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NiceHash avis : le détail de ce que la plateforme prélève et de ce qu’elle verse

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NiceHash avis : le détail de ce que la plateforme prélève et de ce qu’elle verse

Brancher une carte graphique sur NiceHash ne revient pas à miner. On y vend sa puissance de calcul à un acheteur qui, lui, mine ce qu’il veut sur le pool de son choix. Le vendeur, lui, touche du bitcoin quel que soit l’algorithme vendu. Une carte de joueur qui vend du KawPow et une machine dédiée qui vend du SHA-256 versent la même chose sur le compte : des satoshis, toutes les quatre heures. Rien d’autre.

Reste la question qu’on se pose en branchant le câble. Combien reste-t-il après tout ce qui est prélevé, et au bout de combien de temps l’argent devient-il touchable ? Les grilles de l’éditeur sont publiques et tiennent en trois pages. Additionnées au 13 août 2026, bitcoin à 54 996 €, elles donnent deux réponses opposées selon qu’on branche une carte ou une salle.

Qui paie qui, et pourquoi le revenu bouge tout seul

Deux populations se croisent. D’un côté des acheteurs, qui passent un ordre : tel algorithme, telle vitesse, tel pool de destination, tel prix maximum. De l’autre des vendeurs, qui pointent leur matériel sur les serveurs stratum de la plateforme. Le moteur apparie les deux. L’acheteur récupère les blocs sur son pool, le vendeur touche du bitcoin, et aucune machine ne change de mains. L’éditeur y insiste dans sa documentation : la maison ne possède aucun matériel et n’en loue aucun, elle vend de la mise en relation.

La même documentation porte une phrase que peu de vendeurs remarquent : vous n’êtes pas payé par NiceHash, vous êtes payé à travers NiceHash. Le prix de la part ne sort pas d’une grille interne, il sort des enchères des acheteurs, et il est recalculé chaque minute. L’éditeur appelle ce système RTPPS, une rémunération à la part indexée sur le prix au comptant du hashrate. Le revenu horaire peut donc fondre de moitié sans que la machine ait bougé d’un mégahash, parce qu’un gros acheteur a retiré son ordre. Dans l’autre sens, une bousculade sur un algorithme fait monter la part au-dessus de ce que verserait un pool classique.

Côté acheteur, la note se lit aussi, et elle intéresse le vendeur davantage qu’il ne le croit : 0,00001 BTC non remboursables à l’ouverture de chaque ordre, puis 3 % de tout ce qui est dépensé. L’acheteur intègre ces 3 % dans son enchère. Le vendeur les paie en creux, sous forme d’un prix de part un peu plus bas.

Le matériel qui tourne pendant ce temps ne fait rien d’exotique. Il calcule des hachages pour un pool tiers, exactement comme s’il y était connecté en direct, et le logiciel de la plateforme se contente d’aiguiller. Le choix du binaire et la bascule d’un algorithme à l’autre selon ce qu’il rapporte obéissent aux mêmes règles que partout ailleurs.

La chaîne complète des prélèvements

Un satoshi gagné traverse plusieurs guichets avant d’arriver sur un portefeuille personnel. Chacun d’eux, avec son taux relevé chez l’éditeur, grille modifiée pour la dernière fois le 5 mai 2026.

