0,7 % du total. L’ensemble atteint 453,3 BTC. Deux nombres décrivent donc entièrement ce que touche un mineur bloc après bloc.

  • Ce qui se partage ce versement. 899 EH/s. Un exahash vaut un million de térahash : 899 millions de térahash se répartissent les 453,3 BTC.

  • Le cours. Le bitcoin vaut 54 974 €, et comme il se divise en cent millions de satoshis, le satoshi tombe à 0,00055 €.

45,33 milliards de satoshis divisés par 899 millions de térahash donnent 50,4 satoshis. Arrondi vers le bas, cinquante. Ce n’est pas une constante mais un quotient, et son dénominateur travaille : le réseau pesait 1 046 EH/s en août 2025, a culminé à 1 306 EH/s le 25 octobre suivant, et sa moyenne journalière est retombée à 927, soit 11 % de moins en un an et 29 % sous le sommet d’octobre. Le mégawatt se vend mieux à l’intelligence artificielle qu’au minage, et des machines s’éteignent. Moins de machines à servir, un peu plus de satoshis pour chacune. La division se refait en deux minutes avec les chiffres du jour, et son résultat sera coupé net au printemps 2028, quand la récompense de bloc tombera de moitié une nouvelle fois.

Puissance louée ou possédée

Recette brute maximale par jour

En euros

1 TH/s

50 satoshis

0,03 €

10 TH/s

500 satoshis

0,27 €

100 TH/s

5 000 satoshis

2,75 €

234 TH/s (un Antminer S21 Pro)

11 700 satoshis

6,43 €

1 000 TH/s (1 PH/s)

50 000 satoshis

27,50 €

Deuxième vérification, par un chemin complètement différent : le hashprice, indicateur que suivent les industriels du secteur, était à 31,73 $ par pétahash et par jour le 10 août 2026, soit 0,0317 $ par térahash. Cinquante satoshis au cours du jour valent 0,0320 $. Les deux méthodes tombent l’une sur l’autre à 1 % près, ce qui n’a rien d’un hasard : elles mesurent la même chose par deux chemins.

Deux promesses passées au test

« 1 TH/s offert à l’inscription, 0,50 $ par jour »

Le cadeau de bienvenue chiffré en puissance de calcul est le format le plus répandu, parce qu’il a l’air technique. Un térahash rapporte cinquante satoshis, soit 2,7 centimes d’euro, soit un peu plus de trois cents de dollar. L’offre en annonce cinquante. Elle promet donc quinze fois ce que le réseau entier verse pour cette puissance.

Aucune marge commerciale ne creuse un écart pareil, et l’électricité islandaise n’y change rien puisqu’elle n’entre pas dans le calcul : on compare une recette avant coûts à une recette avant coûts. Les cinquante cents viennent d’ailleurs, et cet ailleurs est le portefeuille du prochain inscrit. La question de ce que rapporte le bitcoin dit gratuit se referme sur cette division, quel que soit l’habillage.

« 100 TH/s pour 1 200 €, 8 € par jour, amorti en cinq mois »

Cent térahash rapportent 5 000 satoshis, 2,75 € au cours du jour. L’offre en promet 8. Trois fois le plafond mondial, avant même de parler d’électricité.

L’électricité achève ce que la division avait commencé. La machine la plus efficace en vente aujourd’hui tient 9,5 joules par térahash. C’est une bête à boucle liquide, alimentée en 380-415 volts triphasé, qui ne se branche dans aucun pavillon ; prêtons quand même son efficacité à l’offre. Cent térahash réclament alors 950 W, soit 22,8 kWh sur vingt-quatre heures. Au tarif réglementé bleu résidentiel option base, 0,2001 €/kWh TTC à 6 kVA au 1er août 2026, la journée revient à 4,56 €. Contre 2,75 € de recette. Dans cette hypothèse déjà généreuse, la centaine de térahash perd 1,80 € par jour ; tout ce qu’un particulier peut réellement mettre au bout d’une prise creuse l’écart davantage.

Le seuil d’équilibre s’en déduit : 2,75 € divisés par 22,8 kWh donnent 0,12 €/kWh. Le tarif de base est à 0,2001 €, les heures creuses à 0,1589 €. Aucune des deux options ne passe sous la barre. Quand une offre facture en plus des « frais de maintenance » quotidiens, elle s’annule d’elle-même : ces frais dépassent la recette qu’ils sont censés amputer.

