Miner ou acheter du bitcoin : le calcul des deux prix de revient
Au 13 août 2026, un bitcoin s’achète 54 982 €. Le même bitcoin, produit par une machine posée dans un garage français et branchée au tarif réglementé, revient à 210 900 € sur trois ans. Presque quatre fois le prix de la vitrine.
Tout tient dans une division : ce que la machine encaisse d’un côté, ce qu’elle brûle de l’autre, sur la même durée et au même cours. Machine réelle, prix relevé le jour même, et le halving d’avril 2028 qui coupe la recette en deux au milieu du parcours.
La question que tout le monde pose : avec 3 000 € sur la table, on achète du bitcoin ou on achète une machine ?
Ce qu’un térahash rapporte, ce qu’il coûte
Un térahash par seconde rapporte la même chose à tout le monde. Le modèle qui le produit n’y change rien : le réseau paie à la puissance de calcul apportée, jamais à la marque inscrite sur le capot.
Le 10 août 2026, le réseau bitcoin distribuait 31,73 $ par pétahash et par jour. Ramené au térahash, 0,03173 $. Avec un bitcoin à 63 375 $, cela fait 50 satoshis par térahash et par jour, soit 0,0275 € au change du moment.
Cette borne de 50 satoshis est un plafond, pas une moyenne. Le réseau verse 453,30 bitcoins par jour, frais de transaction compris, pour 911 exahash de puissance branchée. La division ne laisse de marge à personne. Toute offre qui promet mieux sans matériel rattaché au compte paie avec l’argent d’un autre client, et d’où vient l’argent que le réseau distribue tient dans cette seule opération.
Un détail échappe souvent aux calculateurs en ligne : cette part se recalcule tous les quinze jours. La difficulté a été réajustée le 8 août 2026 à 127,48 T, soit 0,99 % de plus, et chaque exahash branché par un concurrent rogne la part de tous les autres. Un mineur ne connaît jamais sa production à trois ans. Sa consommation, si.
La consommation, écrite en euros
Une machine à E joules par térahash brûle E watts pour chaque térahash par seconde qu’elle sort. Sur vingt-quatre heures, cela donne 0,024 × E kilowattheures par térahash. Au tarif réglementé de base, 0,2001 € le kilowattheure depuis le 1ᵉʳ août 2026, la facture par térahash et par jour s’écrit 0,0048 × E euros.
Les deux courbes se croisent quand 0,0275 = 0,0048 × E, c’est-à-dire à 5,73 joules par térahash. Aucun appareil du marché n’en approche. La plus sobre des machines en vente, une Antminer S23 Hydro à refroidissement liquide, plafonne à 9,5 J/TH, et elle réclame du triphasé industriel que personne n’a chez soi.
Le seuil se déplace avec le tarif souscrit, jamais assez pour renverser le résultat. En heures creuses, à 0,1589 €, il faudrait 7,21 J/TH. En heures creuses des jours bleus de l’option Tempo, à 0,1356 €, 8,45 J/TH. Le meilleur tarif qu’un particulier français obtienne demande encore une machine 12 % plus sobre que la meilleure machine fabriquée. Le classement des machines au tarif français le montre modèle par modèle.
Voilà pourquoi les chiffres de rentabilité qui circulent sont faux de moitié. Les calculateurs du marché appliquent 0,10 $ le kilowattheure par défaut, la moitié du tarif français, et personne ne pense à changer la case avant de lire le résultat.
Une machine, un prix, un compte quotidien
Passons du térahash abstrait à un appareil qu’on peut commander cet après-midi. Antminer S21 Pro, 245 TH/s pour 3 650 W, annoncée à 15 J/TH, vendue 2 859,99 € toutes taxes comprises chez Happy Mining le 13 août 2026, garantie un an constructeur. Prix et fiche viennent de la même annonce, le même jour, ce qui est la seule façon d’obtenir un euro par térahash qui veuille dire quelque chose : 11,67 € ici. Le rapport mesuré entre les watts et les térahashs tombe à 14,9, cohérent avec les 15 annoncés sans leur être identique.
