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Minage CPU : ce que rapporte vraiment un processeur en 2026

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Minage CPU : ce que rapporte vraiment un processeur en 2026

Un processeur qui calcule vingt-quatre heures sur RandomX, l’algorithme de Monero, rapporte 2,42 centimes par kilohash par seconde et par jour. Un Ryzen 9 7950X en sort 26,96 : sa journée pèse 65 centimes bruts. Ce qu’il en reste dépend d’un seul nombre, et ce nombre ne se lit sur aucune fiche technique. Il se lit sur un wattmètre branché entre la machine et la prise.

Le reste tient dans une division. À 0,2001 €/kWh, un processeur doit tenir sous 5,04 watts par kilohash par seconde pour que le calcul rende plus qu’il ne coûte. Le 7950X a donc droit à 136 W, le Ryzen 7 5800X à 63, un serveur à deux EPYC 7742 à 385 pour l’ensemble de la machine. Ces budgets sont serrés. AMD annonce déjà 225 W de dissipation pour un seul de ces EPYC, et il en faut deux.

Ce qui se mine encore avec un processeur

Monero a basculé sur RandomX le 30 novembre 2019, au bloc 1 978 433, en remplacement de CryptoNight R. L’algorithme exécute du code généré au hasard et martèle la mémoire. C’est ce que sait faire un processeur généraliste, et ce qu’un circuit gravé pour une opération unique fait mal. Près de sept ans plus tard, Monero reste la seule chaîne RandomX qui pèse quelque chose. Zephyr tourne sur le même algorithme, sur un réseau sans commune mesure. Wownero et ArQmA n’en sont pas : ils ont recompilé RandomX avec leurs propres paramètres, RandomWOW d’un côté, RandomARQ de l’autre. XMRig les traite comme deux algorithmes à part.

Partout ailleurs, le processeur n’a plus rien à faire. Le SHA-256 de Bitcoin appartient aux circuits dédiés depuis 2013, Etchash a suivi le même chemin, KawPow et Autolykos2 restent aux cartes graphiques. Ethereum ne se mine plus depuis son passage en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022. Cardano, Solana et Ripple n’ont jamais été minables, quoi qu’en disent les listes recopiées d’une année sur l’autre. Ce qui reste minable et le matériel qui va avec se raccourcit à chaque cycle.

Les machines dédiées sont arrivées quand même

La promesse a tenu jusqu’en septembre 2023. Bitmain a sorti l’Antminer X5 : 212 kH/s pour 1 350 W. Le X9 lui succède, annoncé en décembre 2025 et expédié depuis juillet 2026, avec 1 MH/s pour 2 472 W, autour de 4 800 $ chez les revendeurs asiatiques.

Ces deux-là donnent leurs hachages et leurs watts sur la même ligne de fiche. De quoi trancher tout de suite. Le X5 tire 6,37 watts par kilohash, au-dessus du seuil français : il encaisse 5,13 € de revenu brut par jour contre 6,48 € d’électricité, et perd 1,36 € tous les jours. Le X9 tire 2,47 watts par kilohash, moitié moins que ce que le seuil autorise. Il encaisse 24,18 € de brut contre 11,87 € d’électricité. Restent 12,31 € par jour. Trois ans séparent les deux machines, et le signe a changé entre-temps.

Le X9 vaut trente-sept Ryzen 9 7950X en puissance de calcul. Ces trente-sept processeurs auraient droit à 5 032 W en tout pour rester à l’équilibre ; la machine dédiée fait le même travail dans 2 472. Six mille cent X9 suffiraient à tenir le réseau Monero en entier, et chaque exemplaire livré rogne la part de tous les autres.

La difficulté absorbe tout ce qui se branche. Elle vaut 732 499 678 969 au bloc 3 739 747, se réajuste à chaque bloc pour maintenir l’intervalle de deux minutes, et ne connaît personne : que la puissance vienne d’un portable en veille ou d’un conteneur de X9, elle divise la part de chacun dans les mêmes proportions. Ce que ça donne en pratique s’est vu à l’été 2025, quand le réseau Qubic a mobilisé 3,01 GH/s d’un coup et détenu 52,72 % du hashrate de Monero le temps de quelques blocs. Le sommet du réseau date du 16 janvier 2026, à 7,54 GH/s ; il en reste 6,10 en août. Le revenu par kilohash suit ce mouvement à l’envers, et il bouge autant.

