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Overclocking minage : régler une carte ou un ASIC au hashrate par watt

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Overclocking minage : régler une carte ou un ASIC au hashrate par watt

Monter les fréquences d’une carte graphique est un geste de joueur : il achète des images par seconde, et la facture d’électricité passe après. Un mineur ne vend pas des images. Il vend du calcul, il le paie au kilowattheure, et sa seule grandeur utile est le hashrate divisé par les watts. Cette division se dégrade dès qu’on pousse une puce au-delà de son point d’équilibre, parce que la consommation grimpe plus vite que la fréquence.

D’où l’inversion des gestes. Sur une machine de minage, la tension se descend, la limite de puissance se resserre, la fréquence du cœur se retire le plus souvent, et le curseur qui monte concerne la mémoire. Le mot overclocking est resté par habitude ; ce qui se pratique réellement porte plutôt le nom de sous-tension.

La seule division qui décide : le hashrate rapporté au watt

Un hashrate nu ne veut rien dire tant qu’on ne sait pas ce qu’il consomme. Braiins publie pour l’Antminer S21 XP quatre points de fonctionnement qui rendent l’arbitrage visible. L’usine annonce 270 TH/s pour 3 645 W, soit 13,5 joules par térahash. Le même matériel, sous Braiins OS et à ce même palier de 3 645 W, monte à 295 TH/s et descend à 12,2 J/TH. Palier abaissé de 500 W, la machine tombe à 249 TH/s et son rendement remonte à 12,6 J/TH. Palier relevé de 500 W, elle atteint 314 TH/s pour 13,2 J/TH.

Le classement de ces quatre points ne suit pas l’intuition. Le meilleur rendement ne vient pas de la baisse de puissance. Il vient du palier d’usine tenu tel quel, parce que le micrologiciel règle chaque puce de hachage pour elle-même au lieu d’appliquer une consigne unique à la carte entière. Déplacer le palier abîme la division dans les deux sens, 12,6 vers le bas et 13,2 vers le haut. Le levier du rendement, sur une machine dédiée, c’est le micrologiciel et son autoréglage. Pas le curseur de puissance.

Le curseur de puissance sert à autre chose, et le tarif français décide de ce qu’il vaut. Les 500 W du haut se paient : en continu, cela fait 12 kWh par jour. Au tarif réglementé de vente, option base, à 0,2001 € le kilowattheure depuis le 1ᵉʳ août 2026, la facture augmente de 2,40 € par jour. En face, ces 500 W achètent 19 TH/s de plus. Un térahash rapporte aujourd’hui 0,0317 dollar par jour. Dix-neuf térahashs valent donc 60 centimes de dollar.

On dépense 2,40 € pour encaisser 0,60 $. Le rapport ne se retourne qu’en dessous de 5 centimes de dollar le kilowattheure, soit environ le cinquième de ce que paie un abonné français. Dans l’autre sens, descendre le palier de 500 W coûte 46 TH/s, un peu moins de 1,46 $ par jour, et rend les mêmes 12 kWh. L’échange devient favorable dès que le kilowattheure dépasse 12 centimes de dollar, et le tarif français est au-dessus quel que soit le change du jour. Le rendement se dégrade, la facture s’allège davantage : c’est le seul cas où l’on accepte de perdre des joules par térahash.

Le seuil de rentabilité d’une machine se lit sur son efficacité. Il vaut 1,146 divisé par le nombre de joules par térahash, au hashprice et au cours du jour. Le S21 XP d’usine à 13,5 J/TH tient jusqu’à 8,5 centimes d’euro le kilowattheure ; le même à 12,2 J/TH tient jusqu’à 9,4. Neuf dixièmes de centime gagnés sans toucher à la prise. Le palier abaissé, lui, ramène ce seuil à 9,1 : il allège la facture, il n’améliore pas la machine. Le gain est réel, il se mesure, et il ne suffit pas.

Les cinq curseurs d’une carte graphique, et le sens dans lequel on les pousse

Une carte expose cinq réglages exploitables en minage. Deux se descendent, un se monte, un plafonne, un dernier se surveille. Aucun ne se règle sans savoir sur quel algorithme la carte travaille, parce que les algorithmes ne sollicitent pas les mêmes parties du silicium.

