Le minage fait-il bouger le cours du bitcoin ? 28 millions de dollars par jour
Le protocole Bitcoin verse 3,125 bitcoins par bloc et vise 144 blocs par jour : 450 bitcoins, plus les frais de transaction que les blocs contiennent. Les 144 derniers blocs du 14 août 2026 en ont distribué 453,21. Au cours du jour, 62 741 dollars, cette production vaut 28,4 millions de dollars. Sur la même journée, les places d’échange recensées par CoinGecko ont traité 20,2 milliards de dollars de bitcoin.
Un rapport de un à sept cents. C’est le poids du minage sur le marché qu’il alimente, et il rend caduques la plupart des explications qui circulent : le hashrate ne pousse pas le cours, le coût de production ne lui sert pas de plancher, et le nombre de machines branchées ne commande pas la quantité de bitcoins créés, seulement son calendrier. L’été 2021 en donne la preuve grandeur nature.
Une journée de production mondiale, comptée en dollars
L’émission ne suit pas la puissance installée, elle suit une horloge
Été 2021 : le réseau perd la moitié de sa puissance
Le coût de revient d’un bitcoin, et pourquoi il ne fait pas plancher
Combien les mineurs vendent réellement, et à quel rythme
Le halving, seul moment où le minage touche à l’offre
Le marché que le minage a vraiment retourné : les cartes graphiques
Ce qu’il faut de puissance pour un bitcoin par an
Ce qu’un acheteur de matériel en tire
Une journée de production mondiale, comptée en dollars
Toutes les valeurs de cette page datent du 14 août 2026. Chacune se refait chez soi en quelques minutes.
Grandeur | Valeur relevée | Où elle se lit |
|---|---|---|
Puissance du réseau | 901,5 EH/s | Moyenne sur trois jours, mempool.space |
Difficulté | 127 479 855 693 691 | Inscrite dans les blocs, ajustée tous les 2 016 |
Récompense de bloc | 3,125 BTC | Depuis le halving du 20 avril 2024 |
Distribué sur les 144 derniers blocs | 453,21 BTC | Blocs 962 285 à 962 428 |
Dont frais de transaction | 3,21 BTC | 0,71 % du total |
Cours | 62 741 $ · 54 236 € | CoinGecko |
De ces lignes sort tout le reste. Le rendement d’une machine se déduit de la difficulté seule, sans passer par une estimation de puissance : elle fixe le nombre moyen de hachages qu’il faut abattre pour trouver un bloc, et il suffit de rapporter ce nombre aux 86 400 secondes d’une journée. Un térahash par seconde touche ainsi 49,3 satoshis de récompense, 49,7 avec les frais. Ce plafond est absolu : aucun contrat, aucune plateforme et aucune machine ne le dépasse, puisqu’il représente la totalité de ce que le protocole verse.
Reste à comparer les 28,4 millions de dollars à ce qui s’échange. L’agrégat de CoinGecko additionne des dizaines de places dont certaines gonflent leurs volumes, et il vaut mieux le prendre avec des pincettes. Prenons donc le chiffre le plus étroit possible, celui d’une seule paire sur une seule place : BTC/USDT chez Binance a traité 780,5 millions de dollars en vingt-quatre heures. La production mondiale des mineurs pèse alors 3,6 % de ce carnet d’ordres. Sur l’agrégat, elle tombe à 0,14 %.
Entre les deux bornes, il y a un facteur vingt-six, et la conclusion ne bouge pas d’un pouce : même en supposant que chaque mineur vende immédiatement tout ce qu’il produit, le flux vendeur reste une goutte dans le carnet. Sur cette seule paire de Binance, il suffit de cinquante-deux minutes d’échanges pour brasser l’équivalent d’une journée de production mondiale.
L’émission ne suit pas la puissance installée
Presque tous les articles sur le sujet passent à côté d’une règle qui n’a pourtant rien d’une subtilité : la quantité de bitcoins créés ne se règle pas sur le nombre de machines branchées, elle se règle sur une horloge.