Ce que rend un processeur, et ce qu’il a le droit de tirer

Un hashrate RandomX sans date ne veut rien dire. Au 14 août 2026, voici les meilleurs hachages relevés sur six configurations, la part de réseau qu’ils représentent, le brut quotidien qu’ils encaissent, et le nombre de watts au-delà duquel ce brut part dans le compteur, au tarif réglementé bleu, option base, 0,2001 €/kWh TTC.

Processeur

Hashrate

Part du réseau

Revenu brut / jour

Watts à ne pas dépasser

2 × AMD EPYC 7742 (256 fils)

76,40 kH/s

12,5 millionièmes

1,85 €

385 W

AMD Ryzen 9 9950X

28,42 kH/s

4,66 millionièmes

0,69 €

143 W

AMD Ryzen 9 7950X

26,96 kH/s

4,42 millionièmes

0,65 €

136 W

AMD Ryzen 9 5950X

23,37 kH/s

3,83 millionièmes

0,57 €

118 W

Intel Xeon E5-2683 v4

14,88 kH/s

2,44 millionièmes

0,36 €

75 W

AMD Ryzen 7 5800X

12,45 kH/s

2,04 millionièmes

0,30 €

63 W

Le budget de watts est la colonne qui décide. Aucune fiche technique ne le donne. L’enveloppe thermique publiée par le fabricant dit ce que le refroidisseur doit évacuer, pas ce que la puce tire en martelant la mémoire pendant vingt-quatre heures d’affilée. L’écart entre les deux n’est pas anecdotique : AMD annonce 170 W pour un 7950X quand le socket AM5 lui en laisse tirer 230. Soixante watts d’écart. Un wattmètre coûte quinze euros et tranche en une minute.

Il faut aussi mesurer au bon endroit. La carte mère, la mémoire, les disques et le rendement de l’alimentation s’ajoutent au processeur, et c’est la prise murale qui paie. Un serveur bi-socket porte le sien avant que le premier cœur n’ait commencé à calculer : ventilateurs à quinze mille tours, deux étages de régulation, seize barrettes qui chauffent. Les 385 W de la première ligne valent pour tout ça réuni.

Gros plan sur un processeur de bureau et son dissipateur, ventilateur en fonctionnement

Le calcul, au tarif français

Monero produit un bloc toutes les deux minutes, soit 720 blocs par jour. La récompense est descendue à l’émission de queue le 9 juin 2022 et n’en bougera plus : 0,6 XMR par bloc, ce qui fait 432 XMR distribués quotidiennement. Le réseau tourne à 6 104 163 991 hachages par seconde et le cours est à 341,64 €.

Le revenu d’une machine sort de trois lignes :

  1. part du réseau = hashrate du processeur ÷ hashrate du réseau ;

  2. revenu brut = part × 432 XMR × cours en euros ;

  3. électricité = watts relevés à la prise × 24 ÷ 1 000 × prix du kilowattheure.

Sur le Ryzen 9 7950X : 26 960 ÷ 6 104 163 991 donne 4,42 millionièmes du réseau. Multiplié par 432 XMR, cela fait 0,001908 XMR par jour, soit 0,65 € au cours du jour. Reste ce que la machine brûle pour les produire. Si le wattmètre affiche 160 W, l’électricité coûte 160 × 24 ÷ 1 000 = 3,84 kWh, à 0,2001 € l’unité, 0,77 € : la journée finit à douze centimes de perte. À 130 W, elle finit à trois centimes de gain. Entre les deux passe la frontière. Trente watts, pas un de plus.

Chaque terme bouge. Le cours monte et descend, la difficulté suit le hashrate du réseau. L’émission de queue, elle, est figée. Seul paramètre stable de l’équation. Elle fixe le plafond de ce que rapporte une journée de minage, quoi qu’il arrive au reste.

Le seuil : 5,04 watts par kilohash

Un watt qui tourne une journée consomme 0,024 kWh. À 0,2001 € le kilowattheure, il coûte 0,48 centime par jour. Un kilohash par seconde en rapporte 2,42. La division des deux donne le point d’équilibre : 5,04 watts par kilohash par seconde. Au-delà, la machine mine à perte, quel que soit le cours du jeton.

Le seuil suit le tarif souscrit :

  • tarif bleu résidentiel, option base à 3 et 6 kVA, 0,2001 €/kWh : 5,04 ;

  • même option de 9 à 36 kVA, 0,1985 €/kWh : 5,08 ;

  • tarif bleu professionnel, 0,1949 €/kWh toutes taxes comprises : 5,17 ;

  • heures creuses seules, 0,1589 €/kWh : 6,34.

Les calculateurs en ligne appliquent 0,10 $/kWh par défaut, à peu près la moitié du tarif français. Un solde recopié sans toucher à cette case est faux de moitié, et il l’est toujours dans le même sens.

