Hashrate : ce que le nombre mesure, et pourquoi personne n’affiche le même
Cinq sources publiques annoncent la puissance du réseau Bitcoin. Le 14 août 2026 en début d’après-midi, elles donnent 836,5, 866,5, 881,7, 899,3 et 926,9 exahashes par seconde. Onze pour cent séparent la plus basse de la plus haute. Aucune des cinq ne se trompe.
Le même jour, les mêmes sources publient aussi la difficulté du réseau. Là, elles tombent d’accord au chiffre près : 127 479 855 693 691, partout, sans une décimale de désaccord. Ce contraste tient à une distinction qu’on lit rarement. La difficulté est inscrite dans l’en-tête des blocs, il suffit de la recopier. La puissance de calcul, elle, n’est écrite nulle part. On la reconstitue à partir de ce que la chaîne laisse voir, et chaque méthode de reconstitution rend un nombre légèrement différent.
La distinction paraît théorique. Elle ne l’est pas : elle décide de la confiance qu’on accorde à un écran, et du moment où il faut aller débrancher quelque chose.
Une vitesse d’essais, et rien d’autre
Pourquoi la puissance d’un réseau ne se mesure pas
Les ordres de grandeur, du processeur au réseau
Ce que le hashrate protège
Votre machine en affiche un, votre pool en affiche un autre
Parts acceptées, parts rejetées, et le seuil qui doit alerter
Quand le chiffre baisse, dans quel ordre chercher
Pourquoi on n’achète pas une machine sur son hashrate
Une vitesse d’essais, et rien d’autre
Un mineur ne résout aucune énigme. Il empile un en-tête de bloc, y colle un nombre arbitraire appelé nonce, passe le tout dans une fonction de hachage, regarde le résultat, et recommence avec un autre nonce si le résultat ne descend pas sous la cible du moment. Aucun raisonnement là-dedans, aucun raccourci possible : c’est un tirage au sort répété jusqu’à ce qu’il sorte bon.
Le résultat d’un tirage porte un nom : c’est le hachage, ou hash. Sur Bitcoin, SHA-256 rend toujours 256 bits, qu’on écrit d’ordinaire en 64 caractères hexadécimaux. Ce que le mineur guette est un résultat dont les premiers caractères sont des zéros, en quantité suffisante pour passer sous la cible. Rien ne permet de deviner quel nonce y mènera, et c’est cette impossibilité qui rend le travail mesurable.
Le nombre de ces tirages par seconde, voilà le hashrate, que les textes français appellent aussi taux de hachage. Une vitesse au sens strict, du même ordre logique qu’un débit de litres par minute. L’unité de base est le hachage par seconde, H/s, et les préfixes s’empilent par facteurs de mille : kH/s, MH/s, GH/s, TH/s, PH/s, EH/s. Un boîtier domestique récent en SHA-256 se compte en centaines de térahashes. Le réseau entier se compte en centaines d’exahashes, un million de fois plus.
Deux confusions reviennent sans arrêt. La première le mélange avec la difficulté, qui n’a aucune unité du tout : c’est un facteur d’échelle sans dimension, et le détail de ce qu’elle règle occupe une page à part. La seconde y voit une puissance électrique, sans doute à cause de la parenté des mots. Une machine tire des watts et produit des hachages. Le rapport entre les deux la rend bonne ou mauvaise, et il porte un autre nom.
Deux hashrates ne se comparent pas d’un algorithme à l’autre
Le 14 août 2026 à 12 h 53 UTC, un nœud Monero public annonce 6,30 GH/s pour une difficulté de 755 795 507 505 et un temps de bloc visé de 120 secondes. Bitcoin, au même moment, dépasse les 900 EH/s. Le rapport entre les deux atteint 145 milliards.
