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L'avenir du minage de crypto : ce que le calendrier a déjà décidé

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L'avenir du minage de crypto : ce que le calendrier a déjà décidé

Le 29 octobre 2025, la difficulté du réseau Bitcoin atteignait 155,97 T, son record. Ce 14 août 2026, elle vaut 127 479 855 693 691, soit 18,3 % de moins. Ce recul ne vient ni d'une interdiction ni d'une panne : les machines ont été débranchées volontairement, par des sociétés qui gagnent davantage à louer leurs mégawatts qu'à produire du bitcoin avec.

Une page sur l'avenir attire la prophétie. On peut s'en passer. Le protocole a fixé une partie de la suite à la date près, et ce qu'il n'a pas fixé se lit dans des chiffres publiés. Ces deux matières suffisent.

  • Ce que le protocole a déjà décidé

  • La puissance du réseau a cessé de monter

  • Les frais de transaction ne prendront pas le relais

  • Où partent les mégawatts

  • Le matériel approche de son mur

  • La contrainte arrive par le compteur

  • À domicile, il ne reste que la chaleur

  • Les trois dates à surveiller

  • Questions fréquentes

Ce que le protocole a déjà décidé

Le seul avenir certain du minage tient dans une règle écrite en 2009 et jamais modifiée : tous les 210 000 blocs, la récompense est divisée par deux. Au 14 août 2026, le réseau produisait son bloc 962 405. Le prochain palier est le bloc 1 050 000, il reste donc 87 595 blocs à produire, et la projection publiée par CoinWarz le situe au 19 avril 2028. La récompense passera alors de 3,125 à 1,5625 bitcoin par bloc. Le cycle en cours est parcouru à 58,3 %.

Cette date bouge de quelques jours selon la vitesse réelle des blocs, jamais de plusieurs mois. Achetez une machine aujourd'hui, amortissez-la sur trois ans : seize de ses trente-six mois utiles se dérouleront après le palier, avec une recette divisée par deux. Aucun montage n'échappe à ce palier.

Le calendrier long dit autre chose, moins commenté. Sur les 21 millions de bitcoins prévus, 20 069 981 sont déjà en circulation au bloc 962 405, soit 95,6 % du total. Il reste un peu plus de 930 000 unités à distribuer, étalées sur plus d'un siècle, jusque vers 2140. Le gros du travail est fait. Ce qui reste est une queue de distribution, et chaque halving en rabote la moitié.

Repère au 14 août 2026

Valeur

Hauteur de bloc

962 405

Récompense par bloc

3,125 BTC

Bitcoins en circulation

20 069 981, soit 95,6 % des 21 millions

Prochain halving

Bloc 1 050 000, projeté au 19 avril 2028

Récompense après

1,5625 BTC

La puissance du réseau a cessé de monter

Le hashrate a connu des trous d'air, jamais de reflux qui dure. Celui-ci dure. L'ajustement du 29 octobre 2025, au bloc 921 312, avait porté la difficulté à 155,97 T sur une hausse de 6,31 %, avec une puissance moyenne de 1,13 ZH/s. Dix mois plus tard, l'ajustement du 8 août 2026 la laisse à 127,48 T. Près d'un cinquième de la puissance a disparu.

Derrière ce chiffre, un mécanisme simple. Tous les 2 016 blocs, environ deux semaines, le protocole compare le temps qu'il a fallu pour les produire à la cible de dix minutes par bloc, et corrige la difficulté d'autant. Des machines s'arrêtent, la difficulté baisse, celles qui restent trouvent plus de blocs. Personne ne pilote rien.

Pour un mineur en activité, ça se traduit en satoshis. Divisez l'émission par la puissance déployée : sur les 144 derniers blocs, les mineurs se sont partagé 453,17 bitcoins, frais compris, pour 912,5 EH/s de puissance impliquée par la difficulté. Cela fait 49,7 satoshis par térahash et par jour. Refaites la même division sur la puissance d'octobre 2025 : le térahash rapportait alors 40,6 satoshis. Une machine branchée depuis dix mois gagne aujourd'hui 22 % de plus par unité de calcul, à cours constant, sans que son propriétaire ait touché à quoi que ce soit.

C'est la seule bonne nouvelle de la période pour qui mine encore, et elle est intégralement due au départ des autres. Le détail du calcul, machine par machine, est déroulé dans la page sur ce que rapporte réellement une puissance de calcul donnée.

Les frais de transaction ne prendront pas le relais

Un raisonnement rassurant circule depuis les débuts du réseau : quand la récompense d'émission s'épuisera, les frais de transaction prendront la suite. La mesure du jour lui donne tort.