Le réglage qui change le signe

Le seuil se lit dans les deux sens. Plutôt que de chercher le processeur qui tient sous 5,04 watts par kilohash, on demande à celui qu’on possède déjà combien de watts il a le droit de tirer, puis on le fait descendre jusque-là.

La manœuvre a une chance d’aboutir parce que RandomX attend la mémoire plus qu’il ne calcule. Baisser la fréquence des cœurs et la tension coûte moins de hashrate que de watts, et le rapport s’améliore. Elle a aussi sa limite : le hashrate baisse un peu au passage, donc la cible de watts baisse avec lui. Il faut deux ou trois passes, wattmètre en main, pour trouver où ça se stabilise. Sur les puces les moins efficaces, ça ne se stabilise nulle part. Le Ryzen 7 5800X devrait tenir ses 12,45 kH/s sous 63 W. Cela n’arrivera pas.

Le prélèvement de XMRig entre ici dans le calcul : 1 % en moins sur le revenu ramène le seuil de 5,04 à 4,99 watts par kilohash. Cinq centièmes de watt, un watt et demi sur un 7950X, soixante-huit sur une salle qui aligne cinquante machines.

La mémoire décide, pas la fréquence

RandomX réserve un bloc-notes de 2 097 152 octets, soit 2 Mio, à chaque fil d’exécution. À côté, il construit en mémoire vive un jeu de données de 2 080 Mio, dérivé d’un cache de 256 Mio. Ces trois nombres expliquent l’essentiel des écarts entre processeurs.

Les 2 Mio par fil veulent tenir dans le cache de troisième niveau. Un Ryzen 7 5800X aligne huit cœurs, seize fils et 32 Mo de L3 : deux mégaoctets par fil, la portion exacte. Son grand frère le 5950X double tout, seize cœurs, trente-deux fils, 64 Mo de L3, même compte par fil, et garde le même contrôleur mémoire à deux canaux.

Deux fois plus de cœurs donnent 23,37 kH/s contre 12,45, et non le double. Le cache a suivi, le contrôleur mémoire non. Les trente-deux fils du 5950X se partagent la bande passante des seize du 5800X, et RandomX passe son temps à lire de la mémoire.

Le Xeon E5-2683 v4 montre l’autre bout du problème. Seize cœurs et trente-deux fils comme le 5950X, mais 40 Mo de L3 seulement, soit 1,25 Mio par fil, sous la portion. Le mineur n’en lancera que vingt. La puce rend 14,88 kH/s là où le Ryzen en sort 23,37. Quatre canaux mémoire au lieu de deux ne rattrapent pas le cache manquant.

L’EPYC 7742 respecte la règle par la taille : soixante-quatre cœurs, cent vingt-huit fils, 256 Mo de L3, exactement 2 Mio par fil, et huit canaux DDR4 au lieu de deux. Deux boîtiers alignés sortent 76,40 kH/s, soit huit fois les cœurs d’un 5950X pour trois fois son hashrate. La fréquence explique le reste : 2,25 GHz de base contre près du double chez le Ryzen. Le cache fixe le nombre de fils que le mineur ose lancer et les canaux les nourrissent. Ce que chaque fil produit ensuite dépend de l’horloge.

La règle d’achat en découle. Un processeur dont le L3 ne couvre pas 2 Mio par fil ne fera jamais travailler tous ses fils : le logiciel en lancera moins que la puce n’en compte, et le nombre inscrit sur la boîte ne sert plus à rien. Cela vaut aussi pour la machine qu’on monte autour du processeur, où le nombre de canaux mémoire pèse plus lourd que le socket. Sur un Raspberry Pi, la question ne se pose même pas : ni le cache ni les canaux n’y sont.

XMRig : le prélèvement, les grandes pages, le signalement de l’antivirus

XMRig est le mineur que tout le monde fait tourner sur RandomX, et à peu près le seul qui compte. Son fichier de présentation annonce la couleur : « Default donation 1% (1 minute in 100 minutes) ». Une minute sur cent, le logiciel mine pour son auteur. L’option donate-level fait monter ce taux ; pour descendre en dessous, il faut toucher au code source et recompiler.

Sur le Ryzen 9 7950X, ce 1 % vaut moins d’un centime par jour. Il ne décide de rien. Ailleurs, c’est une autre affaire : ce que prélèvent les autres logiciels de minage monte à 2 %, 2,8 %, et jusqu’à des barèmes dégressifs qui démarrent à 6,5 %.