Monero n’est évidemment pas 145 milliards de fois plus faible. Les deux nombres ne comptent pas la même opération. Un hachage SHA-256 tient dans quelques milliers de portes logiques gravées en dur, et une puce moderne en aligne des dizaines de milliards par seconde. Un hachage RandomX exécute un programme tiré au sort dans une machine virtuelle et réclame 2 080 Mio de mémoire vive en mode rapide, ce qui interdit toute gravure en dur et ramène un processeur de bureau à une vingtaine de milliers de tentatives par seconde. Equihash, lui, compte ses résultats en solutions par seconde, Sol/s, parce que l’algorithme ne produit pas un hachage par essai.
Un hashrate ne veut donc dire quelque chose qu’à l’intérieur d’un algorithme. Comparer 234 TH/s en SHA-256 à 21 kH/s en RandomX ne renseigne sur rien, et le comparateur qui range les deux dans la même colonne triée n’a pas compris ce qu’il triait.
Pourquoi la puissance d’un réseau ne se mesure pas
Aucun compteur ne totalise les machines branchées sur Bitcoin. Ni registre, ni déclaration, ni sonde. Ce que le réseau publie, ce sont des blocs : leur horodatage, et la difficulté à laquelle ils ont été trouvés. Toute valeur de hashrate que vous lirez quelque part est une inférence tirée de ces deux séries.
Deux inférences existent. Elles n’ont pas les mêmes défauts.
La première part de la difficulté. Trouver un bloc réclame en moyenne difficulté × 2³² hachages, soit 5,475 × 10²³ au 14 août 2026. Le protocole vise dix minutes entre deux blocs, donc la puissance qui produirait cette cadence vaut 5,475 × 10²³ ÷ 600, c’est-à-dire 912,5 EH/s. Cette valeur est parfaitement reproductible : deux personnes qui la calculent le même jour trouvent le même chiffre. En revanche elle décrit le passé, puisque la difficulté en vigueur a été fixée le 8 août au bloc 961 632 sur les deux semaines antérieures.
La seconde part de la cadence réelle des blocs. On compte combien de blocs sont tombés sur les dernières vingt-quatre heures, ou sur une fenêtre plus courte, et on remonte à la puissance qui expliquerait cette cadence à difficulté connue. L’avantage est de voir le présent. Le défaut arrive juste après.
Relevé du 14 août 2026, début d’après-midi | Ce qui est affiché | Valeur |
|---|---|---|
blockchain.com | estimation maison | 836,5 EH/s |
mempool.space, agrégat par pool sur 24 h | estimation sur 137 blocs | 866,5 EH/s |
Blockchair | estimation sur 24 h | 881,7 EH/s |
mempool.space, valeur instantanée | estimation sur fenêtre courte | 899,3 EH/s |
calcul depuis la difficulté | difficulté × 2³² ÷ 600 | 912,5 EH/s |
mempool.space, dernier jour plein | moyenne du 14 août | 926,9 EH/s |
Six lectures, six nombres, un seul réseau, un seul après-midi. Onze pour cent séparent les extrêmes. La difficulté, elle, valait 127 479 855 693 691 sur les six sources, à l’unité près.
Le bruit se calcule, et il explique tout l’écart
La cadence des blocs est un tirage au sort. Chaque bloc arrive quand un mineur tombe sur un hachage valide, événement dont la probabilité est fixe à chaque essai, ce qui produit une loi de Poisson : une journée type contient 144 blocs, mais une journée réelle en contient 130, ou 158, sans que rien n’ait changé sur le terrain.
L’écart-type relatif d’un tel comptage vaut l’inverse de la racine du nombre d’événements. Sur 144 blocs, cela fait 8,3 %. Une estimation quotidienne du hashrate porte donc, par construction, une incertitude de plus ou moins huit pour cent, et les jours extrêmes s’en écartent de deux à trois fois plus.
