Nouvelle cryptomonnaie à miner : ce que les chaînes récentes versent vraiment
Chercher une monnaie récente à miner, c’est chercher une place avant la foule. Le matériel qu’on a déjà, une chaîne dont personne ne parle encore, et des jetons qui s’accumulent. Le raisonnement tient debout, et un seul chiffre le tranche.
Ce chiffre, c’est ce que la chaîne verse chaque jour à l’ensemble de ses mineurs. Pas son cours. Pas sa capitalisation. La somme distribuée en vingt-quatre heures, à partager entre tous ceux qui calculent. Radiant, lancée le 20 juin 2022 et présentée à l’époque comme le prochain terrain des cartes graphiques, en verse 149 dollars. Pour le réseau entier.
Ce chiffre déplace la question : quelle part une machine peut-elle prendre dans une somme connue à l’avance ? Tout ce qui suit est relevé au 14 août 2026 et se recalcule le jour où vous le lisez.
Ce que chaque chaîne verse par jour, tous mineurs confondus

Dix réseaux en preuve de travail, rangés par ce qu’ils distribuent en une journée. La colonne de droite dit ce que leur marché échange dans le même temps : c’est là que se revend ce qui a été miné.
Chaîne | Ouverture du réseau | Versé aux mineurs en 24 h | Échangé en 24 h |
|---|---|---|---|
Bitcoin (BTC) | janvier 2009 | 28,4 M$ | 19,9 Md$ |
Pearl (PRL) | 27 avril 2026 | 174 800 $ | 257 000 $ |
Kaspa (KAS) | 7 novembre 2021 | 50 400 $ | 5 860 000 $ |
Ravencoin (RVN) | janvier 2018 | 4 730 $ | 2 050 000 $ |
Quai (QUAI) | 29 janvier 2025 | 2 770 $ | 115 000 $ |
Nexa (NEXA) | 21 juin 2022 | 1 980 $ | 51 700 $ |
Xelis (XEL) | 20 avril 2024 | 969 $ | 10 700 $ |
Ergo (ERG) | juillet 2019 | 443 $ | 131 000 $ |
Alephium (ALPH) | 8 novembre 2021 | 368 $ | 178 000 $ |
Radiant (RXD) | 20 juin 2022 | 149 $ | 21 900 $ |
Bitcoin donne l’échelle. L’écart se lit sans calculette. Une machine dédiée de 234 TH/s branchée dessus encaisse 7,36 dollars par jour au cours du jour. Le réseau Alephium tout entier, toutes machines du monde additionnées, en verse cinquante fois plus, soit ce que produisent cinquante de ces machines. Radiant en verse vingt fois plus : vingt boîtiers.
Ces deux chaînes n’ont rien de confidentiel. Elles ont eu leur moment et leurs vidéos de démarrage rapide. Alephium a valu 3,86 dollars le 27 février 2024 ; elle en vaut 0,0297 aujourd’hui. Radiant pèse environ 320 000 dollars, réseau entier compris. Le minage y continue, la production s’y partage entre de moins en moins de monde, et c’est l’argument qu’on vous servira : moins de concurrence, plus de part. La part est plus grande, la somme à partager est plus petite, et la seconde chute plus vite que la première ne monte.
La colonne de droite pose une question différente de celle de gauche. À gauche, combien il y a à prendre. À droite, si ça se revend. Ergo verse peu. 443 dollars par jour, pour un marché qui brasse près de trois cents fois cette somme : ce qui sort d’un rig se vend sans faire bouger le cours. Pearl verse à elle seule trente fois ce que versent Nexa, Radiant, Xelis et Quai additionnées, et son marché n’échange pourtant que 257 000 dollars en vingt-quatre heures. La production quotidienne pèse plus des deux tiers du carnet. Chaque jour, les mineurs de Pearl doivent placer deux jetons pour trois qui changent de main.
La fenêtre carte graphique se compte en mois
Une chaîne neuve se mine à la carte graphique parce que personne n’a encore gravé de puce pour son algorithme. Le protocole ne promet rien là-dessus. Cet état dure tant que le marché de la monnaie ne justifie pas le coût d’un masque de gravure. Le jour où il le justifie, un fabricant sort son boîtier, et la carte quitte la course en quelques semaines.
Cette fenêtre s’est mesurée plusieurs fois.
