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Rig de minage complet : le prix ligne par ligne, et ce qu’il rapporte

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Rig de minage complet : le prix ligne par ligne, et ce qu’il rapporte

Six cartes graphiques neuves, une carte mère, une alimentation, des risers et un cadre : 5 531,63 € au 14 août 2026. Retirez les cartes, il reste 611,93 €. Le prix d’un rig de minage complet tient tout entier dans cet écart. Ce que le vocabulaire appelle « le rig » pèse un dixième de la facture ; les neuf autres dixièmes sont des cartes graphiques achetées au tarif du marché du jeu vidéo, un marché qui ne s’intéresse pas au minage et qui ne fixe pas ses prix pour lui.

Les annonces qui affichent 150 € pour un « rig 8 GPU complet » ne trichent donc pas. Elles vendent le châssis, la carte mère, les risers et parfois l’alimentation. Ce qui produit le hashrate n’est pas dans le carton, et c’est la seule chose qui coûte.

Le prix d’un rig de minage complet neuf, ligne par ligne

Six cartes, c’est le format le plus courant chez qui commence : il passe sur une alimentation unique et sur un circuit domestique ordinaire. Les cartes viennent de LDLC, le reste de Happy Mining, boutique française spécialisée. Prix relevés le 14 août 2026.

Pièce

Référence retenue

Prix

Cartes graphiques (6)

ASUS Dual GeForce RTX 5060 Ti OC 16 Go, 819,95 € l’unité

4 919,70 €

Carte mère et processeur

HM65 BTC 8 GPU, Intel B950 reconditionné sur socket PGA988, ventirad inclus

169,99 €

Mémoire

DDR3 DIMM 4 Go, format imposé par la carte mère

29,99 €

Stockage

SSD PNY CS900 120 Go

69,99 €

Risers (6)

V010S Plus PCI-E, lot de six

49,99 €

Alimentation

Lianli ATX 2000 W 90+ Gold

159,99 €

Châssis

cadre ouvert, huit emplacements

99,99 €

Ventilation

120 mm 95 CFM, lot de cinq

31,99 €

Total

six cartes et tout ce qui les tient

5 491,63 €

Deux postes que les listes de courses facturent d’habitude ont disparu, et ce n’est pas un oubli. La carte mère HM65 BTC arrive avec son processeur : un Intel B950 reconditionné, monté sur socket PGA988, ventirad fourni. Il n’y a donc pas de ligne « processeur » à ajouter, et pas de choix à faire, mais la pièce est démontable et le vendeur la livre installée. C’est un chipset d’ordinateur portable recyclé en carte mère minière, ce qui explique aussi la mémoire : de la DDR3 à 29,99 €, celle des machines d’il y a quinze ans, et non de la DDR5. Attention au format. Cette carte-là veut des barrettes DIMM, quand la BTC-S37 du même marchand veut du SO-DIMM : les deux ne se remplacent pas. Un rig ne fait rien de sa mémoire vive, il en a besoin pour démarrer un système et ouvrir un mineur.

Le SSD de 120 Go suit la même logique. Il héberge Windows ou un système de minage, il ne stocke rien d’autre, et sa taille n’a aucun effet sur la production. Le seul poste où la lésine se paie est l’alimentation.

Reste à comprendre pourquoi ces pièces valent si peu, alors qu’un rig de six cartes a l’air d’une machine sérieuse. La réponse tient au lien qui relie chaque carte à la carte mère. Pendant le minage, le jeu de données de travail ne le traverse jamais : le logiciel envoie un cache de quelques dizaines de mégaoctets, et la carte reconstruit tout le reste dans sa propre mémoire. Le riser ne transporte ensuite que des ordres et des résultats. Une voie PCI-E unique, plafonnée à 985 Mo/s, y suffit très largement. D’où l’adaptateur à huit euros là où un montage graphique classique exigerait seize voies, et d’où une carte mère bâtie sur un chipset de portable de 2011.