La fréquence mémoire, seul curseur qui se monte

Les deux algorithmes qui tiennent encore les machines dédiées à distance, KawPow et Autolykos2, relisent en permanence un grand jeu de données rangé en mémoire vidéo. Le processeur graphique attend la mémoire au lieu que la mémoire attende le calcul. La bande passante mémoire est donc la seule ligne de la fiche technique qui décide du débit, et monter la fréquence des puces monte le hashrate presque proportionnellement.

Presque, jusqu’à un point de rupture qui ne s’annonce pas. Les contrôleurs mémoire corrigent les erreurs qu’ils détectent, si bien que le hashrate affiché continue de grimper alors que la carte passe déjà son temps à recalculer. Le décrochage se lit sur le taux de parts refusées par le pool, jamais sur la fréquence affichée. On avance par pas de 50 MHz et on redescend d’un cran dès que ce taux bouge.

Une valeur mémoire ne se recopie pas d’un forum. Une même référence de carte sort d’usine avec des puces Samsung, Hynix ou Micron selon les arrivages, et ces trois-là ne tiennent ni les mêmes fréquences ni les mêmes températures. Un réglage donné sans le nom du fabricant de mémoire ne se transpose donc pas, et les bancs qui prennent la peine de le noter sont les seuls exploitables.

Deux noms qu’on voit souvent dans cette liste n’y ont rien à faire. ETChash a sa machine dédiée depuis février 2023 : l’Antminer E9 Pro sort 3,68 GH/s pour 2 200 W, quand une carte de jeu se compte en dizaines de mégahashs. Quant à FishHash, l’algorithme d’Iron Fish, il n’a jamais été écrit pour écarter les circuits spécialisés : il cherche au contraire à mettre à égalité ASIC, FPGA et cartes graphiques, en imposant à tous un jeu de données d’environ 5 Go que personne ne contourne. Régler une carte pour ces deux-là, c’est la régler contre du silicium fabriqué exprès.

La fréquence du cœur, qui se descend presque toujours

Puisque le cœur attend la mémoire, le faire tourner à sa fréquence maximale revient à chauffer pour rien. Sur une Radeon RX 9070 XT, un relevé du 20 juin 2025 sous SRBMiner, avec de la mémoire Hynix de 16 Go, un décalage de cœur de − 500 MHz et un décalage de tension de − 200, donne 78,8 MH/s en Autolykos2 pour 144 W. La carte est annoncée par AMD à 2 970 MHz de fréquence boost et 304 W de puissance de carte. Le réglage lui fait rendre son meilleur rapport en consommant moins de la moitié de son enveloppe, et le détail de ses points de fonctionnement algorithme par algorithme montre à quel point l’écart varie d’une monnaie à l’autre.

Une RX 7900 GRE dit la même chose en valeurs absolues. AMD la donne à 2 245 MHz de fréquence boost pour 260 W de puissance de carte ; un relevé du 29 février 2024 sous TeamRedMiner la fait tourner à 2 020 MHz, mémoire Samsung de 16 Go à 1 125 MHz, décalage de tension − 350, et sort 124,8 MH/s en Autolykos2 pour 150 W. Le cœur perd 225 MHz, le compteur 110 W, et le hashrate ne suit ni l’un ni l’autre.

L’exception s’appelle KawPow, qui fait travailler le cœur autant que la mémoire. Sur la même RX 9070 XT, un relevé du 10 mars 2025 sous WildRig Multi pousse le cœur à 3 379 MHz, quatre cents mégahertz au-dessus de la fréquence boost publiée, et tire 318 W pour 41,03 MH/s. Le curseur n’a donc pas de sens propre : l’algorithme décide si le cœur se retire ou se pousse, et la seule façon de le savoir est de mesurer les deux.

La descente a une limite basse. Sous une certaine fréquence, le cœur cesse d’alimenter la mémoire assez vite et le hashrate chute à son tour. Ce plancher se trouve par tâtonnement, jamais par recopie.

