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Kit minage crypto : ce qu’il y a dans le carton, et ce qui manque

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Kit minage crypto : ce qu’il y a dans le carton, et ce qui manque

« Kit Mining 8 GPU », 199,99 €. Le huit compte des emplacements sur une carte mère. Le carton ne contient aucune carte graphique, et le titre ne le dit nulle part.

Plus bas dans le même catalogue, un autre kit à huit cartes s’affiche 7 099,99 €. Celui-là les contient. Le mot sur l’étiquette n’a pas changé d’une lettre.

Cette lecture-là se fait en descendant jusqu’au bas de la fiche produit. Elle vaut à peu près quatre mille euros.

Le pack à 200 € : une carte mère, un processeur soudé, et c’est tout

Relevé le 14 août 2026 chez Happy Mining, enseigne française qui livre en sept jours et propose le retrait à Sartrouville. Le Pack Mining 8 GPU BTC-S37 est affiché 199,99 € toutes taxes comprises, garantie un an.

Dedans : une carte mère BTC-S37, un processeur Intel Celeron 847 cadencé à 1,80 GHz soudé dessus, son ventirad, 4 Go de DDR3L SODIMM à 1600 MHz, la pile de la carte, un adaptateur 24 broches. Fin de la liste. N’y sont pas les cartes graphiques, l’alimentation, les risers, le châssis ni le disque. Rien de ce qui produit du hachage, rien de ce qui l’alimente.

La carte mère explique à elle seule pourquoi cet objet se vend. La BTC-S37 aligne huit connecteurs PCIe espacés de 65 millimètres, assez pour enficher huit cartes pleine taille à même le circuit imprimé, et huit prises 6 broches sont soudées à côté pour les alimenter. Un rig ordinaire demande huit risers et leurs seize connecteurs. Celui-là n’en demande aucun. Ce que transporte un riser et ce qui le tue dit pourquoi la suppression du poste compte davantage que ses soixante euros.

Le processeur, lui, ne calcule rien. Un Celeron 847 de 2011, 17 watts, distribue les tâches et laisse les cartes travailler. Le choix du processeur d’un rig se règle sur ce seul critère, et l’enseigne l’a réglé d’avance.

Les trois autres packs du même rayon

Le catalogue en propose trois déclinaisons. Le HM65-BTC à 197,99 €, carte mère à huit ports PCIe, processeur Intel B950 à 2,1 GHz, 4 Go de DDR3. Le B250C à 239,99 € et le B250 à 264,99 €, tous deux sur Celeron G3930 et 8 Go de DDR4 à 2400 MHz.

Aucun des quatre ne contient de carte graphique. Aucun ne contient d’alimentation. Les 67 € d’écart entre le moins cher et le plus cher achètent quatre emplacements de plus et de la mémoire un peu plus récente.

Ce qu’il reste à acheter pour tenir un équipement de minage complet

Un pack posé sur une table ne mine pas. Voici la facture qui le transforme en machine, aux prix relevés le même jour chez Happy Mining et chez TrendyMining.

Poste

Ce qu’on achète

Prix relevé

Pack de base

Carte mère BTC-S37, Celeron 847, 4 Go DDR3L

199,99 €

Châssis

Cadre métal 8 cartes, 63,6 × 25 × 24 cm, jusqu’à 5 ventilateurs de 120 mm

114,99 €

Alimentation

Corsair RM1000x, 1 000 W, 80 Plus Gold

219,90 €

Risers

Inutiles sur cette carte mère, 64,90 € les huit ailleurs

0 €

Disque système

SSD 120 Go, fourni dans le kit B250 à 339,99 €

compris ou 30 €

Montage

Assemblage et installation, en option

à partir de 80 €

Cartes graphiques

Huit, jamais fournies

le reste

Sans les cartes et sans le montage, 534,88 €. Avec le montage, 614,88 €. C’est le prix du meuble.

Deux lignes de ce tableau demandent une remarque de terrain. Chez TrendyMining, l’alimentation Corsair est en rupture, et cinq des six lots de risers du catalogue le sont aussi ; seule l’unité isolée à 9,90 € reste disponible. Le rayon se vide. Le choix de chaque pièce d’un rig, par la contrainte qui la décide devient un exercice de disponibilité autant que de spécifications.

Le kit monté : 4 499,99 €, huit cartes, une fiche technique à moitié périmée

Le même vendeur propose l’autre bout de la gamme. Mining Rig Rack BTC-S37 8x RTX 4060Ti, 4 499,99 € toutes taxes comprises, neuf exemplaires en stock. Le carton contient huit RTX 4060 Ti neuves, un rack fermé de 76 × 25 × 46 cm à quatre ventilateurs, la carte mère BTC-S37 et son Celeron, 4 Go de DDR3L, une alimentation Lianli de 1 800 ou 2 000 W, un SSD de 120 Go, quatre doubleurs PCIe 2×8 broches, et HiveOS ou Windows déjà installé. Garantie un an en français.