Prélèvement

Taux ou montant

Quand il s’applique

Service sur le paiement de minage

2 %, jamais moins de 2 satoshis

À chaque versement, dès 1 000 satoshis accumulés

Licence du firmware maison, SHA-256 et Scrypt

2 %, ramenés à 1,4 % en vendant sur le pool de l’éditeur

Machine dédiée reflashée avec ce firmware

Licence du firmware maison, kHeavyHash

1 % à 4 % selon le dépassement d’horloge

1 % jusqu’à 4 % d’overclock, 4 % au-delà de 14 %

Retrait vers une adresse bitcoin

0,0001 BTC, davantage si le réseau est encombré

À partir de 0,0005 BTC de solde

Retrait par le réseau Lightning

gratuit

À partir de 10 satoshis

Transfert du portefeuille collectif vers le portefeuille individuel

0,0001 BTC au-dessus de 0,0002 BTC ; la totalité du solde en dessous

Au cinquantième jour sans mouvement

Conversion d’une monnaie vers une autre

0,2 % du montant reçu

À chaque conversion

Ordre sur le carnet d’échange

0,5 % sous 1 000 unités, dégressif ensuite

Vente du bitcoin sans quitter la plateforme

Réinitialisation de la double authentification, déblocage, récupération de compte, changement d’adresse électronique

10 $ l’intervention

Sur demande au support

Retrait parti sur une mauvaise adresse

10 % du montant, 20 $ au minimum

Quand la récupération est possible

Le versement part dès que le solde impayé atteint 1 000 satoshis, soit 0,00001 BTC, toutes les quatre heures. Machine débranchée, le rythme passe à huit heures. Un réglage bascule sur un versement unique quotidien, traité à 2 h du matin, heure d’été d’Europe centrale ; un autre répartit le paiement entre plusieurs adresses. Les 2 % sont retenus sur le versement, et l’historique du compte les affiche ligne à ligne. Qui préfère l’USDT au bitcoin trouve la même grille : seuil à 0,01 USDT, service à 2 %.

Un dernier prélèvement ne vient pas de la plateforme mais du logiciel qui tourne sur la machine. XMRig retient 1 %, lolMiner de 0,7 % sur Etchash à 2,5 % sur Cuckaroo 30, les firmwares concurrents de 2 à 2,8 % selon la machine reflashée. Il s’ajoute au reste et chaque logiciel a son taux, rarement mis en avant. Attention au raccourci qui traîne à ce sujet : le prélèvement de développeur ne se récupère jamais. Ce que certains firmwares ristournent, c’est le frais de pool, et seulement en pointant sur le pool de leur propre éditeur.

Dernière ligne, marginale mais réelle : la plateforme vend aussi du bitcoin dit vierge, fraîchement extrait et sans historique de transaction. Zéro saut intermédiaire coûte 10 % plus les frais de réseau, un saut 7 %, deux sauts 5 %, à partir de 0,002 BTC. Un produit à part, destiné aux acheteurs qui tiennent à la traçabilité de leurs pièces.

Le cinquantième jour, celui qui coûte le plus cher aux petits comptes

La plateforme s’appelle désormais NiceHash AG et son siège est en Suisse. Ce déménagement lui a donné le statut d’intermédiaire financier, et ce statut porte une règle que la plupart des vendeurs découvrent en voyant leur solde amputé.

Les fonds arrivent sur ce que l’éditeur nomme le portefeuille collectif. Un portefeuille de service : il reçoit les paiements de minage et sert à acheter du hashrate. La loi suisse interdit d’y laisser dormir des fonds au-delà de soixante jours. Passé cinquante jours sans mouvement, la plateforme déplace donc d’office le solde vers un portefeuille individuel, qui peut le conserver sans limite mais ne permet plus d’utiliser le moindre service.

Ce déplacement se paie. Au-dessus de 0,0002 BTC de solde, il coûte 0,0001 BTC. En dessous, la grille est explicite : c’est la totalité du solde qui part, requalifiée en frais de montant non transférable. Un solde inférieur à 20 000 satoshis oublié cinquante jours ne revient donc pas amputé, il disparaît.

Appliqué à une carte graphique, le résultat vaut d’être posé noir sur blanc. La base de l’éditeur crédite une RTX 5070 Ti de 0,000004 BTC par jour, soit 400 satoshis, ramenés à 392 une fois les 2 % retenus. Au cinquantième jour, le compte porte 19 600 satoshis. Il en faudrait 20 000 pour que le transfert se contente d’en prélever 10 000 : à quatre cents satoshis près, la carte passe sous la barre et la plateforme emporte tout ce qu’elle a produit en presque deux mois. Huit satoshis de mieux par jour, et la moitié du solde survivait. La marche est raide et elle tombe pile à l’endroit où se situe une carte de joueur récente.