Ligne du compte | Détail | Par jour |
|---|---|---|
Recette | 245 TH/s × 50 satoshis | 12 250 satoshis, soit 6,74 € |
Électricité | 3,65 kW × 24 h × 0,2001 € | 87,6 kWh, soit 17,53 € |
Résultat | recette moins électricité | − 10,79 € |
Perte de 10,79 € par jour, tous les jours, sans exception ni saison creuse. Comptez 3 940 € sur douze mois. Ce trou n’a rien à voir avec un mauvais choix de modèle : il vient du rapport entre 0,0275 € de recette et 0,2001 € de courant, et tout le catalogue mondial y passe.
Le prix de revient du bitcoin se lit déjà dans ces deux nombres. Il faut 17,53 € d’électricité pour produire 0,0001225 bitcoin, soit 143 100 € le bitcoin, contre 54 982 € en vitrine. La machine n’est pas encore entrée dans le calcul, et le compte est déjà deux fois et demie trop cher. Ce que rapporte une journée de minage ne se lit jamais seul, toujours en face de ce qu’elle coûte.
Trois mille euros, deux affectations
Reprenons la question telle qu’elle se pose vraiment. 3 000 €, deux portes.
Derrière la première, une plateforme d’échange, enregistrée auprès de l’Autorité des marchés financiers pour celles qui opèrent légalement en France. Sur un carnet d’ordres au comptant, la commission tourne autour de 0,1 %, soit 3 € sur 3 000 €. Restent 2 997 €, qui achètent 0,05451 bitcoin. L’opération dure quelques minutes et rien ne se passe ensuite. Par carte bancaire, le même achat coûte entre 1,5 et 4 % : 45 à 120 €, et le nombre de jetons baisse d’autant.
Derrière la seconde, la machine. Elle coûte 2 859,99 €, il reste 140,01 €. À 17,53 € de courant par jour, ces 140 € durent huit jours.
Au neuvième jour | Acheteur | Mineur |
|---|---|---|
Somme partie | 3 000 € | 3 000 € |
Bitcoins détenus | 0,05451 | 0,00098 |
Reste à payer | rien | 17,53 € par jour |
55 fois moins de jetons, et une facture qui recommence chaque matin. Le neuvième jour est le moment intéressant du minage à domicile, parce qu’il révèle le vice de la comparaison à 3 000 €. On ne met pas 3 000 € dans une machine. On met 3 000 € dans une machine, puis on s’engage sur trente-six mois de courant qu’il faudra bien trouver ailleurs.

Trente-six mois, avec le halving d’avril 2028 dedans
Comparons ce qui se compare : la même somme totale, sur la même durée, à cours figé.
Du 13 août 2026 au 13 août 2029, il s’écoule 1 096 jours. Au milieu, le halving. La récompense de bloc passe de 3,125 à 1,5625 bitcoin au bloc 1 050 000, attendu vers le 17 avril 2028 : le 613ᵉ jour du parcours. Restent 483 jours à recette divisée par deux. Les frais de transaction pèsent moins de 1 % du revenu des mineurs et ne rattrapent rien.
Période | Avant le halving, 613 jours | Après, 483 jours | Total |
|---|---|---|---|
Production quotidienne | 12 250 satoshis | 6 125 satoshis | 9 551 en moyenne |
Bitcoins reçus | 0,07509 | 0,02958 | 0,10468 |
Valeur à cours constant | 4 129 € | 1 627 € | 5 755 € |
Électricité payée | 10 745 € | 8 467 € | 19 212 € |
Additionnons ce qui sort du compte en banque : 2 859,99 € de machine et 19 212 € de courant, soit 22 072 €. Ce qui entre : 0,10468 bitcoin. La division donne 210 900 € le bitcoin.
Un acheteur qui engage les mêmes 22 072 € sur la même période paie 22 € de commission et obtient 0,401 bitcoin, à 55 038 € pièce. À cours figé, étaler ses achats sur trois ans ou tout placer le premier jour revient exactement au même. Raison de plus pour faire bouger le cours.
