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Logiciel minage Bitcoin : ce que fait vraiment le basculement automatique

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Logiciel minage Bitcoin : ce que fait vraiment le basculement automatique

« Minage automatique » recouvre une seule fonction : le basculement de rentabilité. Le logiciel mesure ce que rapporte chaque algorithme à l’instant où il regarde, compare avec ce que votre matériel sait calculer, et change de cible quand l’écart devient assez large pour valoir un redémarrage du mineur. Tout le reste de ce qu’on range sous ce mot, l’installation en trois clics, le portefeuille intégré, le tableau de bord coloré, ce sont des habillages autour de cette boucle.

Sur un logiciel de minage de bitcoin, la nuance change tout. Aucune carte graphique ne mine du Bitcoin. Ce que font NiceHash, Kryptex ou Cudo Miner, c’est faire tourner un algorithme rentable du moment, puis vous payer en BTC. Le bitcoin arrive au bout de la chaîne comptable, pas au bout de votre GPU. Un PC de minage branché sur l’un de ces services vend de la puissance de calcul ; il ne participe pas au réseau Bitcoin, et aucun réglage ne le fera changer d’avis.

Sur quelle donnée un logiciel de minage décide de basculer

Trois sources alimentent la décision, et elles ne racontent pas la même chose.

La première est un carnet d’ordres. NiceHash n’est pas un pool au sens classique : c’est une place de marché où des acheteurs commandent de la puissance sur un algorithme donné et paient en bitcoin. Le prix affiché pour le DaggerHashimoto ou le KawPow à un moment donné, c’est ce que les acheteurs consentent à payer à cette minute. Le logiciel bascule vers l’algorithme le mieux payé de la place, pas vers la monnaie la plus prometteuse.

La deuxième est le calcul public de rentabilité, celui que publient les sites du type WhatToMine à partir du cours des jetons, de la difficulté du réseau et de la récompense de bloc. Awesome Miner et MultiMiner lisent cette donnée. Elle vaut ce que vaut le cours au moment du calcul, et un jeton peu échangé peut afficher une rentabilité théorique alléchante que personne ne rachètera à ce prix-là.

La troisième vient de chez vous : le hashrate réellement mesuré sur votre matériel, algorithme par algorithme, et la consommation associée. C’est la seule des trois qui connaisse votre installation. Privé de cette mesure, le basculement compare des revenus bruts et vous laisse payer la différence de watts. Awesome Miner passe par une phase de banc d’essai justement pour poser ces deux chiffres avant de laisser la boucle tourner.

Le logiciel de minage qui vous servira le mieux est celui dont vous savez lequel de ces trois signaux il écoute. Le reste tient du réglage.

À quelle fréquence il bascule, et le seuil qui l’empêche de basculer pour rien

NiceHash Miner interroge les prix à intervalle aléatoire, entre 34 et 55 secondes, et compare le meilleur algorithme disponible à celui qui tourne. Il ne change de cible que si l’écart dépasse un seuil de rentabilité fixé par défaut à 0,02, soit 2 %. Ce seuil valait 0,05 avant la version 3.0.4.3 ; il a été abaissé, ce qui rend les bascules plus fréquentes.

Ce seuil existe parce qu’une bascule coûte. Le mineur s’arrête, redémarre sur un autre binaire, reconstruit ses tables en mémoire, se reconnecte au serveur, et repart de zéro dans la comptabilité des parts soumises. Sur les algorithmes à DAG, la reconstruction se compte en dizaines de secondes pendant lesquelles la carte consomme sans rien produire. Réglé pour sauter sur le moindre demi-pour-cent d’écart, le mineur passe une partie de sa journée à démarrer.

L’arbitrage se lit dans les deux sens. Un seuil haut vous laisse sur un algorithme devenu moins bon pendant quelques heures. Un seuil bas vous fait courir après le bruit. Les valeurs par défaut des logiciels tournent autour de 2 % et d’une lecture par minute, et il faut une bonne raison pour y toucher.

