Script de minage crypto : écrire le sien, reconnaître l’autre
Tapez script de minage crypto dans un moteur de recherche et vous récoltez deux familles de pages qui n’ont rien à se dire. D’un côté, des éditeurs d’antivirus expliquent comment un script mine à l’insu du propriétaire de la machine. De l’autre, un wiki d’hébergeur montre un touch lanceur.sh et s’arrête là. Les deux parlent de choses réelles, et ce sont deux choses différentes. Celle que vous écrivez démarre un mineur que vous avez choisi, sur un pool que vous avez choisi, avec une adresse de réception qui est la vôtre. Celle dont parlent les antivirus fait exactement l’inverse : elle s’installe seule et encaisse ailleurs. Cette page traite les deux, en commençant par la première, script complet à l’appui.
Deux scripts, le même nom, deux mondes
Ce qu’un lanceur contient réellement
Le script Linux, commenté ligne par ligne
Le même sous Windows
Pourquoi personne ne mine en Python
Le faire tourner sans surveillance
Les options qui changent le résultat, et celles qui ne changent rien
Quand le script est celui de quelqu’un d’autre
Où prendre le binaire
Deux scripts, le même nom, deux mondes
Un script de lancement fait à peine plus qu’un raccourci. Il tient dans vingt lignes, il désigne un exécutable, il lui passe sept ou huit arguments, et il rend la même commande reproductible à trois heures du matin après une coupure de courant. Vous pourriez taper la commande à la main. Vous ne le ferez pas deux fois : l’adresse d’un portefeuille Monero compte 95 caractères, et une faute de frappe dedans envoie vos parts à personne.
Le script malveillant, lui, ne se contente pas de lancer un mineur. Il commence par entrer, souvent par une faille d’application web ou une console d’administration laissée ouverte sur Internet. Il télécharge ensuite une charge plus grosse, installe un service, s’ajoute à une tâche planifiée, et tue les processus des mineurs concurrents pour ne pas partager le processeur. Ce dernier réflexe est reconnaissable entre tous : un programme légitime n’a aucune raison de chercher et d’arrêter d’autres programmes de minage sur la machine.
Deux endroits séparent les deux familles, et deux seulement : à qui va l’adresse de réception, et qui a lancé le processus. Tout le reste du code se ressemble, parce que dans les deux cas il appelle le même binaire, souvent le même exécutable, téléchargé depuis le même dépôt public.
Ce qu’un lanceur contient réellement
Sept informations suffisent. Elles ne varient pas d’un mineur à l’autre, seuls les noms d’options changent.
Champ | À quoi il sert | Ce qui arrive s’il est faux |
|---|---|---|
Chemin du binaire | Désigne l’exécutable à lancer | Le script échoue à la première ligne, sans ambiguïté |
Algorithme ou monnaie | Choisit le code de calcul chargé en mémoire | Le pool refuse les parts, ou le mineur ne démarre pas |
Adresse du pool et port | Indique où récupérer le travail | Erreur de connexion en boucle dans le journal |
Utilisateur | Votre adresse de réception sur la plupart des pools | Les parts partent chez quelqu’un d’autre, sans message d’erreur |
Mot de passe | Souvent ignoré, parfois porteur d’un réglage de difficulté | Rien, dans neuf cas sur dix |
Nom du travailleur | Sépare vos machines dans le tableau de bord du pool | Vos six rigs apparaissent comme un seul |
Chiffrement de la liaison | Chiffre le dialogue avec le pool | Sur un port TLS, la connexion est rejetée immédiatement |
Le quatrième champ mérite un arrêt. Sur un pool, l’identifiant est votre adresse de réception : le pool ne vous connaît pas autrement, il ne vérifie rien, et il crédite ce que vous avez écrit. Une adresse copiée d’un tutoriel fonctionne parfaitement, sauf qu’elle appartient à l’auteur du tutoriel. C’est le premier endroit à relire.
Le script Linux, commenté ligne par ligne
Le lanceur ci-dessous vise XMRig sur Monero. La dernière version publiée du logiciel, la 6.26.0, date du 28 mars 2026, et il mine sur processeur : n’importe quelle machine sert donc de terrain d’essai, ce qui en fait le meilleur exemple pour un premier script. Une précision de forme, parce qu’elle explique la structure : les options sont rangées dans un tableau bash au lieu d’être enchaînées avec des barres obliques inverses. C’est ce qui autorise un commentaire au-dessus de chacune. Une ligne de continuation suivie d’un commentaire casse la commande, et cette erreur traîne dans la moitié des tutoriels.