Le retrait ordinaire n’offre aucune échappatoire, puisqu’il démarre à 0,0005 BTC. À 392 satoshis par jour, ce seuil demande 128 jours de production, deux fois et demie le délai accordé. Une seule carte graphique ne l’atteint jamais à temps.

Deux réglages suffisent pourtant à ne rien payer. Le premier consiste à déclarer une adresse externe par défaut : le solde y part automatiquement avant l’échéance, sans intervention. Le second consiste à retirer par le réseau Lightning, où le minimum tombe à 10 satoshis et où le transfert est gratuit tant qu’il passe par un canal direct avec le nœud de la plateforme. L’éditeur pousse d’ailleurs ouvertement cette solution dans sa propre documentation. Qui vide son compte tous les mois ne croise jamais la règle des soixante jours. Qui laisse courir la croise au pire moment, quand son solde est le plus petit.

Cette grille est donc régressive, et la marche entre les deux mondes est brutale. Les 0,0001 BTC du transfert sont une poussière pour une salle qui produit un bitcoin par mois. Pour une carte seule, la même règle ne prélève aucun pourcentage : elle prend le tout.

Le calcul refait au tarif français

Le calculateur de la plateforme affiche un revenu brut, avant électricité, et les outils du secteur retiennent 0,10 $ le kilowattheure par défaut, soit à peu près la moitié du tarif français. Une seule ligne suffit à faire le tour du problème.

La fiche de l’éditeur pour la RTX 5070 Ti donne 300 W de consommation de référence et 0,000004 BTC par jour de revenu, soit 400 satoshis. Les deux valeurs viennent du même enregistrement, mesuré dans les laboratoires de la plateforme.

Ligne

Calcul

Résultat

Revenu brut

0,000004 BTC × 54 996 €

0,220 € par jour

Service de la plateforme

2 % de 0,220 €

− 0,004 € par jour

Revenu net encaissé

392 satoshis

0,216 € par jour, 79 € par an

Électricité, tarif réglementé base

0,3 kW × 24 h × 0,2001 €

− 1,441 € par jour, 526 € par an

Résultat

0,216 € − 1,441 €

− 1,23 € par jour, − 447 € par an

En heures creuses, à 0,1589 €, l’électricité tombe à 1,144 € par jour et la perte à 0,93 € par jour, 339 € sur l’année. Le tarif auquel la carte cesserait de coûter de l’argent se calcule en une division : 0,216 € de recette pour 7,2 kWh consommés, soit 0,030 € le kilowattheure. Près de sept fois moins que le tarif de base. Aucune option d’aucun fournisseur français n’en approche, et aucune n’en approchera : le transport et les taxes pèsent à eux seuls davantage.

Même en bridant la carte, la somme ne tourne pas. La fiche de l’éditeur crédite cette même 5070 Ti d’un point de fonctionnement à 100 W en Autolykos. À supposer que la totalité des 400 satoshis quotidiens y soit produite, ce qui est généreux, l’électricité vaut encore 0,48 € par jour contre 0,216 € de recette. L’écart tient bon.

Et à 0,10 $ le kilowattheure, la valeur par défaut des calculateurs, l’écart ne se referme pas non plus : 0,087 € le kilowattheure font 0,626 € de courant par jour, contre 0,216 € encaissés. La carte perd de l’argent au tarif américain avant d’en perdre trois fois plus au tarif français. Le détail de ce que rapporte une journée de minage se calcule de la même façon pour n’importe quelle configuration.

La machine dédiée : vendre du SHA-256 ou pointer sur un pool

Le cas change complètement quand la machine est faite pour ça. Ce que verse la plateforme sur le SHA-256 se déduit de sa propre base de matériel, et ne bouge pas d’une machine à l’autre : 0,000117 BTC par jour pour 234 TH/s, 0,000134 pour 270 TH/s, 0,000158 pour 318 TH/s. Trois divisions, trois résultats voisins : 50,00 satoshis par téréhash, puis 49,63 et 49,69. Le versement tient dans un mouchoir sur tout le parc SHA-256 de la base, du vieux S17 à l’hydraulique de 860 TH/s.