Sur les 144 blocs relevés ici, les 453,17 bitcoins distribués comprennent 3,17 bitcoins de frais. Soit 0,70 % du revenu des mineurs. Glassnode trouve la même chose à l'échelle du mois : 0,69 % le 12 août 2026, un plancher de dix ans, après un creux à 0,52 % en avril. La dernière fois que les frais pesaient si peu dans la recette, le bitcoin valait moins de 400 dollars.

Hors épisodes de congestion, cette part tourne autour de 1 % et n'a jamais dépassé durablement le dixième du revenu. Dix-huit mois de mesures ne disent rien de 2140, mais ils disent une chose sur aujourd'hui : le basculement annoncé n'a pas commencé. La sécurité du réseau tient sur une subvention qui sera divisée par deux dans vingt mois, et sur des frais qui n'en couvrent pas le centième.

Composante du revenu des mineurs

Sur les 144 derniers blocs

Après avril 2028, à frais et prix constants

Émission de nouveaux bitcoins

450,00 BTC

225,00 BTC

Frais de transaction

3,17 BTC

3,17 BTC

Total quotidien

453,17 BTC

228,17 BTC

Part des frais

0,70 %

1,39 %

La colonne de droite se calcule, elle ne se prévoit pas : elle montre le partage si rien d'autre ne bouge. Pour que le revenu des mineurs tienne en euros après avril 2028, il faudra que le cours double ou que les frais soient multipliés par soixante-douze. La première hypothèse est plausible et personne ne peut la dater. La seconde ne s'appuie sur rien de mesuré.

Où partent les mégawatts

La cause du recul de puissance se lit dans les publications trimestrielles des exploitants, pas dans les commentaires de marché. Entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, la puissance réalisée par les mineurs cotés est passée de 368,3 à 319,0 EH/s, un repli de 13,4 % en six mois relevé par BlocksBridge. Sortez Bitdeer, seul du groupe à avoir grossi sa flotte, de 44 %, et le reste de la cohorte tombe de 324,6 à 255,9 EH/s : −21,2 % en deux trimestres.

Trois chiffres de résultats disent où va cette électricité.

  • Core Scientific a facturé 136,7 M$ d'hébergement de calcul au deuxième trimestre 2026, contre 21,5 M$ de minage propre. Un an plus tôt, le minage rapportait 62,4 M$ et l'hébergement 10,6 M$. Les deux courbes se sont croisées en douze mois.

  • TeraWulf tire 31,9 M$ de ses baux de calcul intensif, soit 71 % de son chiffre d'affaires trimestriel.

  • Keel Infrastructure, l'ancienne Bitfarms, a confirmé le 10 août 2026 l'arrêt de la totalité de ses sites de minage américains, libérés pour des constructions destinées à l'intelligence artificielle. Son chiffre d'affaires trimestriel a reculé de moitié, à 30,4 M$.

La logique se comprend sans être financier. Un site de minage possède exactement ce qui manque à l'industrie du calcul : un raccordement électrique obtenu, un permis délivré, un refroidissement dimensionné. Le convertir prend des mois là où construire prend des années. Et un bail de vingt ans, comme celui que TeraWulf a signé avec Anthropic sur 401 mégawatts au Kentucky, offre une visibilité que le minage, indexé sur un cours et sur une difficulté, n'aura jamais.

Ce mouvement déconcentre le minage plus qu'il ne le réduit. Chaque exahash débranché relève la part de tous les autres, et l'ajustement de difficulté transfère le revenu abandonné vers les machines encore branchées. Pour ceux qui restent, le réseau devient moins fréquenté, pas moins rentable. Ce que valent ces exploitants cotés comme placement est traité à part, dans la page sur les quatre façons de mettre de l'argent dans le minage.

Le matériel approche de son mur

Depuis dix ans, le progrès du minage tient dans une seule courbe : le nombre de joules dépensés pour un térahash. Elle s'aplatit, et cela change la nature du métier.

Machine

Année

Efficacité

Gain sur la ligne précédente

Antminer S9, 13,5 TH/s pour 1 323 W

2016

98 J/TH

référence

Antminer S19 XP, 141 TH/s pour 3 010 W

2022

21,5 J/TH

÷ 4,6 en six ans

Antminer S21 XP, 270 TH/s pour 3 645 W

2024

13,5 J/TH

÷ 1,6 en deux ans

Antminer S23 Hydro, 580 TH/s pour 5 510 W

2026

9,5 J/TH

÷ 1,4 en deux ans

Bitmain a présenté la série S23 le 31 mai 2025 et annoncé les premières livraisons au premier trimestre 2026. La version refroidie à l'eau est la première machine de minage passée sous 10 joules par térahash ; la version à air reste à 11 J/TH pour 318 TH/s. Le constructeur revendique 69 % de puissance en plus et 41 % d'efficacité gagnée sur le S21, sorti en septembre 2023.

