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Ferme de minage maison : combien de machines tiennent chez soi

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Ferme de minage maison : combien de machines tiennent chez soi

Une machine dans un garage, ça se règle en un week-end. Six, c'est un autre métier. Le compteur, le voisin, le disjoncteur et la facture arrivent ensemble, et aucun des quatre ne se laisse discuter.

L'idée qui pousse à monter une ferme de minage maison est toujours la même : le nombre ferait baisser le coût unitaire. Chez un industriel, c'est vrai. Il achète son mégawattheure sous contrat négocié, il ventile un bâtiment entier au lieu de six boîtiers, il paie un technicien pour trois cents machines. Aucun de ces trois leviers n'existe chez un particulier. Le kilowattheure reste au tarif réglementé, la ventilation reste celle du garage, et le technicien c'est vous, le dimanche matin.

Reste une question qui, elle, a une réponse chiffrée : combien de machines la maison encaisse avant que quelque chose lâche, et à partir de quand il revient moins cher de les confier à quelqu'un d'autre. La référence de calcul est un Antminer S21 Pro : 234 TH/s pour 3 510 W, soit 15 joules par térahash.

Le plafond se lit sur le compteur, pas au sol du garage

On compte les kilovoltampères avant de compter les machines. Le tarif bleu résidentiel propose neuf paliers de puissance souscrite : 3, 6, 9, 12, 15, 18, 24, 30 et 36 kVA. Jusqu'à 12 kVA inclus, le branchement reste monophasé. À partir de 15 kVA, le triphasé devient obligatoire, ce qui ne veut plus dire un coup de fil au fournisseur mais une intervention sur le branchement, un tableau à reprendre et des circuits à répartir sur trois phases.

Kilovoltampères au compteur, kilowatts à la prise

Les deux unités se ressemblent et ne mesurent pas la même chose. Le disjoncteur d'abonné surveille une puissance apparente, en kilovoltampères. La machine, elle, consomme une puissance active, en kilowatts. Le rapport des deux s'appelle le facteur de puissance, et les alimentations à correction du facteur de puissance qui équipent les machines de minage tiennent autour de 0,98. Un S21 Pro qui appelle 3 510 W en présente donc 3 580 au compteur. Soixante-dix voltampères, ce n'est rien. Multipliés par six, ce sont 430 VA, et 430 VA suffisent à faire sauter un palier d'abonnement.

La part qu'on laisse au logement

Une maison ne se met pas en veille parce qu'on mine. Le réfrigérateur, le ballon d'eau chaude, la box, l'éclairage, la plaque du soir : trois kilovoltampères leur restent réservés. La réserve est mince. Elle couvre un four ou une plaque, pas les deux ensemble, et elle ne suffit pas du tout si le chauffage est électrique, auquel cas il faut compter le double. Se tromper là-dessus ne se voit pas au montage. Ça se voit le premier soir de janvier, quand le disjoncteur général coupe la maison et les machines d'un seul geste.

Un circuit par machine, protégé à 20 A

3 580 VA sous 230 V donnent 15,6 A. Un circuit protégé à 16 A tient 3 680 W en pointe : la machine y occuperait 97 % du courant admissible, en continu, sans jamais redescendre. La pointe est prévue pour durer quelques secondes, le temps qu'un moteur démarre ou qu'une résistance monte. Un ASIC, lui, appelle le même courant à trois heures du matin qu'à midi, tous les jours de l'année, et les organes thermiques ne sont pas faits pour vivre à cet endroit de leur courbe. Chaque machine prend donc son circuit dédié, protégé à 20 A, câblé en 2,5 mm², tiré depuis le tableau. Ni multiprise, ni rallonge partagée avec le congélateur. Le calcul complet pour une seule machine, avec le débit d'air, les décibels et le disjoncteur d'un rig, tient sur une feuille et se fait avant de commander.