#!/usr/bin/env bash
# lanceur.sh : démarre XMRig sur un pool Monero
# Rendre exécutable une fois pour toutes : chmod +x lanceur.sh
# Arrêt immédiat sur erreur, variable non définie interdite,
# échec propagé à travers les tubes. Trois filets pour dix caractères.
set -euo pipefail
# Chemin absolu du binaire. Un service systemd n'a pas votre répertoire
# courant : un chemin relatif marche au clavier et échoue au démarrage.
MINEUR=/opt/xmrig/xmrig
# Adresse et port du pool. Le 443 de SupportXMR est le port chiffré.
POOL=pool.supportxmr.com:443
# Votre adresse de réception Monero, 95 caractères. Relisez-la deux fois.
PORTEFEUILLE=4Axxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
# Nom de cette machine, tel qu'il apparaîtra dans le tableau de bord.
TRAVAILLEUR=cave-01
OPTIONS=(
# Désigne la monnaie plutôt que l'algorithme ; XMRig en déduit le code
# de calcul. L'équivalent explicite serait --algo rx/0.
--coin monero
# Où récupérer le travail.
--url "$POOL"
# Ce que le pool crédite. Pas un pseudonyme : une adresse.
--user "$PORTEFEUILLE"
# Mot de passe. La plupart des pools acceptent n'importe quoi ; certains
# y lisent une difficulté fixe. La page de démarrage du pool le dit.
--pass x
# Identifiant de machine remonté au pool, quand celui-ci le gère.
--rig-id "$TRAVAILLEUR"
# Chiffre la liaison. Obligatoire sur le port 443 ; sans lui, refus net.
--tls
# Maintient la connexion ouverte pendant les périodes sans travail.
--keepalive
# Commission du développeur. 1 est la valeur par défaut et le plancher :
# le binaire officiel refuse 0, il faudrait le recompiler.
--donate-level 1
# Priorité du processus, de 0 (inactif) à 5. À 2, la machine reste
# utilisable pendant que le mineur travaille.
--cpu-priority 2
# Un relevé de vitesse toutes les 60 secondes dans le journal.
--print-time 60
# Pas de codes couleur : journalctl les afficherait en clair.
--no-color
# Journal dédié, en plus de la sortie standard.
--log-file /var/log/xmrig.log
)
# exec remplace le shell par le mineur. Le service systemd surveille alors
# le mineur lui-même, et non un shell parent qui survivrait à son plantage.
exec "$MINEUR" "${OPTIONS[@]}"
Une ligne manque volontairement, et c’est la plus rentable. RandomX réclame des pages mémoire larges, réservées avant le lancement :
# Réservation immédiate, perdue au redémarrage
sudo sysctl -w vm.nr_hugepages=1280
# Réservation permanente
sudo bash -c "echo vm.nr_hugepages=1280 >> /etc/sysctl.conf"
La documentation de XMRig donne 1280 pages par nœud NUMA pour RandomX, et 128 pour tout le reste. Le mineur signale au démarrage combien il a obtenu. Une réservation partielle coûte du hashrate sans rien casser, ce qui la rend facile à ignorer pendant des semaines. Le reste de la préparation du système, pilotes compris, tient dans notre page sur la version d’Ubuntu à installer sur une machine de minage.
La variante carte graphique
Sur GPU, la structure ne bouge pas, seuls les noms d’options changent. Le même squelette avec SRBMiner-Multi, publié le 12 août 2026 en version 3.5.4, pointé sur Ergo :
