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Miner sur Windows 7 : jusqu’à quelle carte, et avec quel logiciel

Divers

Miner sur Windows 7 : jusqu’à quelle carte, et avec quel logiciel

La question se pose presque toujours dans le même ordre : quel logiciel installer, quelle monnaie viser, quel pool rejoindre. Sur Windows 7, cet ordre est faux. Le premier obstacle est le pilote graphique, et il tranche avant qu’on ait téléchargé quoi que ce soit. Une carte que le pilote ne connaît pas n’apparaît dans aucun logiciel, quel que soit son âge.

Sommaire :

  • Le pilote graphique décide avant le logiciel

  • Les mineurs, classés par date de dernière version

  • Une machine qui mine reste allumée

  • Ce qui tourne encore, et ce que ça coûte au compteur

  • Bitcoin : la question ne passe pas par Windows

  • Que faire de la machine

Le pilote graphique décide avant le logiciel

Un mineur GPU ne parle pas à la carte. Il parle à CUDA chez NVIDIA, à OpenCL chez AMD, et ces deux couches arrivent avec le pilote. Pas de pilote, pas de carte détectée. C’est là que Windows 7 se fait sortir.

NVIDIA s’arrête à Turing, pas à Ampere

Le dernier fichier publié par NVIDIA pour ce système porte le numéro 475.14 et date du 9 juillet 2024. Il appartient à la branche 470, gelée depuis 2021, et il n’apporte aucune fonction : c’est un correctif de sécurité. Ses notes de version précisent qu’il n’est pas certifié WHQL, « because Microsoft no longer accepts driver submissions for WHQL certification on Windows 7 ». Elles annoncent aussi la fin de l’exercice : « Critical security updates will be available on systems utilizing Windows 7 through September 2024. » Cette échéance est passée. Il n’y aura pas de 475.15.

La liste de matériel de ce pilote monte jusqu’aux GeForce RTX 3090 Ti. Ça ressemble à une bonne nouvelle, et c’en est une seulement pour les utilisateurs de Windows 10, parce que le même document ajoute cette ligne : « Support for products based on the NVIDIA Ampere architecture requires Windows 10 April 2018 Update (version 1803) or later. »

Le plafond réel descend donc d’une génération. Il s’appelle Turing : les GTX 16xx et les RTX 20xx. Toute la génération Ampere, celle des RTX 3060 et 3070 qui a fait le gros des rigs de 2021, réclame Windows 10 même avec le pilote qui la mentionne. Les RTX 40 et les RTX 50, elles, n’ont jamais eu de pilote sur ce système : elles sont sorties après l’arrêt de la branche.

Le pilote embarque CUDA 11.4. Un mineur compilé contre CUDA 12, ce qui est devenu la norme, refuse de démarrer : il réclame un pilote plus récent que celui-là.

AMD s’est arrêté un an plus tôt

AMD a été plus expéditif. Sa page de support PA-120 fixe la date au 21 juin 2021 et ne laisse aucune marge d’interprétation : « The final supported driver release for Windows 7 64-bit operating systems is Radeon Software Adrenalin 21.5.2 […] This driver is provided as the last and final Windows 7 64-bit supported Radeon Software release and will not be supported with further updates, upgrades, or bug fixes. » Un correctif hors plan est tout de même sorti en juin 2022, le 22.6.1, pour réparer une installation qui échouait sur les Radeon RX 6900 XT.

Le plafond côté rouge se situe sur RDNA2, les RX 6000. Les RX 7000, arrivées en décembre 2022, et les RX 9000 n’ont rien. Pas de pilote, pas d’OpenCL.

Génération

Pilote sous Windows 7

Verdict

GTX 10xx (Pascal)

475.14, branche 470

Reconnue

GTX 16xx et RTX 20xx (Turing)

475.14, branche 470

Reconnue, dernier palier

RTX 30xx (Ampere)

Listée, mais Windows 10 1803 exigé

Hors jeu

RTX 40xx et 50xx

Aucun

Hors jeu

Radeon RX 500 et Vega

Adrenalin 21.5.2

Reconnue

Radeon RX 5000 et RX 6000

Adrenalin 21.5.2, correctif 22.6.1

Reconnue, dernier palier

Radeon RX 7000 et RX 9000

Aucun

Hors jeu

Autre point pour qui récupère une machine d’occasion : le pilote 475.14 n’existe qu’en 64 bits. Ses notes ne mentionnent qu’une seule cible, « Microsoft Windows 7, 64-bit versions ». Sur une installation 32 bits, le sujet est clos avant même la question du mineur.