D'une à six machines : ce que dit le compteur

La puissance apparente est la puissance appelée divisée par 0,98. Le palier retenu est le premier palier normalisé qui couvre cette puissance apparente augmentée des trois kilovoltampères du logement. La consommation est le produit de la puissance appelée par 8 760 heures, une année pleine sans arrêt.

Le tarif est celui du 1er août 2026 en heures pleines et heures creuses, 0,2142 € et 0,1589 € le kilowattheure toutes taxes comprises. L'option base n'est plus souscriptible au-dessus de 6 kVA, et la première machine fait déjà passer l'abonnement à 9 : les heures pleines et creuses s'imposent. Une charge qui tourne sans interruption prend seize heures pleines et huit heures creuses par jour, soit (16 × 0,2142 + 8 × 0,1589) ÷ 24, c'est-à-dire 0,1958 € le kilowattheure en moyenne.

Machines

Puissance appelée

Puissance apparente

Palier à souscrire

Courant par machine

Consommation sur un an

Facture à 0,1958 €/kWh

1

3,51 kW

3,58 kVA

9 kVA, monophasé

15,6 A

30 748 kWh

6 020 €

2

7,02 kW

7,16 kVA

12 kVA, monophasé

15,6 A

61 495 kWh

12 041 €

3

10,53 kW

10,74 kVA

15 kVA, triphasé

15,6 A

92 243 kWh

18 061 €

4

14,04 kW

14,33 kVA

18 kVA, triphasé

15,6 A

122 990 kWh

24 081 €

6

21,06 kW

21,49 kVA

30 kVA, triphasé

15,6 A

184 486 kWh

36 122 €

La troisième machine fait basculer l'installation en triphasé, c'est-à-dire en travaux sur le branchement. La sixième réclame 24,49 kVA, dépasse le palier 24 de moins d'un demi-kilovoltampère et oblige donc à souscrire 30. Et la facture suit une droite parfaite, 6 020 € par machine et par an quel que soit leur nombre. Multiplier les machines ne fait baisser le coût d'aucune d'elles.

Ce que ces kilowattheures rapportent

Au hashprice et au cours de l'été 2026, une machine atteint l'équilibre quand le kilowattheure coûte 1,146 divisé par son rendement en joules par térahash. Le S21 Pro tourne à 15 J/TH : son seuil est à 0,0764 € le kilowattheure. On en paie 0,1958. Chaque kilowattheure acheté coûte donc 2,6 fois ce que la machine en tire. Sur l'année, elle produit l'équivalent de 30 748 × 0,0764, soit 2 349 €, contre 6 020 € de facture. Six machines creusent six fois le même trou : 14 095 € produits pour 36 122 € payés. Changer de modèle déplace le seuil sans le franchir, et le classement des machines par revenu net au tarif français le montre ligne par ligne : la meilleure du marché tourne à 9,5 J/TH, son seuil s'arrête à 0,1206 €.

La chaleur se compte en mètres cubes par heure

Une machine de minage ne transforme pas l'électricité en calcul. Elle la transforme en chaleur et récupère du calcul au passage. Les 3 510 W qui entrent ressortent en 3 510 W thermiques, aux quelques watts partis en ondes radio près. Une pièce fermée qui reçoit ça grimpe de plusieurs degrés par minute au démarrage, puis se stabilise à la température que le débit d'air lui impose, pas à celle qu'on souhaitait.

Ce débit se calcule. Q = P × 3 600 ÷ (ρ × cp × ΔT), avec ρ la masse volumique de l'air, 1,2 kg/m³, cp sa capacité thermique massique, 1 005 J/(kg·K), et ΔT l'écart de température accepté entre l'air qui entre et l'air qui sort.