#!/usr/bin/env bash
set -euo pipefail
MINEUR=/opt/srbminer/SRBMiner-MULTI
OPTIONS=(
# Algorithme, pas monnaie : SRBMiner en gère plusieurs dizaines.
--algorithm autolykos2
# Adresse:port du pool.
--pool erg.2miners.com:8888
# Adresse de réception.
--wallet 9fXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
# Nom de la machine. Chez 2Miners il se colle au portefeuille,
# ailleurs il passe par cette option. Lisez la page du pool.
--worker cave-01
# Chiffrement de la liaison.
--tls true
# Intensité par carte, de 0 à 31. Voir plus bas : ce n'est pas
# un curseur de performance, c'est un curseur de stabilité.
--gpu-intensity 20
# Coupe une carte qui dépasse 75 °C au lieu de la laisser cuire.
--gpu-off-temperature 75
# Éteint la machine si une carte atteint 85 °C.
--shutdown-temperature 85
# Redémarre le mineur au-delà de vingt parts rejetées sur une même
# connexion, au lieu de le laisser travailler pour rien.
--enable-restart-on-rejected
--max-rejected-shares 20
# Journal.
--log-file /var/log/srbminer.log
)
exec "$MINEUR" "${OPTIONS[@]}"
Le choix du binaire dépend surtout des cartes en place. XMRig couvre le processeur et, avec son greffon CUDA, les cartes NVIDIA. lolMiner, dont la 1.98a remonte au 21 septembre 2025, reste le plus complet côté AMD. Rigel, en 1.23.2 depuis le 6 avril 2026, ne parle qu’aux cartes NVIDIA mais leur parle bien. WildRig Multi, publié le 11 août 2026 en 0.50.1, ratisse les algorithmes exotiques. SRBMiner-Multi tourne sur tout à la fois, processeur compris. Pour le seul minage de processeur sur les algorithmes anciens, cpuminer-opt, en version 26.1 depuis le 14 janvier 2026, reste maintenu.
Quatre noms reviennent encore dans les tutoriels et n’ont plus lieu d’y figurer. cgminer n’a pas reçu de commit depuis le 6 décembre 2018 et a perdu le minage sur carte graphique bien avant, à la version 3.8.0 du 10 novembre 2013. BFGMiner est abandonné depuis le 26 octobre 2021. T-Rex s’est arrêté à la 0.26.8, le 14 octobre 2022. Claymore et PhoenixMiner ont disparu avec la preuve de travail d’Ethereum. Un script qui les appelle ne démarrera pas, ou démarrera sur du code que plus personne ne corrige.
Le même sous Windows
Le fichier de commandes Windows souffre du même piège que bash : le caractère de continuation ^ doit terminer la ligne, donc aucun commentaire ne peut le suivre. La parade est d’accumuler les options dans une variable, une ligne par option, chacune précédée de son rem.
@echo off
setlocal
rem lanceur.bat : XMRig sur Monero, sous Windows
rem Les lignes rem ne s'affichent jamais : leurs accents sont sans effet.
rem Chemin du binaire, entre guillemets à cause des espaces éventuels.
set "MINEUR=C:\mining\xmrig\xmrig.exe"
rem Pool et port chiffré.
set "POOL=pool.supportxmr.com:443"
rem Adresse de réception Monero.
set "PORTEFEUILLE=4Axxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx"
rem Nom de la machine.
set "TRAVAILLEUR=bureau-01"
rem Monnaie plutôt qu'algorithme : XMRig en déduit le code de calcul.
set "OPT=--coin monero"
rem Pool.
set "OPT=%OPT% --url %POOL%"
rem Adresse créditée.
set "OPT=%OPT% --user %PORTEFEUILLE%"
rem Mot de passe, ignoré par la plupart des pools.
set "OPT=%OPT% --pass x"
rem Identifiant de machine.
set "OPT=%OPT% --rig-id %TRAVAILLEUR%"
rem Chiffrement, indispensable sur le 443.
set "OPT=%OPT% --tls"
rem Connexion maintenue ouverte.
set "OPT=%OPT% --keepalive"
rem Priorité normale.
set "OPT=%OPT% --cpu-priority 2"
rem Un relevé par minute.
set "OPT=%OPT% --print-time 60"
rem Journal dans le dossier du mineur.
set "OPT=%OPT% --log-file C:\mining\xmrig.log"
rem Boucle de relance : si le mineur s'arrête, on attend et on repart.
:boucle
"%MINEUR%" %OPT%
echo Mineur arrete le %date% a %time%, relance dans 30 secondes.
timeout /t 30 /nobreak >nul
goto boucle
Deux réglages restent à faire hors du script, et ils comptent davantage que son contenu.
Le premier concerne les pages mémoire larges. Sous Windows, elles exigent le privilège SeLockMemoryPrivilege ; la méthode la plus simple consiste à lancer le mineur une fois en administrateur puis à redémarrer la machine. Sans ce privilège, RandomX tourne à vitesse réduite, et rien dans l’interface ne le signale à part une ligne au démarrage.