Sur trente-six mois | Acheteur | Mineur |
|---|---|---|
Somme engagée | 22 072 € | 22 072 € |
Dont matériel | aucun | 2 860 € |
Dont commission ou électricité | 22 € | 19 212 € |
Bitcoins obtenus | 0,401 | 0,1047 |
Prix de revient du bitcoin | 55 038 € | 210 900 € |
L’écart final atteint 0,296 bitcoin, 16 300 € au cours du 13 août. Le mineur a payé chaque jeton près de quatre fois plus cher, et il a passé trois ans à écouter des ventilateurs. Pour refaire l’opération avec un autre modèle, un autre tarif ou une autre durée, le calcul de rentabilité pas à pas se reprend ligne à ligne.
Vient alors l’objection habituelle : couper la machine le jour et ne la faire tourner que sur les huit heures creuses. Elle produit un tiers de sa recette, 2,25 € par jour, et consomme 29,2 kWh à 0,1589 €, soit 4,64 €. La perte quotidienne tombe de 10,79 € à 2,39 €, ce qui a l’air d’une bonne nouvelle. Sur les 1 096 jours, l’électricité ne coûte plus que 5 085 € et le total engagé descend à 7 944 €. Sauf que la production suit : 0,0349 bitcoin au lieu de 0,1047. Les mêmes 7 944 € achetés au comptant en auraient rapporté 0,1444. L’arbitrage horaire divise la perte par plus de quatre et il creuse l’écart avec l’achat direct, parce qu’il coupe la recette en même temps que la facture.
Faire varier le cours ne renverse pas le classement
Le cours du bitcoin ne se prédit pas, et une comparaison qui repose sur une prévision fabrique son propre résultat. Ce qui se fait, en revanche, c’est de regarder ce qu’une variation change dans chacune des deux colonnes.
Elle ne change rien au nombre de jetons. La production d’une machine dépend de sa part du hashrate mondial, pas du prix du bitcoin : 0,10468 bitcoin, que le cours monte, descende ou reste plat. L’acheteur, lui, a fixé son nombre de jetons le jour de l’achat : 0,401. Chaque stock se valorise ensuite au même prix, et le rapport de l’un à l’autre ne bouge jamais d’un pouce.
Cours au bout de trente-six mois | Les 0,1047 bitcoin du mineur | Les 0,401 bitcoin de l’acheteur |
|---|---|---|
27 491 €, la moitié | 2 878 € | 11 025 € |
54 982 €, inchangé | 5 755 € | 22 049 € |
109 964 €, le double | 11 511 € | 44 099 € |
210 900 € | 22 072 € | 84 570 € |
Il faut un bitcoin à 210 900 € pour que le mineur récupère sa mise, et à ce cours-là l’acheteur a quadruplé la sienne. Un scénario catastrophe ne l’arrange pas davantage : à cours divisé par deux, le mineur récupère 2 878 € des 22 072 € qu’il a sortis, l’acheteur 11 025 €. Les deux perdent, l’un quatre fois plus que l’autre.
Une seule chose ferait bouger la colonne de gauche : le départ des concurrents. La part de chacun se calcule sur la puissance totale branchée, 911 exahash le 10 août 2026, déjà en recul depuis un sommet au-dessus de 1 100 parce que le mégawatt se vend mieux aux centres de calcul qu’aux fermes de minage. Pour que le mineur rattrape l’acheteur, il faudrait que le réseau retombe à 240 exahash : trois machines sur quatre débranchées dans le monde. Un pari cohérent, mais pas celui qu’on croit prendre en commandant un Antminer.
Ce que le minage donne et que l’achat ne donne pas
La comparaison chiffrée tranche une question, pas toutes. Quatre choses s’achètent avec une machine et ne s’achètent pas sur une plateforme.
Des jetons neufs, pour commencer. Un bitcoin miné sort de la transaction de création d’un bloc : il n’a pas d’historique, pas de vendeur, pas de dépôt sur un compte tiers. Celui qui achète confie ses euros à un intermédiaire, ne serait-ce que le temps du règlement, et hérite d’une chaîne de transactions dont il n’a pas choisi les maillons. Cette différence-là ne se chiffre pas et pèse lourd pour une partie des mineurs.
Un flux, aussi. Le mineur touche 12 250 satoshis par jour, versés par son pool, plutôt qu’une position prise en une seule fois à un seul prix. Il entre sur le marché à la vitesse où le réseau produit, ce qui est une forme d’étalement subi mais réel. La fiscalité lui renvoie la facture de cet étalement.