Machines

Puissance thermique

Débit à 10 K d'écart

Débit à 20 K d'écart

2

7 020 W

2 096 m³/h

1 048 m³/h

4

14 040 W

4 191 m³/h

2 096 m³/h

6

21 060 W

6 287 m³/h

3 143 m³/h

Une ventilation double flux de maison déplace 300 m³/h. Deux machines en demandent sept fois plus, six machines vingt fois plus. On ne ventile alors plus une pièce, on la traverse : une entrée et une sortie de section suffisante, placées face à face, avec un extracteur de gaine et non un ventilateur d'appoint posé dans un soupirail. Accepter 20 K d'écart divise le débit par deux, au prix d'un air rejeté à quarante degrés en été, que les machines réavalent aussitôt si le circuit boucle sur lui-même.

Le bruit tranche plus souvent que le calcul

Un S21 Pro à plein régime sort 76 dB(A). C'est une valeur de manuel, relevée au banc, dans une pièce faite pour absorber. Un garage aux murs nus fait exactement l'inverse : il renvoie. Porte fermée, le niveau qu'on mesure dépasse celui de la fiche, et il le dépasse d'autant plus que les parois sont dures et le volume petit. Un tapis au sol et une couverture jetée sur le rack n'y changent rien : à ces fréquences, seule une épaisseur de matière absorbe quelque chose.

Les décibels s'additionnent mal, et dans le mauvais sens. Deux sources identiques ne font pas deux fois plus de décibels, elles en ajoutent trois. Quatre en ajoutent six, huit en ajoutent neuf. Tout tient dans un logarithme : L = 76 + 10 log(n).

Machines

Niveau au même point

Écart avec une seule machine

1

76 dB(A)

référence

2

79 dB(A)

+ 3 dB

3

80,8 dB(A)

+ 4,8 dB

4

82 dB(A)

+ 6 dB

6

83,8 dB(A)

+ 7,8 dB

Passer d'une machine à six n'ajoute que 7,8 décibels. C'est peu, et c'est ennuyeux : le problème de bruit existe déjà entier à la première machine. Qui supporte 76 dB(A) supportera 84 ; qui ne les supporte pas n'ira jamais jusqu'à six.

Ce qui arrive de l'autre côté du mur

La loi française raisonne en émergence, c'est-à-dire en écart entre le bruit ambiant machines allumées et le bruit résiduel sans elles. Pour une activité, l'écart est plafonné à 5 dB(A) entre 7 et 22 heures et à 3 dB(A) la nuit. Un terme correctif adoucit la limite pour les bruits brefs, 6 dB en dessous d'une minute, et il tombe à zéro au-delà de huit heures par jour. Une installation qui ne s'arrête jamais n'a donc droit à aucune tolérance. Chez un particulier, la règle se passe même de sonomètre : aucun bruit ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage. Un appareil allumé en continu remplit le premier critère à lui seul. Depuis le 1er octobre 2023, le manquement est une contravention de quatrième classe, 135 € en amende forfaitaire et 750 € au maximum.

L'endroit où se prend la mesure change tout, et il durcit le seuil. Tant que le bruit ambiant demeure sous 25 dB(A) à l'intérieur des pièces principales d'un logement, l'émergence ne se calcule pas : il n'y a rien à dépasser. Ce plancher remonte à 30 dB(A) partout ailleurs, dehors ou dans une pièce de service. Or le voisin ne se plaint pas depuis son garage. Il se plaint depuis son séjour ou sa chambre, fenêtres fermées, la nuit. C'est donc 25 qui commande, et ces cinq décibels-là coûtent très cher en mètres.

Le niveau perd six décibels à chaque doublement de la distance. Descendre de 84 dB(A) à 25 demande d'en effacer 59, soit près de dix doublements, soit un rapport de distance de l'ordre de neuf cents. Un local qu'on relève à 84 dB(A) au pas de sa porte s'entend encore à huit cent quatre-vingt-dix mètres en terrain plat et sans obstacle. Aucun jardin de pavillon n'a cette profondeur, et les rares parcelles qui l'ont sont précisément celles où la question du voisin ne se posait pas. La protection vient donc de la paroi. Une porte de garage basculante n'en offre aucune. Un local traité, désolidarisé, avec des pièges à son sur l'entrée et la sortie d'air, coûte à ce niveau de bruit plus cher que les machines qu'il enferme.

