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Débuter le minage de crypto : le budget, la monnaie et le premier mois

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Débuter le minage de crypto : le budget, la monnaie et le premier mois

La machine se choisit en dernier. Ce qui décide, c’est le prix de votre kilowattheure, et en France il est à 0,2001 € depuis le 1er août 2026. À ce tarif, un ASIC neuf branché sur une prise domestique finit son premier mois à moins 310 €, matériel non compris. Une seule carte graphique bien réglée finit à plus 5 €. Ces deux chiffres viennent du même calcul, il tient en une division, et il vaut mieux le poser avant de commander que le découvrir sur le relevé de compteur.

Sommaire :

  • Le calcul qui décide, avant l’achat

  • Ce que coûte l’entrée, famille par famille

  • Le premier mois, facture comprise

  • Quelle monnaie miner quand on débute

  • Les quatre vérifications à faire chez soi

  • Chez soi, en hébergement, ou pas du tout

  • Ce que le fisc attend dès le premier euro

  • Questions courantes avant de se lancer

Le calcul qui décide, avant l’achat

Le réseau Bitcoin émet 3,125 bitcoins par bloc depuis le halving d’avril 2024, et il sort un bloc toutes les dix minutes en moyenne. Cent quarante-quatre blocs par jour, donc 450 bitcoins répartis chaque jour entre tous les mineurs de la planète, au prorata de la puissance apportée. Cet été, cette puissance tourne autour de 910 EH/s.

Posez la division. 450 bitcoins font 45 milliards de satoshis, à partager sur 910 millions de TH/s :

45 000 000 000 sat ÷ 910 000 000 TH/s ≈ 50 satoshis par TH/s et par jour

Au cours d’août 2026, autour de 56 000 € le bitcoin, ces 50 satoshis valent 0,028 €. C’est le prix public d’un térahash par seconde pendant vingt-quatre heures, le même pour la ferme texane et pour vous. Personne ne vend au-dessus. Toute offre qui promet davantage vend autre chose que du minage.

En face, la dépense. Elle se déduit de l’efficacité de la machine, exprimée en joules par térahash, c’est-à-dire le nombre de watts avalés pour produire un TH/s. Croisez les deux et vous obtenez le prix du kilowattheure au-delà duquel l’appareil travaille à perte :

seuil en euros par kWh ≈ 1,16 ÷ efficacité en J/TH

Machine

Efficacité

Seuil électrique

Tarif réglementé base

Antminer S21 Pro (neuf)

15 J/TH

7,8 c€/kWh

20,0 c€/kWh

Antminer S19 Pro (occasion)

29,5 J/TH

3,9 c€/kWh

20,0 c€/kWh

Whatsminer M30S++ (occasion)

31 J/TH

3,7 c€/kWh

20,0 c€/kWh

L’écart n’est pas de quelques pourcents. Il est d’un facteur trois à cinq. Branché sur une prise domestique française, un ASIC avale entre trois et cinq fois ce qu’il produit, et aucun réglage, aucun contrat malin, aucune option heures creuses ne comble un trou de cette taille. Ce constat élimine d’office la moitié des projets qui commencent par « je vais miner du bitcoin dans mon garage ».

Deux techniciens devant des écrans dans une allée de baies de minage, une carte graphique posée sur le plan de travail

Ce que coûte l’entrée, famille par famille

Quatre portes d’entrée existent. Elles n’ont ni le même prix, ni le même public, ni la même sortie de secours le jour où on arrête.

Voie

Budget d’entrée

Consommation

Monnaies visées

Revente

Processeur déjà là

0 €

150 à 220 W

Monero

Sans objet

Une carte graphique

600 à 2 000 €

140 à 360 W

Ergo, Ravencoin, Ethereum Classic, Conflux

Facile, marché du jeu vidéo

Rig de six cartes

2 200 à 4 400 €

0,9 à 2,5 kW

Les mêmes, à l’échelle

Pièce par pièce

ASIC bitcoin neuf

2 400 à 2 900 €

3,3 à 3,5 kW

Bitcoin uniquement

Décote rapide

ASIC bitcoin d’occasion

300 à 600 €

3,1 à 3,5 kW

Bitcoin uniquement

Presque nulle

La dernière ligne est un piège, et c’est celle qui attire le plus de débutants. Une Antminer S19 Pro complète part entre 300 et 600 € sur le marché secondaire, avec ses 110 TH/s intacts. Le matériel n’est pas en cause : ces machines sorties d’usine vers 2021 fonctionnent très bien. Le problème est qu’elles avalent 28 000 kWh par an pour un rendement de 2021, et que le prix d’achat pèse un neuvième de l’ardoise annuelle. Le détail modèle par modèle figure dans la page consacrée aux machines de minage bon marché et à leur seuil réel.

