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Prix ASIC minage : ce que coûte vraiment un térahash en 2026

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Prix ASIC minage : ce que coûte vraiment un térahash en 2026

Une annonce affiche 389,99 €. Une autre, 15 949,99 €. Les deux vendent exactement la même chose : de la puissance de calcul SHA-256, que le réseau Bitcoin rémunère au térahash par seconde et à rien d’autre. Quarante fois l’écart entre les deux étiquettes, et sur aucune des deux pages produit le prix du térahash n’est écrit.

La division tient sur un coin de nappe. Prix affiché, divisé par le hashrate annoncé. Elle range les vitrines françaises dans un ordre que leurs fiches ne laissent pas deviner : 4,11 € le térahash pour une S19 sortie de ferme, 83,33 € pour un petit boîtier de bureau, avec toute la gamme neuve serrée entre 7 et 30 €.

Cette colonne-là ne suffit pourtant pas à choisir. Un térahash acheté 8,84 € consomme pour 28,92 € de courant par an au tarif réglementé français, et rapporte 10,04 €. Le prix d’achat est le petit nombre de l’équation. Tout ce qui suit part de ce constat.

Le prix se lit au térahash, pas à la machine

Deux divisions suffisent à décrire un ASIC. La première donne l’euro par térahash : le prix toutes taxes comprises, divisé par le hashrate en TH/s. La seconde donne le joule par térahash, c’est-à-dire les watts annoncés divisés par ce même hashrate. La première dit ce qu’on sort de sa poche une fois, la seconde ce qu’on sortira tous les mois.

Ces deux nombres ne vont pas dans le même sens. Une S19 d’occasion à 4,11 € le térahash tourne à 34,2 J/TH. Une S23 neuve à 28,39 € le térahash descend à 11 J/TH. La machine la moins chère à l’achat est trois fois plus gourmande par unité de travail produite. Le rapport entre les deux colonnes s’inverse presque parfaitement, et il détermine à lui seul si l’achat a un sens. Le choix du mineur ASIC selon l’algorithme visé se joue ailleurs, mais l’arbitrage financier se joue là.

Trois précautions avant de comparer deux annonces

Un prix en dollars ne se compare à rien sans un taux daté. L’euro valait 1,152 dollar le 13 août 2026. Startmining, qui héberge autant qu’il vend, affiche 3 300 $ hors taxes pour une S21+ Pro Hydro : 2 865 € au taux du jour, et 3 438 € une fois la TVA ajoutée pour un acheteur particulier. Entre l’étiquette et le virement, 573 € se sont ajoutés sans qu’une ligne de la fiche l’annonce.

La même arithmétique vaut pour une commande directe. Une machine annoncée 2 000 $ départ usine coûte 1 736 € avant transport, avant TVA à l’importation et avant frais de dossier du transporteur.

Et le hashrate qui sert de dénominateur doit venir de la même annonce que le prix. Un tarif relevé chez un revendeur avec une puissance recopiée sur la fiche du fabricant donne un euro par térahash qui ne décrit aucune machine réelle, parce que les revendeurs vendent des déclinaisons différentes du même modèle. Bitmain décline la S21+ en 216, 225 et 235 TH/s, et la S21 Pro en 220, 234 et 245.

Deux boutiques, un carton identique. La même ANTMINER S21+ 216TH, mêmes 3 564 W annoncés, se vend 1 909,99 € chez Happy Mining et 2 700 € chez Spirit Mining. Soit 8,84 € le térahash contre 12,50 €. Sept cent quatre-vingt-dix euros séparent deux cartons identiques, livrés en France l’un comme l’autre.

Les prix relevés le 13 août 2026

Trois boutiques qui livrent en France. Minent et Happy Mining affichent leurs prix toutes taxes comprises, droits d’importation acquittés. Occasion pour les deux premières lignes, neuf pour tout le reste.