Neuf dixièmes de la facture tiennent dans les cartes

4 919,70 € sur 5 491,63 €, soit 88,9 % du prix d’achat. La proportion ne bouge presque pas quand on change de gamme, parce que les 611,93 € restants sont à peu près fixes : un rig à douze emplacements coûte environ deux cents euros de plus en cadre, en carte mère et en risers, pendant que la ligne des cartes double.

Cette structure a une conséquence directe sur la façon d’acheter. Négocier le châssis, chercher l’alimentation la moins chère, comparer trois SSD : ces arbitrages portent sur un dixième de la somme et se jouent à trente euros. Tout le reste se joue sur ce qu’on paie le gigaoctet par seconde de bande passante mémoire. Le détail de chaque pièce et de la contrainte qui la choisit mérite qu’on s’y arrête une fois, puis qu’on n’y revienne plus.

Cadre ouvert de rig de minage portant six cartes graphiques reliées à la carte mère par des risers PCI-E

Le prix d’une carte se lit en euros par gigaoctet par seconde

En minage sur carte graphique, la ligne de spécification qui décide du débit est la bande passante mémoire. Ni le nombre de cœurs, ni la fréquence, ni la génération d’architecture : la vitesse à laquelle la carte lit son propre jeu de données. Diviser le prix par cette bande passante donne donc le vrai prix unitaire de ce qu’on achète, et le classement obtenu ne ressemble pas au classement des étiquettes.

Carte

Mémoire

Bande passante

Prix relevé

€ par Go/s

RTX 5060 Ti 16 Go

16 Go GDDR7, bus 128 bits

448 Go/s

819,95 €

1,83 €

RX 9070 XT

16 Go GDDR6, bus 256 bits

640 Go/s

879,95 €

1,37 €

RTX 5070 Ti

16 Go GDDR7, bus 256 bits

896 Go/s

1 329,95 €

1,48 €

La 5060 Ti est la moins chère des trois à l’étalage et la plus chère des trois à l’usage : son bus de 128 bits divise par deux la bande passante d’une carte à 256 bits équipée de la même mémoire. Elle coûte soixante euros de moins que la RX 9070 XT et rend 30 % de débit en moins. À six cartes, cet écart de 1,83 € contre 1,37 € par gigaoctet par seconde coûte 1 152 Go/s de débit pour 360 € d’économie affichée.

La RTX 5070 Ti, elle, se paie 450 € de plus que la 9070 XT et reste derrière au ratio, de peu. On l’achète pour une autre raison : elle offre le plus de bande passante par emplacement PCI-E occupé, donc par riser, par ligne d’alimentation et par centimètre de cadre. Sur une installation contrainte en place ou en ampérage, la densité vaut son surcoût. Dans un garage, sur cadre ouvert, elle ne le vaut pas. Ce que la carte graphique fait réellement pendant un cycle de minage explique pourquoi cette ligne l’emporte sur toutes les autres.

La même somme en machine dédiée ne produit pas la même chose

Cinq mille euros n’achètent pas seulement un rig de six cartes. Ils achètent aussi deux Antminer S21 Pro de 234 térahash, à 2 459,99 € pièce chez Happy Mining le 14 août 2026, soit 4 919,98 € pour 468 térahash et 7 020 W au compteur. La comparaison ne se fait pas sur la puissance affichée, qui n’est pas dans la même unité, mais sur ce que chaque machine rapporte en une journée.

Côté bitcoin, le réseau distribue au plus 453,27 BTC par jour au rythme nominal de cent quarante-quatre blocs, frais de transaction compris, et de 422 à 447 dans les faits, pour environ 912 exahash de puissance. Chaque térahash reçoit 49,6 satoshis par jour, valeur que publie le hashprice et que la division ci-dessus retrouve à un dixième près, et le bitcoin vaut 54 899 € : 0,0272 € par térahash et par jour. Les 468 térahash des deux S21 Pro produisent 12,74 € par jour.