Carte graphique installée dans un rig ouvert, ventilateurs visibles, câbles d’alimentation PCIe branchés

Ce que « automatique » prélève, service par service

C’est la partie que les comparatifs escamotent. Cinq services concentrent la plus grosse part des installations francophones, et leurs prélèvements relevés à la mi-2026 ne se ressemblent pas du tout.

Service

Ce qu’il prélève

Seuil de paiement

NiceHash

2 % sur le paiement vers le portefeuille NiceHash, plus 1 % en paiement quotidien ou 3 % en hebdomadaire vers un portefeuille externe

0,001 BTC

Kryptex

frais réseau de 0,00003 BTC sur un retrait Bitcoin classique

0,00025 BTC, ou 0,00001 BTC en Lightning

Cudo Miner

commission dégressive sur le volume miné en trente jours, de 6,5 % sous 0,005 BTC à 1,5 % au-delà de 10 BTC

pas de frais de retrait annoncés

Awesome Miner

abonnement de 2 $ par machine et par mois, gratuit et bridé jusqu’à deux machines

sans objet

Hive OS

0,50 $ par carte et par mois, plafonné à 3 $ dès six cartes ; 2 $ par ASIC, gratuit sous firmware Hiveon ; deux workers gratuits

sans objet

Deux modèles s’opposent, et le choix se tranche par une division. Cudo Miner, NiceHash et Kryptex prennent un pourcentage : ils coûtent d’autant plus que vous produisez. Hive OS et Awesome Miner facturent un abonnement fixe, indifférent au résultat. L’abonnement Hive OS à 3 $ le mois pour un rig de six cartes revient moins cher que le premier palier de Cudo Miner dès que ce rig produit plus de 46 $ par mois, puisque 3 divisé par 0,065 donne 46,2.

Le détail qui pique se cache chez Kryptex. Le retrait Bitcoin coûte 0,00003 BTC de frais réseau pour un minimum de 0,00025 BTC : celui qui encaisse au plancher laisse 12 % de son retrait sur la table. Le passage par Lightning descend le minimum à 0,00001 BTC et change complètement ce rapport. C’est un réglage de compte, pas une option du logiciel, et il coûte plus cher qu’un pour-cent de commission sur une petite installation.

Côté NiceHash, QuickMiner mérite d’être distingué de NiceHash Miner. QuickMiner ne fait tourner qu’Excavator, le moteur maison de NiceHash, et n’applique aucun frais de développeur. NiceHash Miner, lui, télécharge des mineurs tiers selon l’algorithme retenu, et ces binaires prélèvent leur propre dîme, entre un demi et deux pour cent selon le logiciel. Le 2 % de paiement s’ajoute à cette ligne-là, il ne la remplace pas. Le détail complet des logiciels qui prélèvent et de ceux qui ne prélèvent rien tient dans ce que le mot gratuit recouvre en minage.

Le basculement ne touche jamais à la facture d’électricité

Le tarif réglementé bleu, option base, est à 0,2001 €/kWh au 1ᵉʳ août 2026. Un rig de six cartes qui tire 800 W à la prise avale 19,2 kWh par jour, soit 3,84 € par jour et 115 € sur un mois de trente jours. Cette ligne ne bouge pas quand l’algorithme change ; elle bouge quand la consommation change.

D’où le piège du basculement calculé sur le revenu brut. Prenez deux algorithmes sur la même carte : le premier rend 0,90 € par jour en tirant 150 W, le second 1,05 € en tirant 260 W. Au tarif ci-dessus, le premier coûte 0,72 € d’électricité et vous laisse 0,18 €. Le second coûte 1,25 € et vous fait perdre 0,20 €. Un logiciel qui ne lit que la colonne des revenus bascule vers le second et vous appauvrit poliment, toutes les heures, sans jamais afficher une seule alerte.