Du matériel. La machine garde une valeur de revente, et le marché de l’occasion en donne l’ordre de grandeur : le même vendeur affiche le 13 août 2026 un Antminer S19K Pro, 120 TH/s, à 899,99 €, soit 7,50 € le térahash contre 11,67 € pour la S21 Pro neuve. Appliqué aux 245 TH/s, cela ramène environ 1 840 € dans le compte au bout de trois ans, et l’hypothèse est généreuse puisque la machine sera alors dépassée de deux générations. Le prix de revient descend à 193 300 € le bitcoin. Trois fois et demie le cours au lieu de presque quatre. Ce que coûte le matériel au térahash se relit dans les deux sens, à l’achat comme à la revente.
De la chaleur, enfin. 3 650 W finissent intégralement en chaleur dans la pièce, l’équivalent de trois convecteurs. Dans un logement chauffé à l’électricité, entre octobre et avril, ce kilowattheure-là aurait été dépensé de toute façon. Reste à savoir combien de mois par an la pièce en réclame vraiment.
Ce que l’achat donne et que le minage ne donne pas
De l’autre côté, la liste est plus courte.
Rien à installer. La S21 Pro tire 15,87 ampères sous 230 volts. Un disjoncteur 16 A supporte 3 680 W en pointe : la marge est de trente watts, sur un appareil qui fonctionne à pleine charge vingt-quatre heures sur vingt-quatre. En pratique, il faut un circuit dédié et rien d’autre dessus. Vient ensuite la puissance souscrite : 3,65 kVA prélevés sur un abonnement de 6 kVA laissent 2,35 kVA pour le reste du logement, autrement dit le disjoncteur saute au premier four allumé. Le passage à 9 kVA se paie deux fois, parce que l’option base n’est plus souscriptible au-delà de 6 kVA et que le nouvel abonné bascule en heures pleines et heures creuses, à 0,2142 € le kilowattheure de journée.
Pas de bruit non plus. Un ASIC de cette classe tient 76 décibels à plein régime, le niveau d’un aspirateur qu’on ne coupe jamais, et les ventilateurs accélèrent à mesure que la pièce se réchauffe. Le voisin de palier entre dans l’équation bien avant le cours du bitcoin.
Pas de panne. La garantie court un an, sur une machine importée dont le retour en atelier coûte parfois le tiers de sa valeur résiduelle. Le compte de 22 072 € suppose 1 096 jours de fonctionnement sans un seul arrêt, ce qui n’arrive jamais.
Une sortie immédiate, surtout. Un bitcoin se vend en quelques secondes. Une machine se vend en quelques semaines, à un acheteur qui a fait le même calcul et qui négocie. La ferme de minage vue comme placement se heurte au même mur, à une échelle où les montants ne pardonnent pas.
Les deux fiscalités, côte à côte
Elles ne se ressemblent pas, et l’écart joue plutôt contre le mineur.
Le minage relève des bénéfices non commerciaux, article 92 du code général des impôts. L’imposition tombe à la réception des jetons, à leur valeur du jour, et pas à la vente. Sur trois ans, cela fait 5 755 € de recettes à déclarer même si rien n’a été vendu et même si le cours s’est effondré entre-temps. Au micro-BNC, ouvert jusqu’à 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026 à 2028, l’abattement forfaitaire de 34 % ramène la base à 3 798 €. Ce régime ne déduit rien : ni la machine, ni les 19 212 € d’électricité.
Passer en déclaration contrôlée permet de déduire les deux, et les charges dépassent alors largement les recettes. Le déficit ainsi créé ne soulage pourtant pas la feuille d’impôt : un déficit BNC non professionnel ne s’impute que sur des bénéfices de même nature, l’année même et les six suivantes, aux termes de l’article 156, I, 2° du même code. Il ne descend jamais sur un salaire.
Dernier point, celui qui surprend le plus : la TVA est hors champ sur le minage. Les 476,66 € de taxe contenus dans les 2 859,99 € de la machine ne se récupèrent pas, quel que soit le statut. Aucun agrément n’est requis par ailleurs, le règlement MiCA ne couvrant pas cette activité. La fiscalité du minage en France détaille les régimes, et les cases à remplir évitent la mauvaise ligne.