Ce qui lâche quand on passe de une à quatre

Les pannes ne se contentent pas de se multiplier par le nombre de machines. Certaines n'existent qu'à partir d'un certain nombre, et ce sont les plus agaçantes parce qu'aucune machine prise séparément n'est en cause.

Le différentiel part avant le disjoncteur

Les alimentations à découpage laissent filer vers la terre un courant de fuite permanent, quelques milliampères chacune. Seule, la fuite d'une machine ne réveille rien. Quatre sur le même interrupteur différentiel 30 mA additionnent leurs fuites, et l'appareil finit par déclencher alors qu'aucun défaut n'existe nulle part. On cherche la panne pendant deux week-ends. Le remède consiste à répartir les circuits sur plusieurs différentiels, jamais à monter en sensibilité.

Les ventilateurs, puis les alimentations

Les ventilateurs partent les premiers. Ils aspirent d'un côté, refoulent de l'autre, tournent à plein régime et ne connaissent ni ralenti ni arrêt. Six boîtiers, ce sont six jeux de roulements en service permanent, et un roulement a une durée de vie qui se compte en heures de rotation, pas en années de calendrier. Doubler le parc double donc la fréquence des pannes sans allonger d'une heure la vie de chaque roulement. Les alimentations suivent, pour la même raison : elles vivent à charge quasi nominale, en permanence, dans un air chaud et poussiéreux. Un jeu de pièces détachées d'avance coûte moins cher qu'une machine à l'arrêt trois semaines, le temps qu'un colis traverse la Chine.

La poussière, qui ne déclenche aucune alarme

Un garage a de la poussière, et six machines qui brassent 6 000 m³/h en font passer chaque gramme à travers leurs dissipateurs. En quelques mois la couche isole les ailettes, la température de puce monte, la machine réduit sa fréquence toute seule et la puissance de calcul baisse. Rien ne s'allume, rien ne sonne. Un filtre lavable à l'entrée d'air règle la question, à la stricte condition qu'on le lave.

Le réseau, qui n'est plus une prise murale

Chaque machine veut un port Ethernet et une adresse stable. Une box domestique en offre quatre, rarement plus, et le Wi-Fi n'est pas une option pour un appareil qui doit rester joignable à trois heures du matin. Un switch et un plan d'adressage écrit quelque part valent mieux qu'un câble ajouté au coup par coup, surtout le jour où il faut identifier laquelle des six a décroché.

La surveillance devient obligatoire à trois

Avec une machine, l'arrêt s'entend. Avec trois, non : le bruit des deux autres couvre le silence de la troisième. Et ce n'est pas l'arrêt franc qui coûte le plus cher, c'est la dérive. Une carte de calcul sur trois qui décroche, un ventilateur qui ralentit, une machine qui rend 70 % de sa puissance de calcul en consommant toujours autant : ça ne s'entend pas et ça ne se lit qu'en relevant machine par machine ce que le pool accepte. Au-delà de deux machines, un relevé automatique avec alerte cesse d'être un confort. C'est aussi depuis là que se pilotent le sous-voltage et le réglage des fréquences, qui font gagner davantage que n'importe quelle machine supplémentaire.

Les trois économies d'échelle qui n'existent pas

Le tarif réglementé ne récompense pas le volume

En option base, le kilowattheure vaut 0,2001 € à 3 et 6 kVA, et 0,1985 € de 9 à 36 kVA. Passer de la plus petite puissance résidentielle à la plus grosse fait gagner huit dixièmes de pour cent sur le prix de l'énergie. Ce qui monte avec le palier, c'est l'abonnement, pas le tarif. La comparaison est de toute façon théorique : l'option base n'est plus souscriptible au-dessus de 6 kVA, la délibération de janvier 2025 l'ayant mise en extinction de 9 à 15 kVA, celle de 2026 visant les paliers de 18 à 36 kVA, qui basculent d'office en heures pleines et heures creuses le 1er février 2027.