Boutique

Machine

Hashrate

Consommation

Efficacité

Prix affiché

€ par TH/s

Minent

Antminer S19 95 TH/s, occasion

95 TH/s

3 250 W

34,2 J/TH

389,99 €

4,11 €

Minent

Antminer S19j Pro 104 TH/s, occasion

104 TH/s

3 068 W

29,5 J/TH

449,99 €

4,33 €

Happy Mining

Antminer S19K Pro 120TH

120 TH/s

2 760 W

23,0 J/TH

899,99 €

7,50 €

Happy Mining

Canaan Avalon A16 282TH

282 TH/s

3 900 W

13,8 J/TH

2 399,99 €

8,51 €

Happy Mining

Antminer S21+ 216TH

216 TH/s

3 564 W

16,5 J/TH

1 909,99 €

8,84 €

Happy Mining

Whatsminer M61S 216TH

216 TH/s

4 320 W

20,0 J/TH

1 909,99 €

8,84 €

Happy Mining

Antminer S21 Pro 234TH

234 TH/s

3 510 W

15,0 J/TH

2 459,99 €

10,51 €

Spirit Mining

Antminer S21+ 216TH

216 TH/s

3 564 W

16,5 J/TH

2 700,00 €

12,50 €

Happy Mining

Antminer S21 XP 270TH

270 TH/s

3 645 W

13,5 J/TH

4 459,99 €

16,52 €

Happy Mining

Antminer S23 Hydro 580TH

580 TH/s

5 510 W

9,5 J/TH

15 949,99 €

27,50 €

Happy Mining

Antminer S23 305TH

305 TH/s

3 355 W

11,0 J/TH

8 659,99 €

28,39 €

Happy Mining

Canaan Avalon Nano 3S

6 TH/s

140 W

23,3 J/TH

397,99 €

66,33 €

Happy Mining

Bitaxe GT 800

2,4 TH/s

35 W

14,6 J/TH

199,99 €

83,33 €

rangée d’ASIC de minage Bitcoin en rack, façade avant avec ventilateurs et connecteurs d’alimentation

Deux machines valent exactement le même prix pour exactement le même hashrate. La S21+ de Bitmain et la M61S de MicroBT partent à 1 909,99 € chez le même vendeur et produisent 216 TH/s l’une comme l’autre. Elles ne consomment pas pareil : 3 564 W contre 4 320. Ces 756 watts d’écart font 18,1 kWh par jour, 3,63 € au tarif réglementé, 1 325 € sur douze mois. Prix identique, production identique, treize cents euros de différence par an.

Le bas du tableau obéit à une autre logique. À 66 et 83 € le térahash, les deux petits boîtiers ne se vendent pas au rendement : on y achète 33 dB de bruit, un objet de 725 grammes qui tient sur une étagère, et le droit de le brancher dans un salon. C’est un marché de curiosité, et il se compare mal au reste. Le catalogue des appareils vérifiés distingue les deux familles.

Une mention en petits caractères mérite d’être lue avant de signer. La fiche d’occasion annonce 95 TH/s à 5 % près et 3 250 W à 10 % près. Au mauvais bout des deux fourchettes, la machine livre 90,25 TH/s pour 3 575 W : 39,6 J/TH au lieu de 34,2, et 4,32 € le térahash au lieu de 4,11. Un cinquième de la consommation se loge dans ces deux fourchettes.

L’électricité rattrape le prix d’achat en quelques semaines

Un térahash par seconde produit 0,0317 $ par jour au hashprice du 10 août 2026, soit 0,0275 € au taux du 13. Sur une année pleine, 10,04 €. Ce nombre ne dépend ni de la marque, ni du prix payé, ni de l’âge de la machine. Il dépend du réseau, et le réseau paie tout le monde au même tarif.

Il paie brut, cela dit. Le pool prend sa part, et le firmware la sienne dès qu’on remplace celui d’origine : 2 à 2,5 % sur Braiins OS selon le modèle, 1,8 à 2,8 % sur VNish, 2,8 % sur LuxOS. Ce prélèvement-là ne revient jamais. Ce que Braiins ristourne, c’est son frais de pool, pas son frais de développeur. Deux et demi pour cent de 10,04 €, cela fait 25 centimes par térahash et par an, donc 54 € sur les 216 térahashs d’une S21+, que personne n’écrit dans la colonne des recettes.