Le protocole vise un bloc toutes les dix minutes. Tous les 2 016 blocs, il compare le temps réellement écoulé aux quatorze jours visés et corrige la difficulté du même rapport. Si la puissance double, les 2 016 blocs tombent en sept jours, puis la difficulté double et le rythme revient à dix minutes. Si la moitié des machines s’éteint, la même fenêtre s’étire sur quatre semaines avant que la correction n’arrive.
Cet ajustement est une variable dont l’unique fonction est d’annuler l’effet de la puissance installée. Elle y parvient, mais avec du retard, et ce retard se voit. Sur les vingt fenêtres qui séparent le 29 octobre 2025 du 8 août 2026, le réseau a émis 444,6 bitcoins par jour en moyenne. Le détail est moins sage : 399,5 sur la fenêtre de fin janvier 2026, 516,1 sur celle de février. L’écart entre ces deux extrêmes dépasse le quart de la valeur visée.
C’est cette oscillation, et rien d’autre, que la puissance installée commande. Elle ne change pas le total sur un trimestre, elle décale le calendrier des versements à l’intérieur. La conséquence est brutale pour l’idée reçue qui veut qu’un hashrate en hausse annonce une hausse du cours. Côté offre, il n’annonce rien. Un térahash de plus ne produit pas un satoshi de plus sur la durée, il signale seulement que des exploitants ont trouvé rentable de brancher du matériel, ce qui découle du cours passé et ne dit rien du cours à venir. Le détail de cet ajustement et de ses effets sur une machine se trouve dans notre page sur ce que mesure la difficulté de minage.
Été 2021 : le réseau perd la moitié de sa puissance
La démonstration a eu lieu grandeur nature. Personne n’a eu besoin de la simuler.
Le 21 mai 2021, Pékin annonce une répression du minage sur un territoire qui hébergeait alors la majorité de la puissance mondiale ; les provinces ferment les fermes au mois de juin. La difficulté, qui culminait à 25,05 billions le 13 mai, encaisse quatre corrections : moins 15,97 %, moins 5,30 %, puis moins 27,94 % le 3 juillet, la plus forte de toute l’histoire du réseau, puis moins 4,81 %. Elle touche 13,67 billions à la mi-juillet. Quarante-cinq pour cent de la capacité durable ont disparu en neuf semaines, et le hashrate quotidien est descendu bien plus bas encore au creux de l’épisode.
Cette fois, l’émission a décroché pour de bon. Les 8 064 blocs de ces quatre fenêtres ont demandé 65,6 jours au lieu de 56 : 123 blocs par jour au lieu de 144, donc 768 bitcoins par jour au lieu de 900. Dans la fenêtre du 13 juin au 3 juillet, où un bloc mettait près de quatorze minutes à sortir, la production est tombée à 648. Près de 8 600 bitcoins n’ont pas été créés, 14,6 % de moins que prévu. Jamais la chaîne n’a autant manqué à produire.
Date | Difficulté | Cours du bitcoin |
|---|---|---|
13 mai 2021 | 25,05 T, le sommet | 49 671 $ |
22 juin 2021 | 19,93 T | 28 805 $, le creux |
18 juillet 2021 | 13,67 T, le creux | 31 779 $ |
10 novembre 2021 | 21,66 T | 69 000 $, le record |
Lisez ce tableau lentement. Le creux du cours tombe le 22 juin, avant la plus forte des quatre corrections. Le record arrive le 10 novembre, alors que la difficulté reste 13,5 % sous son sommet de mai. Entre les deux, le prix a plus que doublé pendant que le réseau se reconstruisait à peine et que l’offre neuve rattrapait son retard. Un déficit d’émission de 15 % sur neuf semaines, le plus fort jamais observé, n’a laissé aucune trace lisible sur le prix.
