Combien de temps pour miner un ethereum, et combien pour un bitcoin
Deux questions jumelles, deux réponses qui n’ont rien à voir. Côté ether, il n’y a plus de durée du tout : la chaîne a cessé de payer les mineurs le 15 septembre 2022 à 6 h 42 UTC, et elle n’y est jamais revenue. Côté bitcoin, la durée existe et se calcule. Simplement, elle n’a aucun rapport avec les dix minutes servies par tous les résultats de recherche. Dix minutes, c’est le pas du réseau entier. Votre machine, elle, avance à sa vitesse à elle, qui se compte en décennies.
Tous les chiffres qui suivent datent du 14 août 2026.
Un ether ne s’obtient plus par le calcul
Le dernier bloc miné d’Ethereum porte le numéro 15 537 393. Le bloc suivant est sorti d’un validateur, difficulté inscrite à zéro, et le métier de mineur a disparu de cette chaîne entre deux blocs. Depuis, un rig peut tourner un siècle sans recevoir un centime.
La question ne s’évapore pas pour autant. Celui qui la tape veut savoir quand il tiendra son jeton. Trois voies subsistent, et leurs délais vont de seize mois à cent vingt-quatre ans.
Passer par l’Ethereum Classic
La chaîne cousine tourne toujours en preuve de travail, son algorithme Etchash accepte les mêmes cartes, et l’on convertit ensuite ses jetons en ether. Sur le papier, la manœuvre se tient.
Le compte est plus dur. Le 14 août 2026, cent mégahashs par seconde produisent 0,0069 ETC par jour sur cette chaîne. Une RTX 3080 tient 97,88 MH/s pour 224 watts, donc 0,00675 ETC quotidiens : 3,6 centimes d’euro, pendant qu’elle avale 5,4 kilowattheures.
L’ether s’échange 1 873,90 dollars, l’ETC 6,14. Il faut donc empiler 305 ETC pour valoir un ether, et 305 divisés par 0,00675 donnent 45 000 jours, soit 124 ans. L’électricité de cette attente atteindrait 48 600 euros au tarif réglementé de base, pour un jeton qui en vaut 1 620.
Un seul ETC, en revanche, arrive au bout de 148 jours. C’est la seule durée de ce paragraphe qui tienne dans une vie humaine, et elle vaut cinq euros trente.
Déposer trente-deux ether en validateur
Le mot « miner » colle encore à cette activité, à tort : un validateur ne cherche aucune solution, il immobilise un capital et le protocole le rémunère pour rester en ligne. Ni ventilateur à surveiller, ni facture d’électricité.
Le ticket d’entrée vaut 32 ether, c’est-à-dire 51 900 euros au cours du jour. Le réseau sert 2,6 % par an, ce qui produit 0,832 ether sur douze mois, donc 439 jours pour un ether de plus. Encore faut-il entrer : 2 275 000 ether font la queue devant le guichet, et la file s’écoule en 39 jours et 12 heures. Comptez quinze mois entre le virement et le jeton supplémentaire.
En dessous de 32, il faut confier ses jetons à un service mutualisé. Un ether déposé à 2,6 % en fabrique un second au bout de 38 ans, commission du service déduite.
Les trois voies côte à côte
Voie | Ce qu’il faut avancer | Temps pour un ether de plus | Ce que ça coûte pendant l’attente |
|---|---|---|---|
Miner de l’ETC avec une RTX 3080 | la carte | 124 ans | 1,04 € d’électricité nette par jour |
Déposer 32 ether en validateur | 51 900 € | 439 jours, plus 40 jours de file | le capital immobilisé |
Déposer 1 ether chez un service | 1 620 € | 38 ans | la commission du service |
Une quatrième voie manque au tableau parce qu’elle n’a pas de durée : acheter un ether coûte 1 622 euros et prend le temps d’un virement. Les trois autres se mesurent à celle-là, et deux d’entre elles perdent de plusieurs ordres de grandeur. Ce que valent aujourd’hui les cartes achetées pour cette chaîne, et ce qu’on peut encore en tirer, tient dans notre page sur l’arrêt du minage d’Ethereum.