Les grandes pages, ou la moitié du hashrate

La documentation de XMRig chiffre le gain : 20 à 30 % en général, jusqu’à 50 % sur RandomX. Aucun autre réglage n’approche cet ordre de grandeur.

Sous Windows, il faut le privilège SeLockMemoryPrivilege. Lancer le mineur une fois en administrateur puis redémarrer suffit à l’obtenir. Sous Linux, la réservation demande 1 280 pages par nœud NUMA pour RandomX, soit 2 560 Mo mis de côté. Les pages de 1 Go, réservées à Linux, ajoutent 1 à 3 % supplémentaires et réclament 3 Go par nœud.

Un processeur qui rend nettement moins que ce qu’il devrait n’a le plus souvent pas obtenu ses grandes pages. Le cas revient souvent quand le minage tourne dans une machine virtuelle, où la réservation se joue à deux étages, côté hôte et côté invité.

L’antivirus n’a pas complètement tort

Windows Defender met XMRig en quarantaine, et ce n’est pas un caprice. Le rapport 2023 de Check Point le donne à 43 % des attaques de minage clandestin, et dixième malware mondial en 2021. Le logiciel est légitime, son usage majoritaire ne l’est pas. Le moteur antivirus sait reconnaître la famille et s’arrête là.

En pratique, le binaire se prend sur github.com/xmrig/xmrig, jamais dans une archive « prête à miner » ni derrière un lien de vidéo. Les campagnes de 2025 et 2026 ont utilisé des jeux modifiés, des paquets de logiciels piratés et des fils de discussion Steam pour installer ce fichier-là. Le logiciel change avec l’algorithme, la règle de provenance ne change jamais.

Solo, pool, ou P2Pool

À 26,96 kH/s contre 6,10 GH/s, une machine pèse 4,42 millionièmes du réseau. Sur 720 blocs quotidiens, elle en trouve 0,0032 par jour : un bloc tous les 314 jours en moyenne. En solo, cela veut dire dix mois d’attente pour un versement de 0,6 XMR. La variance fait le reste. Personne ne tient ce pari avec un processeur.

Le pool règle la variance contre une commission et un seuil de retrait. P2Pool règle la même variance sans commission : 0 % sur les gains, 0 % sur le versement, et un minimum fixé à la récompense de bloc divisée par 2 160, soit 0,00028 XMR, neuf centimes. À 0,65 € par jour, ce seuil est franchi sept fois.

La contrepartie est matérielle. P2Pool exige un nœud Monero synchronisé, monerod en version 0.18.0.0 ou plus récente. La chaîne complète dépasse 225 Go et grossit de quelques gigaoctets par mois ; l’élagage en retire les deux tiers en supprimant sept huitièmes des signatures de cercle, et garde l’historique entier des transactions. Ajoutez le disque, l’écriture continue et une machine qui ne s’éteint jamais. Le solde change encore une fois quand la commission du pool et son mode de paiement entrent dans l’équation.

Ce que le processeur coûte à côté du calcul

RandomX occupe tous les cœurs à cent pour cent, en permanence. La machine devient inutilisable pour autre chose. Les ventilateurs ne redescendent jamais. Tout ce que la prise débite part en chaleur dans la pièce. L’été, si la pièce est climatisée, la facture se paie deux fois : une fois pour produire la chaleur, une fois pour l’évacuer.

L’hiver renverse le calcul, à une condition. Un convecteur électrique transforme un kilowattheure en un kilowattheure de chaleur, ni plus ni moins, et un processeur fait exactement pareil. Pendant la saison de chauffe, l’électricité du minage remplace celle du radiateur. Le seuil disparaît. Le budget de watts n’existe plus, et les 65 centimes bruts du Ryzen 9 7950X sont 65 centimes gagnés, quelle que soit sa consommation.

La pompe à chaleur casse à moitié l’arrangement. L’ADEME a instrumenté pendant un an quatre-vingt-dix pompes air/eau installées en maison individuelle, en remplacement d’une chaudière, et mesuré un coefficient de performance moyen de 2,9. La chaleur qu’un processeur produit en brûlant un kilowattheure, la pompe l’aurait tirée de 345 wattheures. Le surcoût réel du minage tombe donc aux deux tiers de la facture, soit 0,131 € le kilowattheure, et le seuil remonte de 5,04 à 7,69 watts par kilohash. Le budget du 7950X passe de 136 W à 207. De quoi ramener dans le vert une machine qui traînait juste au-dessus de la barre. Une gloutonne y reste.