En face, la consommation. À 16,5 J/TH, chaque térahash tire 396 wattheures par jour. Au tarif réglementé bleu, option base, 0,2001 €/kWh toutes taxes comprises jusqu’à 6 kVA, cela fait 7,9 centimes par jour et 28,92 € sur l’année.

Le prix d’achat est le petit nombre de l’affaire. On achète un térahash 8,84 €, on le nourrit 28,92 € par an, il en rend 10,04 €. La négociation qu’on mène en boutique porte sur le tiers de ce qu’on paiera la première année.

Machine

Prix payé

Courant par jour à 0,2001 €/kWh

Recette par jour

Jours de courant pour le prix d’achat

Antminer S19 95 TH/s, occasion

389,99 €

15,61 €

2,61 €

25 jours

Antminer S19K Pro 120TH

899,99 €

13,26 €

3,30 €

68 jours

Antminer S21+ 216TH

1 909,99 €

17,12 €

5,94 €

112 jours

Antminer S21 XP 270TH

4 459,99 €

17,50 €

7,43 €

255 jours

Antminer S23 305TH

8 659,99 €

16,11 €

8,39 €

538 jours

La S19 d’occasion brûle son prix d’achat en vingt-cinq jours de branchement, et la colonne de recette n’en couvre jamais le sixième. L’affaire à 390 € coûte 4 745 € par an de courant net de production. Le classement des annonces par prix, celui que proposent toutes les boutiques, met en tête exactement les machines qu’il ne faut pas brancher. La méthode de calcul de rentabilité, poste par poste reprend cette construction en détail.

Le seuil, et pourquoi aucune machine ne le franchit

Le point d’équilibre se calcule d’une division : 1,146 divisé par l’efficacité en joules par térahash donne le prix du kilowattheure au-dessous duquel la machine gagne plus qu’elle ne dépense. À 16,5 J/TH, 0,0695 €. À 13,5 J/TH, 0,0849 €. À 11 J/TH, 0,1042 €. La meilleure machine du tableau, la S23 Hydro à 9,5 J/TH, réclame encore 0,1206 €.

Le tarif résidentiel le plus bas se trouve dans les heures creuses bleues de l’option Tempo, à 0,1356 €/kWh toutes taxes comprises, sous les 0,1589 € de l’option heures creuses ordinaire. Le tarif bleu professionnel s’établit, lui, à 0,1949 € au 1er août 2026, et il n’est ouvert qu’à trois conditions cumulatives : une puissance souscrite qui ne dépasse pas 36 kVA, moins de dix personnes employées, et un chiffre d’affaires, des recettes ou un total de bilan sous 2 millions d’euros. Aucun de ces prix ne passe sous 0,1206. Même en jouant le meilleur tarif du meilleur calendrier, sur une prise française, aucune machine actuellement en vente ne rentre dans ses frais.

L’occasion ne rattrape rien de ce côté-là, au contraire. Le seuil d’une S19 à 34,2 J/TH tombe à 3,35 centimes le kilowattheure, celui d’une S19j Pro à 3,88 centimes. Aucun contrat d’hébergement du marché ne descend là : l’islandais à 0,053 € reste 58 % au-dessus de la ligne. Ces machines-là n’ont plus leur place nulle part, même dans un centre à cinq centimes le kilowattheure.

Ce qui explique où partent les autres. Startmining publie ses tarifs d’hébergement : 0,053 € le kilowattheure hors taxes en Islande sur l’offre hydraulique, 0,065 € sur l’offre refroidie par air comme sur le site de l’État de Washington. À 0,053 €, la S21+ repasse du bon côté de la ligne : 5,94 € de recette contre 4,53 € de courant, 1,41 € de marge quotidienne. La même machine, branchée en France, en perd 11,18 par jour. Le compte d’exploitation d’une ferme se construit entièrement sur cet écart, et le classement des machines par ce qu’elles laissent une fois l’électricité payée applique le seuil à l’ensemble du catalogue.