Le second concerne l’antivirus. Windows Defender classe la quasi-totalité des mineurs en logiciel indésirable et met le binaire en quarantaine, parfois plusieurs jours après l’installation. Inutile de signaler un faux positif : le même exécutable sert aux deux usages décrits en tête de page, et aucun antivirus n’a les moyens de trancher entre eux. L’exclusion se pose en PowerShell administrateur :
Add-MpPreference -ExclusionPath "C:\mining"
Excluez le dossier, jamais le disque entier. Une exclusion trop large sur une machine qui sert aussi à autre chose ouvre une porte que vous ne refermerez pas. Le détail des particularités de la plateforme est traité dans notre page sur le logiciel de minage sous Windows.
Pourquoi personne ne mine en Python
Les tutoriels qui proposent de miner du bitcoin avec quarante lignes de Python circulent beaucoup, et l’exercice a une vertu pédagogique réelle : en quarante lignes, on voit ce qu’est un en-tête de bloc, un nonce, et pourquoi le hachage se refait à chaque essai. Comme production, l’affaire se règle en une division.
Une boucle Python qui appelle hashlib pour un double SHA-256 tient environ 1,2 million de hachages par seconde sur un cœur de processeur récent. Une implémentation écrite entièrement en Python, sans passer par la bibliothèque compilée, est plusieurs centaines de fois plus lente encore. La difficulté du réseau Bitcoin vaut aujourd’hui 127 479 855 693 691, ce qui fixe le nombre de hachages attendus pour trouver un bloc à environ 5,5 × 10²³.
Faites la division : 1,45 × 10¹⁰ années. À peu près l’âge de l’univers, pour un bloc. En répartissant la boucle sur huit cœurs, on descend à 1,8 milliard d’années, ce qui ne change pas la conclusion.
Python n’est d’ailleurs pas en cause. Un mineur écrit en C et compilé pour un processeur ne s’en sort pas mieux d’un facteur qui compte, parce que le SHA-256 appartient au silicium dédié depuis 2013 : une machine à 200 TH/s, prise isolément, mettrait encore quatre-vingt-sept ans à trouver un bloc à la difficulté actuelle. Les pools existent pour cette raison. Le calcul complet est détaillé dans notre page sur le minage de bitcoin, et le choix du matériel dans celle sur les ASIC de minage.
Python retrouve toute son utilité un cran plus haut. Il excelle à interroger l’interface de statistiques du mineur, à basculer d’un algorithme à l’autre selon le rendement du moment, à envoyer une alerte quand une carte décroche. La boucle de hachage tourne dans le binaire ; la logique tourne autour. Notre page sur la couche de pilotage d’une installation détaille cette répartition.
Le faire tourner sans surveillance
La boucle goto du script Windows et le while true qu’on trouve dans les tutoriels Linux font le même travail, en moins bien : ils ne survivent pas à un redémarrage, ils ne laissent aucune trace exploitable, et ils relancent en boucle serrée un mineur qui échoue en une seconde. Sous Linux, systemd fait tout cela correctement.
[Unit]
Description=Mineur XMRig
# Attend une route réseau utilisable, pas seulement une carte allumée.
Wants=network-online.target
After=network-online.target
# Ne rend jamais la relance définitivement impossible.
StartLimitIntervalSec=0
[Service]
Type=simple
# Un compte dédié, sans droits d'administration.
User=mineur
WorkingDirectory=/opt/xmrig
ExecStart=/opt/xmrig/lanceur.sh
# Relance dans tous les cas de figure : plantage, arrêt, coupure.
Restart=always
# Trente secondes d'attente, sinon systemd abandonne après cinq essais.
RestartSec=30
StandardOutput=journal
StandardError=journal
[Install]
WantedBy=multi-user.target
Le fichier va dans /etc/systemd/system/mineur.service, puis :
sudo systemctl daemon-reload
sudo systemctl enable --now mineur
journalctl -u mineur -f
La troisième ligne est celle qu’on garde ouverte les premières heures. Elle montre la connexion au pool, la première part acceptée, et le nombre de pages larges obtenues.
Sous Windows, le planificateur de tâches remplace systemd et se pilote en une commande, dans une invite ouverte en administrateur :
schtasks /Create /TN "Mineur" /TR "C:\mining\lanceur.bat" /SC ONSTART /RU "SYSTEM" /RL HIGHEST /F
Une machine qui mine ne doit ni se mettre en veille ni éteindre ses disques. Deux lignes suffisent :
powercfg /change standby-timeout-ac 0
powercfg /change hibernate-timeout-ac 0
Ce qui casse, et où regarder
Quatre pannes couvrent l’essentiel des nuits perdues, et aucune ne vient du script lui-même.