Côté carte graphique, une machine réellement vendue plutôt qu’une addition théorique : le rig huit cartes RTX 4070 proposé à 5 699,99 €, annoncé à 256 MH/s sur Ravencoin. Le réseau Ravencoin émet 1 250 RVN par bloc depuis janvier 2026, à raison de 1 440 blocs par jour, soit 1 800 000 RVN quotidiens ; à 0,00230 € l’unité et 805 GH/s de puissance réseau, chaque mégahash par seconde rapporte 0,00514 € par jour. Les 256 MH/s produisent 1,32 € par jour.

Presque dix fois moins, pour un prix d’achat supérieur de 780 €. Choisir entre un rig et une machine dédiée n’est donc pas un arbitrage de goût technique. Le revenu brut par euro investi va du simple au décuple. En revanche la machine dédiée tire 7 000 W, soit plus de quatre fois la puissance de carte cumulée des huit RTX 4070 en face. Ce second chiffre efface le premier.

Machine

Hashrate

Consommation

Prix

€ par TH

J/TH

Antminer S19K Pro

120 TH/s

2 760 W

899,99 €

7,50 €

23,0

Antminer S21

200 TH/s

3 500 W

1 299,99 €

6,50 €

17,5

Antminer S21+

216 TH/s

3 560 W

1 909,99 €

8,84 €

16,5

Antminer S21 Pro

234 TH/s

3 510 W

2 459,99 €

10,51 €

15,0

Antminer S21 XP

270 TH/s

3 645 W

4 459,99 €

16,52 €

13,5

Antminer S23, précommande échue

305 TH/s annoncés par le marchand

3 355 W

8 659,99 €

28,39 €

11,0

Le prix au térahash et l’efficacité vont en sens inverse. Aucune fiche produit ne l’écrit. La machine la moins chère à l’achat, 7,50 € le térahash, est la plus gourmande, 23 joules par térahash. La plus sobre, 11,5 joules, se paie 28,39 € le térahash, presque quatre fois plus. Acheter du hashrate bon marché revient à acheter de la facture d’électricité par anticipation. Le vendeur laisse ce calcul au client.

Trois dépenses n’apparaissent sur aucune de ces lignes. Le bruit d’abord. Un S21 Pro à plein régime tient 76 dB(A), le niveau d’un aspirateur, en continu et sans pause : aucune pièce à vivre ne l’absorbe. La chaleur ensuite. Évacuer 3 510 W en ne laissant l’air se réchauffer que de 10 °C demande 1 048 m³/h de débit, moitié moins si l’on accepte 20 °C d’écart, ce qui veut dire un extracteur, une gaine et une ouverture vers l’extérieur. Le raccordement enfin. Le térahash le moins cher du catalogue se trouve sur une machine hydraulique, à 5,36 € le térahash, mais elle exige une boucle d’eau, et les modèles les plus rapides de cette famille réclament du 380 à 415 V triphasé industriel. Aucune ligne monophasée domestique ne les démarre. Le prix affiché suppose une installation que personne n’a chez soi.

Ce que le marché de l’occasion propose, et à quel prix

Les cartes pesant neuf dixièmes de la facture, c’est là que l’occasion change les ordres de grandeur, et elle les change dans un sens précis : sur le marché du neuf, le prix suit la génération ; sur celui de l’occasion, il suit la demande du jeu vidéo, qui ignore la bande passante mémoire.

La mesure qui compte reste l’euro par gigaoctet par seconde. Une ASUS Dual GeForce RTX 5060 Ti 16 Go neuve coûte 819,95 € pour 448 Go/s, soit 1,83 € le gigaoctet par seconde. Une RTX 5070 Ti neuve, 879,95 € pour 896 Go/s, tombe à 0,98 €. La carte la plus chère du catalogue est donc la moins chère au débit, et c’est l’inverse de ce que dit l’étiquette.

Sur l’occasion, la même division se fait carte en main, avec le prix demandé et la bande passante de la fiche : une carte de 448 Go/s achetée 200 € revient à 0,45 € le gigaoctet par seconde, quatre fois moins que la même bande passante en neuf. C’est ce rapport-là qui décide, pas le millésime. Refaites-le sur l’annonce que vous avez sous les yeux avant de discuter le prix.

