materiel-mining.fr

Combien de bitcoins par jour : 450 dans le monde, et ce que sort une machine

Divers

Combien de bitcoins par jour : 450 dans le monde, et ce que sort une machine

La question a deux réponses, et l'écart entre les deux vaut un facteur trois millions.

Tous mineurs confondus, le réseau Bitcoin sort environ 450 bitcoins par jour. Une machine posée dans un garage en sort 0,000134. Les deux chiffres répondent à la même phrase et mesurent des choses différentes, ce dont vivent les plateformes qui promettent du rendement.

Le premier est écrit dans le protocole et ne bouge qu'aux halvings. Le second se déduit d'une division : la puissance branchée chez soi, rapportée à celle de la planète entière. Les deux se relèvent. Les chiffres ci-dessous l'ont été le 14 août 2026, sur la chaîne elle-même.

Sommaire :

  • Le plafond quotidien, mesuré sur les 144 derniers blocs

  • Votre part : la division, et 49,7 satoshis par térahash

  • Ce que produit chaque machine en vingt-quatre heures

  • La division vérifiée sur une entreprise cotée

  • Le temps qu'il faut pour un bitcoin entier

  • Ce qu'il faudrait brancher pour en sortir un par jour

  • En solo, la production quotidienne vaut zéro

  • Pourquoi le chiffre ne tient pas deux semaines

  • Questions fréquentes

Le plafond quotidien, mesuré sur les 144 derniers blocs

Un bloc rapporte 3,125 bitcoins depuis le halving d'avril 2024, plus les frais payés par ceux qui envoient des transactions. Le protocole vise un bloc toutes les dix minutes, donc 144 par jour.

Relevé sur les 144 derniers blocs de la chaîne au 14 août 2026, du 962 283 au 962 426 : 45 318 137 396 satoshis distribués, dont 318 137 396 de frais. Soit 453,18 bitcoins, la part des frais pesant 0,70 % du total. Ces 144 blocs ont demandé 24 h 41, le réseau sortant les siens toutes les 620 secondes au lieu des 600 visés : ramené à une journée pleine, le compte tombe à 441 bitcoins. L'écart se rattrapera au prochain ajustement de difficulté, qui s'annonce en baisse de 3 %.

Voilà le gâteau entier. Il n'y en a pas d'autre, et aucune quantité de matériel branché n'en fabrique une part supplémentaire : plus il arrive de mineurs, plus les tranches sont fines. La puissance installée n'a fait que monter depuis 2009 ; le nombre de bitcoins émis chaque jour, lui, n'a fait que descendre, par paliers, à chaque halving.

Votre part : la division, et 49,7 satoshis par térahash

La difficulté du réseau valait 127 479 855 693 691 le 14 août 2026. Multipliée par 232 puis divisée par 600, elle donne la puissance qu'il faut mobiliser pour tenir la cadence de dix minutes : 912,5 exahashs par seconde, soit 912,5 millions de térahashs.

Divisez les 45,32 milliards de satoshis par ces 912,5 millions de térahashs. Chaque TH/s branché rapporte 49,66 satoshis par jour, dont 49,31 de récompense de bloc et 0,35 de frais de transaction.

C'est bien la puissance déduite de la difficulté qu'il faut mettre au dénominateur, et non celle qu'on mesure sur le réseau. Un réseau qui traîne produit moins de blocs, mais chaque mineur détient une part plus grosse de chacun ; les deux effets s'annulent au satoshi près, et le quotient ne dépend que de la difficulté du moment.

Ce nombre est daté, pas constant. Il vaut l'émission du jour divisée par le hashrate du jour, et il perd quelques dixièmes chaque fois qu'un conteneur de machines s'allume quelque part au Texas. Il se recalcule. Il ne se recopie pas.

La formule ne comporte rien d'autre : multipliez la puissance annoncée de votre matériel, en térahashs par seconde, par le quotient du jour.