La comparaison qui compte se fait à côté. Le réseau bitcoin distribue 453,30 BTC par jour, frais de transaction compris, et 899 exahashs par seconde se les partagent au 14 août 2026 : la division donne 50,4 satoshis par téréhash et par jour. Rien ne grave ce nombre dans le protocole : c’est un quotient, qui remonte mécaniquement chaque fois qu’un parc s’éteint quelque part. Les 899 exahashs d’aujourd’hui en valaient 1 046 il y a un an, et 1 306 au sommet d’octobre 2025 : le même téréhash rapportait alors un tiers de moins. Face à ce quotient, la plateforme verse 49,6 à 50,0 satoshis, un à deux pour cent en dessous. Le marché ne fait donc pas de mystère : il paie le prix du réseau, moins sa commission.

Un Antminer S21 Pro annonce 234 TH/s pour 3 510 W chez son fabricant, et la base de l’éditeur lui attribue 0,000117 BTC par jour.

Ligne

Calcul

Résultat

Revenu brut

11 700 satoshis × 54 996 €

6,43 € par jour

Service de la plateforme

2 %

− 0,13 € par jour

Licence du firmware maison

1,4 % en vendant sur le pool de l’éditeur

− 0,09 € par jour

Électricité, tarif réglementé 9 à 36 kVA

3,510 kW × 24 h × 0,1985 €

− 16,72 € par jour

Résultat

6,22 € − 16,72 €

− 10,50 € par jour, − 3 835 € par an

En heures creuses, l’électricité descend à 13,39 € et la perte à 7,17 € par jour. Le tarif d’équilibre s’établit à 0,074 € le kilowattheure, frais déduits. La machine la mieux placée du marché, à 9,5 joules par téréhash, demanderait encore 0,12 €. Chez un particulier français, aucune ne passe. Pas une seule.

Le choix entre le marché et le pool se joue donc à électricité identique, sur trois différences.

  • La commission. 2 % sur le marché, contre 0 à 4 % chez un pool classique selon le mode de rémunération retenu. Une part proportionnelle se paie autour de 2 %, une part complète grimpe à 4 % chez les plus gros opérateurs. L’écart est faible, et il s’inverse selon le pool retenu. Les modes de rémunération d’un pool pèsent plus lourd que le taux affiché.

  • La monnaie touchée. Sur le marché, on encaisse du bitcoin quoi qu’on vende. Sur un pool, on encaisse la monnaie extraite. Pour du SHA-256, la différence est nulle. Pour du KawPow ou de l’Autolykos2, elle est totale : le marché épargne une conversion, sa fiscalité et son écart de cours.

  • La régularité. Au comptant, le prix de la part grimpe quand les acheteurs se battent et s’effondre quand ils s’en vont. Un pool à part complète paie un tarif lissé, plus prévisible, sans les pointes.

En pratique, une machine SHA-256 qui tourne sans interruption gagne à peu près autant des deux côtés, et le choix se joue sur la trésorerie plutôt que sur le rendement. Pour une carte graphique, le marché gagne : il évite d’avoir à revendre soi-même des monnaies dont l’acheteur n’existe pas toujours. Une machine qu’on arrête et redémarre au gré des heures creuses gagne au marché aussi : aucune part n’est perdue, et le seuil de versement à 1 000 satoshis est atteint en quelques heures.

EasyMining, l’opération montée à l’envers

Le service que l’éditeur appelle EasyMining apparaît sur la même interface, ce qui entretient une confusion coûteuse. On y achète du hashrate au lieu d’en vendre. On acquiert un forfait, la plateforme le fait tourner sur ses propres pools pendant une durée fixée, et on récupère ce que ce hashrate a trouvé : la récompense entière d’un bloc, ou rien.