Chaîne | Ouverture | Première machine dédiée | Fenêtre |
|---|---|---|---|
Kaspa | 7 novembre 2021 | IceRiver KS1 et KS2, annoncés le 14 mars 2023 | seize mois |
Alephium | 8 novembre 2021 | Goldshell AL-BOX, mai 2024 | trente mois |
Fractal Bitcoin | septembre 2024 | SHA-256 dès le premier bloc, et minage fusionné avec Bitcoin | aucune |
Seize mois, trente mois, zéro. Aucune de ces durées n’était connue au départ, et rien ne permettait de les prévoir. Deux chaînes ouvertes à un jour d’intervalle en novembre 2021 ont vu leur fenêtre se refermer à quatorze mois d’écart. Fractal Bitcoin, elle, n’en a jamais eu : son algorithme est celui de Bitcoin, et son minage se fait par-dessus, un bloc sur trois étant produit en même temps qu’un bloc de la chaîne principale. Le parc mondial de machines SHA-256 était déjà là le premier jour. Aucune fenêtre.
Deux algorithmes tiennent encore, et pour des raisons qu’on peut lire. KawPow, l’algorithme de Ravencoin, est arrivé par la bifurcation du 6 mai 2020, faite pour chasser les machines qui venaient de s’installer sur le précédent ; aucune n’est revenue depuis. Autolykos v2, chez Ergo, fait travailler la mémoire sur une table qui grossit de 5 % tous les 51 200 blocs, par le protocole, sans décision de personne. La puce qu’on financerait aujourd’hui serait périmée avant d’être livrée. Ces deux réseaux sont les terrains de carte graphique les mieux installés, et ils versent 4 730 et 443 dollars par jour. Le détail monnaie par monnaie est ailleurs : ce qui se mine encore, et avec quel matériel.
Miner tôt n’a payé que pour ceux qui ont vendu
L’argument de la position précoce suppose que les jetons accumulés au début vaudront plus ensuite. Les trois chaînes ci-dessus ont maintenant assez d’histoire pour qu’on le vérifie sur pièces.
Kaspa a culminé à 0,2074 dollar le 31 juillet 2024, seize mois après la fermeture de sa fenêtre. Elle vaut 0,0251 dollar aujourd’hui. C’est la réussite du lot : 695 millions de dollars de capitalisation et un marché qui brasse près de six millions par jour. Le mineur qui a acheté des cartes pour elle en 2022 a bien vu la monnaie monter, mais son matériel était sorti du jeu depuis seize mois quand le sommet est arrivé.
Alephium a culminé à 3,86 dollars le 27 février 2024, trois mois avant le premier Goldshell. Elle vaut 0,0297 dollar, un cent-trentième. Fractal Bitcoin a atteint 38,80 dollars le 15 septembre 2024, dans les jours qui ont suivi son ouverture, et cote 0,349 dollar. Aucun de ces trois sommets ne tombe au même moment que la meilleure période de minage. Accumuler et attendre a coûté cher dans deux cas sur trois ; dans le troisième, il fallait vendre pendant que le matériel dormait.
Pearl, la chaîne de 2026 qui fait travailler une carte
Ouverte le 27 avril 2026, Pearl remplace la recherche d’empreinte par une multiplication de matrices bruitées, emballée dans une preuve à divulgation nulle. Le calcul ressemble à celui d’un entraînement de modèle, ce qui explique le reste : le minage y est réservé aux cartes Nvidia, et le pool officiel du projet tourne sur des H100 et des H200 de centre de données. Un particulier avec une carte de jeu y entre par les pools communautaires, et il partage la file avec du matériel professionnel.
Sur une RTX 5090, la carte grand public la plus rapide sur cet algorithme, le compte tombe ainsi au 14 août 2026.
Réseau : 22,30 EH/s, un bloc toutes les 310 secondes, donc 278 blocs par jour à 2 428 PRL, soit 675 000 PRL émis quotidiennement.
Cours : 0,259 dollar, ce qui met l’émission du jour à 174 800 dollars.
Une RTX 5090 sort 309 TH/s pour 510 watts au compteur, soit 13,9 millionièmes du réseau.
Sa récolte : 675 000 × 0,0000139 = 9,36 PRL par jour, soit 2,42 dollars, soit 2,10 euros.
Sa facture : 12,24 kWh au tarif de base résidentiel de 0,2001 euro le kilowattheure, soit 2,45 euros.
Perte de trente-cinq centimes par jour, 128 euros sur l’année, et la carte n’est pas encore amortie. Les deux lignes sortent du même relevé. 510 watts, 309 térahash, un seul point de fonctionnement : c’est le seul appariement qui vaille. Poussée à sa limite de 575 watts, la carte monte à 366 térahash, et le verdict ne bouge pas. Le seuil d’électricité qui remettrait le compte à zéro est de 0,171 euro le kilowattheure. Le tarif heures creuses français est à 0,1589 euro : une carte qui ne tournerait que la nuit dégagerait quinze centimes par jour, cinquante-sept euros sur l’année. Aucune chaîne de carte graphique n’en demandait aussi peu depuis des années. La machine n’est pas remboursée pour autant. La méthode complète de ce calcul tient sur une page à part.