Ce que produit chaque machine en vingt-quatre heures

Machine

Puissance annoncée

Production du jour

En bitcoin

Bitaxe Gamma

1,2 TH/s

60 satoshis

0,0000006

Whatsminer M60S 188 T

188 TH/s

9 336 satoshis

0,0000934

Antminer S21 Pro

234 TH/s

11 620 satoshis

0,000116

Antminer S21 XP

270 TH/s

13 408 satoshis

0,000134

La machine la plus puissante qu'on puisse acheter neuve produit donc un peu plus d'un dix-millième de bitcoin par jour. Le mot bitcoin n'a d'ailleurs aucune utilité à cette échelle : un mineur suit son solde en satoshis, la cent-millionième partie de l'unité, parce que c'est la seule dans laquelle il voit quelque chose bouger.

Un rig de six cartes graphiques n'apparaît pas dans ce tableau, et pour une raison définitive : sur l'algorithme de Bitcoin, une carte se mesure en gigahashs quand les machines ci-dessus se mesurent en térahashs. Le matériel dédié a repris ce terrain en 2013 et ne l'a plus rendu.

La division vérifiée sur une entreprise cotée

Un quotient obtenu au tableau mérite d'être confronté à quelqu'un qui publie ses comptes. CleanSpark, mineur coté au Nasdaq, a déclaré dans son relevé d'activité de juillet 2026 : 586 bitcoins produits sur le mois, 38,6 EH/s de hashrate opérationnel moyen, 230 507 machines en service au 31 juillet, un pic à 20,77 bitcoins sur une seule journée. Le même tableau affiche 50 EH/s, qui est son record historique de puissance simultanée et non la moyenne du mois ; c'est la première valeur qui sert ici.

Reprenons la division pour ce mois-là. Juillet a porté trois régimes de difficulté : 133,87 T jusqu'au 11 à 20 h 09 UTC, 127,17 T jusqu'au 25 à 22 h 51, puis 126,23 T. Pondérées par leur durée, ces trois valeurs donnent 48,98 satoshis par térahash et par jour, frais compris. Trente-huit millions six cent mille térahashs pendant trente et un jours : la division rend 586,1 bitcoins.

Ils en déclarent 586. Sur un parc de 230 000 machines, la prédiction tombe à un dixième de bitcoin près, et rien n'est entré dans le calcul que la difficulté du réseau et un hashrate publié. Le quotient n'est pas une estimation de rendement : c'est une identité comptable, et deux cent trente mille machines n'en obtiennent pas un meilleur taux de change que le boîtier posé sur une étagère.

Le temps qu'il faut pour un bitcoin entier

C'est l'autre forme de la question, et elle commence par une division tout aussi simple. Cent millions de satoshis, à 13 408 par jour : 7 458 jours, soit vingt ans et cinq mois pour un Antminer S21 XP. Le petit Bitaxe, lui, demanderait quatre mille six cents ans.

Ce calcul est faux, et il l'est dans le sens généreux.

Le halving suivant tombe au bloc 1 050 000. Il en restait 87 574 le 14 août 2026, soit un peu plus de six cents jours et une échéance au printemps 2028, que personne ne sait dater plus précisément puisqu'elle dépend de la cadence des blocs sur deux ans. Ce jour-là, la récompense passe de 3,125 à 1,5625 bitcoin : la production du réseau tombe à 225 bitcoins par jour, et le nombre de satoshis par térahash est divisé par deux. Quatre ans plus tard, encore par deux. Et ainsi de suite jusqu'en 2140.

Additionnons donc ce que produit un Antminer S21 XP jusqu'au bout, à difficulté inchangée :

Période

Satoshis par jour

Cumul

jusqu'au halving de 2028

13 408

8,2 millions

2028 à 2032

6 704

17,9 millions

2032 à 2036

3 352

22,8 millions

2036 à 2040

1 676

25,3 millions

toutes les ères suivantes réunies

de moins en moins

27,7 millions

Vingt-sept millions sept cent mille satoshis. Zéro virgule vingt-sept bitcoin. Une machine achetée aujourd'hui, laissée branchée jusqu'au dernier bloc de l'histoire, n'atteindra jamais un bitcoin entier. Elle plafonne un peu au-dessus du quart.