La série le confirme. Sur les trente jours qui s’achèvent le 14 août 2026, l’estimation quotidienne publiée par mempool.space est descendue à 731,1 EH/s et montée à 1 061,0 EH/s, autour d’une moyenne de 896,8. Quarante-cinq pour cent d’amplitude en un mois. Pendant ce même mois, la difficulté est passée de 127 170 500 429 035 à 127 479 855 693 691, soit 0,24 %, et son écart maximal sur la période n’a pas atteint un pour cent.
Le parc de machines n’a donc pas bougé. C’est le thermomètre qui tremble. Sur douze mois glissants, la même série descend à 706,1 EH/s le 25 janvier 2026 et culmine à 1 305,7 EH/s le 25 octobre 2025, avec une moyenne de 994,3 et un écart-type de 10,6 %. Un peu au-dessus des 8,3 % de bruit pur, l’excédent venant cette fois d’une vraie dérive du parc sur douze mois.
D’où deux règles de lecture qui évitent la plupart des contresens publiés sur le sujet.
Une variation quotidienne de moins de 15 % ne dit rien. Les titres du genre « le hashrate s’effondre de 12 % en une nuit » décrivent un tirage au sort, pas une capitulation de mineurs.
Deux dates ne se comparent qu’avec le même estimateur. Un hashrate déduit de la difficulté en janvier opposé à une moyenne sur vingt-quatre heures en août fabrique une tendance qui n’existe pas. Le tableau ci-dessus donne l’ampleur de l’artefact : onze pour cent le même jour, sans qu’une seule machine ait bougé.
Les ordres de grandeur, du processeur au réseau
Un chiffre ne prend son sens qu’une fois posé à côté d’autres. Chaque ligne ci-dessous vient d’un seul point de fonctionnement, celui d’où sortent ensemble le débit et la consommation, relevé le 14 août 2026 sur la fiche du constructeur ou, pour le processeur et la carte graphique, sur un banc d’essai daté.
Ce qui tourne | Algorithme | Hashrate | Consommation | Efficacité |
|---|---|---|---|---|
Ryzen 9 9950X, fréquences d’usine | RandomX | 20,7 kH/s | 199 W | 9,6 J/kH |
Antminer X9 | RandomX | 1 MH/s | 2 472 W | 2,47 J/kH |
GeForce RTX 5070 Ti | KawPow | 43 MH/s | 190 W | 4,4 J/MH |
Antminer L9 | Scrypt | 16 GH/s | 3 360 W | 210 J/GH |
Bitaxe Gamma | SHA-256 | 1,2 TH/s | 20 W | 17 J/TH |
Antminer KS7 | kHeavyHash | 40 TH/s | 3 080 W | 77 J/TH |
Antminer S21 Pro | SHA-256 | 234 TH/s | 3 510 W | 15 J/TH |
Antminer S23 | SHA-256 | 318 TH/s | 3 498 W | 11 J/TH |
réseau Bitcoin entier | SHA-256 | 912,5 EH/s | sans objet | sans objet |
La ligne la plus surprenante est celle du milieu. Le Bitaxe Gamma tient dans une main. Il se contente d’une alimentation de téléphone et sort 1,2 TH/s. Le projet ne cache pas son secret : la carte embarque une seule des 195 puces qui garnissent les trois cartes de calcul d’un Antminer S21 Pro. Sur du SHA-256, une carte graphique à 800 € n’en produirait pas le centième. La gravure dédiée écrase tout, et c’est pour cette raison qu’aucune carte graphique n’apparaît dans les trois dernières lignes.
L’échelle, elle, ne se lit qu’entre lignes de même algorithme. À l’intérieur du SHA-256, du Bitaxe au S23, le rapport vaut 265. Du S23 au réseau entier, il vaut 2,9 millions. Un térahash y représente environ un milliardième du total, ce qui explique pourquoi plus personne ne mine seul.
Deux lignes voisines racontent enfin ce que font les générations. Le S21 Pro, livré à partir de juillet 2024, tient 15 J/TH ; le S23, livré à partir de janvier 2026, descend à 11. Vingt-sept pour cent de courant en moins par térahash produit, en dix-huit mois de calendrier, pour une consommation au mur identique à douze watts près et un tiers de débit en plus. C’est ce mouvement-là qui périme le matériel, pas l’usure des puces.