Le décalage de tension, qui se donne en écart

C’est le réglage qui rapporte le plus et celui qui se transmet le plus mal. Sur les Radeon, il prend la forme d’un décalage négatif exprimé en millivolts ; sur les GeForce, d’une courbe fréquence-tension qu’on aplatit. Dans les deux cas la valeur se note en écart par rapport au réglage d’usine, jamais en tension absolue : deux exemplaires sortis de la même chaîne n’ont pas la même tolérance, et une valeur absolue qui convient à l’un fait planter l’autre au bout de trois heures.

On descend par pas de 25 mV jusqu’au plantage, puis on remonte d’un pas et on ajoute une marge d’un second pas. Les deux relevés de la même RX 9070 XT n’aboutissent pas au même chiffre : − 200 sous SRBMiner en Autolykos2, − 150 sous WildRig Multi en KawPow. Le décalage se cherche pour un couple algorithme-logiciel donné, et se recherche entièrement dès que l’un des deux change.

La limite de puissance, qui sert de garde-fou

Elle s’exprime en pourcentage chez NVIDIA, en watts chez AMD, et elle ne règle rien : elle interdit. Son intérêt tient à ce qu’elle protège l’installation plutôt que la carte. Un circuit de 16 A en 230 V accepte 3 680 W en pointe et moins en continu, ce qui se remplit vite dès qu’on aligne plusieurs cartes et que le disjoncteur, le bruit et le débit d’air à évacuer entrent dans l’équation. Plafonner à un chiffre rond sert aussi à comparer deux réglages à consommation égale.

La courbe de ventilation, qu’on oublie toujours

Les courbes d’usine sont écrites pour des sessions de jeu de deux heures, avec des paliers lents et un silence recherché. Une carte qui tourne trois cent soixante-cinq jours par an n’a pas ce besoin. Fixer un plancher de rotation, autour de 50 %, évite le va-et-vient où la carte chauffe, accélère, refroidit, ralentit et recommence, mouvement qui use les roulements plus vite qu’un régime constant. Le prix se paie en décibels.

Six réglages, six relevés datés

Un réglage chiffré ne vaut qu’avec sa carte, son logiciel et sa date, le hashrate et la consommation lus au même instant. Prendre le débit d’un banc et la consommation d’un autre produit un rendement qui n’existe nulle part, et c’est la moitié des tableaux qui circulent.

Carte

Algorithme

Logiciel

Réglage

Hashrate

Consommation

Date du relevé

RX 9070 XT

Autolykos2 (Ergo)

SRBMiner

cœur − 500 MHz, tension − 200, mémoire Hynix 16 Go

78,8 MH/s

144 W

20/06/2025

RX 9070 XT

KawPow (Ravencoin)

WildRig Multi

cœur 3 379 MHz, mémoire 1 315 MHz, tension − 150, Hynix 16 Go

41,03 MH/s

318 W

10/03/2025

RX 7900 GRE

Autolykos2 (Ergo)

TeamRedMiner

cœur 2 020 MHz, mémoire 1 125 MHz, tension − 350, Samsung 16 Go

124,8 MH/s

150 W

29/02/2024

RTX 4060 Ti

Autolykos2 (Ergo)

Rigel

cœur 2 010 MHz, mémoire 5 000 MHz, limite 170 W, Hynix 8 Go

69,09 MH/s

45 W

24/11/2024

RTX 3060 Ti

Autolykos2 (Ergo)

Rigel

cœur 1 410 MHz, limite 200 W, mémoire libre, Samsung 8 Go

158,33 MH/s

104 W

23/11/2024

RTX 3060 Ti

Autolykos2 (Ergo)

Rigel

cœur 1 410 MHz, limite 200 W, mémoire 5 000 MHz, Samsung 8 Go

136,59 MH/s

82 W

24/11/2024

Les deux RTX 3060 Ti méritent qu’on s’y arrête. Même carte, même logiciel, même limite de puissance, deux jours de suite, un seul curseur déplacé : la mémoire redescendue à 5 000 MHz coûte 13,7 % de hashrate et fait tomber la consommation de 21 %. Le rendement passe de 1,52 à 1,67 MH/s par watt. Le premier réglage produit plus, le second gagne plus.