Le tarif professionnel ne paie pas la structure

Le tarif bleu professionnel affiche 0,1949 € le kilowattheure toutes taxes comprises au 1er août 2026, soit 0,1318 € hors taxes et 0,1624 € une fois l'accise ajoutée, avant TVA. Ce prix-là est celui de l'option base, et une installation qui ne s'arrête jamais ne vit pas en base. À option comparable, le professionnel paie 0,2056 € en heures pleines et 0,1566 € en heures creuses : (16 × 0,2056 + 8 × 0,1566) ÷ 24 donnent 0,1893 € sur une journée entière. C'est cette valeur-là qui se compare aux 0,1958 € du résidentiel, et l'écart vaut soixante-cinq dix-millièmes d'euro, pas neuf.

Sur les 184 486 kWh d'une installation de six machines, l'économie atteint 1 199 € par an. Ce n'est plus l'arrondi qu'on pouvait croire, mais ça reste 3 % de la facture, et ça ne déplace pas le point mort : au tarif professionnel il faudrait 1,146 ÷ 0,1893, soit une machine à 6,05 J/TH, quand la meilleure du marché tourne à 9,5. Une TVA récupérable arrangerait le tableau, sauf qu'il n'y en a pas : le minage est hors du champ de la taxe, ce qui ferme le droit à déduction en amont. Le mineur en société paie son électricité toutes taxes comprises, exactement comme le voisin qui la paie sur son compte personnel.

L'accès tient à trois conditions cumulatives : une puissance souscrite qui ne dépasse pas 36 kVA, moins de dix salariés, et moins de deux millions d'euros de chiffre d'affaires, de recettes ou de bilan. La première est celle qu'on ne voit pas venir. Six machines et le logement occupent 30 des 36 kVA disponibles ; la dixième machine crève le plafond, et l'installation quitte alors la grille affichée pour une offre négociée dont plus aucun prix ne se connaît d'avance. Les deux autres conditions supposent d'avoir monté une structure : le statut à choisir et le raccordement à demander forment un dossier entier, et 1 199 € par an ne le paient pas.

La maintenance ne se mutualise pas dans un garage

L'industriel amortit un technicien sur trois cents machines. Le particulier amortit son samedi sur six. Chaque machine ajoutée apporte sa part entière de nettoyage, de contrôle et de pannes, sans rendre les précédentes plus faciles à tenir. Le seul poste qui se dilue vraiment, c'est le temps passé à comprendre : on n'apprend qu'une fois à démonter une alimentation, et le calcul de rentabilité poste par poste ne se refait pas à chaque machine.

Le point de bascule : le garage ou l'hébergeur

La comparaison se ramène à une seule grandeur, le prix du kilowattheure rendu à la machine. Chez soi il vaut 0,1958 € toutes taxes comprises. Startmining, société française qui accueille le matériel de ses clients, affiche sa grille hors taxes : 0,053 € le kilowattheure en Islande, 0,056 au Paraguay, 0,060 au Québec, 0,065 dans l'État de Washington, relevés le 13 août 2026. Le Paraguay et le Québec sont annoncés complets.

Ces prix ne se comparent pas tels quels. Une facture française y ajoute 20 % de TVA, et l'hébergeur prélève en plus 8,62 € hors taxes par machine et par mois pour la surveillance et la maintenance, soit 124 € par an une fois la TVA appliquée. Rapportés aux 30 748 kWh d'une année de fonctionnement, ces 124 € pèsent quatre millièmes d'euro par kilowattheure. Dans une addition qui se joue au centime près, ce n'est pas une ligne qu'on laisse de côté.