« 1,5 % par jour, sans matériel »

Celle-là ne donne aucun hashrate, et cette absence tranche à elle seule. Un contrat qui ne chiffre pas sa puissance de calcul vend un rendement, le minage n’y servant que de décor. Reste l’ordre de grandeur : 1,5 % par jour font 547 % l’an sans réinvestissement, plus de deux cents fois la mise avec. Aucun actif productif au monde ne rend cela, et surtout pas un secteur dont la recette par unité de puissance a été divisée par deux en avril 2024 et le sera encore en 2028.

Le seul moyen de tenir ce rendement quelques mois consiste à payer les anciens avec les dépôts des nouveaux. Le montage porte un nom, système de Ponzi, et c’est la qualification retenue par la justice américaine dans les affaires jugées ces dernières années.

cartes de calcul alignées dans un rack de minage, vue rapprochée sur les connecteurs d’alimentation et les ventilateurs

Les montages, et ce qui les fait tenir

Le contrat vendu sans machine derrière

L’opérateur vend de la puissance de calcul, encaisse, et n’achète qu’une fraction du matériel correspondant, parfois moins de 1 %. Les premiers versements sont réels et proviennent des dépôts suivants. Le montage tient tant que les entrées dépassent les retraits, et s’effondre le jour où elles cessent. Or ce que contient réellement un contrat de cloud mining tient en quatre lignes : puissance en TH/s, durée, frais quotidiens, conditions de résiliation. Sans elles, il n’y a pas de contrat, seulement une page de vente.

L’application mobile qui « mine » sur le téléphone

Le Play Store interdit le minage sur l’appareil depuis juillet 2018, et les applications concernées le savent : elles ne minent pas. Elles font défiler des publicités, créditent un compteur interne, et proposent d’accélérer le compteur contre un dépôt. Un processeur de téléphone produit en SHA-256 une puissance qui, ramenée aux cinquante satoshis, ne se compte même pas en millièmes de centime. Ce qu’une application Android fait à la place de miner se résume à collecter de l’attention publicitaire, puis de l’argent.

Le tableau de bord qui monte tout seul

La pièce maîtresse du dispositif, celle qui a tenu HashFlare debout pendant quatre ans. Le solde affiché à l’écran est une ligne dans une base de données, pas une position sur une chaîne de blocs. Rien n’oblige un opérateur à faire correspondre les deux, et rien n’empêche un client de vérifier : il demande l’adresse à laquelle sa part est réputée versée, la colle dans un explorateur de blocs, et regarde. Pas de transaction, pas de minage. Un opérateur qui refuse de fournir une adresse vérifiable a répondu à la question.

Le seuil de retrait placé hors d’atteinte

Le compte se remplit, à un rythme calculé pour que le minimum de retrait arrive dans plusieurs années. Ou bien le seuil augmente à mesure que le solde approche. Ou bien le retrait exige un « palier de fidélité » qui coûte un dépôt. Dans les trois cas, l’argent entre et ne sort pas. Ce seuil ne figure jamais sur la page d’accueil, il vit dans les conditions générales.

Le versement de déblocage

Le retrait est accepté, puis bloqué : frais de traitement, taxe locale, vérification d’identité payante, caution de conversion. Chaque étape demande un virement supplémentaire, souvent vers un compte différent. Une plateforme qui réclame de l’argent pour rendre de l’argent ne rendra rien : elle est en train d’extraire le solde du client sur son compte bancaire réel.

Le parrainage qui paie mieux que la machine

Reprenons le contrat à 1 200 € pour cent térahash. Une commission de parrainage à 10 % du dépôt, c’est 120 € versés au parrain le jour de la signature, quand la puissance vendue rapporte 2,75 € par jour : six semaines de recette brute, payées avant qu’une seule machine ait tourné. Ce que l’opérateur rémunère, ce sont les inscriptions. La grille de commissions est en général publique : elle se lit avant le contrat, et elle dit tout.