Ce que le hashrate protège
Un réseau en preuve de travail n’est sécurisé par rien d’autre que le coût de sa réécriture. Réordonner des blocs déjà minés suppose de produire plus vite que tous les autres réunis. La formule habituelle, « la moitié de la puissance du réseau », escamote un détail : la puissance qu’un attaquant branche s’ajoute au total, et pour peser plus de la moitié de ce nouveau total il lui faut à lui seul dépasser tout l’existant.
Le devis se pose avec les chiffres du tableau ci-dessus. Égaler les 912,5 EH/s du réseau demande 2,9 millions d’Antminer S23, soit environ 10 gigawatts branchés en permanence : l’équivalent d’une dizaine de réacteurs nucléaires, mobilisés pour une opération dont le seul produit serait la destruction de la valeur du jeton attaqué. La ligne de défense est industrielle, pas cryptographique. Elle se chiffre en factures.
De là vient l’usage courant du hashrate comme indicateur de santé du réseau, et de là vient aussi son abus. Puisque l’estimation quotidienne oscille de plus ou moins huit pour cent sans qu’une machine bouge, une baisse d’une nuit ne dit rien de la sécurité. Il faut un mouvement de la difficulté, qui elle ne ment pas, pour qu’il se soit réellement passé quelque chose.
Votre machine en affiche un, votre pool en affiche un autre
Le même problème se rejoue en petit sur un tableau de bord personnel, avec une différence de nature entre les deux nombres affichés.
Celui de la machine est un comptage direct. Le micrologiciel sait combien de nonces ses puces ont parcourus, il divise par le temps écoulé, il affiche. À la tolérance d’horloge près, ce chiffre est exact.
Celui du pool est une estimation, construite comme celle du réseau. Le serveur ne voit pas vos puces. Il voit arriver des parts, ces hachages qui satisfont une cible volontairement plus facile que celle de la chaîne, et il remonte de leur cadence à votre puissance. Braiins décrit sa propre implémentation sans détour : le hashrate affiché est calculé « à partir des hachages soumis par vos appareils », et seule une petite fraction des hachages produits est soumise.
La cible est fixée par une difficulté de part, réglée automatiquement par le mécanisme dit vardiff. Chaque pool vise une cadence de soumission plutôt qu’une difficulté : Braiins annonce viser douze parts par minute et par machine, le logiciel de pool d’OCEAN se règle par défaut sur huit parts par minute avec un plancher de difficulté à 16 384. Un boîtier de 234 TH/s se retrouve ainsi autour de 262 144, soit une part toutes les 4,8 secondes.
L’arithmétique est la même qu’à l’échelle du réseau. Une part demande en moyenne difficulté de part × 2³² hachages, et le nombre de parts accumulées commande la précision de l’estimation exactement comme le nombre de blocs le fait pour le réseau.
Fenêtre d’observation | Parts accumulées | Incertitude sur le hashrate estimé |
|---|---|---|
5 minutes | environ 60 | ± 12,7 % |
1 heure | environ 750 | ± 3,7 % |
24 heures | environ 18 000 | ± 0,7 % |
7 jours | environ 126 000 | ± 0,3 % |
Un écart de 5 % sur cinq minutes est donc du bruit. Le chercher fait perdre une soirée. Le même écart tenu sur vingt-quatre heures sort de la marge d’un facteur sept : là, il se passe quelque chose.
Trois causes structurelles creusent l’écart avant même toute panne, et ViaBTC les documente sur sa propre page d’aide. La machine rafraîchit son affichage toutes les cinq secondes quand le pool moyenne sur dix minutes. Le hashrate local d’une machine est une moyenne depuis son démarrage, alors que la statistique du pool porte sur les vingt-quatre dernières heures : une machine allumée depuis trois heures affichera donc mécaniquement plus que ce que le pool lui attribue. Et un micrologiciel trop ancien suffit à faire perdre du hashrate par incompatibilité.