Le même écart se rejoue aujourd’hui, en plus petit. Entre le retarget du 29 octobre 2025 et celui du 8 août 2026, elle est passée de 155,97 billions à 127,48, soit 18,3 % de moins, par un chemin qui n’a rien d’une pente : 125,86 en février, 145,04 en mars, 124,93 en juin. Le cours, lui, a reculé de 43 % sur la même période, de 110 000 à 63 000 dollars environ. Ce que ce recul de puissance doit au basculement des grandes fermes vers le calcul pour l’intelligence artificielle se lit dans notre état du marché du minage en 2026.
Le coût de revient d’un bitcoin ne fait pas plancher
L’argument revient à chaque baisse : le cours ne peut pas durablement passer sous le coût de production d’un bitcoin, sinon les mineurs s’arrêtent. Il sonne juste. Il suppose surtout qu’il existe un coût de production, au singulier.
Il n’y en a pas. Fin juin 2026, Blockware chiffrait la fabrication d’un bitcoin à environ 33 000 dollars sur une Antminer S21 XP alimentée à 5 centimes le kilowattheure, et à 96 000 dollars sur une S19 XP à 9 centimes. Deux variables commandent tout, l’efficacité de la machine en joules par térahash et le prix du courant. Presque du simple au triple.
Le chiffre qui circule cet été, 74 300 dollars, est la moyenne des sociétés de minage cotées en Bourse. Ce sous-ensemble paie son électricité plus cher que l’exploitant privé installé au pied d’un barrage, et il porte des frais de siège que l’autre n’a pas. Face à un cours de 62 741 dollars, il produit à perte. Le mineur qui tourne à 33 000 dollars, lui, gagne encore de l’argent, et c’est son coût à lui qui décide de ce qui reste branché. Un cours sous la moyenne des cotés n’arrête donc rien du tout.
La difficulté achève de vider l’argument. Quand le cours monte, des machines s’ajoutent, la difficulté grimpe, chaque térahash reçoit moins de satoshis, et le coût électrique par bitcoin produit augmente. Quand le cours chute, les exploitants les moins efficaces débranchent, la difficulté baisse, les survivants récupèrent une part plus grande de l’émission et leur coût de revient redescend. Le coût de production court donc derrière le cours, à quelques semaines de distance.
Ce mécanisme explique aussi pourquoi une machine achetée au sommet d’un cycle déçoit toujours. Sa production en satoshis décroît mois après mois, non parce qu’elle vieillit, mais parce que la concurrence s’épaissit autour d’elle. C’est l’argument à garder en tête au moment de choisir un mineur ASIC, où l’efficacité en joules par térahash décide de la durée de vie économique.
Combien les mineurs vendent réellement
Reste l’objection sérieuse : le mineur ne conserve pas ce qu’il produit, il paie sa facture d’électricité en monnaie, donc il vend. C’est vrai, et cela se mesure.
Les sociétés de minage cotées en Bourse détenaient 127 000 bitcoins au 1er janvier 2026. Elles en gardent 99 000. Elles ont donc liquidé 28 000 bitcoins en sept mois et demi, en plus de vendre leur production courante : 125 bitcoins par jour, près de 8 millions de dollars au cours actuel, quatre centièmes de pour cent du volume agrégé. Le stock entier, ces 28 000 bitcoins qui valent 1,78 milliard de dollars aujourd’hui, changerait de mains en un peu plus de deux heures de marché.
Ce chiffre a de l’importance, mais pas celle qu’on lui prête. Il ne pèse pas sur le cours. En revanche, il dit l’état de santé d’une partie du secteur : une industrie qui vend ses réserves ne couvre plus ses charges avec ses revenus courants. Les 74 300 dollars de coût moyen des mineurs cotés et leur déstockage de 28 000 bitcoins racontent la même chose. Le premier explique le second.