Miner un bitcoin entier en un an se chiffre avec les mêmes nombres. Le réseau verse une cinquantaine de satoshis par térahash et par jour, soit 18 250 sur l’année ; il en faut donc 5 479 pour en accumuler cent millions. Vingt-six S21+ à 216 TH/s : 49 660 € de matériel, 92,7 kW appelés en continu, 162 400 € d’électricité sur douze mois au tarif base. Pour un bitcoin qui en valait 55 200 le 13 août 2026. Et ces 92,7 kW ne se raccordent sur aucune maison : le plus gros branchement résidentiel s’arrête à 36 kVA.

Ce que la fiche produit ne facture pas

Une S21+ tire 3 564 W sous 230 volts, soit 15,5 ampères. Un circuit domestique protégé par un disjoncteur 16 A plafonne à 3 680 W en pointe, et moins en régime continu : la machine sature la ligne à elle seule. Il lui faut un départ dédié depuis le tableau, en 2,5 mm² au minimum, et rien d’autre dessus.

Vient ensuite la puissance souscrite. Six kVA laissent 2 436 W au reste du logement une fois la machine branchée, ce qui exclut le four et le chauffe-eau en même temps. Passer à 9 kVA fait monter l’abonnement annuel de 190,32 à 238,56 €. L’intervention Enedis se facture 4,32 € sur un compteur Linky, à distance, sans coupure. Deux baisses ou deux hausses restent à ce prix ; c’est la hausse demandée moins de douze mois après une baisse qui coûte 57,47 €, et personne ne la voit venir en essayant une puissance avant l’autre.

Le palier suivant se paie plus cher qu’en abonnement. Deux S21+ appellent 7 128 W, trois en appellent 10 692, et l’on reste en monophasé jusqu’à 12 kVA inclus. La quatrième machine fait franchir la barre : à partir de 15 kVA, le raccordement passe en triphasé, ce qui veut dire une intervention sur le tableau, un électricien, et parfois un branchement à reprendre depuis la rue.

Le choix du tarif se ferme au passage. L’option base n’est plus souscriptible au-dessus de 6 kVA en tarif réglementé résidentiel, et les abonnés de 18 à 36 kVA encore en base y basculeront d’office en heures pleines et heures creuses le 1er février 2027. Celui qui monte à 9 kVA choisit donc entre les heures creuses, 0,2142 et 0,1589 €, et Tempo. Pour une charge qui tourne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la moyenne pondérée des heures pleines et creuses ressort à 0,1958 €/kWh, très légèrement sous le tarif base. Le choix imposé ne déplace donc presque rien sur la facture d’un rig.

Reste la douane. Une machine commandée hors Union européenne supporte 20 % de TVA à l’importation, assise sur la valeur en douane augmentée du transport, de l’assurance, de l’emballage et de la commission versée à l’intermédiaire. Un particulier l’avance au transporteur, qui ajoute ses frais de dossier ; une entreprise identifiée à la TVA la porte elle-même sur sa déclaration, sans rien décaisser à la frontière depuis 2022. Les revendeurs français relevés ici portent la mention inverse sur leurs fiches : « aucun frais d’import à payer à la livraison ». Une partie de l’écart entre leur prix et celui affiché départ usine se paie là.

Cette TVA ne se récupère pas, même en achetant sous un numéro professionnel. Le minage est hors du champ de la taxe, ce qui ferme le droit à déduction : les 318 € de TVA contenus dans une S21+ à 1 909,99 € restent à la charge de l’acheteur, société ou non.

Le refroidissement liquide ajoute sa propre facture. La fiche de la S23 Hydro précise que le kit de refroidissement à eau se vend séparément, et que la machine s’alimente en triphasé 380 V. Aucune ligne monophasée domestique ne la fait démarrer. Ni le circuit d’eau, ni la pompe, ni l’échangeur ne figurent dans les 15 949,99 € affichés.