La grille de l’éditeur donne la structure exacte du prix. Le forfait intègre les frais d’achat de puissance, c’est-à-dire les 3 % déjà cités, et le pool retient 1 % des monnaies extraites. L’acheteur paie donc le hashrate au prix du marché, majoré d’environ quatre points, pour un résultat qui suit une loi de tirage. Sur un grand nombre de forfaits, la somme des gains ne peut pas dépasser la somme des mises diminuée de ces frais. C’est l’arithmétique du tarif, publiée par l’éditeur lui-même.

Vendre du hashrate et acheter un forfait ne font donc pas courir le même risque. Le premier encaisse un flux contre un service rendu. Le second achète un billet.

Les autres façons de monnayer du calcul

Vendre à ce marché n’est pas la seule sortie possible pour du matériel qui tourne. En euros nets par mois, pour la même RTX 5070 Ti à 300 W, tarif de base à 0,2001 € :

Usage

Recette nette mensuelle

Électricité mensuelle

Résultat

Vente de hashrate sur le marché

6,47 €

43,22 €

− 36,8 €

Pool classique sur Ravencoin ou Ergo

ordre de grandeur identique, en monnaie à revendre

43,22 €

négatif, avec un risque de cours en plus

Location de la carte à un service de calcul

fixée par le locataire, sans rapport avec le minage

à la charge de l’hébergeur

seul cas où la carte peut payer

Le troisième cas tranche avec les deux autres. Une instance de calcul louée chez un grand hébergeur se facture 1,006 $ de l’heure, soit 24,14 $ par jour. En face, aucun processeur graphique de la base de l’éditeur ne vend plus de 1 100 satoshis de hashrate par jour, et ce record appartient à un accélérateur de centre de données, pas à une carte de joueur : environ 0,70 $. Celui qui loue cette carte pourrait miner dessus. S’il la loue, c’est que la location paie trente-cinq fois mieux, et l’écart se creuse encore dès qu’on descend vers du matériel grand public. La conclusion vaut pour tout propriétaire de carte récente : le calcul se vend beaucoup plus cher au chercheur qu’au réseau bitcoin. Ce raisonnement gouverne ce qu’on fait d’un rig une fois qu’il est monté.

Reste une quatrième voie, plus discrète : ne rien vendre du tout et récupérer la chaleur. Une carte à 300 W chauffe une pièce comme un petit convecteur, et les 526 € d’électricité annuels remplacent alors une partie du chauffage au lieu de s’y ajouter. Le calcul change alors entièrement de nature. Il ne tient que six mois par an.

Ce que le fisc français fait de versements toutes les quatre heures

Le rythme de paiement de la plateforme a une conséquence que peu de vendeurs anticipent. En France, le minage relève des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts, et l’imposition se déclenche à la réception des jetons, à leur valeur du jour. Pas à la revente. Six versements quotidiens forment donc l’assiette imposable en continu, même si le bitcoin n’a jamais quitté la plateforme et même si son cours s’est effondré depuis.

Le régime micro-BNC accepte 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026 à 2028, avec un abattement forfaitaire de 34 %. Ce qui reste après abattement s’ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif : le taux forfaitaire de 31,4 % qu’on lit partout vise la revente des jetons, pas leur production. La TVA reste hors champ sur l’activité de minage, ce qui ferme au passage tout droit à déduction sur l’achat du matériel. Aucun agrément n’est exigé, le règlement européen sur les crypto-actifs ne couvrant pas le minage. Restent les cases à remplir et le calcul à porter dessus, qui obéissent à leurs propres règles.

Sur une carte qui produit 79 € par an, l’enjeu fiscal est théorique. Sur une salle, il structure toute la rentabilité, et il justifie de retirer régulièrement plutôt que de laisser courir un solde dont la valeur d’imposition est déjà figée.