Ancienne carte graphique montée sur riser dans un rig de minage ouvert

Les mineurs, classés par date de dernière version

Beaucoup de listes de logiciels pour Windows 7 circulent encore, et elles recopient les mêmes trois ou quatre noms depuis 2021. Le tri le plus honnête tient en une colonne : quand le développeur a-t-il publié pour la dernière fois.

Logiciel

Dernière version publiée

Matériel

SRBMiner-MULTI

3.5.4, le 12 août 2026

Processeur, AMD, NVIDIA

XMRig

6.26.0, le 28 mars 2026

Processeur surtout

miniZ

2.5e3, le 28 octobre 2025

NVIDIA

NiceHash Miner

3.1.1.6, le 8 octobre 2025

AMD, NVIDIA

lolMiner

1.98a, le 21 septembre 2025

AMD, NVIDIA

TeamRedMiner

0.10.21, le 6 mai 2024

AMD

GMiner

3.44, le 6 mars 2024

AMD, NVIDIA

T-Rex

0.26.8, le 14 octobre 2022

NVIDIA

NBMiner

42.3, le 2 septembre 2022

AMD, NVIDIA

Les deux derniers de ce tableau sont ceux qu’on retrouve le plus souvent recommandés pour une vieille machine. Leur date d’arrêt n’a rien d’un hasard : Ethereum est passé en preuve d’enjeu le 15 septembre 2022, l’Ethash grand public s’est vidé en quelques jours, et ces deux-là ont posté leur dernière version dans les semaines qui ont entouré la bascule. Leurs binaires démarrent toujours. Ils ne suivront plus un changement de protocole côté pool, ni un nouvel algorithme, ni une faille.

Deux noms absents du tableau reviennent dans les guides les plus anciens. Claymore Dual Miner s’est arrêté à sa version 12.0, en mars 2019 ; ethminer a publié sa 0.19.0 le 3 août 2020. Tous deux minaient l’Ethash d’Ethereum, la chaîne qui ne se mine plus.

Autre surprise en haut du tableau : NiceHash Miner publie régulièrement, mais son manuel d’installation exige « Windows 10 or newer operating system 64-bit ». Les interfaces graphiques, celles qui promettent un bouton unique, ont coupé les ponts les premières. Il reste la ligne de commande et un fichier de configuration. SRBMiner-MULTI, XMRig, miniZ et lolMiner s’utilisent comme ça, et le sujet est traité en détail sur la page consacrée au logiciel de minage sous Windows.

Une machine qui mine reste allumée

Microsoft a cessé de corriger Windows 7 le 14 janvier 2020. Les entreprises abonnées au programme payant d’extension ont tenu trois ans de plus, jusqu’au 10 janvier 2023. Depuis, aucun correctif de sécurité ne sort, pour personne.

Sur un poste bureautique allumé deux heures par jour, on peut discuter du risque. Sur un rig, non : la machine tourne en continu, elle est jointe à un pool, elle expose une interface d’administration sur le réseau local, et elle détient l’adresse de paiement. C’est le profil d’exposition le plus long qu’un particulier puisse construire, sur le système le moins entretenu qu’il possède.

Le reste de l’environnement a suivi. Chrome s’est figé à la version 109, dont la dernière mise à jour date du 1er février 2023 ; à partir de la 110, sortie six jours plus tard, il réclame Windows 10. Consulter le tableau de bord de son pool ou l’interface de son portefeuille se fait donc dans un navigateur qui n’a plus reçu de correctif depuis trois ans et demi.

Un dernier détail. lolMiner publie deux archives par version, dont une baptisée cln, allégée pour limiter les déclenchements d’antivirus ; miniZ, lui, livre son archive Windows protégée par un mot de passe, indiqué dans ses notes de version. Les mineurs légitimes ressemblent tellement aux mineurs clandestins que leurs auteurs doivent maquiller leurs propres binaires. Ailleurs, on ajoute une exclusion et on passe. Sur Windows 7, cette exclusion s’ajoute à un antivirus qui garde un système que personne ne répare.

Ce qui tourne encore, et ce que ça coûte au compteur

Rien de tout cela n’empêche techniquement de lancer un calcul. XMRig publie des binaires Windows 64 bits sans plancher système déclaré, et le RandomX de Monero se mine au processeur, sans toucher au pilote graphique. C’est la voie la plus praticable sur une machine ancienne. Côté cartes, SRBMiner-MULTI et lolMiner acceptent aussi bien Pascal et Turing que Polaris et RDNA2 ; miniZ reste sur NVIDIA. Ces trois-là couvrent exactement ce que les derniers pilotes reconnaissent.