Le rig à six cartes graphiques mérite un mot à part. Il coûte le prix d’une petite voiture d’occasion, il demande une soirée de montage et un local, mais chaque pièce se revend et une carte graphique sert à autre chose. C’est la seule voie qui laisse une porte de sortie. Le montage, les risers, l’alimentation et les erreurs de câblage sont détaillés dans le guide d’assemblage d’un rig de minage.

Le premier mois, facture comprise

Trente jours de fonctionnement continu, au tarif réglementé base du 1er août 2026, prix d’achat de la machine mis à part. Les revenus bruts retiennent 0,028 € par TH/s et par jour côté bitcoin, et le rendement que les calculateurs affichent sur les algorithmes accessibles aux cartes graphiques.

Configuration

Produit sur 30 jours

Électricité

Résultat

Processeur 25 kH/s sur Monero, 200 W

36 €

144 kWh, soit 28,81 €

+ 7 €

Carte graphique réglée, 140 W sur Autolykos2

25,50 €

101 kWh, soit 20,17 €

+ 5 €

La même carte aux réglages d’usine, 360 W

25,50 €

259 kWh, soit 51,87 €

− 26 €

Rig de six cartes réglées, 940 W

153 €

677 kWh, soit 135,43 €

+ 18 €

ASIC neuf 234 TH/s, 3 510 W

196 €

2 527 kWh, soit 505,69 €

− 310 €

ASIC d’occasion 110 TH/s, 3 250 W

92 €

2 340 kWh, soit 468,23 €

− 376 €

Trois choses sautent aux yeux. La machine à 500 € perd davantage que la machine à 2 430 €, parce que son électricité coûte pareil et qu’elle produit deux fois moins. Le réglage d’une carte graphique fait basculer le résultat du positif au négatif, sans rien changer au matériel. Et les configurations qui terminent le mois dans le vert le terminent à cinq, sept ou dix-huit euros, ce qui ne rembourse jamais rien.

Reste l’option heures creuses, à 0,1589 € le kilowattheure. Elle ne couvre que huit heures par jour, et une machine qui tourne huit heures produit trois fois moins. L’ASIC neuf limité aux heures creuses consomme 842 kWh sur le mois, soit 134 €, pour 65 € de bitcoin produit. Le trou passe de 310 à 68 €. Il ne se referme pas.

Il reste un usage qui tient debout, et il ne se raisonne pas en euros de minage : de novembre à mars, les kilowattheures avalés par la machine ne sont pas perdus, ils chauffent la pièce à la place d’un convecteur. Une machine de 3,5 kW dissipe autant que deux radiateurs à fond. Sur ces cinq mois, le bitcoin produit devient une remise sur une facture de chauffage que vous auriez payée de toute façon. Le reste de l’année, la même chaleur est un problème. Les ordres de grandeur de cette compensation sont repris dans la page sur l’énergie que le minage consomme et ce qu’on en récupère.

Quelle monnaie miner quand on débute

La question précède le choix de la machine, parce que l’algorithme décide du matériel et pas l’inverse. Elle se tranche vite, parce que la liste s’est considérablement raccourcie.

Monnaie

Algorithme

Matériel

Bitcoin

SHA-256

ASIC

Litecoin et Dogecoin, minés ensemble

Scrypt

ASIC

Kaspa

kHeavyHash

ASIC depuis 2023

Monero

RandomX

Processeur

Ergo

Autolykos2

Carte graphique

Ravencoin

KawPow

Carte graphique

Ethereum Classic

Etchash

Carte graphique

Conflux

Octopus

Carte graphique

Ethereum n’y figure pas, et c’est la première correction à faire aux guides qui traînent encore en ligne. Le réseau est passé en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022 et ne se mine plus du tout. Cardano, Solana et Ripple n’ont jamais été minables : leurs jetons s’achètent ou se bloquent, ils ne se produisent pas. Tout tableau qui affiche « minage GPU d’Ethereum » en 2026 a été recopié sans être relu, et le reste du tableau mérite la même méfiance.