Le bruit, lui, ne se facture pas : il se subit. Les fiches de la S21+ et de la S21 Pro annoncent 75 dB(A), celle de l’Avalon Nano 3S en annonce 33. Entre les deux, la différence entre un aspirateur permanent et un réfrigérateur. La chaleur suit la même logique : les 3 564 W finissent intégralement en air chaud, et il faut en évacuer 1 064 mètres cubes par heure pour ne pas dépasser dix degrés d’écart entre l’entrée et la sortie. Le débit d’air à évacuer, les décibels et le calibre du disjoncteur décident souvent de l’endroit où la machine finit par vivre, et parfois de si elle y reste.

L’occasion, et ce que la fiche ne dit pas

Les deux premières lignes du tableau viennent du même revendeur, sur des machines sorties de ferme. Compter 389,99 € pour une S19 de 95 TH/s et 449,99 € pour une S19j Pro de 104. Ce sont les seuls prix du relevé qui descendent sous 5 € le térahash, et cette place en tête du classement s’achète avec des conditions particulières.

La fiche produit annonce une garantie de fonctionnement de 48 heures après livraison, et aucune garantie constructeur. Le vendeur indique contrôler les températures et les ventilateurs avant expédition. Le compteur d’heures, lui, ne figure nulle part, ni sur cette fiche ni ailleurs sur ce marché : une S19 est sortie en 2020, elle peut avoir six ans de service continu derrière elle.

Quatre contrôles se font à la réception. Les numéros de série des trois cartes de hachage, qui doivent appartenir au même lot ; une carte dépareillée signale un remplacement, donc une panne antérieure. Les ventilateurs, dont le roulement se sent à la main avant de s’entendre. La poussière et la corrosion sur les connecteurs d’alimentation, marqueurs d’un local humide. Et le hashrate mesuré après deux heures de chauffe, qui doit tenir dans les 5 % annoncés. Ce que contient réellement un ASIC, puce par puce aide à savoir ce qu’on regarde en ouvrant le capot.

Il y a plus lourd que ces quatre contrôles. Vingt-cinq jours de courant valent le prix de la machine. Une panne au bout d’un mois laisse une facture d’électricité supérieure au prix d’une seconde S19. Une panne coûte rarement 390 €. Elle coûte 15,61 € par jour tant qu’on laisse la machine branchée en espérant qu’elle reparte, pour 2,61 € de production. Ce que coûte réellement une S19 à 400 € déroule ce compte poste par poste.

Le contrat vendu à la place de la machine

Puisque la machine bruit, chauffe, sature le tableau électrique et passe la douane, une industrie entière propose de la remplacer par un contrat. On achète des térahashs sur un site, on reçoit du bitcoin. Ni disjoncteur, ni carton de vingt kilos.

Une division suffit à évaluer n’importe laquelle de ces offres. Le réseau distribue 453,30 BTC par jour, frais de transaction compris, pour 899 EH/s de puissance branchée au 13 août 2026. Cela fait cinquante satoshis par térahash et par jour. Personne ne peut en verser davantage sans puiser dans l’argent d’un autre client.

Ce quotient bouge. Il monte quand des machines se débranchent, il descend quand il en arrive : au sommet d’octobre 2025, avec 1 306 EH/s en ligne, la même division rendait trente-cinq satoshis. Cinquante est la valeur du mois d’août 2026, et la division se refait le jour où on lit une offre, pas le jour où elle a été écrite.

Un contrat de douze mois facturé plus de 10,04 € le térahash ne peut donc pas rendre la mise. Même vendu par quelqu’un de parfaitement honnête, sans frais de maintenance et sans une seule panne. Et les frais de maintenance existent : ils se facturent au térahash et par jour, sur la ligne même de ce qu’ils prélèvent.