Le pool ne répond plus, le mineur reste connecté. Il tourne, il consomme, il n’envoie plus rien, et aucun processus ne meurt : le surveillant de systemd ne voit donc aucun problème. Seule une option du mineur attrape ce cas, du type
--max-no-share-sentchez SRBMiner-Multi, qui redémarre après un délai sans part acceptée.Une carte décroche, les autres continuent. lolMiner traite ce cas par
--watchdog exit, qui sort avec le code 42 pour demander une relance, ou par--watchdog scriptpour exécuter votre propre procédure. La documentation recommande la sortie sur cartes NVIDIA, le script sur cartes AMD.Une mise à jour du noyau casse le module graphique. La machine redémarre, systemd relance fidèlement un mineur qui ne trouve plus une seule carte. Figez le noyau avec
apt-mark holdsur une machine de production.La température monte doucement. Personne ne la regarde tant que rien ne s’arrête. Les seuils s’écrivent dans le script,
--gpu-off-temperatureet--shutdown-temperaturechez SRBMiner-Multi,--temp-limit tc[60-70]chez Rigel,--tstopet--tstartchez lolMiner. Le choix de la ventilation et de l’alimentation se joue en amont, du côté du montage physique du rig.
Les options qui changent le résultat, et celles qui ne changent rien
Un script mal réglé perd quelques pour cent. Mal orienté, il perd tout. Ce qui pèse, dans l’ordre décroissant :
Option | Effet réel |
|---|---|
Adresse de réception | Décide qui touche. Tout le reste vient après. |
Choix du pool | Sa commission et son mode de paiement pèsent quelques pour cent sur le revenu, chaque jour. |
Commission du développeur | De 0,7 à 2 % selon le mineur et l’algorithme, prélevée en minutes de minage détournées. |
Pages mémoire larges | Sur RandomX, l’écart entre réservées et absentes se compte en dizaines de pour cent. |
Limite de puissance | Baisser le plafond d’une carte coûte peu de vitesse et beaucoup de watts. Voir le calcul de rentabilité. |
Intensité | Curseur de stabilité plus que de vitesse : au-delà d’un seuil, les erreurs de validation annulent le gain. |
Chiffrement de la liaison | Coût nul sur le hashrate. À activer sans discuter. |
Nom du travailleur | Aucun effet sur le revenu. Il vous dit lequel de vos six rigs s’est arrêté cette nuit. |
La commission du développeur se lit dans le code source, pas dans les forums. Chez XMRig, deux constantes fixent la valeur par défaut et le plancher à 1 : le binaire officiel refuse --donate-level 0, et l’obtenir demande de recompiler. Le mécanisme est décrit dans les commentaires du même fichier : le mineur travaille pour vous entre 49,5 et 148,5 minutes, bascule une minute sur le pool du développeur, revient 99 minutes, et ainsi de suite. Chez lolMiner, la commission dépend de l’algorithme : 0,7 % sur Etchash, 0,75 % sur Kaspa et Alephium, 1 % sur Autolykos V2 côté Rigel, 2 % sur Nexa et Octopus.
Un mot sur l’intensité, parce que c’est le réglage sur lequel on perd le plus de temps. SRBMiner-Multi accepte des valeurs de 0 à 31, au-delà desquelles le nombre est pris comme intensité brute. Monter au maximum donne parfois un hashrate affiché plus élevé et un nombre de parts acceptées plus bas, ce qui est exactement le contraire de l’objectif. La mesure qui compte est le nombre de parts validées par le pool sur vingt-quatre heures, jamais la vitesse que le mineur affiche à l’écran. Le choix du pool lui-même, ses frais et son mode de paiement, sont traités dans notre page sur comment choisir son pool de minage.
Un dernier point sur les pools, parce qu’une confusion circule. Binance Pool existe réellement et publie ses adresses stratum, btc.poolbinance.com:1800 parmi elles. Coinbase et Kraken n’opèrent aucun pool de minage : ce sont des places d’échange, et pointer un script vers elles n’a pas de sens.
Quand le script est celui de quelqu’un d’autre
Un script de minage installé sans consentement s’appelle du cryptojacking. Son économie mérite qu’on la pose en chiffres, parce qu’elle explique tout son comportement.