Pour un premier essai, le processeur qui dort déjà dans votre tour est le meilleur bac à sable. Monero et son algorithme RandomX ont été taillés exprès pour rester à portée d’un ordinateur ordinaire. Vous configurez un logiciel, vous renseignez une adresse, vous rejoignez un pool, vous voyez arriver vos premières parts acceptées, et vous n’avez rien dépensé. Le mécanisme derrière ces parts, la fonction de hachage et l’ajustement de difficulté tous les 2 016 blocs, est expliqué dans la page sur le fonctionnement du hachage et de la difficulté.

Une règle du secteur vaut avertissement pour la suite : toute monnaie minable au GPU qui devient rentable attire les fabricants d’ASIC, et les ASIC vident la place en quelques mois. Kaspa en a fait la démonstration en 2023. Une carte graphique se choisit donc pour sa souplesse, jamais pour une monnaie en particulier.

Les quatre vérifications à faire chez soi

Ces quatre points se vérifient avant de commander. Aucun ne coûte d’argent à vérifier, et chacun a déjà fait renvoyer du matériel.

L’ampérage disponible sur le circuit. Sous 230 volts, un ASIC de 3 510 W tire 15,3 ampères. Un circuit de prises domestique est protégé à 16 ampères, et une charge permanente ne devrait pas dépasser 80 % de ce calibre. Sur une prise ordinaire, la machine est donc hors des clous : il lui faut son propre départ au tableau. Regardez aussi votre abonnement. Un compteur 6 kVA délivre 26 ampères pour tout le logement, l’appareil en prend 15 à lui seul, et le disjoncteur général saute dès que le four et la bouilloire démarrent ensemble. Passer en 9 kVA change le montant de l’abonnement, pas le prix du kilowattheure.

La chaleur. Tout ce que la machine consomme ressort en chaleur, sans exception. Comptez donc 3 510 W lâchés dans la pièce, soit deux convecteurs de salon à plein régime, jour et nuit. Dans une chambre de vingt mètres carrés, la température devient invivable en une heure et l’appareil se met à se brider tout seul. Il faut de l’air neuf, une extraction vers l’extérieur, et une pièce dont on accepte de perdre l’usage.

Le bruit. Comptez 76 décibels à un mètre pour un ASIC bitcoin, le niveau d’un aspirateur qui ne s’arrête jamais. Un garage attenant ne suffit pas, une cave voûtée non plus si la trémie donne sur la cage d’escalier, et un voisin mitoyen s’en aperçoit en trois jours. Six cartes graphiques en charge tournent plus bas, autour de 60 décibels, ce qui reste incompatible avec une pièce de vie.

La place et l’air. Ces boîtiers mesurent une quarantaine de centimètres de long et soufflent d’avant en arrière. Il leur faut cinquante centimètres dégagés de chaque côté, sinon ils réaspirent leur propre air chaud. Un rig ouvert à six cartes occupe le volume d’une table basse et demande cinq centimètres entre chaque carte. Les erreurs de première année, câble PCI-e dédoublé et risers au rabais en tête, sont recensées dans la page sur les erreurs qui coûtent cher au débutant.

Rangée de boîtiers de minage à ventilateurs éclairés en bleu, câblés dans un local technique sombre

Chez soi, en hébergement, ou pas du tout

Une fois le calcul posé, trois montages restent sur la table, et un quatrième qu’il faut nommer pour l’écarter.

Chez soi, sur du matériel graphique réglé. Seul montage domestique qui ne perd pas d’argent au tarif français, il rapporte quelques euros par mois. On s’y lance pour apprendre, pour chauffer une pièce l’hiver, ou parce qu’on possède déjà les cartes. Pas pour un revenu.

En hébergement. Des fermes louent de la place, du courant et du refroidissement à des machines qui vous appartiennent. Le courant y est facturé entre 6 et 9 centimes le kilowattheure selon le pays, plus des frais de mise en service et le transport de la machine. À 6,5 centimes, un ASIC neuf produit 6,55 € par jour et en consomme 5,48 : il reste un peu plus d’un euro quotidien, soit une trentaine d’euros par mois sur une machine à 2 430 €. Faites la division vous-même. Le remboursement dépasse la durée de vie utile de l’appareil, et il suppose que ni la difficulté ni le cours ne bougent, ce qui n’arrive jamais.

Acheter la monnaie. Si votre pari porte sur le cours du bitcoin, l’achat direct vous l’expose sans facture d’électricité, sans bruit et sans machine à revendre. Miser un achat de matériel sur l’espoir d’une hausse revient à jouer le cours en payant un péage.