C’est pour cette raison que le banc d’essai en consommation, la limite de puissance et le wattmètre à la prise pèsent plus lourd dans le résultat final que le choix du logiciel. La méthode complète est détaillée dans les huit vérifications qui précèdent la moindre installation.

Aller au bout du mot « bitcoin »

La récompense de bloc Bitcoin est de 3,125 BTC depuis avril 2024. À 144 blocs par jour, le réseau distribue 450 BTC quotidiens, et il tourne autour de 900 EH/s à l’été 2026. Divisez : 450 BTC pour 900 000 000 TH/s, cela fait 50 satoshis par TH/s et par jour, avant frais de pool et avant toute malchance. C’est une borne haute, elle ne se dépasse pas.

Passez un Antminer S21 XP dedans, 270 TH/s pour 3 645 W. Il plafonne donc à 13 500 satoshis par jour, soit 0,000135 BTC. Ses 3 645 W consomment 87,5 kWh en vingt-quatre heures, ce qui coûte 17,50 € au tarif bleu. Pour que la machine rende son électricité, il faut donc un bitcoin à 129 600 €. Aucun réglage logiciel ne déplace ce seuil, et un profit switcher n’a rien à faire sur un ASIC SHA-256, qui ne sait calculer qu’une seule fonction. Le classement des machines capables de tenir ce rythme est détaillé dans le choix d’un mineur ASIC pour le Bitcoin.

Deux objections reviennent, et aucune ne change l’ordre de grandeur. Les frais de transaction, d’abord, que le mineur encaisse en plus de la récompense : ils pèsent environ 0,69 % des revenus du secteur, ce qui ajoute un tiers de satoshi à nos 50. Le hashrate du réseau, ensuite, qui a reculé de près de trente pour cent depuis son sommet de 1 306 EH/s, atteint le 25 octobre 2025, parce que le mégawatt se vend mieux à l’intelligence artificielle qu’au SHA-256 et que les machines anciennes s’éteignent. Ce recul relève la borne, puisqu’elle est une division : moins de puissance en face des mêmes 450 BTC, c’est mécaniquement plus de satoshis par TH/s. Il faudrait un effondrement de la moitié du réseau pour doubler ce chiffre, et il ne s’est jamais produit.

Ce qui laisse deux façons honnêtes de lire « miner du bitcoin sur PC » : vendre sa puissance sur un algorithme GPU et se faire payer en BTC, ce que font NiceHash et Kryptex, ou acheter un ASIC et accepter la facture ci-dessus. Les services qui promettent mieux que 50 satoshis par TH/s et par jour sans matériel rattaché à votre compte versent l’argent d’un autre déposant.

Les noms que le mot « automatique » traîne encore

Les comparatifs recopiés se transmettent une liste qui a vieilli. Quatre entrées à sortir de vos recherches.

  • MinerGate a fermé, remboursements clos au 1ᵉʳ février 2024. Son pool intégré était son argument de vente auprès des débutants ; il n’existe plus, et ce qui le remplace est décrit dans la page consacrée à sa fermeture.

  • CGMiner ne pilote plus aucune carte graphique depuis le retrait de son support GPU en 2013, et BFGMiner, qui a gardé le sien, ne reçoit plus de correctif depuis fin 2021. Ni l’un ni l’autre ne bascule d’algorithme ni n’overclocke une NVIDIA ou une AMD récente, contrairement à ce qu’écrivent encore la moitié des classements.

  • MultiMiner en est à la version 4.3.1, publiée le 5 février 2020. Le projet lit toujours la rentabilité chez WhatToMine et sait piloter BFGMiner, mais rien n’y a bougé depuis six ans : ni nouvel algorithme, ni support des cartes récentes.

  • T-Rex est figé depuis octobre 2022. Il tourne encore sur les algorithmes qu’il connaissait alors, et c’est tout.

La liste complète de ce qui circule à tort figure dans le recensement des logiciels arrêtés que les comparatifs citent encore, et l’état des mineurs vivants sous Windows dans le comparatif Windows.