La marge se calcule avec les propres prix de l’enseigne. Le même rack vendu nu, sans cartes, coûte 449,99 €. Il reste donc 4 050 € pour huit cartes graphiques, l’alimentation et le disque : au plus 506 € par carte, tout compris. L’étiquette ne triche pas.

Sa fiche technique annonce quatre performances. L’une porte sur une chaîne qui a quitté le minage GPU l’an dernier, une autre met en tête un nom sorti de la preuve de travail en 2022, et les deux qui restent promettent près du double de ce qu’on mesure.

Ligne de la fiche

Annoncé pour 8 cartes

Ce que huit RTX 4060 Ti font

ETH / ETC

520 MH/s

Ethereum est en preuve d’enjeu depuis le 15 septembre 2022

FLUX

705 SOL/s

Minage GPU coupé au bloc 2 020 000, le 20 octobre 2025

Ravencoin (KAWPOW)

256 MH/s

158,2 MH/s, soit 19,77 par carte

Ergo (Autolykos2)

1 064 MH/s

552,7 MH/s, soit 69,09 par carte

La première ligne coiffe deux monnaies sous un même sigle, et la plus connue des deux a quitté la preuve de travail il y a quatre ans. Ce que la fusion d’Ethereum a rendu impossible peuple encore les fiches produit. La deuxième ligne date de moins d’un an : les pools Flux ont fermé à 19 h UTC le 20 octobre 2025, la chaîne a bifurqué, et les récompenses passent depuis par des nœuds.

Restent Ravencoin et Ergo. Sur ces deux-là, l’annoncé vaut 1,6 et 1,9 fois le mesuré. Un second relevé donne 19,20 MH/s à 110 watts en KAWPOW, ce qui confirme l’ordre de grandeur par carte. Le rig existe, il tourne, et il produit un peu plus de la moitié de ce que sa fiche promet.

Une mention manque à cette fiche, et c’est celle qui fixe la date de péremption du rig. La RTX 4060 Ti existe en 8 et en 16 Go, l’annonce ne dit pas laquelle est dans le rack, et les relevés cités ici portent sur la version de 16 Go. Or le fichier de travail que chaque carte doit garder en mémoire ne cesse de grossir : 5,680 Go côté Ravencoin, 4,165 Go côté Ergo. Une carte de 8 Go sortira du minage de Ravencoin au bloc 6 720 000, le 7 novembre 2030, et de celui d’Ergo en août 2034. Celle de 16 Go n’a pas cette échéance. La bande passante et la mémoire d’une carte de minage décident de sa durée de service bien avant sa puissance de calcul.

rig de minage à huit cartes graphiques monté sur châssis ouvert, câbles d’alimentation et ventilateurs visibles

Ce que le kit produit, et ce qu’il consomme au même moment

Trois algorithmes, trois régimes. Le premier est celui que la fiche met en avant, le deuxième le plus économe, le troisième le mieux payé du catalogue de cette carte. Recettes brutes converties au taux du 14 août 2026, un euro pour 1,1536 dollar. Électricité au tarif réglementé bleu, option base, 0,2001 €/kWh toutes taxes comprises jusqu’à 6 kVA. La consommation à la prise ajoute trente watts de plateforme et un rendement d’alimentation de 90 %.

Régime

Hashrate des 8 cartes

À la prise

Recette par jour

Courant par jour

Solde

Ravencoin, KAWPOW

158,2 MH/s

878 W

0,76 €

4,22 €

− 3,46 €

Ergo, Autolykos2

552,7 MH/s

433 W

0,42 €

2,08 €

− 1,66 €

Pearl-pow fusionné

448,4 TH/s

1 118 W

3,12 €

5,37 €

− 2,25 €

La moins mauvaise des trois lignes est celle qui fait le moins travailler les cartes : Autolykos2 tire 45 watts par carte au lieu de 122, et le kit gagne à ralentir. Aucune n’est positive. Sur douze mois, 606 € de perte en Ergo, 821 € sur l’algorithme le mieux rémunéré, 1 263 € sur celui que la fiche produit met en vitrine. Ces montants s’ajoutent aux 4 499,99 € déjà sortis.

Le seuil se lit dans le même tableau. Diviser la recette par les kilowattheures consommés donne le prix du courant au-dessous duquel la machine cesse de perdre : 3,6 centimes en Ravencoin, 4,0 en Ergo, 11,6 sur le meilleur régime. Le tarif résidentiel français le plus bas, les heures creuses bleues de l’option Tempo, s’établit à 0,1356 €/kWh. Aucune prise du pays ne descend à 0,116. Le calcul de rentabilité, poste par poste reprend cette construction pour n’importe quelle configuration.