Le cloud mining, qu’il faut regarder de près. Louer de la puissance en ligne paraît résoudre tous les problèmes ci-dessus. Reprenez la borne : 50 satoshis par TH/s et par jour, pour tout le monde. Une offre qui promet 4 dollars quotidiens contre 200 dollars déposés promet donc l’équivalent de 125 TH/s, soit plus de la moitié d’une machine à 2 430 €, contre un dépôt de 170 €. Une marge serrée n’explique pas un écart pareil. Une pyramide qui paie les premiers avec l’argent des suivants, si. HashFlare a fonctionné exactement comme ça : 577 millions de dollars collectés auprès de centaines de milliers de investisseurs, et des plaidoyers de culpabilité enregistrés en février 2025. Le raccourci qui marche : divisez le rendement annoncé par 0,028 €, comparez au prix du matériel correspondant, et l’offre tombe d’elle-même.

Deux noms qui reviennent encore dans les tutoriels sont morts depuis longtemps. MinerGate a fermé, ses remboursements clos au 1er février 2024. Genesis Mining ne vend plus de contrats depuis février 2021. Un guide qui les recommande date d’avant, et personne ne l’a relu. Le panorama complet des façons de miner, hébergement et pools compris, est repris dans la page sur les différentes manières de miner et ce qu’elles valent.

Ce que le fisc attend dès le premier euro

Les jetons produits par le minage relèvent des bénéfices non commerciaux, au titre de l’article 92 du code général des impôts. Pas des BIC, contrairement à ce qu’écrivent la moitié des pages du secteur, et la différence change le formulaire.

Le régime micro-BNC applique un abattement de 34 % sur les sommes déclarées, dans la limite de 77 700 € pour les revenus 2023 à 2025 et de 83 600 € à partir de 2026. Au-delà, c’est la déclaration contrôlée. Depuis janvier 2026, le prélèvement forfaitaire s’établit à 31,4 %.

Le point qui surprend le plus : l’imposition se déclenche à la réception des jetons, pas à leur vente. Un mineur qui garde tout et ne vend rien doit quand même déclarer la valeur de ce qu’il a reçu, au cours du jour de réception. D’où le seul conseil pratique qui vaille pour un premier mois : notez chaque versement du pool, la date, le montant en jetons et le cours ce jour-là. Le tableur de dix lignes que vous tenez en janvier vous évitera une reconstitution impossible en avril. Les cases, le calcul et les sanctions sont détaillés dans la page sur la déclaration des gains de minage.

Questions courantes avant de se lancer

  • Combien faut-il pour commencer ? Zéro euro si vous minez du Monero sur le processeur que vous avez déjà. Entre 600 et 2 000 € pour une carte graphique seule, qui reste revendable. Autour de 2 400 € pour un ASIC bitcoin, qui ne se justifie que si votre électricité descend sous 8 centimes.

  • Combien de temps pour rembourser une machine ? Au tarif domestique français, aucun ASIC ne rembourse rien : il creuse un trou. Une carte graphique réglée dégage cinq à dix euros par mois, ce qui place le remboursement hors d’atteinte. Avant de compter en années, vérifiez que le mois se termine dans le vert.

  • Faut-il rejoindre un pool dès le départ ? Oui. En solo, votre machine peut tourner des années sans jamais trouver un bloc. Le pool additionne les puissances et reverse au prorata du travail fourni, avec 0,5 à 2 % de frais. Les critères de choix sont repris dans la page sur les frais, la taille et les modes de paiement d’un pool.

  • Que se passe-t-il quand la difficulté monte ? Votre part du gâteau se réduit, sans que rien n’ait bougé chez vous. L’ajustement tombe tous les 2 016 blocs, soit deux semaines environ, et il monte tant que des machines s’ajoutent au réseau.

  • Le minage est-il légal en France ? Oui, à condition de déclarer les revenus et de payer l’électricité que vous consommez. Aucune autorisation préalable n’est demandée à un particulier.

  • Et si je veux juste comprendre le mécanisme ? Le rôle du minage, ce qu’il protège et pourquoi il faut dépenser de l’énergie pour tenir un registre sans autorité, se lit dans la page sur la double dépense et l’attaque des 51 %. La configuration pas à pas d’une première machine est traitée dans le guide complet pour miner sa première crypto.