Regardez la dernière colonne plutôt que les annonces. Le facteur 4,6 obtenu entre 2016 et 2022 ne s'est pas reproduit une seule fois depuis. Depuis 2022, chaque génération retire 30 à 37 % de la consommation là où les précédentes divisaient par quatre, et chaque palier se paie en finesse de gravure.

Cela change l'arme de la compétition. Tant que le matériel progressait vite, le renouvellement de parc décidait de tout : une génération de retard condamnait, une génération d'avance suffisait à gagner. Une courbe qui s'aplatit garde une machine compétitive plus longtemps, resserre l'écart entre exploitants, et laisse un seul levier à pleine puissance, le prix du kilowattheure. Le choix d'une machine sur ce critère est détaillé dans la page sur l'efficacité énergétique d'une machine de minage.

La contrainte arrive par le compteur

Le débat public sort MiCA dès qu'il est question de crypto-monnaies. Le règlement (UE) 2023/1114 vise en réalité l'offre au public de crypto-actifs, l'admission à la négociation, les abus de marché, les stablecoins et les prestataires de services. C'est de là que vient l'échéance du 1er juillet 2026, qui a fermé le régime français des PSAN au profit de l'agrément européen. Un ASIC qui hache dans un garage n'entre dans aucune de ces cinq lignes.

La contrainte réelle vient de l'énergie. L'article 12 de la directive (UE) 2023/1791 impose aux exploitants de centres de données une déclaration annuelle de leurs performances énergétiques, alimentée dans une base de données européenne. Le règlement délégué (UE) 2024/1364 en fixe les indicateurs. Le seuil est 500 kilowatts de puissance informatique installée, et la déclaration se dépose au plus tard le 15 mai de chaque année.

La France a transposé par le décret n° 2025-1382 du 29 décembre 2025, qui inscrit l'obligation aux articles L. 236-1 à L. 236-3 et D. 236-1 à D. 236-7 du code de l'énergie, avec mise en demeure et amende à la clé. Le seuil s'apprécie au numéro SIRET, et un nouveau site doit se déclarer dans les deux mois suivant sa mise en service.

Traduisez 500 kW en machines : environ 135 unités de 3,7 kW. Un particulier avec trois ASIC dans son garage passe dessous, une ferme est prise intégralement. Aucune interdiction là-dedans, et pourtant c'est le texte qui pèse le plus lourd : la consommation, la part d'énergie renouvelable et la chaleur réutilisée de chaque installation européenne au-dessus du seuil entrent chaque année dans une statistique publique. Le secteur y perd son argument le plus commode, l'estimation contestable, et y gagne le seul qui vaille s'il tient, la preuve chiffrée de ce qu'il récupère.

Reste la fiscalité, qui n'a pas bougé et qu'on continue de lire de travers. Les produits du minage relèvent des bénéfices non commerciaux au titre de l'article 92 du Code général des impôts, et l'impôt naît à la réception du jeton, pas à sa revente. Le détail des cases et des seuils est dans la page sur comment déclarer ses gains de minage.

À domicile, il ne reste que la chaleur

Tout ce qui précède se résume, pour un résident français, à une comparaison de deux nombres. Le térahash rapporte 49,7 satoshis par jour, soit 0,0270 € au cours du 14 août 2026. Le kilowattheure au tarif bleu professionnel coûte 0,1949 € toutes taxes comprises depuis le 1er août 2026. Une machine à 9,5 J/TH, la meilleure du marché, bascule sous 11,8 centimes le kilowattheure ; une machine courante à 16,5 J/TH bascule sous 6,8 centimes. La grille française ne descend jamais à ce niveau, heures creuses comprises.

Une seule façon reste de faire tenir l'équation à domicile : compter la chaleur. Un ASIC restitue la totalité des watts qu'il consomme, exactement comme un convecteur. Quand l'électricité aurait de toute façon été achetée pour chauffer, le bitcoin produit devient une remise sur une facture déjà engagée.

Le calcul se fait en trois lignes sur une machine domestique réellement en vente. L'Avalon Nano 3S de Canaan sort 6 TH/s pour 140 W, soit 23,3 J/TH, et se trouve autour de 210 dollars.