Où tourne la machine

Prix affiché

Disponibilité

Tout compris, TVA et maintenance

Facture annuelle pour 30 748 kWh

Garage français, heures pleines et creuses

0,1958 €/kWh TTC

immédiate

0,1958 €

6 020 €

Islande, géothermie

0,053 €/kWh HT

ouvert

0,0676 €

2 080 €

Paraguay, Itaipú

0,056 €/kWh HT

complet

0,0712 €

2 190 €

Québec

0,060 €/kWh HT

complet

0,0760 €

2 338 €

État de Washington

0,065 €/kWh HT

ouvert

0,0820 €

2 522 €

Le seuil d'équilibre du S21 Pro est à 0,0764 €. Deux sites passent dessous, l'Islande et le Paraguay. Le Québec s'arrête à quatre dix-millièmes du seuil. Washington le franchit : la machine y perd aussi de l'argent, plus lentement qu'au garage, mais elle en perd. Et sur les quatre, deux sont complets.

Reste l'Islande. Sur douze mois, la machine y produit l'équivalent de 2 349 € pour 2 080 € de facture : 269 € au-dessus de l'eau, avant d'avoir commencé à rembourser son prix d'achat. Encore faut-il y entrer : la réservation réclame un quart de la somme d'avance et deux mois de dépôt de garantie, immobilisés avant qu'une seule machine ait produit un satoshi. La bascule vers l'hébergement ne dépend donc d'aucun nombre de machines. Elle dépend du site, et un seul site de la grille la franchit vraiment.

Un obstacle plus terre à terre attend celui qui possède déjà ses machines : l'hébergeur préfère de très loin le matériel qu'il a vendu lui-même. Simple Mining n'accueille que les machines passées par sa boutique, et la porte se referme là. OneMiners laisse entrer les autres, mais sur un tarif distinct, majoré de cinq cents de dollar par kilowattheure. Cinq cents, c'est l'ordre de grandeur du prix de l'électricité elle-même : la machine venue d'ailleurs paie son kilowattheure à peu près deux fois. S'y ajoutent des frais d'intégration de 100 $ par kilowatt installé, soit 351 $ pour un S21 Pro, et une inspection préalable dans leur atelier de Prague. Acheter la machine chez l'hébergeur est donc, en pratique, la condition d'entrée, et celui qui a déjà six boîtiers dans son garage découvre qu'ils ne lui ouvrent aucune porte. La distinction entre un pool, un hébergeur et un vendeur de contrats porte là-dessus : chez l'hébergeur la machine reste à vous, chez le vendeur de contrats vous n'aurez jamais rien possédé.

Le reste de la décision n'est plus arithmétique. Le matériel hébergé cesse d'être un objet posé à son adresse : il devient une créance sur une société installée à quatre mille kilomètres. Si elle s'arrête, la production s'arrête, et récupérer le matériel devient une affaire de droit étranger.

Reste l'option que personne ne présente comme telle : ne pas multiplier. Une machine chez soi, éteinte l'été et rallumée en octobre, coûte infiniment moins qu'un chantier de triphasé destiné à en aligner six. Et ce qu'une ferme de minage coûte et produit réellement se calcule au mégawatt, pas au garage. C'est une autre activité, avec un autre bilan.

Machines de minage alignées sur une étagère métallique dans un local domestique, câbles d'alimentation et gaines de ventilation apparents.

Récupérer la chaleur, et les cas où ça n'en est pas

Chaque machine dégage 30 748 kWh thermiques par an. Une résidence principale française consomme 14,4 MWh par an tous usages confondus, dont 70 % pour le chauffage : environ 10 000 kWh. Une seule machine produit donc trois fois ce qu'un logement brûle pour se chauffer, et elle le produit à débit constant, autant le 14 juillet que le 3 janvier. Les deux obstacles sont là : la quantité et le calendrier.

La chaleur ne vaut que ce qu'elle remplace

Un kilowattheure thermique récupéré n'a pas de prix en lui-même. Il vaut ce qu'il évite d'acheter. S'il remplace un convecteur électrique, il vaut 0,1958 €. S'il remplace une pompe à chaleur dont le coefficient de performance atteint 3, il vaut trois fois moins, 0,0653 €, parce que la pompe fabriquait déjà trois kilowattheures de chaleur avec un kilowattheure d'électricité. Et s'il réchauffe un garage qui n'était pas chauffé avant, il ne vaut rien : il ne remplace aucune dépense, il en crée une qu'on présente ensuite comme un gain. Beaucoup d'installations données en exemple sont de ce genre.