Chaque ère vaut la moitié de la précédente, et une somme de moitiés converge. Une chute durable du hashrate mondial déplacerait le résultat. Il faudrait qu'il soit divisé par quatre et qu'il y reste. L'interdiction chinoise de 2021 avait retiré les deux tiers de la puissance mondiale en six semaines, de 186 à 61 exahashs par seconde entre le 14 mai et le 28 juin ; le niveau d'avant était dépassé le 4 décembre suivant.

Le mineur qui vise « un bitcoin » se trompe donc d'unité de compte. Ce qu'il accumule, ce sont des satoshis, et ce qu'une journée de minage rapporte réellement se lit sur une série de mois, seuil de retrait du pool compris.

Ce qu'il faudrait brancher pour en sortir un par jour

Retournons la question. Cent millions de satoshis divisés par 49,7 réclament 2 013 700 térahashs par seconde, soit 2,01 EH/s, c'est-à-dire 0,22 % de la puissance mondiale. Le contrôle tombe juste par l'autre bout : un bitcoin rapporté aux 453 que le réseau distribue donne la même fraction.

Traduit en matériel et en électricité, avec l'Antminer S21 XP et ses 3 645 watts :

Objectif

Puissance de calcul

Antminer S21 XP

Appel électrique

un bitcoin par an

5,5 PH/s

21

76 kW

un bitcoin par mois

66 PH/s

245

893 kW

un bitcoin par jour

2,01 EH/s

7 458

27,2 MW

Vingt et une machines et un raccordement de 76 kilowatts pour un bitcoin par an : voilà l'ordre de grandeur réel de ce que beaucoup imaginent tenir dans un garage. Le bitcoin quotidien, lui, demande 27 mégawatts et 652 mégawattheures avalés chaque jour.

C'est là que le courant tranche. Au tarif bleu professionnel du 1er août 2026, à 0,1949 € le kilowattheure, ces 652 MWh coûteraient 127 160 € pour un bitcoin qui en valait 54 267 le 14 août. Plus du double de sa valeur en électricité.

Sauf que ce tarif ne s'applique pas ici. Le tarif bleu s'arrête à 36 kVA et se réserve aux entreprises de moins de dix salariés : il couvre une machine ou deux dans un atelier, jamais 27 mégawatts. Une ferme de cette taille achète son courant sur contrat, à un prix qu'elle ne publie pas, et ce prix décide seul de l'affaire. Ce qui explique où ces fermes se posent : là où le courant ne trouve pas d'autre acheteur.

Pour une installation domestique, où le tarif réglementé s'applique vraiment, le calcul de rentabilité au tarif français est posé en entier ailleurs.

En solo, la production quotidienne vaut zéro

Tout ce qui précède décrit des espérances, c'est-à-dire des moyennes. Un mineur en pool les touche vraiment, parce que le pool encaisse les blocs et redistribue au prorata du travail fourni. Un mineur en solo ne touche rien du tout, presque tous les jours, puis tout d'un coup.

Bloc 957 382, trouvé le 10 juillet 2026 à 3 h 30 UTC : 3,138 235 06 bitcoins, dont 1 323 506 satoshis de frais. Il porte la signature de Public Pool, un service qui ne mutualise rien et laisse chaque machine chercher pour son compte. Personne n'a partagé ce bloc avec personne.

Mettez maintenant le plus petit matériel du tableau plus haut en face de ce chiffre. Le Bitaxe produit 60 satoshis par jour ; les 313 823 506 satoshis de ce bloc représentent plus de quatorze mille ans de sa production moyenne. Sa chance de décrocher un bloc dans les vingt-quatre heures est de une sur 5,3 millions.