Quant à l’idée que les mineurs, en vendant, déclencheraient les baisses, elle se heurte aux dates. Sur les deux épisodes décrits plus haut, le cours a baissé d’abord et les capitulations sont venues ensuite, avec le décalage qu’impose un contrat d’électricité. Les entreprises qui vivent du minage subissent le prix qu’on leur fait. Leur santé financière est un thermomètre.
Le halving, seul moment où le minage touche à l’offre
Il existe un instant où le minage modifie l’offre de bitcoin. Il est inscrit au calendrier depuis 2009.
Le 20 avril 2024, au bloc 840 000, la récompense est tombée de 6,25 à 3,125 bitcoins. L’émission quotidienne est passée de 900 à 450 unités du jour au lendemain. Le prochain rendez-vous est le bloc 1 050 000, attendu au printemps 2028. L’émission tombera à 225.
C’est le seul événement du minage qui touche à la quantité créée. Encore faut-il le remettre à l’échelle. Aux 444,6 bitcoins quotidiens des dix derniers mois correspondent 162 000 bitcoins sur douze mois, face à 20 070 000 unités déjà en circulation. Le réseau émet 0,81 % de son stock par an. Au printemps 2028, ce flux sera divisé par deux et le taux tombera autour de 0,4 %. Autant dire que la production neuve pèse peu, et qu’elle pèsera moitié moins dans deux ans. Ce que le halving change au revenu d’une machine est chiffré dans notre page sur la récompense de bloc et l’après-halving.
Un mineur qui espère qu’un halving fasse monter le cours mécaniquement se trompe donc de raisonnement : la variation d’offre est trop faible pour cela. En revanche, ce qui change immédiatement et sans ambiguïté, c’est son propre revenu. Il est divisé par deux le jour même, à cours et difficulté constants.
Le marché que le minage a vraiment retourné
Entre 2020 et 2022, le minage a bel et bien retourné un marché. Celui des cartes graphiques.
Quand l’ether se minait encore au processeur graphique, la demande des mineurs s’est superposée à celle des joueurs sur les mêmes références, avec un pouvoir d’achat sans commune mesure. Les joueurs ont perdu la partie. NVIDIA a fini par lancer une gamme dédiée, les CMP, dépourvue de sortie vidéo : 550 millions de dollars de chiffre d’affaires sur l’exercice 2022, dont 24 sur le seul dernier trimestre, avant de tomber à un montant que le constructeur qualifiait lui-même de négligeable. Le 6 mai 2022, la SEC lui a infligé 5,5 millions de dollars d’amende pour n’avoir pas dit à ses actionnaires, sur l’exercice 2018, que la croissance de ses ventes de cartes de jeu venait pour une part importante du minage.
Le 15 septembre 2022, Ethereum est passé en preuve d’enjeu, et cette demande a disparu. Elle s’était d’ailleurs retirée avant l’heure : les mineurs avaient cessé d’acheter à l’approche de la bascule, et les prix cédaient déjà. Sur la place de Shanghai, la plus exposée, une RTX 3080 est tombée de 8 000 à moins de 5 000 yuans en trois mois, 37 % de moins. Un cycle entier de prix, monté puis descendu, sans qu’aucune de ces cartes ait jamais fabriqué le moindre bitcoin.
Cette histoire a une suite qui concerne directement l’acheteur d’aujourd’hui. Le parc libéré en 2022 circule toujours, et les ASIC de bitcoin suivent depuis 2024 la même trajectoire : les salles converties au calcul pour l’intelligence artificielle sortent leurs machines par conteneurs. Le prix d’un térahash d’occasion dépend de ce déstockage bien plus que de la valeur d’usage de l’appareil. Nos pages sur le rendement réel d’une carte graphique et sur ce que coûte vraiment une S19 à 400 € posent le calcul modèle par modèle.