Hive OS et ses flight sheets : un exécutant, pas un arbitre

Hive OS, devenu Hiveon, fonctionne autrement. Un flight sheet réunit quatre choses : une monnaie, un portefeuille, un pool et un mineur. On en prépare plusieurs, on les applique d’un clic à un rig ou à toute une ferme, et on passe de l’un à l’autre en quelques secondes sans toucher au matériel.

Le système n’arbitre pas à votre place. Il exécute la configuration qu’on lui donne. Le basculement automatique se greffe par-dessus, avec des scripts tiers qui lisent les prix NiceHash ou le classement WhatToMine et poussent le flight sheet gagnant, seuil de déclenchement compris. La différence pratique avec Awesome Miner ou NiceHash Miner tient là : ces deux-là embarquent la décision, Hive OS vous la laisse.

Cette séparation a du bon quand vous minez une monnaie précise pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la rentabilité du jour, et elle devient pesante quand vous voulez juste que ça tourne. Le catalogue des mineurs compatibles, algorithme par algorithme, est rangé dans le catalogue par algorithme et par matériel.

Ce qui pèse plus lourd que le choix du basculement

Trois réglages font davantage d’écart que le passage d’un logiciel à l’autre.

La limite de puissance, d’abord. Une carte bridée à 70 % de son enveloppe perd quelques pour cent de hashrate et une bonne part de sa consommation. Sur une facture à 0,2001 €/kWh, l’arbitrage penche presque toujours du même côté, et il se mesure au wattmètre, pas dans l’interface du mineur.

Le pool, ensuite, quand vous n’êtes pas sur une place de marché. Les frais annoncés, le mode de paiement et le seuil de versement changent le revenu net d’un ou deux points, ce qui pèse autant qu’une bascule bien réglée. La comparaison est détaillée dans la façon de comparer frais, taille et paiements d’un pool.

La surveillance, enfin. Un rig qui plante à trois heures du matin et redémarre sur le pilote par défaut peut tourner deux jours à moitié régime sans que rien ne le signale. Les alertes d’un système comme Hive OS servent à ça, bien plus qu’à choisir un algorithme.

Questions fréquentes

  • Un logiciel de minage crypto monnaie tourne-t-il sur un PC de jeu ordinaire ?
    Oui, et c’est même le cas d’usage principal de QuickMiner et de Kryptex. La réserve porte sur la durée : une carte de jeu passe ses nuits en charge continue, ce qui use ses ventilateurs et sa pâte thermique bien plus vite qu’une session de jeu du soir. Sur un système d’exploitation dédié plutôt que sur Windows, la question du pilote se pose autrement, et le choix d’une version LTS d’Ubuntu fait partie du calcul.

  • Faut-il un logiciel de minage crypto-monnaie différent selon la marque de la carte ?
    Non. La ligne de partage est l’architecture, pas la marque du fabricant de la carte : les mineurs se déclinent par algorithme et par famille de puces, NVIDIA d’un côté, AMD de l’autre, Intel Arc pour une poignée d’entre eux. Un profit switcher règle cette question tout seul en refusant les algorithmes que votre matériel ne sait pas calculer.

  • Le basculement automatique rapporte-t-il plus qu’un algorithme choisi une fois pour toutes ?
    Sur un marché calme, l’écart se compte en quelques pour cent, parfois moins que ce que coûtent les redémarrages. Il devient franchement favorable quand un jeton s’emballe pendant quelques heures, moment où un réglage manuel arrive toujours trop tard. C’est une assurance contre l’inattention, pas une machine à multiplier.

  • Où garder ce que le logiciel verse ?
    Hors du service, sur un portefeuille dont vous détenez les clés, et sauvegardé ailleurs que sur la machine qui mine. Récupérer un accès perdu tient de la procédure juridique et pas du logiciel, comme le raconte ce parcours de récupération d’un portefeuille inaccessible.