Le logiciel qui mine pour quelqu’un d’autre

Le mineur installé fonctionne, chauffe, consomme, et envoie ses parts à une adresse qui n’est pas celle de l’utilisateur : adresse inscrite en dur dans un binaire modifié, ou substituée par un presse-papiers vérolé, ou prélèvement de développeur bien plus lourd que ce qu’annonce la page de téléchargement. Les vérifications à faire avant de lancer un mineur tiennent en quelques minutes, et le taux réellement prélevé ne se trouve jamais dans les comparatifs, seulement dans la documentation des éditeurs. Variante involontaire : la machine qui mine pour un tiers sans que son propriétaire ait rien installé, cas où reconnaître un ordinateur qui mine à votre insu devient la première chose à faire.

Le matériel qui n’arrive jamais

Précommande d’ASIC à prix cassé, paiement par virement vers un pays hors Union européenne ou directement en cryptomonnaie, société introuvable dans le registre du commerce annoncé, nom de domaine déposé quelques semaines plus tôt. Le colis ne part pas. Le mode de paiement a été retenu pour cette raison précise : ni le virement international ni le versement en cryptomonnaie ne se rétractent.

Le second tour

Quelques semaines après la perte arrive un message : cabinet de recouvrement, avocat spécialisé, « expert en traçage blockchain », service officiel prétendument mandaté. Contre honoraires payés d’avance, il promet de récupérer les fonds. Les listes de victimes circulent entre fraudeurs, et cette seconde couche vise précisément ceux qui ont déjà perdu.

Ce qui a été jugé, et ce qui a fermé

HashFlare reste le dossier le mieux documenté. Sergueï Potapenko et Ivan Turõgin ont vendu, entre 2015 et 2019, des contrats donnant droit à une part du minage de leur service, pour plus de 577 millions de dollars auprès de centaines de milliers de clients. Le ministère américain de la Justice a établi que la société ne possédait qu’une fraction infime de la puissance vendue et que le tableau de bord affichait des données fabriquées. Les deux hommes ont plaidé coupable de complot en vue d’une fraude électronique le 12 février 2025, avec confiscation de plus de 400 millions de dollars d’actifs destinés à indemniser les victimes. Le juge fédéral de l’État de Washington les a condamnés le 12 août 2025 à la peine déjà purgée, seize mois de détention, plus 25 000 $ d’amende chacun et 360 heures de travail d’intérêt général, alors que l’accusation demandait dix ans. Seize mois de détention pour 577 millions de dollars encaissés : la voie pénale existe, elle a rarement rendu grand-chose aux clients.

BitClub Network a fait l’objet d’un acte d’accusation fédéral en décembre 2019 pour un montage de 722 millions de dollars présenté comme un pool de minage, rémunérant surtout le recrutement. Joby Weeks a plaidé coupable en novembre 2020 de vente de titres non enregistrés et de fraude fiscale ; d’autres coprévenus l’ont suivi. Les poursuites contre le principal mis en cause ont en revanche été abandonnées par le ministère de la Justice en juillet 2026, avant tout procès.

Mining Capital Coin vendait des « mining packages » assortis d’un rendement hebdomadaire garanti et des robots de trading annonçant des milliers d’opérations par seconde. La Securities and Exchange Commission a ouvert le feu le 21 avril 2022, action civile pour vente frauduleuse de ces contrats et gel des avoirs ; le ministère américain de la Justice a suivi le 6 mai avec l’inculpation du dirigeant, pour un préjudice estimé à 62 millions de dollars.

Les services qui ont seulement fermé

Ceux-là ont cessé leur activité, sans condamnation ni poursuite. Ils servent quand même de test, appliqué à celui qui recommande plutôt qu’à l’offre elle-même. MinerGate a clos ses remboursements le 1er février 2024 ; le détail de la fermeture de MinerGate et de ce qu’elle a laissé derrière elle vaut lecture, tant le nom continue de circuler. MineXMR s’est arrêté le 12 août 2022. Honeyminer le 16 octobre 2021. StormGain a migré ses comptes chez YouHodler le 13 janvier 2025. SBI Crypto, qui portait environ 2 % de la puissance du réseau Bitcoin, a fermé son pool le 31 juillet 2026.

Un comparatif daté de cette année qui recommande encore l’un de ces services n’a vérifié aucune de ses lignes, et le reste de sa liste vaut ce que vaut celle-là. L’examen des plateformes de cloud mining une à une montre à quel point ces listes se recopient entre elles sans qu’aucune ouvre les sites qu’elle cite.