Le calcul dans le cas le plus favorable

Machine placée dans le volume chauffé, maison chauffée à l'électricité directe, chaleur entièrement utilisée pendant la saison de chauffe, six mois sur douze. La moitié des kilowattheures consommés dans l'année revient donc à leur prix d'achat. Le coût net de l'électricité tombe à 0,1958 ÷ 2, soit 0,0979 € le kilowattheure. Le seuil d'équilibre du S21 Pro est à 0,0764 €. Même dans cette hypothèse taillée pour flatter le résultat, la machine reste 28 % au-dessus de son point mort. Avec une pompe à chaleur au lieu de convecteurs, le coût net remonte à 0,1632 € et l'écart redevient un gouffre.

Pourquoi l'exercice se pratique si peu

La chaleur d'une machine sort à quarante degrés, portée par un grand volume d'air bruyant. La distribuer réclame des gaines, une isolation, un point de rejet pour l'été et une régulation qui bascule de l'un à l'autre. Chacune de ces pièces se paie, et le résultat qu'elles servent est déjà négatif. Les montages qui tiennent chauffent de l'eau plutôt que de l'air, avec des machines à refroidissement liquide, dans des bâtiments qui réclament de la chaleur toute l'année. Une maison n'en fait pas partie. Ce que consomme le réseau Bitcoin et ce que devient sa chaleur se joue à une autre échelle que le garage.

Questions fréquentes

Combien de machines peut-on faire tourner dans une maison ?

Deux, sans toucher au branchement : un abonnement porté à 12 kVA et deux circuits dédiés de 20 A suffisent. La troisième impose le triphasé, donc une intervention sur le branchement et une reprise du tableau. Au-delà de quatre, ce n'est plus une installation domestique, c'est un local technique qui a une adresse résidentielle.

Faut-il vraiment passer en triphasé ?

À partir de 15 kVA souscrits, oui. C'est écrit dans la grille du tarif bleu résidentiel. Trois machines et trois kilovoltampères laissés au logement font 13,74 kVA, donc un abonnement à 15. Le triphasé demande ensuite d'équilibrer les charges, une machine par phase, faute de quoi le disjoncteur coupe sur la phase la plus chargée pendant que les deux autres se tournent les pouces.

Une ferme de minage maison est-elle rentable en France ?

Non, et le nombre de machines n'y change rien. Il faudrait un matériel à 5,85 J/TH pour atteindre l'équilibre aux 0,1958 € que paie une installation qui ne s'arrête jamais, 7,21 si tout tournait en heures creuses. La meilleure machine en vente tourne à 9,5 J/TH. L'écart se comble par le prix de l'électricité, jamais par le matériel, et le tarif réglementé ne baisse pas parce qu'on en consomme davantage.

Miner chez soi est-il légal ?

Oui. Aucun agrément n'est exigé, le règlement MiCA ne couvre pas le minage et aucune autorité française n'encadre l'activité en tant que telle. Les jetons reçus relèvent des bénéfices non commerciaux et s'imposent à leur valeur du jour où ils tombent, pas du jour où on les vend. Le régime micro-BNC s'applique jusqu'à 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026 à 2028, avec un abattement de 34 %. Les cases à remplir sont détaillées du côté de la déclaration des gains de minage.

Vaut-il mieux plusieurs petites machines ou une grosse ?

Une grosse, à rendement égal ou meilleur. Deux machines de 1 750 W consomment autant qu'une de 3 500, mais réclament deux circuits, deux ports réseau et deux jeux de ventilateurs à remplacer. Elles ajoutent aussi trois décibels. Le seul argument en faveur du nombre tient à la panne : une machine arrêtée sur six coûte moins qu'une machine arrêtée sur une. Il se paie cher.