Le socle neuf, lui, ne bouge pas : 611,93 € de carte mère, mémoire, stockage, risers, alimentation, châssis et ventilation. Six cartes d’occasion posées dessus ramènent un rig complet autour de 1 800 €, pour la bande passante cumulée qu’une configuration neuve facture 5 531,63 €.

Encore faut-il que les cartes tiennent. Trois points séparent une bonne affaire d’un tas de ferraille refroidie, et aucun des trois ne se lit sur la photo de l’annonce.

Les heures de fonctionnement

Une carte de jeu allumée trois heures par soir accumule un peu plus de mille heures par an. Une carte de minage en accumule 8 760, soit huit ans d’usage de joueur en douze mois. Ce ne sont pas les mêmes objets, et une RTX 3070 vendue 245 € peut aussi bien avoir vécu deux ans de parties du soir que deux ans de service continu. La question se pose au vendeur avant l’achat, avec deux compléments qui en disent plus que la réponse elle-même : la carte a-t-elle tourné bridée en puissance, et à quelle température la mémoire montait-elle. Un vendeur qui a miné sérieusement connaît ces deux chiffres. Un vendeur qui les invente hésite.

La mémoire d’une carte qui a miné

Le minage sollicite la mémoire vidéo en permanence et le processeur graphique par intermittence. C’est l’inverse du jeu, et c’est ce qui rend l’usure inhabituelle : les puces mémoire chauffent, les pastilles thermiques qui les relient au dissipateur sèchent, et la température monte lentement pendant des mois sans que rien ne plante. Les modules GDDR6X des GeForce RTX 3080 et 3090 sont les plus exposés, parce qu’ils chauffent davantage à charge égale et que leur refroidissement d’origine a été dimensionné pour des pointes, pas pour un régime permanent.

Une carte dans cet état ne meurt pas : elle devient instable au-delà d’une certaine fréquence mémoire, et refuse un réglage que la même référence accepte ailleurs. Le contrôle à l’achat consiste donc à la faire tourner une heure sous charge et à surveiller la stabilité, pas à regarder si l’image s’affiche. Une seule mémoire fatiguée bloque le réglage des six cartes sur son plus petit dénominateur.

L’alimentation, la seule pièce chère à remplacer

Un riser mort se change pour huit euros, un lot de six coûte 49,99 €. Un cadre plié se redresse. Une carte mère minière neuve revient à 169,99 €. L’alimentation, elle, se remplace entre 134,99 € pour un modèle ATX de 1 800 W et 179,99 € pour un 1 050 W certifié 80 Plus Gold, et c’est la seule pièce dont la panne peut emporter le reste. Sur un rig d’occasion affiché 150 €, l’alimentation vaut à elle seule le prix demandé pour l’ensemble.

Deux vérifications valent le déplacement. D’abord la certification et l’âge : une alimentation qui a fourni 80 % de sa charge nominale pendant trois ans a vieilli de tous ses condensateurs, et ça ne se voit pas. Ensuite le câblage des risers. Un riser s’alimente en PCI-E, jamais en SATA : un connecteur SATA autorise 54 W quand une carte peut tirer 75 W par son emplacement, et le montage en SATA finit par fondre. Un rig d’occasion câblé en SATA se rachète en connaissance de cause, avec le prix des câbles neufs dans la négociation.

Ce qu’un kit « prêt à brancher » contient, et ce qu’il ne contient pas

Les kits vendus tout faits occupent une place ambiguë dans les résultats de recherche, parce qu’ils portent le mot « complet » et coûtent quelques centaines d’euros. Leur contenu réel, toujours au 14 août 2026 et chez le même marchand français.

Kit

Contenu

Prix

Pack 8 GPU HM65-BTC

carte mère, processeur, 4 Go de mémoire

197,99 €

Kit 8 GPU BTC-S37, châssis ouvert

ensemble hors cartes, alimentation en option

319,99 €

Kit 8 GPU HM65-BTC

ensemble hors cartes

429,99 €

Kit 12 GPU B250

châssis, carte mère 12 emplacements, processeur, 8 Go, SSD 120 Go, 12 risers, 8 ventilateurs

614,99 €

Kit 8 GPU CM B75

ensemble hors cartes, alimentation 2 500 W incluse

779,99 €

Aucun de ces kits ne contient de carte graphique. Le mot « complet » y désigne l’ensemble des pièces autour des cartes, et il est employé sans mauvaise foi : un rig ne démarre pas sans sa carte mère ni son cadre, et ces boîtes règlent le problème en une commande. Elles ne règlent pas la question du prix, parce que la question du prix se joue ailleurs.