Le même argent en ASIC ne renverse rien

La comparaison vient d’elle-même, et elle surprend. Avec 4 499,99 €, on achète deux Antminer S21+ de 216 TH/s à 1 909,99 € pièce, et il reste 680 €. Ces deux machines produisent 432 TH/s, soit 11,88 € de recette par jour au hashprice du mois. Elles appellent 7 128 watts, donc 34,23 € de courant. Solde : moins 22,35 € par jour, six fois pire que le rig à cartes. Le compteur décide, pas la technologie.

L’ASIC perd davantage parce qu’il consomme davantage, et pour la même raison il ne se branche pas où l’on veut : 7 128 watts sous 230 volts font 31 ampères, largement au-delà d’un départ domestique. Le kit à cartes tire 4,9 ampères et tient sur un circuit de 16 A sans discussion. L’arbitrage entre ASIC et GPU se joue là avant de se jouer sur le rendement, et le prix du térahash chez les revendeurs français classe les machines autrement que leurs fiches.

Le kit le plus modeste perd le moins

Une troisième famille se vend sous le même mot. Un Bitaxe GT 800 coûte 199,99 €, exactement le prix du pack vide, et il arrive complet : 2,4 TH/s, 35 watts, 33 décibels, 725 grammes. Il produit 6,6 centimes par jour et en consomme 16,8. Sa perte annuelle s’établit à 37 €.

Trente-sept euros contre six cent six. Le petit boîtier ne rentre pas davantage dans ses frais, mais il se trompe d’un ordre de grandeur en dessous, et il tient sur une étagère. C’est le seul objet de cette page qu’on peut acheter sans avoir refait le calcul.

Ce qu’aucun kit ne contient, quel que soit son prix

La ligne électrique n’est jamais dans le carton. Un rig de huit cartes à plein régime demande son propre départ depuis le tableau, en 2,5 mm² au minimum, sans four ni chauffe-eau dessus. Sur un abonnement de 6 kVA, les 1 118 watts du kit laissent de la marge. Deux kits n’en laissent plus. La chaleur non plus. Les 1 118 watts finissent intégralement en air chaud dans la pièce où le rack est posé, et les quatre ventilateurs du boîtier fermé ne se règlent pas sur le sommeil de la maison. Le débit d’air à évacuer et le calibre du disjoncteur écartent plus d’un salon de la liste des emplacements possibles.

Le compte de pool, le portefeuille et le choix de la monnaie restent à faire. Le système préinstallé sur le kit monté règle une soirée de travail, pas la question de ce qui se mine encore avec une carte graphique.

L’impôt attend au bout de l’exercice. Les jetons produits relèvent des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts, imposés à la réception sur la valeur du jour. Le régime micro plafonne à 83 600 € pour les revenus de 2026 à 2028, avec un abattement de 34 %, et le reste suit le barème progressif. La somme se met de côté le mois où les jetons arrivent. Pas l’année où l’avis tombe. Les cases à remplir se préparent en même temps que le budget d’électricité.

Sept vérifications avant de commander

  • Compter les cartes, pas les ports. « 8 GPU » dans un nom de produit désigne presque toujours une capacité d’accueil. La liste du contenu tranche, jamais le titre.

  • Chercher l’alimentation dans la liste. Elle manque dans les quatre packs relevés ici et dans deux des kits. Compter 220 € de plus pour un bloc de 1 000 W certifié Gold.

  • Prendre chaque monnaie de la fiche une par une. Une chaîne passée en preuve d’enjeu ou sortie de la preuve de travail figure encore sur les fiches des années après. Deux des quatre lignes du kit monté sont dans ce cas.

  • Diviser le hashrate annoncé par le nombre de cartes. Le quotient se compare à un relevé indépendant du modèle. Un écart de 60 % se voit en dix secondes.

  • Demander la quantité de mémoire vidéo par écrit. Le même modèle existe souvent en deux versions, et le vendeur ne précise pas laquelle il livre. Huit gigaoctets tiennent jusqu’en novembre 2030 sur Ravencoin, seize n’ont pas d’échéance en vue.

  • Vérifier que le montage est compris. Il se facture 80 € en supplément, et un kit de pièces détachées arrive en pièces détachées. La procédure d’assemblage et de premier démarrage dit ce que ces 80 € achètent.

  • Regarder le stock avant le prix. Les risers et les alimentations partent en rupture les premiers, et un kit incomplet immobilise le reste.

Reste la vérification qui commande toutes les autres, et elle ne se fait pas sur le site du vendeur. Relever le prix du kilowattheure sur sa propre facture, le comparer au seuil de la configuration visée, n’acheter que si le second dépasse le premier. Sur les prises françaises, aucun des kits relevés ici ne passe cette ligne. Le seuil de rentabilité du minage en France se recalcule à chaque changement de tarif, et la division qui démasque une offre trop belle s’applique au premier vendeur qui promettra le contraire.