Ces deux nombres décrivent la même machine. C'est ce que veut dire miner en solo : le compteur affiche zéro tous les jours de l'année, puis trois bitcoins une fois, et l'espérance des deux régimes est identique. Le choix d'un pool et de son mode de paiement revient à décider laquelle des deux distributions on préfère regarder.

Pourquoi le chiffre ne tient pas deux semaines

La difficulté se recalcule tous les 2 016 blocs, environ quinze jours, pour ramener l'intervalle entre blocs à dix minutes. L'ajustement du 8 août 2026 l'a portée à 127,48 T, en hausse de 0,99 %. Chaque ajustement déplace le nombre de satoshis par térahash de quelques pour cent, en sens inverse : plus de difficulté, moins de satoshis, et le nombre que la difficulté exprime ne dit rien d'autre que cela.

Sur douze mois, la tendance ne fait que descendre : entre deux halvings, la récompense reste fixe, et le nombre de machines qui se la partagent augmente. Un rendement quotidien relevé il y a un an est faux aujourd'hui. Celui-ci le sera dans un an, et la récompense de bloc et son halving expliquent pourquoi la pente ne se redresse jamais.

Et un ethereum par jour ?

Zéro, quelle que soit la machine. Ethereum a cessé d'être miné le 15 septembre 2022, au bloc 15 537 393 : la chaîne est passée en preuve d'enjeu et il n'existe plus de récompense à gagner par le calcul. Aucune durée ne répond à la question, puisque l'opération elle-même n'existe plus, et ce que valent les cartes graphiques depuis cette date se traite ailleurs.

La borne qui démasque une offre

Les 49,7 satoshis par térahash sont un plafond physique, pas un tarif négociable. Une plateforme qui promet le double sur du matériel qu'elle prétend exploiter prend la différence sur le dépôt d'un autre client, puisque la chaîne, elle, ne l'a jamais versée. La division suffit à trancher, et les mécanismes d'une fausse offre de minage se reconnaissent à ce seul écart.

Questions fréquentes

  • Combien de bitcoins sont minés chaque jour dans le monde ?
    Environ 450. Le relevé des 144 derniers blocs au 14 août 2026 donne 453,18 bitcoins, récompense de 3,125 par bloc plus 0,70 % de frais de transaction. Le nombre était de 900 avant le halving d'avril 2024 et passera à 225 après celui du printemps 2028.

  • Combien une machine produit-elle par jour ?
    49,7 satoshis par térahash par seconde au 14 août 2026, à multiplier par la puissance annoncée du matériel. Un Antminer S21 XP à 270 TH/s sort 13 408 satoshis, soit 0,000134 bitcoin ; un Whatsminer M60S à 188 TH/s en sort 9 336.

  • Quelle puissance faut-il pour produire un bitcoin par jour ?
    2,01 exahashs par seconde, soit 0,22 % du réseau mondial, soit 7 458 Antminer S21 XP et 27,2 mégawatts d'appel électrique. Pour un bitcoin par an, comptez 21 machines et 76 kilowatts.

  • Combien de temps faut-il pour miner un bitcoin entier ?
    7 458 jours à récompense constante, vingt ans et cinq mois. En tenant compte des halvings, jamais : la somme de toute la production d'un Antminer S21 XP jusqu'en 2140 plafonne à 0,277 bitcoin, à difficulté inchangée.

  • Combien reste-t-il de bitcoins à miner ?
    Un peu moins de 930 000 sur les 21 millions prévus, le bloc 962 426 portant l'émission cumulée à 20,07 millions, soit 95,6 % du total. Le dernier bloc récompensé tombera vers 2140.

  • Combien de temps faut-il pour miner un ethereum ?
    La question n'a plus d'objet : Ethereum ne se mine plus depuis le 15 septembre 2022 et sa sécurité repose désormais sur la mise en jeu de jetons, pas sur le calcul.

Sur la face électrique de la même machine, l'empreinte énergétique du minage prend le relais, et la consommation Internet d'un mineur, relevée à l'octet, règle l'autre question de consommation, celle qui ne pèse rien.