Autre piège au moment de comparer deux étiquettes : le prix affiché exclut souvent l’alimentation. Le kit 12 GPU B250 démarre à 614,99 € et propose sept blocs d’alimentation en option, dont aucun n’est chiffré sur la fiche. Comparer un kit annoncé « à partir de » avec un kit livré complet revient à comparer deux paniers différents.

Des ensembles avec cartes existent aussi : huit RTX 4060 Ti à 4 499,99 €, huit RTX 4070 à 5 699,99 €, huit RTX 4070 Ti à 7 099,99 €. Ceux-là sont des rigs au sens plein : montés, garantis un an, système déjà installé. On paie le montage et la garantie, ce qui se défend, et on paie surtout huit cartes graphiques, ce qui explique le reste du chiffre. Fabriquer soi-même la machine plutôt que l’acheter montée économise le premier poste, pas le second.

L’électricité rattrape le prix d’achat en une année

Le prix d’achat n’est pas le prix du rig. Une machine allumée en permanence transforme des kilowattheures en hashrate, et la facture tombe quel que soit le cours du bitcoin.

Comptez 171,52 € par an pour 100 W consommés en continu. Le calcul tient en trois lignes. Cent watts pendant vingt-quatre heures font 2,4 kWh. Au tarif réglementé du 1ᵉʳ août 2026, l’option heures pleines et heures creuses vaut 0,2142 € et 0,1589 € le kilowattheure, plus 15,86 € d’abonnement mensuel à 6 kVA ; une machine qui tourne jour et nuit paie huit heures en creuses et seize en pleines, soit 0,1958 € en moyenne réelle. Ces 2,4 kWh coûtent donc 0,47 € par jour, et 171,52 € sur douze mois.

Appliqué au rig de six RTX 5060 Ti : 180 W de puissance de carte chacune, plus la carte mère et les ventilateurs, soit environ 1 130 W au compteur. Cela fait 27,1 kWh par jour, 5,31 € par jour et 1 938 € sur la première année. Le rig acheté 5 491,63 € coûte donc 7 430 € à la fin de son premier tour de calendrier. Ces 1 938 € ne figurent sur aucune fiche produit.

Deux détails d’installation valent d’être vérifiés avant la commande. Le tarif de base à 0,2001 € le kilowattheure n’est plus souscriptible au-delà de 6 kVA. Comptez 1,1 kVA réservés en permanence par un rig de six cartes, sur les 6 d’un abonnement courant : ce qui disjoncte ensuite, ce sont les plaques ou le chauffe-eau. Monter la puissance souscrite fait alors quitter l’option base, pour les heures pleines et creuses ou pour Tempo. Et un circuit domestique de 16 A sous 230 V tient 3 680 W en pointe, moins en régime continu : au-delà de deux rigs sur la même ligne, la question devient électrique avant d’être financière. Les configurations et les budgets d’un ordinateur de minage se raisonnent toujours en partant de cette contrainte-là.

Ce que votre rig coûtera vraiment

Renseignez votre configuration, le calcul se fait sur le tarif que vous payez.

Prix d’achat1 771,93 €
Part des cartes68 %
Électricité par jour5,31 €
Électricité par an1 938,19 €
Coût de la première année3 710,12 €
Revenu quotidien à atteindre pour couvrir le courant5,31 € par jour

Le socle hors cartes est compté à 611,93 €, prix relevé le 14 août 2026 pour un cadre six à huit emplacements, sa carte mère, sa mémoire, son SSD, ses risers, son alimentation et sa ventilation.