Combien de temps pour miner un bitcoin

Le protocole vise un bloc toutes les dix minutes et corrige sa difficulté tous les 2 016 blocs pour y rester. Au 14 août 2026, le rythme observé s’établit à dix minutes et vingt-cinq secondes, ce qui vaudra une baisse de difficulté de 3,9 % au bloc 963 648. Chaque bloc contient 3,125 bitcoins plus les frais des transactions, et il part en entier à un seul gagnant, tiré au sort parmi toute la puissance de calcul de la planète. Vos dix minutes à vous n’existent pas.
Votre durée tient dans un autre chiffre : ce qu’un térahash par seconde rapporte en vingt-quatre heures. Le réseau lâche 450 bitcoins de subvention quotidienne et environ 3,3 bitcoins de frais, répartis sur 911 exahashs par seconde. Le quotient vaut 49,6 satoshis par térahash et par jour. Aucune machine ne le dépasse, et aucune offre commerciale non plus : le réseau ne distribue rien de plus.
Un bitcoin vaut cent millions de satoshis. Une division suffit.
Machine | Puissance | Production brute par jour | Durée pour un bitcoin | Le jour où vous le tenez |
|---|---|---|---|---|
Antminer S23 Hyd 3U | 1 160 TH/s | 57 536 satoshis | 4 ans et 9 mois | mai 2031 |
Antminer S23 | 318 TH/s | 15 773 satoshis | 17 ans et 4 mois | décembre 2043 |
Antminer S21 XP | 270 TH/s | 13 392 satoshis | 20 ans et 5 mois | janvier 2047 |
Antminer S21 Pro | 234 TH/s | 11 606 satoshis | 23 ans et 7 mois | mars 2050 |
Antminer S19j Pro d’occasion | 104 TH/s | 5 158 satoshis | 53 ans | septembre 2079 |
Ce tableau flatte. Il flatte parce qu’il suppose la récompense de bloc immobile pendant un demi-siècle, et elle bouge.
Au printemps 2028, la moitié du tableau s’efface
Il reste 87 600 blocs à produire avant le prochain halving, une vingtaine de mois. Ce jour-là, la subvention tombe de 3,125 à 1,5625 bitcoin, et la production de toutes les machines du monde est coupée en deux dans la même minute. Le mécanisme se déclenche tous les 210 000 blocs, environ tous les quatre ans, et le protocole ne prévoit aucun moyen de le décaler.
Reprenons l’Antminer S23 avec cette règle en tête, à difficulté et frais figés. Il produit 15 773 satoshis par jour jusqu’au printemps 2028, ce qui lui en met 9,6 millions de côté. Ensuite 7 886. Puis 3 943. Puis 1 971. La série s’additionne et converge : tout ce que cette machine produira d’ici la fin des temps s’arrête à 0,33 bitcoin. Dix-sept ans était déjà long. La bonne réponse est jamais.
Les trois lignes suivantes du tableau tombent de la même façon, plafonnées à 0,28, 0,24 et 0,11 bitcoin. Une seule machine franchit la barre du bitcoin entier, la 1 160 TH/s refroidie à l’eau, et elle la franchit en janvier 2037 au lieu de mai 2031. Dix ans et cinq mois au lieu de quatre ans et neuf.
Une réserve, et elle est de taille : ce calcul fige la difficulté et les frais. Si la moitié du réseau se débranche au lendemain du halving, le revenu par térahash remonte d’autant et les durées se resserrent. Le cas s’est déjà produit, le réseau ayant reculé de 932 à 911 exahashs sur la seule première semaine d’août. Mais parier là-dessus revient à acheter une machine sur le comportement futur de ses concurrents.
Seul contre le réseau, cinquante-quatre ans d’attente moyenne
Le minage en solo garde le bloc entier pour celui qui le trouve, et ne verse rien du tout à celui qui ne le trouve pas. L’attente se chiffre.
La difficulté valait 127 479 855 693 691 à l’ajustement du 8 août 2026. Décrocher un bloc demande en moyenne cette difficulté multipliée par 2³², soit 5,48 × 10²³ hachages. Un Antminer S23 en aligne 318 000 milliards par seconde. La division rend 1,72 milliard de secondes : 54 ans et 7 mois. Sur une journée, la probabilité de toucher le gros lot est de 0,005 % ; sur une année entière sans panne, de 1,8 %.
Un pool ne raccourcit pas cette moyenne d’une seconde. Il en change la forme, et c’est tout : au lieu d’un lot énorme après un demi-siècle, une fraction arrive chaque jour. Le total espéré ne bouge pas, la variance s’effondre. Les critères qui séparent un pool d’un autre se comparent en détail à part.