La même somme placée ailleurs

Le X9 aligne 1 MH/s pour 2 472 W et laisse 12,31 € par jour au tarif de base. Reproduire son hashrate avec des Ryzen 9 7950X demande trente-sept machines, avec autant de cartes mères et d’alimentations, et un budget cumulé de 5 032 W qu’aucune d’elles ne tiendra sans être bridée. Même hashrate, moitié moins de watts autorisés, une seule prise à surveiller.

L’échelle a ses effets de bord côté compteur. Une machine ne dérange aucun abonnement. Dix font quelques kilowatts, une trentaine dépasse les 6 kVA, et le tarif change en même temps que la puissance souscrite : l’option base passe de 0,2001 à 0,1985 €/kWh au-delà de 6 kVA. Le monophasé tient jusqu’à 12 kVA inclus ; à partir de 15, le triphasé devient obligatoire, avec le tableau qui va avec.

À ce stade, l’administration voit une activité, et le tarif bleu professionnel entre dans le champ : 0,1949 €/kWh toutes taxes comprises, sous trois conditions cumulatives, une puissance souscrite d’au plus 36 kVA, moins de dix salariés, un chiffre d’affaires ou un bilan sous deux millions d’euros. Le passage au tarif professionnel change peu de choses sur la facture. La TVA est hors champ sur le minage, donc rien ne se déduit en amont, et le seuil ne gagne que treize centièmes de watt par kilohash.

La carte graphique ne rattrape rien sur cet algorithme. RandomX a été écrit contre elle, et sur ce point précis la conception a tenu. Une carte graphique se place sur KawPow ou Autolykos2, où sa bande passante mémoire sert enfin à quelque chose.

Reste le seul cas où le processeur garde du sens : la machine existe déjà, elle reste allumée de toute façon, le chauffage est électrique et résistif, et on veut voir de ses yeux comment une chaîne se sécurise. La réponse est honnête. Elle ne se maquille pas en investissement.

Questions fréquentes

Quelle crypto miner avec un processeur ?

Monero, et à peu près rien d’autre. Zephyr tourne sur le même RandomX avec un réseau beaucoup plus petit : la part encaissée y est plus grosse, ce qu’elle vaut y est plus faible. Wownero et ArQmA demandent chacun leur variante de l’algorithme et leur réglage de mineur.

Peut-on miner du bitcoin avec un processeur ?

Non. Le SHA-256 est passé aux circuits dédiés dès 2013 et le réseau tourne autour de 899 EH/s. Un Antminer S21 Pro, 234 TH/s à lui seul, n’en fait déjà qu’un quatre-millionième.

Comment savoir ce que consomme vraiment mon processeur ?

Un wattmètre entre la prise et l’alimentation, une mesure machine au repos, une mesure XMRig lancé depuis dix minutes. La différence entre les deux relevés est ce que le minage coûte réellement, alimentation et ventilateurs compris. C’est ce nombre qui se compare au budget, pas l’enveloppe thermique inscrite sur la fiche du fabricant.

Combien faut-il de mémoire vive ?

Le jeu de données occupe 2 080 Mio, et la réservation de grandes pages que demande XMRig monte à 2 560 Mo par nœud NUMA. Quatre gigaoctets libres font le plancher, huit sur une machine qui sert aussi à autre chose. Le mode léger se contente de 256 Mio, mais RandomX a été conçu pour qu’il soit huit fois plus lent, précisément afin qu’il ne serve pas à miner.

Combien rapporte le minage CPU par mois ?

Comptez 19,55 € bruts sur trente jours pour un Ryzen 9 7950X. Ce qui en reste dépend du wattmètre : à 160 W, la facture est de 23,05 € et il manque 3,50 € ; à 130 W, elle tombe à 18,73 € et il reste 83 centimes. Trente watts séparent la perte du gain, et aucun amortissement de la machine n’est encore compté dans l’affaire.

Un processeur de serveur d’occasion est-il rentable ?

Deux EPYC 7742 sortent 76,40 kH/s et 1,85 € de brut par jour, pour un budget de 385 W sur la machine entière. AMD annonce 225 W de dissipation par boîtier : deux, et le budget est mangé avant la première barrette, les ventilateurs et les deux étages d’alimentation. Compter les canaux mémoire reste le bon réflexe. Mieux vaut l’appliquer à une plateforme de bureau.

Faut-il déclarer ces gains ?

Oui, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts, à la valeur des jetons le jour où ils arrivent sur le portefeuille. Le micro-BNC couvre 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026 à 2028, avec 34 % d’abattement. Les cases à remplir et le calcul de l’impôt ne dépendent pas du matériel utilisé.