Six vérifications qui prennent cinq minutes

Ce que l’offre affiche

Ce que ça signifie

Comment le vérifier

Un rendement fixe par jour ou par mois

Le versement est déconnecté de la production réelle, qui varie tous les jours

Demander la puissance en TH/s et poser la division à cinquante satoshis

Aucune adresse de paiement vérifiable

Rien ne prouve qu’un satoshi ait jamais été miné pour ce compte

Réclamer l’adresse, la coller dans un explorateur de blocs

Société impossible à identifier

Aucun recours civil, aucune juridiction saisissable

Chercher le numéro d’immatriculation dans le registre du pays annoncé, regarder l’âge du nom de domaine

Un parrainage généreux

La rémunération vient du recrutement, pas de la production

Lire la grille de commissions et la comparer à la recette théorique du contrat

Un retrait conditionné à un versement

L’argent n’est pas destiné à sortir

Lire les conditions de retrait avant le premier dépôt, pas après

Les mots « agréé », « régulé », « licence »

Aucune autorité française n’agrée la vente de minage

Consulter les listes de l’AMF, blanches et noires

Personne n’agrée le minage, et l’AMF s’y prend autrement

Le minage de cryptomonnaies n’est soumis à aucun agrément en France. Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs ne le couvre pas : il encadre l’émission de jetons et les services rendus sur ces jetons, conservation, échange, placement, exécution d’ordres. Produire des blocs n’en fait pas partie. Il n’existe donc aucune licence de minage, et le document brandi par une plateforme qui s’en prévaut ne correspond à rien.

L’enregistrement en tant que prestataire de services sur actifs numériques, ou l’agrément qui lui a succédé, ne dit rien non plus de la vente de puissance de calcul. Ces statuts portent sur d’autres activités. Un acteur peut être parfaitement en règle pour conserver des jetons et n’avoir aucun titre à vendre des contrats de minage.

Il reste un angle, et l’AMF s’en sert. Lorsqu’une société propose d’acquérir des droits sur un bien en mettant en avant une perspective de rendement, sans que l’acheteur exploite lui-même ce bien, elle relève du régime des intermédiaires en biens divers et doit détenir un numéro d’enregistrement délivré par l’AMF. Un contrat de minage vendu avec une promesse de gain entre exactement dans cette description. C’est à ce titre que la liste noire « biens divers et crypto-actifs » de l’AMF contient des sites de minage nommément désignés : eminage.com, eurominage.com, iminage.com, minedecrypto.com et noveamining.com y figurent tous les cinq, comme acteurs non autorisés à proposer leurs services en France.

L’AMF prévient elle-même que ses listes ne sont jamais complètes : de nouveaux noms s’y ajoutent chaque mois, et une absence de la liste ne signifie rien du tout. Elles servent à écarter, pas à valider.

Où signaler, et à qui

Une erreur revient constamment : croire que la plainte en ligne suffit. Le service THESEE, accessible depuis service-public.gouv.fr, couvre six situations précises, dont le faux site marchand et l’escroquerie sentimentale, et exclut explicitement les faux placements. Pour un contrat de minage, la plainte se dépose au commissariat ou à la brigade de gendarmerie.

Deuxième réflexe à corriger : envoyer n’importe quel vendeur à SignalConso. La répression des fraudes n’enquête que sur les entreprises établies en France, et le dit sans détour. Une boutique d’ASIC immatriculée à Vilnius ou à Dublin relève du Centre européen des consommateurs, une société installée hors de l’Union du réseau econsumer.gov. Le signalement déposé au mauvais guichet ne se transmet pas tout seul, il dort.

Situation

Canal

Adresse ou numéro

Vérifier un acteur avant de verser quoi que ce soit

Listes noires et listes blanches de l’AMF

protectepargne.amf-france.org

Poser une question sur une offre d’épargne ou de placement

AMF Épargne Info Service

01 53 45 62 00, du lundi au vendredi le matin

Ne pas savoir par où commencer après une perte

Info Escroqueries, policiers et gendarmes

0 805 805 817, appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30

Somme déjà versée

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

THESEE ne traite pas les faux placements

Faire retirer ou surveiller le site lui-même

PHAROS, plateforme de signalement de la police nationale

internet-signalement.gouv.fr, signalement et non plainte

Machine infectée, mineur installé à votre insu

Cybermalveillance.gouv.fr et son service 17Cyber

cybermalveillance.gouv.fr

Vendeur de matériel établi en France

SignalConso, service de la DGCCRF

signal.conso.gouv.fr

Vendeur établi ailleurs dans l’Union européenne

Centre européen des consommateurs

europe-consommateurs.eu

Vendeur établi hors de l’Union européenne

Réseau international de protection des consommateurs

econsumer.gov

Quelques gestes conditionnent la suite. Conserver les échanges, les captures du tableau de bord, les références de virement et les adresses de destination : sans eux, aucun traçage n’est possible. Prévenir sa banque tout de suite quand le versement est parti par virement, la fenêtre de rappel se compte en heures. Refuser enfin tout contact ultérieur promettant une récupération contre honoraires.