Les trois échéances que personne n’affiche
Le premier versement
Un pool conserve votre production tant qu’elle n’atteint pas son seuil de retrait. Ce seuil ne s’affiche jamais à côté du taux de frais, et il tient pourtant la première déception de tout débutant. Attente d’un Antminer S23, frais du pool retirés.
Pool | Frais | Seuil de retrait | Premier versement |
|---|---|---|---|
Braiins Pool | 2,5 % | 0,0002 BTC | 1 à 2 jours |
F2Pool | 4 % | 0,005 BTC | 33 jours |
Ocean | 2 % | 0,01048576 BTC | 68 jours |
Soixante-six jours d’écart entre la première ligne et la dernière, à production identique. Six semaines de silence sur un compte qui travaille, ça décourage plus sûrement qu’un mauvais rendement.
Le remboursement de la machine
Chez un particulier français, cette échéance n’existe pas. Un Antminer S23 avale 84 kilowattheures par jour, soit 16,66 euros au tarif réglementé de base à 9 kVA, pour 8,24 euros nets produits. La machine perd 8,43 euros par jour avant même qu’on parle de son prix d’achat. Sa fiche technique le disait déjà : il faudrait descendre sous 5,7 joules par térahash pour rentrer dans ses frais à ce tarif, et la meilleure machine à air du marché plafonne à 11. La procédure complète et le calcul en euros déroulent l’affaire machine par machine.
En ferme, où le kilowattheure se facture autour de 0,0607 euro, le signe s’inverse : 5,10 euros d’électricité contre 8,24 euros nets, donc 3,14 euros de marge quotidienne. Sur une machine payée entre 6 000 et 7 000 euros selon le lot, cela promet cinq à six ans.
Sauf que le halving tombe au 609ᵉ jour, bien avant le terme. À cette date, la machine aura remboursé 1 913 euros, moins d’un tiers de son prix, et le lendemain sa marge quotidienne passe à moins 98 centimes. Le remboursement ne prend pas de retard, il s’arrête.
Le halving lui-même
Vingt mois. C’est la seule échéance de cette page qui soit inscrite dans le protocole, connue de tout le monde et impossible à décaler d’un jour. Elle divise par deux chaque production et chaque marge écrites plus haut, et elle repasse tous les quatre ans. Un projet dont l’équilibre repose sur un horizon plus lointain repose sur rien.
Ce qui raccourcit une durée, et ce qui ne la raccourcit pas
Une seule chose la raccourcit : la puissance que vous alignez. Doubler le hashrate divise la durée par deux, exactement, votre production étant proportionnelle à votre part du réseau. Le reste tourne à vide.
Ajouter des machines au réseau mondial ne raccourcit rien pour personne, par exemple. La difficulté remonte au prochain ajustement et le bloc revient à dix minutes. C’est le but du mécanisme.
Changer de pool ne touche pas à la moyenne, seulement à la régularité et au montant des frais. Le cours du bitcoin ne bouge aucune durée exprimée en satoshis, il fixe la valeur en euros de ce que vous détiendrez le jour de la vente. Le prix du kilowattheure ne raccourcit pas davantage une production : il décide du signe du résultat, pas de sa vitesse. L’overclocking, lui, gagne quelques pour cent quand l’écart à combler se compte en facteurs.
Reste l’efficacité, en joules par térahash, qu’on confond souvent avec la vitesse. Elle ne gagne pas une journée. Deux machines qui produisent chacune 318 térahashs les produisent au même rythme, que l’une tire 3 500 watts et l’autre 9 000 ; ce qui les sépare, c’est la facture de l’attente, jamais sa longueur. Le comparatif des ASIC bitcoin modèle par modèle tient les deux colonnes séparées.
Deux dates, et rien d’autre
L’ether ne se mine plus depuis le 15 septembre 2022, et la voie de remplacement la plus citée demande 124 ans pour un jeton qu’un virement de 1 622 euros apporte le jour même.
Le bitcoin se mine encore, jusqu’au printemps 2028 en tout cas, date à laquelle chaque chiffre de cette page se coupe en deux. En dessous de 1 000 térahashs par seconde, une machine achetée aujourd’hui ne verra jamais son premier bitcoin entier, quel que soit le nombre d’années qu’on lui laisse. Ce que produit une journée de calcul applique la même règle aux autres monnaies.