La RTX 4060 Ti enfonce le clou d’une autre manière : 45 W au compteur sur une carte dont la limite était posée à 170. Le plafond n’avait rien à retenir. En Autolykos2 la carte n’a aucune raison de tirer ses watts, et juger une carte sur l’enveloppe qu’annonce son constructeur revient à se tromper de grandeur.

Deux des logiciels cités ne bougent plus, TeamRedMiner depuis mai 2024 et lolMiner depuis septembre 2025, ce qui ne périme pas leurs bancs : sur une carte donnée et un algorithme donné, hashrate et consommation ne dérivent pas tant que la version ne change pas. En revanche le rendement en pièces suit la difficulté du réseau et se coupe en deux à chaque halving, et le revenu en euros encaisse tout cela plus le cours. Le catalogue des logiciels de minage classés par algorithme et par matériel précise lequel accepte quels réglages en ligne de commande.

L’ordre des opérations, et le chiffre qui dit qu’on a perdu

Un paramètre à la fois. La règle paraît pédante jusqu’au jour où trois curseurs bougent ensemble, la carte plante, et rien n’indique lequel des trois est en cause. Il faut alors tout remettre à zéro et recommencer, ce qui coûte une soirée.

Ensuite, laisser tourner. Une demi-heure ne prouve rien : la mémoire monte en température lentement, et une instabilité liée à la chaleur se déclare au bout de plusieurs heures. L’autotuning de Braiins OS, qui fait ce travail tout seul sur une machine dédiée, réclame entre une et neuf heures selon le modèle.

Enfin, lire le bon chiffre. Le hashrate qu’affiche le logiciel de minage est calculé localement, à partir du nombre de tentatives lancées. Le pool, lui, ne paie que les parts qu’il accepte. Une carte dont le hashrate local grimpe de 5 % pendant que son taux de parts refusées passe de 0,1 à 3 % ne rend plus que 1,9 % de mieux au pool, tout en consommant comme si elle en rendait 5. L’écart entre le hashrate affiché par le mineur et celui que compte le pool est la mesure la plus honnête d’un réglage.

Noter chaque valeur avant de la changer évite le troisième piège, celui du retour arrière. Quand une carte devient instable au bout de deux jours, on revient au réglage précédent, pas au réglage d’usine : revenir à l’usine efface aussi tout ce qui marchait.

Une machine dédiée se règle par son micrologiciel, et chaque éditeur prélève

Un ASIC n’offre ni curseur mémoire ni courbe de tension dans son interface d’origine. Ce qui se règle, à l’intérieur, tient à deux choses : la fréquence des puces de hachage et la tension appliquée aux cartes qui les portent, organisées en domaines de tension alimentés en série. Le micrologiciel du fabricant verrouille ces deux réglages, sauf à passer par un mode basse consommation aux paliers très grossiers.

Trois micrologiciels tiers ouvrent la machine. Chacun se rémunère en détournant une part du temps de hachage vers ses propres serveurs. Aucune ligne n’apparaît sur une facture : c’est du hashrate qui part et ne revient pas.

Micrologiciel

Éditeur

Prélèvement annoncé par l’éditeur

Ce qui va avec

Braiins OS

Braiins

2 à 2,5 % selon le modèle de machine ; l’article 5 de la licence fixe 2,5 % par défaut et tolère 10 % d’écart instantané

autotuning puce par puce, palier de puissance réglable, frais de pool intégralement ristourné à qui mine chez Braiins Pool

VNish

VNish

1,8 à 2,8 % du hashrate total selon le schéma d’affiliation

l’éditeur écrit qu’aucune version sans prélèvement n’existe et que les copies qui le prétendent sont fausses

LuxOS

Luxor

2,8 %

ni licence à acheter ni abonnement, et 0 % de frais sur le pool de l’éditeur

Un point revient sans cesse dans les forums et il est faux : le prélèvement de développeur ne se récupère pas en minant chez l’éditeur. Ce qui se ristourne, chez Braiins comme chez Luxor, c’est le frais de pool, qui est un autre poste. Les deux se cumulent tant qu’on mine ailleurs, et l’un des deux disparaît quand on mine chez eux.