Reste le calcul qui tranche, et il ne dépend ni du système ni du logiciel. Au tarif réglementé en vigueur depuis le 1er août 2026, l’option Base coûte 0,2001 € le kilowattheure TTC en 6 kVA. Cent watts en continu, ce qui correspond à un vieux processeur et une carte bridée, représentent 2,4 kWh par jour : 0,48 € par jour, 175 € par an. Un rig de trois cartes Polaris tire plutôt 500 W à la prise. Comptez 876 € par an. C’est le plancher que le revenu doit franchir, et il se calcule avant d’acheter quoi que ce soit. La méthode est sur la page calculer la rentabilité du minage.

Avec un matériel bloqué à Turing et à RDNA2, ce plancher est rarement franchi. Conclusion désagréable, mais elle évite d’acheter des risers pour une machine qui perdra de l’argent chaque nuit.

Bitcoin : la question ne passe pas par Windows

La requête bitcoin miner windows 7 revient régulièrement, et elle repose sur un malentendu. Le SHA-256 ne se mine plus sur ordinateur depuis 2013. Il se mine sur ASIC, et un ASIC ne connaît pas Windows : il embarque son propre système, se branche en Ethernet et se règle dans un navigateur. Le PC qui sert à le configurer n’a besoin de rien d’autre qu’une page web, ce qui ramène au problème du navigateur figé.

L’échelle achève de trancher. Le 14 août 2026, mempool.space relevait la puissance du réseau à 903,4 EH/s en moyenne sur trois jours. Le réseau distribue 144 blocs par jour à 3,125 BTC, plus environ 3 BTC de frais, soit 453 BTC répartis entre tous les participants. Divisé par la puissance totale, ça donne environ 50 satoshis par térahash et par jour. Un GPU lancé sur cet algorithme sort quelques gigahashs, là où le quotient se compte en térahashs. Autant dire rien. Le choix du matériel est détaillé sur la page des mineurs ASIC.

Ce quotient sert aussi de garde-fou. Toute offre qui promet un rendement quotidien sans rapport avec ces 50 satoshis par térahash paie ses anciens clients avec l’argent des nouveaux, pas avec du minage.

Que faire de la machine

Deux sorties, et elles ne coûtent presque rien.

La première : réinstaller. Un GPU Turing ou RDNA2 tourne sans réserve sous Windows 10 ou 11, avec des pilotes à jour et l’ensemble des mineurs actuels. Le passage impose une installation propre, la mise à niveau depuis un système 32 bits n’existant pas, mais il débloque d’un coup le pilote, le logiciel et le navigateur.

L’autre chemin passe par Linux 64 bits. Une distribution légère s’installe sur un processeur de dix ans, fait tourner XMRig à plein régime, et se pilote à distance en SSH. Le détail du choix est sur la page consacrée à la version d’Ubuntu à retenir pour miner.

Dans les deux cas, le matériel décide ensuite. Ce que valent les cartes de cette époque face aux modèles récents est comparé sur la page des meilleures cartes graphiques pour miner, et le montage complet sur celle du choix des composants d’un rig.

Questions fréquentes

  • Une RTX 3060 fonctionne-t-elle sous Windows 7 ?
    Non. Le dernier pilote publié pour ce système la mentionne dans sa liste, mais précise que l’architecture Ampere réclame Windows 10 version 1803 au minimum. La dernière génération réellement utilisable est Turing, donc les GTX 16xx et les RTX 20xx.

  • T-Rex fonctionne-t-il toujours ?
    Le binaire démarre. Sa dernière version, la 0.26.8, remonte au 14 octobre 2022, quelques semaines après le passage d’Ethereum en preuve d’enjeu. Aucun correctif ni aucun nouvel algorithme n’est sorti depuis.

  • Peut-on miner au processeur sans toucher au pilote graphique ?
    Oui, et c’est la voie la plus simple ici. XMRig calcule le RandomX de Monero sur le processeur seul. Le rendement d’une machine ancienne reste à confronter au coût de l’électricité avant de lancer quoi que ce soit.

  • Un mineur ASIC a-t-il besoin d’un PC récent ?
    Il lui faut un réseau et un navigateur pour la configuration initiale, rien de plus. La machine qui l’administre peut être n’importe quoi, du moment que son navigateur reçoit encore des correctifs.

  • Le cloud mining règle-t-il le problème ?
    Il le déplace. Louer de la puissance ne fait pas disparaître le plafond des 50 satoshis par térahash et par jour : ça y ajoute la marge de l’opérateur. Une offre qui promet davantage promet ce que le réseau ne distribue pas.