Un pool n’affiche jamais un hashrate stable. Il n’en connaît pas. Une courbe dentelée sur la journée est le comportement attendu. Une courbe parfaitement plate signale un lissage appliqué par l’interface, pas une machine exemplaire.
Parts acceptées, parts rejetées, et le seuil qui doit alerter
À côté du hashrate, tout tableau de bord affiche un compteur de parts, séparé en acceptées et rejetées. C’est l’indicateur le plus utile de l’écran. C’est aussi le plus ignoré.
Une part rejetée est du travail que personne ne paiera. Trois motifs reviennent, et le remède n’est pas le même.
La part périmée a été calculée sur un modèle de bloc que le réseau a rendu obsolète pendant son trajet vers le serveur. Une affaire de millisecondes : chaque aller-retour supplémentaire mange une fraction du travail. Passer sur un serveur d’entrée européen, quand la machine est en France, règle presque toujours le cas.
La part invalide ne satisfait pas la cible annoncée. Une puce qui chauffe ou qu’on a poussée trop loin en surcadençage produit des résultats faux, et le pool les refuse un par un.
La part hors travail répond à une tâche que le serveur avait déjà retirée, typiquement après une coupure de connexion ou une bascule sur un autre serveur.
Reste à savoir à partir de quand s’inquiéter, et les pools eux-mêmes hésitent. ViaBTC publie un seuil dans son aide, une plage normale sous les 3 %, puis refuse d’en donner un dans un article plus récent, au motif qu’aucun taux universel ne vaut pour toutes les monnaies, tous les modèles et toutes les liaisons réseau. Ces deux positions cohabitent sur le site du même pool. En pratique, un chiffre stable sous 1 % ne demande rien ; une montée soudaine désigne la liaison réseau avant le matériel, et un taux durablement au-dessus de 3 % ramène presque toujours à un surcadençage trop ambitieux ou à une machine qui a chaud.
Un dernier point explique pourquoi les compteurs de la machine et du pool ne coïncident jamais tout à fait, et il tient au protocole. Une part est d’abord validée localement, puis à nouveau par le pool, qui peut la refuser pour latence. Stratum V1 n’a aucun canal pour prévenir la machine qu’un travail déjà accepté vient d’être rejeté, comme le note la documentation du logiciel de pool d’OCEAN. Vos deux compteurs divergent donc par construction. Chercher à les faire coïncider est une perte de temps.
Une part rejetée n’est pas un morceau de bitcoin qui s’envole. Ces objets n’ont aucune existence sur la chaîne : ce sont des reçus de travail, que le pool utilise pour répartir ce qu’il gagne. Le modèle de paiement retenu décide seul de ce qu’une part rapporte.
Quand le chiffre baisse, dans quel ordre chercher
Un recul durable a presque toujours une cause physique. L’ordre dans lequel on la cherche fait la différence entre une demi-heure et un week-end perdu.
La température d’abord. Elle explique la majorité des cas. Les micrologiciels modernes abaissent la fréquence des puces dès qu’un seuil est franchi, sans rien signaler d’autre qu’une baisse de production. Un filtre encrassé, un ventilateur qui ralentit, une pièce dont la température monte de dix degrés en été suffisent. Le symptôme qui signe le diagnostic est la corrélation avec l’heure de la journée.
L’alimentation ensuite. Une carte qui décroche du rig sous charge, un connecteur qui chauffe, un bloc dimensionné trop juste pour la puissance de pointe. La signature est nette : le hashrate tombe par paliers correspondant au retrait d’une carte entière, pas de façon continue.
Puis le réseau. Celui-là ne touche pas au hashrate de la machine. Il abaisse celui que le pool mesure, et gonfle le compteur de parts périmées au même moment. Ces deux symptômes ensemble désignent le coupable sans ambiguïté.