Ce qu’il faut de puissance pour un bitcoin par an
La question revient sans arrêt, et elle se règle avec le rendement du jour. Un bitcoin vaut cent millions de satoshis. À 49,7 satoshis par térahash et par jour, un térahash en produit 18 140 sur une année pleine. Il faut donc 5 520 térahachages par seconde pendant douze mois pour en obtenir un seul.
Traduit en matériel, cela fait vingt-quatre Antminer S21 Pro, la machine à air la plus courante du moment : 234 TH/s chacune, 3 510 watts, 15 joules par térahash. L’ensemble tire 84 kilowatts en continu et avale 738 000 kilowattheures sur l’année. Au tarif réglementé bleu en option base, 0,2001 € le kilowattheure depuis le 1er août 2026, la facture atteint 147 700 euros.
Le jeton produit en vaut 54 236. Le compte parle de lui-même. Il explique aussi pourquoi la carte mondiale du minage évite soigneusement l’Europe de l’Ouest, et le calcul complet au tarif français est posé dans notre méthode de calcul de rentabilité.
Ce qu’un acheteur de matériel en tire
Un achat de matériel ne se fonde jamais sur une prévision de cours tirée du hashrate. Les deux grandeurs ne se commandent pas dans ce sens, l’été 2021 et les dix derniers mois le montrent assez. Ce qui décide, c’est le prix du kilowattheure et l’efficacité de la machine. Rien d’autre.
Le rendement de 49,7 satoshis par térahash et par jour, ensuite, sert de test à toute offre reçue. Ce nombre est la totalité de ce que le protocole distribue, divisée par la puissance en face. Un vendeur qui promet mieux vend une part d’une chose qui n’existe pas, et notre page sur la division qui démasque une fausse offre de minage déroule le calcul sur des contrats réels.
Reste à accepter que le rendement d’une machine s’érode par construction. Chaque térahash ajouté au réseau réduit la part de tous les autres, la vôtre comprise. Une installation qui ne rembourse pas son matériel avant le halving de 2028 parie sur une hausse du cours, pas sur le minage. Le pari se tient. Encore faut-il savoir qu’on le fait, sachant qu’acheter la pièce directement donne le même actif sans le ventilateur ni le disjoncteur.
Questions fréquentes
Le hashrate annonce-t-il une hausse du cours ?
Non. Un hashrate en hausse fait sortir les blocs plus vite pendant une quinzaine de jours, puis la difficulté annule l’avance. À l’échelle du trimestre, il ne crée aucun bitcoin de plus. Il indique que des exploitants ont jugé le minage rentable, ce qui découle du cours passé.Les mineurs peuvent-ils faire chuter le marché en vendant ?
Leur production entière vaut 28,4 millions de dollars par jour, contre plusieurs milliards échangés. Même en vendant tout, ils restent sous 4 % du carnet de la paire la plus active.Quelle puissance faut-il pour miner un bitcoin par an ?
5 520 térahachages par seconde à la difficulté du 14 août 2026, soit vingt-quatre machines à air de série courante, 84 kilowatts en continu et 738 000 kilowattheures sur l’année.Le cours peut-il rester sous le coût de production ?
Il y est en ce moment, mais seulement face aux 74 300 dollars des mineurs cotés. Une machine récente alimentée à 5 centimes le kilowattheure produit à 33 000 dollars et reste largement bénéficiaire, et c’est ce coût-là qui décide de ce qui tourne.Le halving fait-il monter le bitcoin ?
Il divise l’émission par deux, mais celle-ci ne représente que 0,81 % du stock en circulation par an. Ce qui change avec certitude, c’est le revenu de chaque machine, divisé par deux le jour même.Pourquoi les mineurs cotés vendent-ils leurs réserves ?
Parce que leurs revenus courants ne couvrent plus leurs charges. Ils sont passés de 127 000 à 99 000 bitcoins depuis janvier 2026, ce qui mesure la santé du secteur, pas la direction du marché.