Un mineur clandestin qui ajoute 60 watts à une machine de bureau tournant en continu consomme 43 kWh par mois. Au tarif réglementé d’août 2026, 0,2001 € le kWh toutes taxes comprises, cela fait 8,64 € par mois payés par le propriétaire. Pendant ce temps, le réseau Monero distribue à peu près 0,024 € par kilohash par seconde et par jour, soit 0,72 € par mois. Autrement dit, il faudrait que la machine volée tienne douze kilohashs par seconde sur RandomX pour que l’attaquant encaisse simplement ce que le propriétaire a déboursé.
Aucune machine de bureau n’atteint ce chiffre. Le calcul explique pourquoi le cryptojacking ne vise jamais un poste : il vise des milliers de serveurs à la fois, et il ne devient intéressant que parce que l’électricité est intégralement à la charge de la victime. Il explique aussi le réflexe qui trahit ces scripts, celui de tuer les mineurs concurrents déjà présents.
Les signes se lisent sans outil particulier : un processeur à 100 % alors que rien ne tourne, des ventilateurs qui ne redescendent jamais, une facture qui grimpe sans raison, un processus au nom anodin lancé par un compte de service. Sous Linux, regardez systemctl list-timers, les unités utilisateur dans ~/.config/systemd/user et les tables cron de chaque compte : ce sont les trois cachettes les plus fréquentes. Le sujet, les portes d’entrée et le nettoyage sont développés dans notre page sur le minage crypto par logiciel malveillant.
Où prendre le binaire
Une seule règle tient : le dépôt de l’éditeur, et l’empreinte publiée à côté. Les mineurs sont des exécutables non signés que les antivirus signalent, ce qui pousse une partie des utilisateurs vers des versions repaquetées « qui passent », lesquelles sont souvent modifiées pour changer l’adresse de réception.
XMRig publie ses archives avec un fichier SHA256SUMS et sa signature. La vérification tient en deux commandes :
sha256sum xmrig-6.26.0-linux-static-x64.tar.gz
# doit rendre exactement :
# fc6f8ae5f64e4f17481f7e3be29a1c56949f216a998414188003eae1db20c9e5
Sous Windows, l’équivalent en PowerShell :
Get-FileHash .\xmrig-6.26.0-windows-x64.zip -Algorithm SHA256
# doit rendre :
# BBA8097CB37D9B458A1CB1137876B27CDE6740D17FE4CCBC086BA07D87D9E147
Si l’empreinte diffère d’un seul caractère, le fichier n’est pas celui que l’éditeur a publié. Ne cherchez pas d’explication, recommencez le téléchargement depuis la page des versions officielles. Les adresses de dépôt de chaque mineur figurent dans notre page sur où télécharger un logiciel de minage.
Deux habitudes complètent la règle. Faites tourner le mineur sous un compte dédié sans droits d’administration, celui du service systemd plus haut : un binaire compromis fait alors bien moins de dégâts. Et gardez l’adresse de réception dans une variable en tête de script plutôt que noyée dans la ligne de commande, pour la relire d’un coup d’œil avant chaque mise en service.
Questions fréquentes
Faut-il savoir programmer pour écrire un script de minage ?
Non. Un lanceur est une liste de sept valeurs passées à un programme existant. Le travail réel consiste à relever les bonnes options dans la documentation du mineur choisi, pas à écrire du code.Peut-on miner du bitcoin avec un script Python ?
Techniquement oui, la boucle tient en quarante lignes. Une machine de bureau y mettrait alors de l’ordre de l’âge de l’univers pour trouver un bloc à la difficulté actuelle. Comme exercice, c’est excellent ; comme production, non.Pourquoi mon antivirus supprime-t-il le mineur ?
Parce que le même exécutable sert au minage volontaire et au cryptojacking. L’exclusion se pose sur le dossier du mineur, jamais sur le disque entier, et seulement si vous avez vérifié l’empreinte du fichier.Comment savoir si le script tourne correctement ?
Regardez le compte de parts acceptées sur le tableau de bord du pool, sur vingt-quatre heures. Le hashrate affiché par le mineur reste une estimation locale, qu’aucune part rejetée ne vient corriger.Faut-il un script différent par machine ?
Un seul fichier suffit, avec le nom du travailleur en variable en tête. C’est le seul champ qui change d’une machine à l’autre, et il ne sert qu’à vous.Que faire quand le pool cesse d’accepter des parts ?
Le mineur reste connecté sans rien produire, et rien ne le signale. Réglez une option de relance sur absence de part, puis un pool de secours dans le même script.