Reste le micrologiciel : une mise à jour, un profil de surcadençage rechargé après une coupure, un réglage revenu à sa valeur d’usine. Sa signature est la brutalité. Le chiffre change d’un coup, à la seconde du redémarrage, puis il tient parfaitement stable à sa nouvelle valeur.
Pourquoi on n’achète pas une machine sur son hashrate
Prenez les deux Antminer du tableau plus haut et demandez-leur le même travail, 234 TH/s. Le S21 Pro le fournit à 3 510 W. Le S23, à 11 J/TH, le fournirait à 2 574 W. Neuf cent trente-six watts d’écart. Sur une année de fonctionnement continu, au tarif bleu résidentiel de 0,2001 € le kilowattheure en vigueur depuis le 1ᵉʳ août 2026, cela fait 1 641 € d’électricité pour rigoureusement la même production. Une installation vit ou meurt sur cette différence-là, pas sur la ligne imprimée en gros sur l’emballage.
Le rapport à surveiller est l’efficacité, exprimée en joules par térahash : la consommation au mur divisée par le hashrate, prise au même point de fonctionnement. Cette précision n’est pas une coquetterie. Une fiche constructeur porte souvent trois modes, économique, normal et surcadencé, et prendre le hashrate du troisième avec la consommation du premier fabrique une machine qui n’existe pas. La faute se retrouve dans quantité de tableaux comparatifs, où elle produit des efficacités impossibles.
Une fois l’efficacité connue, le prix maximal du courant se pose en une ligne, sans jamais calculer de recette. Le réseau Bitcoin a distribué 45 321 451 380 satoshis sur ses 144 derniers blocs au 14 août 2026, frais de transaction compris ; rapporté aux 912,5 EH/s déduits de la difficulté, un térahash a donc rapporté 49,67 satoshis dans la journée, soit 0,0269 € au cours de 54 214 € relevé le même après-midi. Divisez ce montant par 0,024, la consommation d’un watt en vingt-quatre heures, et vous tenez le numérateur : 1,12. Le prix plafond du kilowattheure vaut ce 1,12 divisé par l’efficacité de la machine en joules par térahash. À 15 J/TH, le plafond tombe à 0,075 € le kilowattheure. Pas un centime de plus.
Le hashrate n’intervient nulle part dans cette ligne. Il ne fait que dire combien de fois la journée type se répète chez vous, alors que l’efficacité et le prix du courant décident, seuls, du signe du résultat. Le classement des machines par joule et par térahash range le marché sur ce critère, et la méthode complète, terme par terme déroule le reste du calcul.
Questions courantes
Pourquoi mon pool affiche-t-il moins que ma machine ? Sur une fenêtre courte, c’est du hasard : l’estimation du pool porte une incertitude de l’ordre de 13 % à cinq minutes. Sur vingt-quatre heures elle tombe sous le pour cent, et un écart de plusieurs points désigne alors la latence réseau, un micrologiciel dépassé ou une puce qui décroche.
Un hashrate élevé garantit-il un gain élevé ? Il fixe votre part de l’émission, rien de plus. Le gain net dépend de cette part moins la facture d’électricité, et une machine deux fois plus rapide qui consomme trois fois plus perd de l’argent plus vite.
Comment mesurer le hashrate d’une carte graphique ? En la faisant travailler sur l’algorithme visé pendant au moins une heure, le relevé étant pris après stabilisation thermique. Les valeurs des trois premières minutes sont presque toujours optimistes, avant que les fréquences ne redescendent.
Le hashrate du réseau prédit-il le cours ? L’enchaînement va dans l’autre sens. Un cours élevé finance des commandes de machines, qui arrivent et se branchent plusieurs mois après, et la puissance installée monte alors. Lire la courbe comme un signal d’achat revient à prendre la conséquence pour la cause.