En échange de ce prélèvement, la machine gagne le réglage puce par puce que son micrologiciel d’origine ne sait pas faire. Sur le S21 XP, au palier d’usine, cela donne 295 TH/s à 12,2 J/TH contre 270 TH/s à 13,5 J/TH d’origine, soit 10 % de hashrate et 10 % de rendement en plus, sans un watt de plus à la prise. Le prélèvement se déduit de ce gain : 2,5 % de 295 TH/s font 7,4 TH/s qui partent chez l’éditeur, et l’avance nette sur le micrologiciel d’usine retombe à 17,6 TH/s, soit 6,5 %. Le calcul reste favorable, il l’est simplement moins que l’annonce.

L’opération a deux revers. La garantie saute, le fabricant la considérant comme perdue dès qu’un micrologiciel tiers a été écrit dans la machine. Et des versions prétendument gratuites circulent : elles existent, elles s’installent sans broncher, et elles minent pour quelqu’un d’autre pendant une partie de la journée.

Le vrai plafond se joue sur la mémoire

La sonde de température qu’affiche un logiciel de surveillance mesure le processeur graphique. Les puces mémoire, elles, vivent leur propre vie thermique, et l’écart entre les deux surprend.

Des mesures faites au thermocouple sur une Radeon RX 5700 XT de référence, publiées le 11 novembre 2019, donnent trois valeurs pour le module mémoire le plus chaud : 65 °C sur le dos de la carte, 69 °C sur le dessus du boîtier de la puce, et 84 °C à l’intérieur du silicium. Quinze degrés séparent ce qu’on peut toucher de ce que la puce subit. La même méthode appliquée le 19 septembre 2020 à une GeForce RTX 3080 Founders Edition relevait 104 °C à l’intérieur du module GDDR6X le plus chaud, celui logé contre les étages d’alimentation.

À titre de repère sur le processeur graphique, AMD donne 110 °C de température de jonction comme point de bridage sur la série RX 5700 : au-delà, la carte réduit ses fréquences d’elle-même. Ce plafond concerne le calcul, pas la mémoire, et une carte qui n’a jamais bridé peut avoir cuit ses puces mémoire pendant des mois.

Une carte tranquille à 65 °C sur la sonde du processeur graphique peut porter des puces mémoire vingt degrés plus haut, et la mémoire ne prévient pas : elle dérive, les erreurs augmentent, le taux de parts refusées monte, puis la carte refuse de démarrer le jeu de données. Le geste le plus rentable sur une carte de trois ans ne touche à aucun curseur : remplacer les pads thermiques de la mémoire coûte une vingtaine d’euros et rend souvent plus de degrés que n’importe quel réglage de ventilation, parce que les pads d’origine se tassent et perdent leur contact.

Le réglage d’usine, lui, coûte de l’argent tous les ans. Vingt-deux watts séparent les deux réglages de la RTX 3060 Ti. En fonctionnement continu, cela fait 193 kWh sur l’année, 39 € au tarif de base pour une seule carte, 231 € sur un rig de six. C’est l’ordre de grandeur d’une carte supplémentaire tous les trois ans, et il se joue sur un curseur. Le sujet remonte d’ailleurs au moment de choisir chaque pièce du rig par la contrainte qu’elle impose, l’alimentation en premier.

Ce que le réglage ne rattrape pas

La sous-tension change l’ampleur d’un déficit. Elle n’en change pas le signe, et le vérifier prend deux lignes de calcul.