Ce que rapporte le minage quand il est réel

Le minage existe, et il est parfaitement licite en France. Les montages fonctionnent d’ailleurs grâce à lui, en s’adossant à une activité réelle. Simplement, cette activité rapporte peu, et le chiffre en est connu.

Cinquante satoshis par térahash et par jour au cours d’août 2026, tout le réseau confondu, avant le moindre coût. Un Antminer S21 Pro à 234 TH/s produit donc 6,43 € par jour au mieux, pendant qu’il consomme 3 510 W, soit 84,2 kWh, soit 16,86 € au tarif de base à 6 kVA. Le seuil d’équilibre de cette machine se situe à 0,076 €/kWh. Passer en contrat professionnel n’y change rien : le tarif bleu pro est à 0,1949 €/kWh toutes taxes comprises au 1er août 2026, et le mineur les paie bien toutes, puisque la TVA est hors champ sur son activité. Pas d’opération taxée en aval, donc aucune déduction en amont. Il faudrait descendre à 5,73 J/TH pour équilibrer au tarif de base résidentiel, et 7,21 J/TH en heures creuses ; la meilleure machine du marché est à 9,5. Aucune n’est à l’équilibre chez un particulier français, quel que soit le contrat souscrit.

Ce qui reste rentable en France se trouve ailleurs que dans la recette bitcoin : la revente de chaleur, un tarif industriel négocié, une consommation autoproduite. Ce sont des projets d’entreprise, pas des offres à souscrire en trois clics. Et les gains, quand il y en a, se déclarent : le régime fiscal applicable au minage en France range ces revenus dans les bénéfices non commerciaux, imposables à la réception des jetons et non à leur vente, ce qui surprend beaucoup de monde au moment de remplir les cases de la déclaration.

Questions fréquentes

  • Quel est le site de minage le plus fiable ?

    Aucun label ni aucune autorité ne classe ces services : la fiabilité ne se lit nulle part, elle se calcule. Trois choses se vérifient, la puissance annoncée en TH/s, sa recette théorique à cinquante satoshis, et l’existence d’une adresse de paiement consultable sur la chaîne. Passer les trois filtres ne met à l’abri de rien, le risque de l’opérateur reste entier. En rater un seul suffit à écarter le service.

  • Comment savoir si c’est une arnaque ou non ?

    Demander le hashrate, diviser la promesse quotidienne par ce hashrate, et comparer à cinquante satoshis par térahash. Au-dessus, l’argent vient d’ailleurs. Sans hashrate communiqué, il n’y a rien à évaluer : ce n’est pas du minage.

  • Peut-on récupérer son argent après une arnaque au minage ?

    Une plainte déposée vite, avec les références de virement et les adresses de destination, ouvre parfois la voie à un gel bancaire ou à un traçage sur la chaîne. Les montants récupérés restent faibles, et lents : dans le dossier HashFlare, la confiscation de plus de 400 millions de dollars a été décidée en février 2025 pour des faits arrêtés en 2019. Les propositions de récupération rapide contre honoraires sont, elles, une seconde fraude.

  • Le minage de bitcoin est-il légal en France ?

    Oui. Aucune autorisation n’est requise pour miner à titre personnel. Les jetons reçus sont un revenu imposable à leur valeur du jour de réception, la TVA reste hors champ, et la facture d’électricité fait le reste du travail.

  • Une application qui verse des cryptos en regardant des publicités mine-t-elle vraiment ?

    Non. Le minage sur l’appareil est interdit par le Play Store depuis juillet 2018, et la puissance d’un téléphone en SHA-256 ne produirait de toute façon rien de mesurable. Le compteur qui monte à l’écran est une valeur d’affichage, financée par la publicité tant qu’elle est financée par quelque chose.