Avalon Nano 3S, 24 heures de fonctionnement

Valeur au 14 août 2026

Bitcoin produit

298 satoshis, soit 0,162 €

Électricité consommée, base résidentielle 0,2001 €/kWh

3,36 kWh, soit 0,672 €

Chaleur restituée

140 W en continu, comme un convecteur de même puissance

Part de la facture couverte par le bitcoin

24 %

Vingt-quatre pour cent. Aucune page de vente de chaudière numérique n'affiche ce nombre, et c'est pourtant le seul honnête. Comme placement, l'appareil perd 51 centimes par jour. Comme chauffage, il donne les mêmes calories qu'un convecteur de même puissance en rendant un quart de la facture. Sur une saison de chauffe de cinq mois, ce quart pèse 24 € pour un appareil qui en coûte près de 180. Le même objet, deux lectures, et aucune des deux ne fait un revenu.

Une communauté française s'est organisée exactement sur cette ligne. La Pool des Chauffagistes, lancée le 28 avril 2025, rassemblait fin novembre 2025 environ 656 membres sur son serveur de discussion, pour 75 appareils raccordés et une vingtaine de mineurs actifs. Voilà le poids réel de la communauté française la plus organisée sur le sujet. L'ordre de grandeur mérite d'être en tête avant de lire la prochaine offre à rendement garanti. Les mécanismes du regroupement de puissance sont expliqués dans la page sur le choix d'un pool de minage.

Les trois dates à surveiller

Trois échéances sont déjà écrites, dans un protocole ou dans un texte de loi. Elles balisent les prochaines années sans rien deviner.

  • 23 août 2026. Le prochain ajustement de difficulté, estimé à 127,87 T par CoinWarz, soit une hausse de 0,31 %. Le rendez-vous revient tous les 2 016 blocs, et c'est là que se lit en temps réel si les machines reviennent ou continuent de partir.

  • 15 mai 2027. L'échéance déclarative européenne suivante pour tout centre de données au-dessus de 500 kW. La consommation des fermes entrera dans une statistique officielle, à la place d'une estimation contestée.

  • 19 avril 2028. Le halving, à quelques jours près. La recette du réseau passe de 450 à 225 bitcoins par jour, hors frais et hors cours.

Le reste, cours compris, ne se date pas. Une page qui prétend le contraire vend autre chose que de l'information.

Questions fréquentes

  • Quand le minage de bitcoin s'arrêtera-t-il ?
    Jamais brutalement. 20 069 981 bitcoins sur 21 millions circulent déjà, soit 95,6 %, et le reste s'étalera par halvings successifs jusque vers 2140. La récompense d'émission deviendra négligeable bien avant, et tout se jouera alors sur les frais de transaction, aujourd'hui à 0,70 % du revenu des mineurs.

  • Peut-on encore miner du bitcoin en 2026 ?
    Techniquement oui, et rien ne l'interdit en France. Économiquement, il faut une électricité sous 11,8 centimes le kilowattheure avec la meilleure machine disponible. Aucune offre au détail française n'y arrive, ce qui laisse la récupération de chaleur comme seule justification à domicile.

  • Le minage va-t-il disparaître au profit de la preuve d'enjeu ?
    Ethereum a fait ce passage le 15 septembre 2022 et n'est plus minable depuis. Bitcoin n'a aucune proposition de ce type en discussion, et sa preuve de travail est ce que les détenteurs achètent. Les deux modèles cohabitent, ils ne se remplacent pas.

  • Faut-il acheter maintenant ou attendre l'après-halving ?
    Le halving d'avril 2028 divisera la recette par deux à cours constant. Comptez vingt mois pour amortir aux conditions d'aujourd'hui, puis une exploitation deux fois plus dure. Ce paramètre entre dans le calcul avant l'achat, il ne se découvre pas après.

  • Le départ des mineurs cotés menace-t-il la sécurité du réseau ?
    La difficulté a reculé de 18,3 % depuis octobre 2025, et elle dépasse encore d'un tiers le record de 2024, atteint en octobre à 95,67 T. Chaque baisse rend le minage plus rentable pour ceux qui restent et rappelle des machines. Le mécanisme fonctionne dans les deux sens, sans arbitre.

  • Faut-il croire une offre qui promet un rendement quotidien fixe ?
    Non, et le test tient en une division. Le réseau entier distribue 49,7 satoshis par térahash et par jour. Un opérateur honnête reverse moins, puisqu'il prélève son électricité dessus. Toute promesse au-dessus de cette borne promet plus que ce qui existe.