Côté carte graphique, le meilleur point relevé de la RX 9070 XT demande 144 W et produit 0,07 dollar de revenu par jour. Ces 144 W en continu font 1 261 kWh sur l’année, soit 252 € au tarif réglementé de base. Le revenu annuel au même rythme atteint 26 dollars. Le réglage a divisé la consommation par deux face à l’enveloppe annoncée par le constructeur, et le résultat reste à un ordre de grandeur du point mort. Le détail du même calcul sur une carte de génération précédente figure dans les quatre points de fonctionnement datés de la RX 7900 GRE, où la saignée va de 78 à 228 euros par an selon l’algorithme visé.

Côté machine dédiée, la même division rend un verdict aussi sec. Il faudrait 5,73 J/TH pour atteindre l’équilibre au tarif de base résidentiel, 5,88 au tarif bleu professionnel, 7,21 en heures creuses à 0,1589 €. La meilleure machine en vente aujourd’hui, l’Antminer S23 Hydro, est à 9,5 J/TH. Le S21 XP passe de 8,5 à 9,4 centimes de seuil une fois le micrologiciel changé : il lui manque encore six centimes et demi pour rejoindre le tarif de nuit le plus favorable.

Le réglage sert à perdre moins et à tenir jusqu’à un changement de cours ou de contrat. Il ne transforme pas une installation déficitaire en installation rentable, et aucun profil d’overclocking ne le fera. Ce que rapporte réellement une machine en France se lit dans le décompte de ce que produit une journée de minage, et les sorties possibles quand le calcul ne passe pas sont détaillées du côté du bridage, de la location de puissance de calcul et de la valeur de revente.

Le wattmètre à la prise, seule mesure qui compte

Les consommations que rapportent les capteurs d’une carte ou d’une machine servent à comparer deux réglages entre eux. Elles sont fausses pour calculer une facture, parce qu’elles s’arrêtent au connecteur.

Ce qui manque, c’est le rendement de l’alimentation. Sur le secteur européen à 230 V, une unité certifiée 80 PLUS Gold doit tenir 92 % à mi-charge et 89 % à pleine charge. Les valeurs qu’on lit partout, 90 et 87, sont celles du 115 V américain et elles n’ont pas cours ici. Les 144 W rapportés par une carte deviennent environ 157 W au compteur, et les pertes du bloc partent en chaleur dans la même pièce. S’ajoutent la carte mère, les ventilateurs de boîtier, et l’alimentation des risers qui portent les cartes déportées, chacun tirant quelques watts que personne ne compte.

Un wattmètre de prise coûte une quinzaine d’euros et règle la question. Il se branche avant le premier réglage, pour avoir un point de départ, puis se relit après stabilisation thermique et non à la première minute : une carte froide tire moins qu’une carte chaude, et c’est la seconde qui fait la facture. Dès qu’il y a plusieurs machines, la mesure se fait circuit par circuit, ce qui donne au passage la marge restante avant le disjoncteur. Le reste de la chaîne, du choix de la carte mère à celui du bloc, relève de la configuration de la machine elle-même.

La marche à suivre, curseur par curseur

  1. Brancher le wattmètre et noter la consommation d’origine, carte au repos puis en charge, une fois la température stabilisée.

  2. Poser la limite de puissance à une valeur ronde, choisie pour le circuit électrique plutôt que pour la carte.

  3. Descendre la tension par pas de 25 mV jusqu’au plantage, remonter d’un pas, ajouter un pas de marge.

  4. Descendre la fréquence du cœur jusqu’à ce que le hashrate commence à céder, remonter d’un cran. En KawPow, faire l’inverse : le cœur se pousse au lieu de se retirer.

  5. Monter la fréquence mémoire par pas de 50 MHz en surveillant le taux de parts refusées côté pool, pas le hashrate affiché en local.

  6. Fixer un plancher de ventilation et laisser tourner une nuit entière avant de valider quoi que ce soit.

  7. Relire le wattmètre, refaire la division, et comparer au seuil du tarif souscrit.

Sept gestes, sur une carte à la fois. Le gain se compte en dizaines d’euros par carte et par an, ce qui vaut largement la soirée passée dessus, à condition de ne jamais confondre la machine qui produit le plus avec celle qui rapporte le plus.

carte graphique de minage en fonctionnement, curseurs de tension et de fréquence réglés sous leur valeur d’usine