Reste le carnet d’ordres. Ses mineurs produisent 174 800 dollars de jetons par jour sur un marché qui en échange 257 000. Deux jetons produits pour trois qui changent de main. Une chaîne établie ne connaît pas ce rapport : Bitcoin émet 28,4 millions de dollars par jour dans un marché de 19,9 milliards, sept cents fois plus. Sur Pearl, le mineur qui veut convertir sa production en euros est, à lui seul et tous les jours, une part du marché.
Ce qui se vend sous ce nom et ne se mine pas
Les listes de monnaies récentes servent presque toutes autre chose. On y trouve des jetons en prévente, vendus avant l’existence de la moindre chaîne, avec des rendements annoncés à trois ou quatre chiffres. Ces jetons sont des ERC-20 émis sur Ethereum. Ethereum fonctionne en preuve d’enjeu depuis le 15 septembre 2022, et un jeton émis par contrat sur une chaîne en preuve d’enjeu ne se mine avec rien. Il s’achète, et c’est tout ce qu’on peut en faire.
Deux autres familles occupent le même terrain. Les applications de téléphone qui font monter un compteur en échange d’un appui quotidien : aucune ne calcule quoi que ce soit, et le détail service par service montre où va l’argent. Et les réseaux où le mot mineur désigne un autre métier, comme Bittensor : ce qui y est payé, c’est l’exécution d’un modèle notée par des validateurs, pas la recherche d’une empreinte.
Le tri tient en trois mots. On les cherche dans la documentation du projet : preuve de travail, nom de l’algorithme, récompense de bloc chiffrée. Si l’un des trois manque, aucun matériel ne produira quoi que ce soit. Quand ces trois mots sont là mais que l’offre passe par un intermédiaire qui vend de la puissance, on change de sujet et on relit la mécanique des fausses offres de minage.
Six contrôles avant de brancher un rig sur une chaîne neuve
Tous se font depuis un navigateur. Rien à installer, dix minutes suffisent, et aucun ne demande d’opinion sur l’avenir du projet.
Ce qu’on regarde | Où | Ce qui disqualifie |
|---|---|---|
L’heure du dernier bloc | L’explorateur officiel de la chaîne | Un écart de plusieurs heures sur une chaîne annoncée à une minute par bloc |
Le nombre de pools qui trouvent des blocs | Les statistiques publiques de pools | Un seul pool actif : une entité tient le réseau, et votre revenu dépend d’elle |
L’émission quotidienne en euros | Récompense de bloc × blocs par jour × cours | Un total en centaines d’euros : votre part se comptera en centimes |
Le volume échangé en 24 h | N’importe quel agrégateur de cours | Une émission qui dépasse quelques pour cent du volume |
Les premiers blocs de la chaîne | L’explorateur, au bloc 1 | Un stock créé avant l’ouverture, sur quelques adresses |
L’existence d’une machine dédiée à l’algorithme | Les catalogues des fabricants | Un boîtier déjà au catalogue : la fenêtre est fermée |
Le cinquième mérite un mot. Sur une chaîne dont les premiers blocs versent un gros paquet de jetons à trois ou quatre adresses, la position précoce est déjà prise. Votre production sert alors à donner un cours au stock de quelqu’un d’autre. L’information est publique et se lit en trente secondes sur l’explorateur, ce qui n’empêche pas la plupart des présentations de projet de la passer sous silence.
Le sixième aussi. Un fabricant ne communique pas sur un boîtier avant de l’avoir. Mais l’inverse se surveille : quand une monnaie récente gagne assez de valeur pour qu’un masque de gravure devienne rentable, la sortie du boîtier n’est plus qu’une question de trimestres. La montée du cours qui donne envie d’acheter des cartes est le signal qui déclenche leur mise hors course. C’est ce qui est arrivé à Kaspa en 2023 et à Alephium en 2024, et le mécanisme ne varie pas. Le choix du pool et celui du logiciel par algorithme viennent après ces six contrôles, jamais avant.