« Vous remboursez votre machine en six mois » : le calcul

La promesse circule telle quelle sur les sites de revente français : dix euros par jour, machine remboursée en six mois, puis cent trente euros de bénéfice mensuel. Six mois font 180 jours, donc la machine visée coûte environ 1 800 €. Le raisonnement est vérifiable de bout en bout, et il se casse à la première ligne.

Une machine dédiée gagne de l’argent net si son revenu par térahash dépasse le courant qu’elle consomme pour le produire. Le revenu vaut 0,0272 € par térahash et par jour. Le coût : un joule par térahash, entretenu vingt-quatre heures, consomme 0,024 kWh, soit 0,0047 € au tarif français. La division donne le seuil : 5,79 joules par térahash. En dessous, la machine dégage un solde positif ; au-dessus, chaque térahash coûte plus qu’il ne rapporte.

La machine la plus efficace en vente aujourd’hui tourne à 9,45 joules par térahash. Le plus sobre qu’un particulier puisse réellement commander est à 9,5, et il est hydraulique. Aucune n’atteint 5,79, et l’écart n’est pas de quelques pour cent : il faudrait diviser la consommation par deux à hashrate constant. Le solde net est donc négatif quelle que soit la machine et quelle que soit la taille de l’installation, puisqu’il est négatif par térahash. Multiplier les térahash multiplie la perte.

Reste ce que la promesse suppose sans l’écrire. Dix euros par jour font 304 € par mois ; en annoncer 130 de bénéfice, c’est avoir déjà retranché 174 € de charges, soit 5,72 € par jour. L’électricité n’est donc pas oubliée, elle est sous-estimée d’un facteur sept. Dix euros par jour de revenu brut demandent 367 térahash. Le meilleur prix au térahash du catalogue en refroidissement à air est de 6,50 €, donc 367 térahash coûtent 2 385 € et non 1 800 €, et le remboursement tombe à 239 jours, soit neuf mois. Surtout, ces 367 térahash produits à 23 joules par térahash tirent 8 441 W en continu : 39,66 € d’électricité par jour contre 10 € de revenu. Le solde réel est de moins 29,66 € par jour, et la machine ne se rembourse jamais, dans aucun scénario.

Cette arithmétique vaut aussi pour les rigs de cartes graphiques, avec des ordres de grandeur plus petits. Le rig huit RTX 4070 à 1,32 € de revenu quotidien couvre son électricité tant que l’ensemble reste sous 280 W au compteur. Or une RTX 4070 en charge tire 200 W à elle seule. Il y en a huit. Ce qu’une journée de minage rapporte vraiment se calcule de la même façon, quel que soit le matériel.

Le vrai coût d’un rig n’est pas son prix

Trois nombres décident, et un seul figure sur l’étiquette. Le prix d’achat, dont neuf dixièmes sont des cartes graphiques. L’électricité, qui ajoute en douze mois entre un tiers et la totalité du prix d’achat selon la configuration. Et la décote, qu’on oublie systématiquement alors qu’elle joue dans l’autre sens : une RX 9070 XT achetée 879,95 € neuve se revend 620 € sur le marché de l’occasion, soit 70 % de sa valeur, et un rig ne vaut plus grand-chose à la revente en dehors de ses cartes.

C’est ce dernier point qui rend la configuration d’occasion défendable là où la configuration neuve ne l’est pas. Six RTX 3060 Ti à 200 € ont déjà encaissé le gros de leur décote, et le seul argent qui part vraiment devient celui du courant. Six cartes neuves à 819,95 €, au même taux de conservation, perdent environ 246 € de valeur chacune la première année : presque autant que les 309 € d’électricité qu’une carte de 180 W consomme sur la même période. La facture double sans que rien ne l’annonce.

Ces trois lignes se lisent ensemble, jamais la première seule. C’est de là que sortent la rentabilité réelle d’une configuration GPU comme le budget et le délai à prévoir quand on débute. Et pour qui vise le bitcoin plutôt que les monnaies de carte graphique, ce que coûte vraiment une machine dédiée d’occasion obéit à la même règle, avec une décote plus brutale encore.