L’acheteur, lui, ne déclare rien tant qu’il ne vend pas. À la cession, la plus-value supporte le prélèvement forfaitaire unique, passé à 31,4 % le 1ᵉʳ janvier 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur les 0,401 bitcoin achetés 22 050 € et revendus à cours doublé, la plus-value de 22 049 € laisse 6 923 € au fisc. L’impôt arrive après le gain, et seulement s’il y en a un.
À quel prix du kilowattheure miner redevient rationnel
Tout se joue sur une seule variable. Cherchons à quel tarif les deux colonnes s’égalisent, en gardant le reste identique : même machine, mêmes 1 096 jours, même halving, même cours.
Le mineur consomme 96 010 kilowattheures sur la période. Pour qu’il finisse avec autant de bitcoins que l’acheteur, il faut que la somme de la machine et du courant, une fois convertie au cours du jour, n’achète pas plus de 0,10468 bitcoin. L’équation se résout à 0,030 € le kilowattheure si la machine ne vaut plus rien à la sortie, à 0,0494 € si elle se revend 1 840 €. Retenons la seconde hypothèse, la plus favorable au minage.
Tarif du courant | Ce que le mineur obtient | Ce que l’acheteur obtient pour la même somme |
|---|---|---|
0,2001 €, tarif de base | 0,1047 BTC | 0,3676 BTC |
0,1589 €, heures creuses | 0,1047 BTC | 0,2958 BTC |
0,0494 €, le point de bascule | 0,1047 BTC | 0,1047 BTC |
0,0434 €, hébergement à 5 cents de dollar | 0,1047 BTC | 0,0943 BTC |
Le minage ne l’emporte que sur la dernière ligne, et il l’emporte de 11 %. Or 11 %, c’est à peu près ce qu’un hébergeur prélève sur la production. La bascule existe donc, elle est étroite, et elle se joue dans une zone de tarif qu’aucun compteur domestique français n’atteindra : quatre fois moins cher que le tarif réglementé.
Reste le cas du chauffage, qui promet une électricité gratuite une partie de l’année. Cinq mois de chauffe par an, trois hivers sur la période : 456 jours où le courant aurait été dépensé de toute façon, 640 jours facturés plein tarif. La facture tombe à 11 218 €, le tarif moyen à 0,117 € le kilowattheure. Encore plus du double du point de bascule. Pour l’atteindre, il faudrait chauffer les trois quarts de l’année, ce qui ne décrit aucun logement français. Le minage-chauffage réduit la perte de plus de moitié, il ne la transforme pas en gain.
Une machine gagne donc de l’argent à trois conditions cumulées : un courant sous 5 centimes, un hébergeur dont la commission ne mange pas l’écart, un matériel qui se revend. Enlevez-en une et le compte repasse sous l’achat direct. L’arbitrage entre miner chez soi, faire héberger et acheter se pose là, et il vaut mieux le poser avant la commande qu’après.
La réponse, en une ligne
Avec 3 000 €, un particulier français achète du bitcoin. Le minage n’a rien d’absurde en soi, mais 0,2001 € le kilowattheure contre 0,0275 € de recette par térahash et par jour donne toujours le même résultat, quelle que soit la machine et quel que soit le cours.
Deux terrains restent solides. L’apprentissage, avec un petit boîtier à 200 € qui coûte 37 € de courant par an et apprend à configurer un pool, à lire un tableau de bord, à repérer une carte de hachage qui décroche. Et l’industrie, là où le mégawatt se négocie en gros et où chaque ligne du compte change de signe. La procédure, du premier achat au premier paiement vaut d’être lue avant de trancher, ne serait-ce que pour savoir ce qu’on n’achète pas.
Un dernier repère, pour ceux qui referont le calcul dans six mois. Divisez la recette quotidienne d’un térahash par sa consommation quotidienne : au 13 août 2026, 1,146 divisé par l’efficacité en joules par térahash donne le prix du courant au-delà duquel la machine perd de l’argent. Le numérateur suit le cours du bitcoin et la puissance du réseau. Le dénominateur suit les progrès de la gravure, environ 20 % par génération. L’un et l’autre devraient se rapprocher. Pour l’instant l’écart se creuse dans le mauvais sens.