Le dossier de 2017, et ce qu’il vaut aujourd’hui

Le 6 décembre 2017, 4 640 bitcoins ont quitté les portefeuilles de la plateforme, emportés par une attaque par hameçonnage ciblé sur le poste d’un employé. L’opérateur a lancé un programme de remboursement en février 2018, financé sur ses propres commissions, l’a suspendu fin 2019 après avoir couvert 82 % des sommes, puis l’a achevé le 16 décembre 2020. Les utilisateurs ont été remboursés en bitcoin, pas en dollars, et la valeur restituée dépassait 100 millions de dollars à la date de clôture.

Un vol de cette taille a donc été réparé jusqu’au bout, sur trois ans. La garde des fonds reste pourtant chez un tiers, et un solde laissé sur un compte en ligne n’appartient pas à son détenteur au même titre qu’un solde sur son propre portefeuille. Une raison supplémentaire de retirer souvent, et celle-là n’a rien à voir avec les frais.

carte graphique en fonctionnement dans un rig de minage, ventilateurs et connecteurs d’alimentation en gros plan

Les erreurs qui coûtent le plus cher aux nouveaux vendeurs

  • Laisser dormir le solde. Le seul poste qui peut coûter 100 % de la production. Une adresse externe par défaut le neutralise en trois clics.

  • Retirer en chaîne des petits montants. 0,0001 BTC de frais sur un retrait de 0,0005 BTC, c’est 20 % du montant qui part en route. Le réseau Lightning accepte 10 satoshis gratuitement.

  • Prendre le chiffre du calculateur pour un bénéfice. Il est brut, calculé sur la rentabilité passée, et l’éditeur précise lui-même qu’on ne le multiplie pas par trente pour obtenir un mois.

  • Compter sur des monnaies qui ne se minent plus. Ethereum est passé en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022, Flux a quitté le minage le 20 octobre 2025, Kaspa appartient aux machines dédiées depuis avril 2023. Les services et logiciels arrêtés qui circulent encore forment une liste longue, et MinerGate en est l’exemple le plus recopié.

  • Empiler les prélèvements sans les compter. Firmware à 1,4 %, service à 2 %, binaire tiers à 1 %, conversion à 0,2 % : la pile atteint vite 5 % du brut. Les vérifications à faire avant d’installer un mineur commencent toutes par cette ligne.

Questions fréquentes

  • Que prélève exactement la plateforme sur un paiement de minage ?
    2 % du versement, avec un plancher de 2 satoshis, retenus au moment du paiement. Le seuil de déclenchement est de 1 000 satoshis et le rythme de quatre heures, huit heures si le matériel est débranché.

  • Combien coûte un retrait ?
    0,0001 BTC vers une adresse bitcoin ordinaire, avec un minimum de 0,0005 BTC, et davantage quand le réseau est encombré. Rien du tout par le réseau Lightning, à partir de 10 satoshis.

  • Que se passe-t-il si on laisse ses gains sur le compte ?
    Au cinquantième jour sans mouvement, le solde part vers un portefeuille individuel. L’opération coûte 0,0001 BTC au-dessus de 0,0002 BTC de solde, et la totalité du solde en dessous de ce montant.

  • Une carte graphique peut-elle être rentable en 2026 ?
    Au tarif réglementé français, non : une RTX 5070 Ti encaisse 0,22 € par jour et consomme pour 1,44 €. Il faudrait de l’électricité à 0,030 € le kilowattheure pour atteindre l’équilibre.

  • Vaut-il mieux vendre son hashrate ou pointer sur un pool ?
    Sur du SHA-256, les deux se valent à quelques dixièmes de point près. Sur une carte graphique, le marché évite d’avoir à revendre soi-même des monnaies peu liquides, et le binaire adapté à chaque machine reste le même dans les deux cas.

  • Le service EasyMining sert-il à vendre de la puissance de calcul ?
    Il sert à en acheter. Le prix du forfait inclut les 3 % de frais d’achat de hashrate et le pool retient 1 % des monnaies extraites.