Le plafond qui démasque les promesses
Toute offre de minage, ancienne monnaie ou nouvelle, se heurte à une division que personne ne contourne : l’émission d’une chaîne divisée par sa puissance de calcul. Sur Bitcoin, le calcul du jour donne ceci. Le réseau tourne à 904 exahash par seconde le 14 août 2026, soit 904 millions de térahash. Les cent quarante-quatre derniers blocs ont distribué 453,18 bitcoins, dont 3,18 de frais, le reste venant des 3,125 bitcoins de récompense par bloc.
45,32 milliards de satoshis pour 904 millions de térahash : 50,1 satoshis par térahash et par jour. Au cours de 54 275 euros, 2,7 centimes d’euro. C’est un quotient, pas une constante ; il baisse quand le réseau grossit et remonte après chaque hausse de frais. Il se recalcule en deux minutes, et n’importe quelle offre qui promet davantage à partir de puissance SHA-256 promet un argent que la chaîne ne produit pas.
La même division s’applique à une monnaie neuve, avec sa propre émission. C’est d’ailleurs le seul avantage réel des petites chaînes : leur émission quotidienne est publique et leur puissance de calcul aussi, donc le plafond de ce qu’un rig peut y gagner se calcule au centime avant d’acheter la moindre carte.
Ce qu’on fait de tout ça
Parmi les chaînes du tableau ouvertes depuis 2022, une seule verse assez pour qu’une carte grand public y gagne autre chose que des centimes, et c’est Pearl, dont le marché ne suit pas. Deux euros dix de production par jour et par carte contre deux euros quarante-cinq de courant, puis un carnet d’ordres trop mince pour absorber ce qu’elle produit : ça ne fait pas un projet, ça fait une expérience qu’on paie. Les autres tournent, elles paient, mais elles paient quelques centaines de dollars par jour à répartir entre tous. Rien de passager là-dedans. Une chaîne paie ce que vaut son jeton, et ceux-là ne valent presque rien.
Deux voies restent ouvertes. Miner une monnaie installée à carte graphique, Ergo ou Ravencoin, avec un matériel déjà amorti et un courant bon marché : le revenu est faible, connu d’avance, et le jeton se revend le jour où on veut. Miner une chaîne neuve qui passe les six contrôles, en payant de l’électricité pour un jeton qui peut ne rien valoir dans six mois. La première se calcule sur un tableur avant d’acheter quoi que ce soit, et c’est la seule des deux qu’on puisse défendre autrement qu’en croisant les doigts. La seconde se parie.
Il y a une troisième option : acheter la monnaie plutôt que la produire. Sur Radiant, 149 dollars achètent aujourd’hui autant de jetons que le réseau entier en produit en une journée, sans carte à acheter ni courant à payer. Le calcul des deux prix de revient vaut aussi pour les petites chaînes, et il penche encore plus nettement. Reste que celui qui a déjà les cartes, le local et un compteur qui suit ne se pose pas la question dans ces termes : le budget du premier mois et la déclaration des jetons reçus se règlent avant, quelle que soit la monnaie visée.
Questions fréquentes
Quelle monnaie récente se mine à la carte graphique aujourd’hui ?
Pearl, ouverte le 27 avril 2026, sur cartes Nvidia. Xelis, ouverte en avril 2024, et Quai, en janvier 2025, tournent aussi mais versent respectivement 969 et 2 770 dollars par jour à l’ensemble de leurs mineurs. Les terrains les mieux installés restent Ergo et Ravencoin, qui ne sont pas récents.Vaut-il mieux miner une chaîne neuve ou une ancienne ?
Une chaîne neuve offre une part plus grande d’un gâteau plus petit. Le rapport se calcule : émission quotidienne divisée par la puissance du réseau, votre hashrate multiplié par le résultat. Sur les chaînes de 2022 à 2025, le produit tombe sous le prix du courant avant même qu’on parle du matériel.Comment prévoir la sortie d’un boîtier dédié ?
On ne la prévoit pas, on la voit venir. Le déclencheur est la valeur du marché de la monnaie, pas son ancienneté : quand elle monte assez pour payer un masque de gravure, un fabricant s’y met. Kaspa a tenu seize mois, Alephium trente, Fractal Bitcoin aucun mois du tout.Un jeton en prévente peut-il se miner ?
Non. Les jetons vendus avant l’existence d’une chaîne sont émis par contrat sur Ethereum, qui fonctionne en preuve d’enjeu depuis le 15 septembre 2022. Aucun matériel n’en produit.Un jeton neuf se revend-il facilement ?
C’est la question qui coule le plus de projets de minage. Comparez ce que la chaîne émet chaque jour à ce que son marché échange dans le même temps. Au-delà de quelques pour cent, vendre votre production fait bouger le cours contre vous.