L’historique du secteur ne plaide pas pour lui. HashFlare a été jugé pour une fraude de 577 millions de dollars auprès de centaines de milliers d’investisseurs : plaidoyers de culpabilité le 12 février 2025, condamnation le 12 août suivant. Genesis Mining ne signe plus de nouveau contrat depuis février 2021. Le règlement MiCA ne couvre pas le minage et aucune autorité française n’agrée d’opérateur de cloud mining : l’AMF tient bien une liste blanche des prestataires enregistrés et une liste noire des sites signalés, mais ces offres-là n’entrent dans ni l’une ni l’autre. Le tri des plateformes qui répondent encore se fait ailleurs sur le site.

L’hébergement est un autre métier, souvent confondu avec celui-là. La machine est achetée, elle appartient à l’acheteur, et c’est le kilowattheure qui se loue dans un centre. Le prix se lit alors en euros par kilowattheure et se compare directement au seuil : 0,053 € contre 0,0695 €. La division change de signe.

Quand acheter, et ce que la génération suivante fait gagner

Le prix des machines suit le hashprice, pas le cours du bitcoin. On confond les deux facilement. Le hashprice tombe aussi quand la puissance branchée sur le réseau augmente, à cours constant. Cet été, le mouvement va dans l’autre sens. Le hashrate mondial est redescendu de 1 306 EH/s fin octobre 2025 à 899, parce que le mégawatt se vend mieux à l’intelligence artificielle qu’au SHA-256.

Le rendez-vous connu tombe au printemps 2028. Le halving divise la récompense de bloc par deux, donc la recette par térahash, donc le seuil. Le point d’équilibre d’une machine à 16,5 J/TH tomberait de 0,0695 à 0,0348 €/kWh, celui d’une S23 à 11 J/TH de 0,1042 à 0,0521. Rien dans le catalogue français ne survit à ce calcul sur une prise résidentielle, et une bonne partie de l’hébergement mondial non plus.

Reste la question qui se pose vraiment en boutique : faut-il payer la génération du dessus ? Entre la S21+ à 8,84 € le térahash et la S23 à 28,39 €, la prime est de 19,55 €. Ce qu’elle achète, c’est 5,5 joules par térahash. Or un joule économisé vaut exactement le prix du kilowattheure : 1,75 € par térahash et par an à 0,2001 €, 0,46 € à 0,053 €. Ces 5,5 joules rapportent donc 9,64 € l’an sur une prise française, 2,55 € en Islande. La prime se rembourse en deux ans tout juste là où la machine ne tourne pas, en sept ans et huit mois là où elle tourne.

La prime d’efficacité ne se rattrape donc pas sur la facture, et le calendrier ne la sauve qu’à moitié. Après le halving, à 0,053 €/kWh, il faudra descendre sous 10,8 J/TH pour rester à l’équilibre. La S23 Hydro à 9,5 J/TH y arrive et continue de produire. La S23 refroidie par air, à 11, s’arrête de justesse ; la S21+ à 16,5 s’arrête bien avant. Payer 19,55 € le térahash de prime pour la version à air achète deux ans de marge, pas la décennie.

La règle qui reste n’a rien d’une prédiction. On n’achète pas une machine dont le seuil est au-dessus du prix réellement payé au kilowattheure, et on divise ce seuil par deux avant de compter au-delà du printemps 2028. Le cours du bitcoin et le bandeau de promotion ne déplacent pas cette ligne d’un centime.

Un dernier poste attend au bout de l’année, pour ceux dont le calcul passe malgré tout. Les jetons produits s’imposent en bénéfices non commerciaux, au titre de l’article 92 du code général des impôts, et l’imposition tombe à la réception, sur la valeur du jour. Le régime micro plafonne à 83 600 € pour les revenus de 2026 à 2028, avec un abattement de 34 %. Ce qui reste s’ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif : le prélèvement forfaitaire de 31,4 %, celui des plus-values de cession, ne s’applique pas à un bénéfice non commercial. Le mineur qui a bâti son plan sur une taxation à taux fixe paiera sa tranche marginale. Les cases à remplir et les sanctions encourues se traitent en fin d’exercice, mais elles se provisionnent en même temps que l’électricité.